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Nicolas de Cusa. De la docte ignorance.
extrait
Le cardinal Nicolas de Cusa au très Révérend
Père le cardinal Julien, son maître vénérable.
Ton génie, de tout premier ordre et si
apprécié, s'étonne à juste titre : que
signifie donc ce fait que je te prends pour arbitre, tandis que
je tente d'exposer — inconsidérément —
mes extravagances maladroites ? Toi qui, vu ton rôle de Cardinal
auprès du Siège Apostolique, te trouves si occupé
par des affaires publiques de la plus haute importance, tu aurais
encore quelque loisir ? Et, tandis que tu connais parfaitement tous
les écrivains latins qui ont brillé jusqu'à
ce jour, et même, maintenant, les Grecs, tu pourrais être
attiré, par la nouveauté du titre, vers mes conceptions
peut-être très gauches ? Pourtant, tu sais parfaitement
déjà quelle est la mesure de mon talent. Mais cet
étonnement que tu auras, sans penser trouver ici des idées
inconnues jusqu'aujourd'hui, en voyant avec quelle audace j'ai été
amené à traiter de la docte ignorance, entraînera,
je l’espère, ton esprit avide de savoir, à prendre
connaissance de mon livre. En effet, l'histoire naturelle nous rapporte
qu'une sensation pénible dans le palais précède
l'appétit, de telle sorte que la nature qui s'efforce de
se conserver saine, reprenne des forces une fois stimulée.
Ainsi ai-je raison de penser que le fait de s’étonner,
qui entraîne celui de philosopher, précède le
désir de savoir, de sorte que l’intelligence, dont
l’être consiste à rendre intelligible, reprenne
des forces dans l’ardent désir de la vérité.
Les choses rares ont beau être monstrueuses, d'ordinaire elles
nous émeuvent. C'est pourquoi, ô toi qui es un maître
incomparable, je te prie d'estimer que, eu égard à
ta bonté, quelque chose de digne de toi est ici caché,
et de recevoir d'un Allemand une façon de raisonner sur les
choses divines, quelle qu'elle soit, que mon travail acharné
m'a rendue très chère.
§ 1 COMMENT « SAVOIR » EST «
IGNORER ».
Nous voyons que, par une grâce divine, toutes
les choses ont en elles un désir spontané d'exister
d'une meilleure manière, autant que le permet la condition
naturelle de chacune ; et que, de plus, agissent à cette
fin et ont les instruments qu'il leur faut les êtres en qui
le jugement est inné : celui-ci correspond au but de la connaissance,
afin que le besoin n'en soit pas vain et que, là où
l'entraîne la tendance de sa propre nature, il puisse trouver
le repos. Si par hasard il n'en va pas ainsi, cela provient nécessairement
d'un accident : par exemple la maladie fausse le goût ou la
simple opinion, le raisonnement. C'est pourquoi l'intelligence saine
et libre, qui, sans relâche, d'une recherche innée
en elle, désire atteindre la vérité en explorant
tout, la connaît, disons-nous, lorsqu'elle l’a appréhendée
d'une étreinte amoureuse, car nous ne mettons pas en doute
la parfaite vérité de ce qui s'impose à l'assentiment
de tous les esprits sains. Or, tous ceux qui recherchent jugent
de l’incertain, en le comparant à un présupposé
certain par un système de proportions. Toute recherche est
donc comparative, et elle use du moyen de la proportion : si l'objet
de la recherche se laisse comparer au présupposé par
une réduction proportionnelle peu étendue, le jugement
d'appréhension est aisé ; mais si nous avons besoin
de beaucoup d'intermédiaires, alors naissent la difficulté
et la peine. Cela est bien connu dans les mathématiques :
les premières propositions s'y ramènent aisément
aux premiers principes très bien connus, tandis que les suivantes,
parce qu'il leur faut l'intermédiaire des premières,
y ont plus de difficulté. Donc toute recherche consiste en
une proportion comparative facile ou difficile, et c’est pourquoi
l’infini qui échappe, comme infini, à toute
proportion, est inconnu. Or, la proportion qui exprime accord en
une chose d'une part et altérité d'autre part, ne
peut se comprendre sans le nombre. C'est pourquoi le nombre enferme
tout ce qui est susceptible de proportions. Donc, il ne crée
pas une proportion en quantité seulement, mais en tout ce
qui, d'une façon quelconque, par substance ou par accident,
peut concorder et différer. Aussi Pythagore jugeait-il avec
vigueur que tout était constitué et compris par la
force des nombres. Or, la précision des combinaisons dans
les choses matérielles et l’adaptation exacte du connu
à l'inconnu sont tellement au-dessus de la raison humaine
que Socrate estimait qu’il ne connaissait rien que son ignorance
; en même temps que le très sage Salomon affirme que
toutes les choses sont difficiles et que le langage ne peut les
expliquer. Et un autre inspiré de l'Esprit de Dieu dit que
la sagesse est cachée et qu'il n'est homme vivant qui puisse
voir le siège de l'intelligence. Si donc il en est ainsi,
comme l’affirme le très profond Aristote dans sa Philosophie
première, pour les choses qui sont les plus manifestes dans
la nature, si nous rencontrons une telle difficulté, comme
des hiboux qui essaient de voir le soleil, alors que le désir
que nous avons en nous n'est pas vain, il nous faut connaître
notre ignorance. Si nous atteignons tout à fait ce but, nous
atteindrons la docte ignorance. En effet l’homme dont le zèle
est le plus ardent ne peut arriver à une plus haute perfection
de sagesse que s'il est trouvé très docte dans l'ignorance
même, qui est son propre, et l'on sera d'autant plus docte,
que l'on saura mieux qu'on est ignorant. Tel est mon but : la docte
ignorance, c'est à en parler quelque peu que j'ai consacré
mes efforts.
§ 2 - ÉCLAIRCISSEMENT PRÉLIMINAIRE DES PAGES
QUI SUIVENT.
Avant de traiter de la plus grande des doctrines
: celle de l'ignorance, je tiens pour nécessaire d'étudier
ce que c'est que d'être le plus grand.
J'appelle maximum une chose telle qu'il ne puisse pas y en avoir
de plus grande. Or, la plénitude convient à un seul
être ; c'est pourquoi l'unité coïncide avec la
maximité et elle est aussi entité. Or, si une telle
unité est absolue d'une façon universelle, hors de
tout rapport et de toute restriction, il est manifeste, puisqu'elle
est la maximité absolue, que rien ne lui est opposé.
C'est pourquoi le maximum absolu est une chose unique qui est tout,
en qui tout est, parce qu'il est le maximum. Comme rien ne lui est
opposé, avec lui, en même temps, coïncide le minimum
; c'est pourquoi il est ainsi dans tout. Et parce qu'il est absolu
il est en acte tout l'être possible, ne subit des choses aucune
restriction et en impose à toutes. Ce maximum que la foi
indubitable de toutes les nations révère aussi comme
Dieu, sera, dans mon livre premier sur la raison humaine, l'objet
que, sans jamais pouvoir le comprendre, je m'efforcerai de rechercher,
sous la conduite de celui qui, seul, habite dans une lumière
inaccessible. En second lieu comme la maximité absolue est
l'entité absolue, par laquelle toutes les choses sont ce
qu'elles sont, ainsi est-ce d'elle, que l'on nomme maximum absolu,
que vient l'unité universelle d’essence, et, par suite,
elle existe à l'état restreint comme univers, parce
que son unité s'est restreinte en une pluralité, sans
laquelle elle ne peut pas être. Mais bien que, dans son unité
universelle, ce maximum embrasse toute chose, de sorte que tout
ce qui provient de l'absolu est en lui et que lui est en tout, il
ne saurait cependant pas subsister en dehors de la pluralité,
dans laquelle il est, parce qu'il n'existe pas sans la restriction
et qu'il ne peut pas en être affranchi. Sur ce maximum, qui
apparaît comme l'univers, j'ajouterai des remarques : et ce
sera mon livre second. En troisième lieu le maximum montrera
la nécessité d'un troisième ordre de considérations.
En effet, comme l'univers ne subsiste que d'une façon restreinte
dans la pluralité, nous rechercherons, dans les choses multiples
elles-mêmes, le maximum un, dans lequel l'univers subsiste
au degré maximum et le plus parfait, dans sa réalisation
et dans sa fin. Et comme cet univers s'unit avec l'absolu, qui est
le but universel, parce qu'il est la fin la plus parfaite et qui
dépasse toutes nos possibilités, nous ajouterons,
sur ce maximum à la fois restreint et absolu, que nous appelons
du nom à jamais béni de Jésus, nous ajouterons,
dis-je, quelques mots, autant que Jésus lui-même nous
aura inspiré. Mais si l'on veut atteindre le sens de ce que
je vais dire il faut élever son intelligence plus haut que
la force des mots eux-mêmes, et non pas insister sur les propriétés
de vocable, car les mots ne peuvent pas être adaptés
avec propriété à de si grands mystères
intellectuels. Il est nécessaire de se servir d'une façon
transcendante des exemples que tracera ma main ; que le lecteur,
laissant là les choses sensibles, s'élève aisément
à l'intellectualité simple ; j'ai travaillé
à chercher cette voie, avec un talent médiocre, mais
aussi clairement que j'ai pu, pour ouvrir, en évitant toute
rudesse de plume, et mettre au jour aussitôt la racine même
de la docte ignorance, quelqu'impossible qu'il soit d'en saisir
la vérité précise.
§3. — LA VÉRITÉ PRÉCISE
EST INSAISISSABLE
Parce qu'il va de soi qu'il n'y a pas de proportion
de l'infini au fini, il est aussi très clair, de ce chef,
que, là où l'on peut trouver quelque chose qui dépasse
et quelque chose qui est dépassé, on ne parvient pas
au maximum simple ; en effet ce qui dépasse et ce qui est
dépassé sont des objets finis ; au contraire le maximum
simple est nécessairement infini. Quelque objet que l'on
me donne, si ce n'est pas le maximum simple lui-même, il est
manifeste qu'on pourra toujours m'en donner un plus grand. Et, parce
que nous voyons que l'égalité comporte des degrés,
de sorte que telle chose soit plus égale à celle-ci
qu'à celle-là, à cause des convenances et différences
génériques, spécifiques, de lieu, d'influence
et de temps, avec les choses qui lui ressemblent, il est clair qu'on
ne peut pas trouver deux ou plusieurs objets semblables et égaux
à tel point que des objets plus semblables encore ne puissent
pas exister en nombre infini. Que les mesures et les objets mesurés
soient aussi égaux que l'on voudra, il subsistera toujours
des différences. Donc, notre intelligence finie ne peut pas,
au moyen de la similitude, comprendre avec précision la vérité
des choses. En effet, la vérité n'est pas susceptible
de plus ou de moins, mais elle est d'une nature indivisible, et
tout ce qui n'est pas le vrai lui-même est incapable de la
mesurer avec précision ; ainsi ce qui n'est pas cercle ne
peut pas mesurer le cercle, car son être consiste en quelque
chose d'indivisible. Donc l'intelligence, qui n'est pas la vérité,
ne saisit jamais la vérité avec une telle précision
qu'elle ne puisse pas être saisie d'une façon plus
précise par l'infini ; c'est qu'elle est à la vérité
ce que le polygone est au cercle : plus grand sera le nombre des
angles du polygone inscrit, plus il sera semblable au cercle, mais
jamais on ne le fait égal au cercle, même lorsqu'on
aura multiplié les angles à l'infini, s'il ne se résout
pas en identité avec le cercle. Donc, il est clair que tout
ce que nous savons du vrai, c'est que nous savons qu'il est impossible
à saisir tel qu'il est exactement ; car la vérité,
qui est une nécessité absolue, qui ne peut pas être
plus ou moins qu'elle est, se présente à notre intelligence
comme une possibilité. Donc, la quiddité des choses,
qui est la vérité des êtres, est impossible
à atteindre dans sa pureté ; tous les philosophes
l'ont cherchée, aucun ne l'a trouvée, telle qu'elle
est ; et plus nous serons profondément doctes dans cette
ignorance, plus nous approcherons de la vérité elle-même.
§4 - LE MAXIMUM ABSOLU EST COMPRIS SANS ÊTRE SAISI ;
AVEC LUI COÏNCIDE LE MINIMUM.
Le maximum simple et absolu qui est ce qu'il peut
y avoir de plus grand, parce qu'il est trop grand pour pouvoir être
saisi par nous puisqu'il est la vérité infinie, est
atteint par nous sans que nous puissions le saisir. En effet, comme
il n'est pas de nature à admettre un excédent et un
excès, il est au-dessus de tout ce qui peut être conçu
par nous ; car tous les objets qui sont appréhendés
par les sens, la raison ou l'intelligence, diffèrent tellement
entre eux et de l'un à l'autre, qu'il n'y a pas entre eux
d'égalité précise. Donc l'égalité
maxima, celle qui n'a de diversité et de différence
avec rien, dépasse toute intelligence ; c'est pourquoi le
maximum absolu, puisqu'il est tout ce qui peut être est tout
entier en acte, et, comme il est ce qu'il peut y avoir de plus grand,
pour la même raison il est ce qu'il peut y avoir de plus petit
: n'est-il pas tout ce qui peut être (1) ? Or, le minimum
est une chose telle qu'il ne puisse y en avoir de plus petite. Et,
comme le maximum est ainsi, il est évident que le minimum
coïncide avec le maximum. Pour que cela soit plus clair, que
l'on restreigne le maximum et le minimum à la quantité
: la quantité maxima est grande au maximum ; la quantité
minima est petite au maximum. Que l'on purifie de la quantité
le maximum et le minimum en enlevant par l'intelligence le grand
et le petit et l'on voit clairement que le maximum et le minimum
coïncident. Ainsi en effet le maximum est un superlatif, comme
le minimum un superlatif. Donc la quantité absolue n'est
pas maxima plutôt que minima, puisqu'en elle le minimum et
le maximum coïncident. Donc, les oppositions n'existent que
pour les objets qui (2) admettent un excédent et un excès,
elles leur conviennent avec des différences, mais en aucune
façon elles ne conviennent au maximum absolu, car il est
au-dessus de toute opposition. Par suite, comme le maximum absolu
est absolument en acte toutes les choses qui peuvent être,
tellement en dehors de n'importe quelle opposition que le minimum
coïncide dans le maximum, il est, de la même manière,
au-dessus de toute affirmation et de toute négation. Et tout
ce dont on conçoit l'existence, est et n'est pas, tout aussi
bien. Et tout ce dont on conçoit l'inexistence, n'est pas
et est, tout aussi bien Mais alors tel objet particulier se trouve
être toutes les choses réunies ; toutes les choses
réunies se trouvent n'être rien du tout, et ce qui
est au maximum est en même temps au minimum. En effet il n'y
a aucune différence entre l'affirmation : « Dieu qui
est la maximité absolue elle-même, est la lumière
» et l'affirmation : « Dieu est au maximum la lumière,
lui qui est au minimum la lumière ». En effet la maximité
absolue ne serait pas tout le possible en acte, si elle n'était
pas infinie, si elle ne bornait pas toutes les choses, et si elle
pouvait être bornée par l'une d'elles. Nous allons
l'expliquer dans les pages suivantes, grâce à la bonté
de Dieu lui-même.
Or, cela dépasse toute notre intelligence, car elle ne peut
pas, dans son principe, combiner les contradictoires par la voie
de la raison, parce que nous cheminons parmi les objets que nous
manifeste la nature elle-même ; et notre intelligence, trébuchant
parce qu'elle est loin de cette force infinie, ne peut pas lier
des contradictoires, séparés par un infini. Donc,
au-dessus de toute démarche de la raison, nous voyons, d'une
façon incompréhensible, que la maximité absolue
est infinie, que rien ne lui est opposé, et qu'avec elle
coïncide le minimum. Mais le maximum et le minimum, tels qu'ils
sont employés dans cet ouvrage, sont des termes d'une valeur
transcendante, d'une signification absolue, de telle sorte que toutes
les choses sont embrassées dans leur simplicité absolue,
au-dessus de toute restriction à une quantité de masse
ou de force.
(1) Manuscrits de Munich : T = Tegernsee clm. 18711, E = Emmeramensis
clm. 14213. Editions : A = 1502, B = 1514, C = 1565.
Dans ce passage, déjà si discuté, le raisonnement
ou, si l'on préfère, l'ordre des idées nous
semble être le suivant : L'auteur, ne l'oublions pas, veut
établir que le maximum est insaisissable. L'égalité
maxima, dit-il, celle qui ne comporte aucune différence,
même infime, dépasse notre intelligence ; c'est pourquoi
le maximum, dont nous avons établi précédemment
qu'il est tout ce qui peut-être, est profondément en
acte, et je dois le faire coïncider avec le minimum, puisqu'il
est tout ce qui peut être et que, par conséquent, il
ne peut rien y avoir de plus petit.
Pour notre façon de comprendre non potest majus (minus) esse,
nous renvoyons au chap. XIII, livre I : « Circumferentia,
quae major esse non potest » = la circonférence qu'il
peut y avoir de plus grande. Dans ce tour quelque peu obscur, nous
voyons une des caractéristiques de la manière cusienne.
(2) Nous suivons E et T.
§5 - LE MAXIMUM EST UN.
De cela il résulte très clairement
que le maximum absolu est intelligible sans qu'on puisse le saisir,
et nommable sans qu'on puisse le nommer, comme nous l'enseignerons
d'une façon plus manifeste par la suite. Il n'y a pas d'objet
que l'on puisse nommer et qui soit tel qu'il n'y en ait pas un plus
grand ou un plus petit, parce que les noms sont attribués
par un mouvement de la raison aux choses qui admettent un excédent
ou un excès. Et puisque toutes les choses sont de la façon
la meilleure qu'elles peuvent, du même coup sans le nombre
il ne peut pas y avoir de pluralité des êtres. En effet
enlevez le nombre et il n'y aura plus de distinction des choses,
d'ordre, de proportion, d'harmonie et même de pluralité
des êtres. D'ailleurs si le nombre lui-même était
infini, puisque alors il serait grand au maximum et qu'avec lui
coïnciderait le minimum, tout ce qui vient avant tomberait
pareillement. Il revient en effet au même que le nombre soit
infini et qu'il soit au minimum. Si donc, en montant dans l'échelle
des nombres on parvient en acte à un maximum, cependant parce
que le nombre est fini, on ne parvient pas à un maximum tel
qu'il ne puisse pas y en avoir de plus grand, car celui-là
serait infini. C'est pourquoi il est manifeste que l'ascension du
nombre est, en acte, chose finie et qu'en puissance il arriverait
à un autre nombre ; mais dans la descente le nombre se comporterait
de la même façon ; par soustraction, on peut toujours
en donner un plus petit, comme, pour l'ascension, on pouvait en
donner un plus grand par addition, les mêmes conséquences
se produisent ; sinon on ne trouverait dans les nombres ni distinction
entre les choses, ni ordre, ni pluralité, ni excédent,
ni excès ; bien plus, il n'y aurait pas de nombre. C'est
pourquoi il est nécessaire que, dans le nombre, on arrive
à un minimum, tel qu'il ne puisse pas y en avoir de plus
petit : l'unité. Et, parce qu'il ne peut rien y avoir de
plus petit que l'unité, elle sera un minimum simple, et celui-ci
coïncide, comme on le voit tout de suite, avec le maximum.
Or, l'unité ne peut pas être un nombre, parce que le
nombre, comme il admet un excédent, ne peut en aucune façon
être ni un minimum ni un maximum simple ; mais elle est, parce
que minimum, le principe de tout nombre, et, parce que maximum,
la fin de tout nombre. L'unité est donc absolue ; rien ne
lui est opposé, elle est la maximité absolue elle-même
; elle est le Dieu béni. Cette unité, puisqu'elle
est maxima, ne peut pas être multipliée, puisqu'elle
est tout ce qui peut être. Donc elle ne peut pas devenir elle-même
un nombre. Que l'on voie où le nombre nous a amenés
: nous comprenons qu'au Dieu que nous ne saurions nommer, convient
très exactement l'unité absolue et que Dieu est un
de telle sorte qu'il soit en acte tout ce qui peut être. C'est
pourquoi l'unité elle-même ne reçoit ni plus
ni moins et on ne saurait la multiplier. Aussi la Déité
est-elle l'unité infinie. Donc celui qui a dit : «
Écoute, Israël : ton Dieu est un» et « vous
n'avez qu'un maître et qu'un Père aux cieux»
n'aurait rien pu dire de plus vrai ; et celui qui dirait qu'il y
a plusieurs dieux, affirmerait très faussement qu'il n'y
a ni Dieu ni rien de tout ce qui compose l'univers : on le montrera
dans les pages suivantes. En effet, de même que le nombre
qui est un être de raison fabriqué par notre faculté
de discernement comparative, présuppose nécessairement
l'unité, qui est tellement le principe du nombre que, sans
elle, il est impossible que le nombre existe ; de même les
pluralités des choses, qui descendent de cette unité
infinie, sont avec elle dans un rapport tel que sans elle, elles
ne pourraient pas être ; en effet comment seraient-elles sans
être ? Or, l'unité absolue est entité ; nous
le verrons plus loin.
§6 - LE MAXIMUM EST LA NÉCESSITÉ ABSOLUE.
On a montré, dans ce qui précède,
que toutes les choses, sauf le seul maximum simple, sont finies
et limitées par rapport à lui. Mais le fini, le limité
a un commencement et une fin ; or, on ne peut pas dire que le maximum
soit plus grand qu'un fini donné et qu'il soit fini, même
si, de cette façon, on progresse toujours et jusqu'à
l'infini, car dans les excédents et les excès la progression
à l'infini ne peut pas se faire en acte, sinon le maximum
serait de la nature des objets finis ; donc, le maximum est nécessairement
en acte le principe et la fin de tous les objets finis. En outre
rien ne pourrait être si le maximum simple n'existait pas
; en effet, comme tout objet qui n'est pas le maximum est fini,
il dérive d'un principe ; or, il sera nécessaire qu'il
dérive d'un objet autre que lui, autrement si c'était
de lui-même, il aurait été, avant même
d'être, et il n'est pas possible, comme la règle le
montre, que de principe en cause on aille jusqu'à l'infini.
Donc, le maximum simple sera ce sans quoi rien ne peut exister.
En outre restreignons le maximum à l'être et disons
: rien n'est en opposition à l’être au maximum
(1), donc ni l’être ni l’être au minimum
; comment donc peut-on comprendre que le maximum puisse ne pas être,
quand être au minimum est être au maximum ? De plus
on ne peut comprendre d'aucun objet qu'il soit sans l’être.
Or, l'être absolu ne peut être autre chose (2) que le
maximum absolu. Donc, on ne peut comprendre d'aucun objet qu'il
soit sans le maximum. En outre la vérité maxima est
le maximum absolu ; or, ce qui est vrai au maximum est que le maximum
simple lui-même soit, ou qu'il ne soit pas, ou qu'il soit
et ne soit pas, ou que ni il ne soit, ni il ne soit pas ; on ne
peut ni dire ni penser davantage ; donc, on peut me dire n'importe
laquelle de ces propositions comme vraie au maximum, ma démonstration
est faite, car j'ai la vérité maxima, c'est-à-dire
le maximum simple. Par suite bien que dans les prémisses
on ait exprimé que ce nom Être ou n'importe quel autre
n'est pas le nom précis du Maximum — et n'est-il pas
au-dessus de tout être qu'on puisse nommer ? — cependant
on doit lui reconnaître qu'il est au maximum et de façon
telle qu'on ne puisse pas le nommer par le nom maximum au-dessus
de tout être qu'on puisse nommer.
Pour de telles raisons et une infinité de raisons supérieures
analogues la docte ignorance voit que le maximum simple existe nécessairement,
de telle sorte qu'il est l'absolue nécessité. Or,
il a été prouvé que le maximum simple ne peut
être qu'un, donc il est très vrai que le maximum est
un.
(1) Nous lisons maxime esse. (2) Nous suivons E et T.
§ 7 - DE L'ÉTERNITÉ
TRINE ET UNE.
Il n'y eut jamais aucune nation qui ne servît
pas Dieu et ne le reconnût pas pour le maximum absolu. Nous
savons que Minar dans ses Antiquités a noté : «
Les Sisséniens adoraient par-dessus tout l'unité.
» Or, le très illustre Pythagore dont l'autorité
était inébranlable de son temps, estimait que cette
unité est trine. Explorant la vérité de ce
jugement, tout en portant plus haut notre esprit, raisonnons conformément
aux prémisses. Ce qui précède toute altérité
est éternel, personne n'en doute : l'altérité
en effet c'est la mutabilité, or, tout ce qui précède
naturellement la mutabilité est immuable, donc éternel.
Mais l'altérité est composée de l'un et de
l'autre, et c'est pourquoi l'altérité, comme le nombre,
est postérieure à l'unité. Donc l'unité
est, par nature, antérieure à l'altérité,
et, puisqu'elle la précède naturellement, l'unité
est éternelle.
En outre toute inégalité se compose d'une égalité
plus un excédent. Donc l'inégalité est, par
nature, postérieure à l'égalité, ce
que l'on peut prouver très solidement par résolution.
En effet toute inégalité se résout en une égalité
; car l'égal se trouve entre le plus grand et le plus petit.
Si donc on enlève ce qui dépasse on aura l'égal
; et si, au contraire, on a eu un plus petit, qu'on enlève
du reste ce qui dépasse et on obtiendra un égal. Et
cela on pourra le faire jusqu'à ce que, par des diminutions,
l'on soit parvenu à des éléments simples (l).
Il est donc évident que toute inégalité se
ramène, par des diminutions, à une égalité.
Par conséquent l'égalité précède
naturellement l'inégalité. Mais inégalité
et altérité vont ensemble par nature. En effet où
il y a inégalité, au même endroit il y a nécessairement
altérité et inversement. C'est en effet entre deux
choses au moins, qu'il y aura altérité. Or, ces choses,
par rapport à l'une d'elles, feront un double, c'est pourquoi
il y aura inégalité. Donc, altérité
et inégalité iront ensemble par nature, surtout puisque
la dualité est la première altérité
et la première inégalité ; mais on a prouvé
que l'égalité précède par nature l'inégalité,
donc du même coup l'altérité ; c'est pourquoi
l'égalité est éternelle.
En outre si, de deux causes, l'une a été antérieure
à l'autre, l'effet de la première sera par nature
antérieur à l'effet de la seconde ; or, l'unité
est soit connexion, soit cause de connexion. C'est pour cela en
effet que l'on dit certaines choses « connexes » parce
qu'elles sont unies. La dualité, elle, est soit division,
soit cause de division. La dualité en effet est la première
division. Si donc l'unité est cause de connexion, la dualité
est cause de division. Donc, comme l'unité est antérieure
par nature à la dualité, ainsi la connexion est antérieure
par nature à la division. Mais la division et l'altérité
vont ensemble, par nature, et c'est pourquoi la connexion, comme
l'unité, est éternelle, puisqu'elle est antérieure
à l'altérité. Il a donc été prouvé,
puisque l'unité est elle-même éternelle et que
l'égalité est éternelle, que, de la même
manière, la connexion est éternelle. Mais il ne peut
pas y avoir plusieurs éternels. Si en effet il y avait plusieurs
éternels, alors, puisque l'unité précède
toute pluralité, il y aurait quelque chose, d'antérieur
par nature à l'éternité, ce qui est impossible.
En outre s'il y avait plusieurs éternels, l'un manquerait
à l'autre, aussi aucun d'entre eux ne serait parfait, et
il y aurait ainsi un éternel, qui ne serait pas éternel,
puisqu'il ne serait pas parfait ; cela étant impossible,
il ne se peut pas qu'il y ait plusieurs éternels ; mais parce
que l'unité est éternelle, l'égalité
est éternelle, et de même !a connexion : donc unité,
égalité et connexion, sont une seule chose. Et voici
bien cette unité trine que Pythagore, le premier de tous
les philosophes, l'honneur de l'Italie et de la Grèce, a
enseignée à notre adoration. Mais ajoutons encore
quelques mots plus précis sur la génération
de l'égalité par l'unité.
(l) L'élément simple c'est celui oui ne comporte pas
en lui d'inégalité. c'est l’égalité
absolue. V. la suite.
§8 - DE LA GÉNÉRATION ÉTERNELLE.
Montrons maintenant très rapidement que,
par l'unité, est engendrée l'égalité
de l'unité, et, de plus, que la connexion procède
de l'unité et de l'égalité de l'unité.
Unité est synonyme de ontité, du mot grec ??, qui
se dit en latin ens, et l'unité est entité. Dieu en
effet est l'entité même des choses, car il est le principe
de l’essence, et c’est pourquoi il est entité.
Or, égalité de l'unité est synonyme d'égalité
de l'entité, c'est-à-dire à' égalité
de l'essence ou de l'existence. Or, l'égalité de l'essence
est ce qui dans une chose n'est pas susceptible de plus et de moins,
de trop et de trop peu. En effet si elle est en plus qu'il ne faut
dans une chose, c'est un monstre, et si elle est en moins, il n'y
a pas non plus de génération de l'égalité
par l'unité ; ce qui apparaît clairement, lorsqu'on
étudie la nature de la génération : en effet
la génération est soit la répétition
de l'unité, soit la multiplication de la même nature
par le père, par procession dans un fils. A la vérité
cette sorte de génération ne se trouve que dans les
seules choses caduques ; au contraire la génération
de l'unité par l'unité est une répétition
unique de l'unité, c'est-à-dire une fois l'unité
; et si je multiplie l'unité deux fois, trois fois ou davantage,
l'unité procréera d'elle-même autre chose :
un binaire, un ternaire, ou un autre nombre ; mais l'unité
répétée une fois seulement engendre l'égalité
de l'unité, ce qui ne peut se comprendre autrement que par
l'engendrement de l'unité par l'unité, et, en vérité,
cette génération est éternelle.
§ 9 - PROCESSION ÉTERNELLE DE LA CONNEXION.
De même que la génération
de l'unité par l'unité est une répétition
unique de l'unité, ainsi la procession de l'une et de l'autre
est une répétition de la répétition
de cette unité, ou, si on préfère, l'unition
de l'unité et de l'égalité de l'unité
elle-même. Or, on appelle procession une sorte d'extension
de l'un dans l'autre, comme, lorsque deux choses sont égales,
une certaine égalité s'étend, pour ainsi dire,
de l'une à l'autre pour les unir et les lier d'une façon
quelconque ; c'est donc à bon droit que l'on dit de la connexion
qu'elle procède de l'unité et de l'égalité
de l'unité, et en effet il n'y a pas de connexion d'une chose
seule, mais l'unité procède de l'unité dans
l'égalité et de l'égalité de l'unité
dans l'unition. Aussi est-ce à juste titre qu'on dit qu'elle
procède des deux puisqu'elle s'étend, d'une certaine
manière, de l'une à l'autre.
Mais nous disons que la connexion n'est engendrée ni par
l'unité ni par l'égalité de l'unité
parce qu'elle ne naît de l'unité ni par répétition,
ni par multiplication et, bien que l'égalité de l'unité
naisse de l'unité et que la connexion procède de l'une
et de l'autre, c'est une seule et même chose que l'unité,
l'égalité de l'unité et la connexion qui procède
des deux, comme si on appelait la même chose ceci, cela, le
même (hoc, id, idem). Ce qui est appelé cela (id) est
rapporté au premier et ce qui est appelé le même
(idem) lie l'objet rapporté et l'unit au premier. Si donc
sur le pronom id on avait formé le mot idité pour
que nous pussions dire unité, idité, identité,
idité marquant une relation avec l'unité, et identité
désignant une connexion de l'idité et de l'unité,
ces termes conviendraient d'assez près à la trinité.
Sans doute nos très saints docteurs ont appelé Père
l'unité, Fils l'égalité et Esprit-Saint la
connexion ; mais ils l'ont fait à cause d'une similitude
avec les objets caduques. En effet dans le père et dans le
fils il y a une nature commune, qui est unique, et, aussi, par l'effet
même de la nature, le fils est égal au père
; car il ne se trouve ni plus ni moins d’humanité dans
le fils que dans le père et, entre eux, il y a une certaine
connexion. En effet l'amour naturel lie l'un à l'autre et
cela à cause de la similitude de la même nature qui
est en eux, et qui descend du père dans le fils ; et pour
cela même il aime son fils plus qu'un autre homme, parce qu'il
lui est conforme en humanité. C'est d'après une telle
similitude, si éloignée soit-elle, que l'unité
a été appelée Père, l'égalité
Fils et la connexion Amour ou Esprit Saint, en considération
seulement des créatures, comme nous le montrerons plus bas,
quand nous en serons là. Et voici bien, à mon avis,
d'après l'enquête pythagoricienne, l'enquête
très manifeste sur la trinité dans l'unité
et l'unité dans la trinité à jamais adorables.
§ 10 - COMMENT L'INTELLIGENCE DE LA TRINITÉ
DANS
Cherchons maintenant ce que veut dire Martianus,
lorsqu'il nous apprend que la philosophie qui voulait s'élever
à la compréhension de cette trinité a vomi
cercles et sphères. On a montré ci-dessus que le maximum
infiniment simple est unique et que la représentation de
corps la plus parfaite, comme la sphère, n'en est pas un,
ni celle d'une surface, comme le cercle, ni celle de lignes droites,
comme le triangle, ni celle de la simple rectitude, comme la ligne
droite ; mais lui-même est au-dessus de tout cela, tant et
si bien qu'il faut nécessairement vomir ce que l'on atteint
grâce aux sens à l'imagination ou à la raison,
au moyen des organes naturels, et parvenir à l'intelligence
la plus simple et la plus abstraite, où toutes choses sont
l'Unité, où la ligne droite est un triangle, le cercle
une sphère (1), l'unité une trinité, et inversement,
où l'accident est la substance, le corps l'esprit, le mouvement
le repos et ainsi de suite pour tout le reste ; et dès lors
que l'on comprend que tout objet dans l'Unité elle-même
est l'Unité on comprend que l'Unité elle-même
est toutes choses et que, par conséquent, en elle-même,
tout objet est toutes choses. Et l'on n'a pas vomi complètement
la sphère, le cercle ..., si l'on ne comprend pas que l'unité
suprême elle-même est nécessairement trine ;
en effet on ne pourra en aucune façon la comprendre tout
à fait comme suprême, si on ne la comprend pas comme
trine, pour user d'exemples qui conviennent à la chose.
Nous voyons que l'acte d'intelligence, dans son unité, se
compose de l'être intelligent, de l'objet intelligible et
du fait de comprendre. Si donc de ce point de départ : l'être
intelligent, on veut se transporter jusqu'au maximum et dire que
le maximum est l'être intelligent au maximum, et si l'on n'ajoute
pas que lui-même est l'objet intelligible au maximum, et le
fait de comprendre au maximum, on n'a pas une conception exacte
de l'unité maxima et parfaite. Si en effet l'unité
est l'intellection maxima et parfaite qui, sans ces trois composantes,
ne pourra être ni intellection, ni intellection parfaite,
il n'a pas une conception exacte de l'unité, celui qui n'atteint
pas la trinité de l'unité elle-même. Pas d'unité
en effet sans trinité, car le mot exprime indivision, discernement
et connexion. L'indivision, en vérité, vient de l'unité,
de même le discernement, de même aussi l'union ou connexion
; donc l'unité maxima n'est pas autre chose qu'indivision,
discernement et connexion, et, comme elle est indivision, elle est
éternité sans commencement, de même que l'éternel
ne s'est séparé de rien ; comme elle est discernement
elle vient d'une éternité immuable ; et comme elle
est connexion ou union elle procède des deux. Donc lorsque
je dis : « L'unité est maxima » j'exprime la
trinité. En effet, en disant « l'unité »,
j'exprime le commencement sans commencement ; « maxima »,
le commencement qui sort du commencement et lorsque je dis, grâce
au verbe, qu'il y a là une copulation et une union, j'exprime
la procession qui vient des deux termes. Si donc il a été
très manifestement prouvé plus haut qu'il n'y a qu'un
maximum, parce que minimum, maximum et connexion sont une seule
chose, et, ainsi, que l'unité elle-même est à
la fois minima, maxima et union, de là résulte comment
il est nécessaire à la philosophie de vomir tout ce
qu'on obtient par l'imagination et le raisonnement, si elle veut
comprendre, par l'intellection simple, que l'unité maxima
est trine. Cependant tu t'étonnes de ce que j'ai dit : alors
qu'il est nécessaire que celui qui veut appréhender
le maximum par l'intellection simple dépasse les différences
et les diversités des choses, n'ai-je pas placé la
ligne, la superficie, le cercle et la sphère dans le maximum
? Mais ainsi, ma main qui s'efforcera de t'amener à aiguiser
ton intelligence, le fera plus facilement avec sûreté
; tu verras que toutes ces idées sont nécessaires
et très justes, que, très directement, lorsque, du
symbole, tu te seras élevé à la vérité,
en portant ton intelligence très haut au-dessus des mots,
elles t'amèneront à une étonnante félicité
; car, dans la docte ignorance, tu progresseras sur ce chemin où,
autant qu'il est permis à un homme d'un zèle ardent,
qui s'est élevé selon les forces de la nature humaine,
tu pourras voir le maximum lui-même, unique et suprême,
qui dépasse toute compréhension : Dieu, dans son unité
et sa trinité à jamais bénies.
(l) A, B, C : la ligne est triangle, cercle et sphère.
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