Il est beaucoup plus facile pour un philosophe d'expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu'à un enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant pose les vraies questions. Jean-Paul Sartre
Téléologie et religion
Aujourd'hui les savants n'osent pas avouer
qu'ils sont téléologistes parce que ce sont des choses
qui ne se démontrent pas. Dans tous les cas, on n'a rien
mis à la place, et la place reste vide. Cl. Bernard
Téléologie
: science des causes finales (du grec telos finalité
et logos science), action directrice que les fins exercent
sur les moyens.
De trois choses l'une :
1/ Le monde est soumis à
un principe créateur (dieu) conscient de son ouvrage et de
sa finalité. Auquel cas l'évolution humaine se déroule
comme elle doit se dérouler pour atteindre cette finalité
prédéterminée.
2/ Le monde n'a pas de principe créateur. La création
est due au hasard et l'évolution humaine n'a pas de sens
en dehors de celui que nous voulons bien lui donner.
3/ Il existe un principe créateur mais il n'a pas de but
prédéterminé envers l'univers qu'il a créé
et les créatures qui en découlent. Dans ce cas-là,
l'homme aurait tout le loisir de construire sa propre destinée.
Vous l'avez sans doute déjà compris, sur ce site
nous défendons la première version.
Le monde selon nous est le fruit d'un PRINCIPE CRÉATEUR, CONSCIENT DE SA DESTINÉE, et ses créatures
ne peuvent échapper à cette destinée.
A partir de là, nous réfléchirons
sur le sens de l'humanité et sur
les raisons qui poussent l'homme vers une telle finalité.
De la religion
Les
interrogations à propos du sort de l'humanité, ne
sont pas nouvelles.
Les tentatives de résoudre cette énigme occupent
depuis longtemps l'esprit de la philosophie. Ces tentatives ont
rencontré leur point d'orgue avec Emmanuel
Kant et les Lumières, puis avec Georg
Wilhem Friedrich Hegel.
Toutefois, les premieres à apporter une réponse UNIVERSELLE à la question du sens de l'humanité, sont les RELIGIONS.
Cette réponse apparaît déjà, et sans doute pour la première
fois, dans le JUDAÏSME.
En effet, pour cette religion mère, l'humanité se
réalisera avec l'arrivée du Messie (Quand
le messie viendra, l'authenticité de la Torah et l'existence
de Dieu seront universellement reconnues, et à partir de
cette reconnaissance universelle, rayonnera la lumière de
la vérité, de la justice, de la tolérance et
de la paix sur le monde entier).
Ce « positivisme », prévoyant
une fin heureuse des temps, se prolonge et s'enrichit tout naturellement
avec le CHISTIANISME et l’ISLAM à travers l'image d'Apocalypse (l'ultime
victoire des forces du « bien » sur les forces du «
mal » et l’instauration finale du royaume de Dieu sur
terre, autrement dit l'instauration du royaume de l'Amour, puisque
Dieu est Amour).
L'idée d'évolution vers la perfection, se retrouve également dans les spiritualités
asiatiques mais sous une autre forme.
HINDOUISME, BOUDDHISME, TAOÏSME envisagent
l'univers et la création de façon « cyclique »
(c'était également la croyance de la Grèce
ancienne). Un âge d'or décline vers le chaos puis repart
vers un âge d'or ... (voir ci-contre) .
La vision est différente mais le principe revient au même.
En effet, si pour ces spiritualités, l'évolution
humaine est incluse dans une sorte D'ÉTERNEL RECOMMENCEMENT allant de l'âge d'or
au chaos et du chaos à L'AGE D'OR, c'est bien l'âge d'or (autrement dit
la perfection), qui fait office d'idéal à atteindre.
En tout cas, linéaire ou circulaire, pour
toutes les grandes spiritualités du monde, l'humanité
évolue vers un point de perfection.
De la religion à la philosophie
Quand l'eau courbe un bâton, ma raison
le redresse : la raison décide en maîtresse. La
FontaineSi la raison du
monde décidait en maîtresse comme celle de Jean
de La Fontaine, la paix universelle serait déjà
notre réalité.
Mais ce n'est pas le cas. C'est encore bien souvent l'instinct
qui motive l'évolution de l'humanité.
Les religions ont donc déjà pensé la finalité
de l'humanité en termes de PAIX, D'ÉGALITÉ, de FRATERNITÉ et D'UNIVERSALITÉ. A
la fin des temps, l’agneau se couchera aux côtés
du lion…et les jeunes enfants joueront dans le nid du cobra. (Isaïe 11 : 6 ). Autrement dit, l'homme ne sera
plus un loup pour l'homme, l'abus des dominants sur les dominés
sera terminé, et l'ensemble humain aura enfin réalisé
son unité.
Pour celui qui sait apprécier les images
élégantes des poésies mystiques, les métaphores
religieuses sont une véritable bénédictionmême
si, l'ensemble des grands INTUITIFS RELIGIEUX (toutes religions confondues), ont découvert les grandes
énigmes de ce monde, la forme métaphorique de leurs
explications perdait de l'influence à mesure qu'émergeait
le pragmatisme scientifique.
Les intuitions spirituelles réclamaient donc d'une certaine
manière d'être éclairées à la
lumière de la raison et de la science.
La PHILOSOPHIE est née de
cette exigence.
Le désir d'expliquer RATIONNELLEMENT les
intuitions mythologiques et spirituelles, est à l'origine
du PHILOSOPHE.
En effet, depuis la naissance de cette discipline, l'intention
de RATIONNALISER L'IRRATIONNEL est
la base du travail philosophique.
Des milésiens jusqu'aux épicuriens,
les philosophes grecs ont voulu rationaliser la cosmogonie,
la mythologie et les expériences mystiques (Platon,
le banquet, par exemple).
De la même façon, jusqu'au XVIIIe siècle,
les philosophes juifs, chrétiens et musulmans, ont
éclairé les métaphores des livres sacrés.
Ils tentaient alors d'expliquer Dieu de façon ontologique,
c'est à dire en partant de Dieu lui-même.
À partir du siècle des lumières, les
grands philosophes ont changé de point de départ.
Des philosophes comme Kant et plus tard Hegel, décidaient
de partir du monde phénoménal pour prouver Dieu,
et non plus de Dieu lui-même.
En allant jusqu'aux limites des réalités connaissables,
ces penseurs visaient à éclairer ce qui était
au-delà ...
La matière se mettait au service de l'immatériel,
la physique au service de la métaphysique.
Parmi ces derniers philosophes, certains d'entre eux comme Kant et Hegel,
ont véritablement offert leur existence à
la question du DEVENIR HISTORIQUE DE L'HOMME.
S'appuyant sur une intelligence phénoménale (c'est
le cas de le dire), sur des capacités logiques et intuitives
et sur les découvertes scientifiques de leur temps, ces génies
sont parvenus à démontrer de la façon la plus
rationnelle possible, le sens de l'humanité.
Leurs conclusions sont identiques à celles
des religions : l'humanité évolue vers une concrétisation
positive et spirituelle. Seuls changent les termes employés
pour expliquer cette finalité.
Ainsi donc, toute réflexion téléologique vise
un but plus haut et plus vaste.
Il s'agit pour elle, d'établir un lien entre le monde des
phénomènes - l'univers tel qu'il nous apparaît
- et le principe à l'origine de cet univers.
Elles cherchent à découvrir le rapport entre la
matière visible, et la forme immatérielle de celle-ci
(ondes, cordes ou particules élémentaires invisibles).
Pour simplifier, il s'agit tout simplement de faire la jonction
entre le PRINCIPE CRÉATEUR
et sa CRÉATION, entre DIEU
et ses CRÉATURES ...
Autrement dit, tout philosophe de l'histoire, tout métaphysicien,
vise à prouver l'improuvable : L'EXISTENCE DE DIEU.
Sur ce travail de Don Quichotte, des millions
de penseurs et de mystiques , bien souvent dans la plus grande exaltation,
s'y sont consumés sans jamais parvenir à le résoudre.
La mécanique universelle
Dès son origine, ce travail s'est inscrit dans la grande lignée de LA PHILOSOPHIE DE L'HISTOIRE.
Depuis son intuition initiale : « L'HUMANITÉ EST VOUÉE À ATTEINDRE SA PARFECTION », nous cherchons à démontrer, et le plus concrètement possible, qu'il existe un SENS à l'évolution humaine, une attraction de celle-ci vers UN BUT PRÉCIS.
Selon nous en effet, notre évolution (pourtant parfois chaotique et régressive), entraîne inexorablement l'homme vers la concrétisation de ses valeurs idéales, autrement dit vers l'L'AMOUR DU PROCHAIN, la FRATERNITÉ, la PAIX UNIVERSELLE, L'ÉGALITÉ etc..
Evidemment, nous ne devons pas nous leurrer.
La CLEF du monde ne nous sera pas donnée. Les ultimes secrets de l'univers ne s'offriront pas à nous après s'être refusé aux plus grands penseurs et mystiques.
Nous n'apporterons pas d'irréfutable. Pas de preuves concrètes de la présence de DIEU ni du sens de l'humanité.
Notre tentative, comme les précédentes, nous conduira tout au mieux au pied des cimes inaccessibles du MONDE VÉRITABLE, face à la lourde porte de L'AUTHENTIQUE ÉNIGME.
Nous espérons simplement, pouvoir fournir quelques nouveaux arguments, aux conceptions TÉLÉOLOGIQUES et RELIGIEUSES.
Nous aimerions simplement offrir quelques éléments pertinents de plus, à l'idée du sens, comme à celle de Dieu.
La quête du divin
En dehors de Dieu, nulle autre substance ne peut être ni être conçue. SpinozaDès que l'on lève la tête au CIEL, que l'on se penche un peu sur l'origine de la MATIÈRE ou sa constitution, dès qu'on saisit la hauteur et la force des ÉNIGMES de ce monde, le NIHILISME revient alors à un simple défaut de réflexion et croire, une évidence.
Il y a me semble-t-il, deux grandes façons d'aborder l'existence.
La première se pose des questions sur la création, et la seconde ne s'en pose pas et se contente de vivre.
Aucune des deux n'est supérieure à l'autre. Les deux sont nécessaires pour construire ce monde.
- Se poser des questions permet de faire évoluer la conscience humaine, mais c'est bien souvent perdre le sens des réalités ordinaires.
- Ne pas s'en poser permet de concentrer son existence sur les choses concrètes de la vie. Elle permet sans doute une meilleure adaptation au monde, donc une meilleure efficacité dans la construction de l'humanité.
Si l'on ne se pose aucune question sur la création, on peut alors exprimer superficiellement l'idée selon laquelle DIEU ou son équivalent, n'existe pas. L'idée selon laquelle le monde comme l'humanité, n'ont pas de sens ...
Mais dès qu'on s'interroge sérieusement sur le monde, on se heurte fatalement à la présence d'un principe créateur.
Chez les primates naturels, la plupart des actions sont gérées par l'instinct. Vivre sans but supérieur et sans conscience du sens, ne perturbe alors en rien leur vie ni celle du groupe.
Ce n'est plus le cas de l'humanité consciente.
Les conduites humaines n'étant plus encadrées par les lois de la NATURE, mais par celles de la CULTURE, l'idée de Dieu et les valeurs qu'elle véhicule (comme les principes accordant du sens à la vie), sont fondamentales pour notre santé psychique et pour éviter les conduites absurdes.
Entre l'idée que la vie a un sens et l'idée qu'elle n'en a pas, l'humanité, dans sa généralité, a choisi la première, puisqu'elle cherche à s'améliorer (donc à tendre à vers un but supérieur, ce qui fait sens), et à comprendre (ce qui est l'inverse de la fatalité).
En tout cas, jusqu'à ce que la science parvienne à nous offrir la certitude qu'il y a, ou qu'il n'y a pas de présence divine à l'origine de la création, la constitution angoissée et curieuse de l'esprit humain, devra s'acharner à résoudre ce puissant foyer d'inquiétude.
L'intérêt de la philosophie
C'est à la PHILOSOPHIE, intermédiaire entre le RELIGIEUX et le SCIENTIFIQUE, qu'il revient sans doute de réfléchir le plus profondément à cette question.
C'est en tout cas, ce qu'elle fait depuis son origine.
Cette quête rationnelle du divin, se présente de deux manières :
- En posant Dieu a priori pour démontrer qu'il est nécessaire, et c'est la preuve ontologique,
- Ou en le cherchant a posteriori c'est-à-dire en essayant d'établir les limites du monde phénoménal derrière lesquelles se trouve le divin ... nous pourrions appeler cette manière la «preuve phénoménologique ».
Kant est sans doute le premier à avoir séparé le monde phénoménologique (la réalité telle que nous la percevons), du monde métaphysique (Dieu, l'au-delà, tels que nous les concevons).
Ne nous trompons pas sur Kant, et sur la phénoménologie en général. Son intention profonde, n'est pas matérielle mais spirituelle. Elle ne vise pas à nous expliquer les mécanismes visibles du monde phénoménal, mais à marquer les limites d'un territoire, au-delà duquel se situe L'INTOUCHABLE. L'intouchable, autrement dit le : « DIVIN », même si ce divin doit avoir pour nom le VIDE, ou le RIEN, comme dans les CULTURES ASIATIQUES.
Que l'on choisisse Dieu ou le monde phénoménal comme point de départ pour expliquer DIEU, cela n'a pas une grande importance. Aucune des deux voies, ne sont capables d'éclairer clairement ce mystère. Sa réalité est inaccessible à la raison comme à l'expérience scientifique.
Dieu, ou le principe créateur, ne peut révéler sa PLÉNITUDE qu'au travers de la SENSATION, au travers d'expériences personnelles, intimes et silencieuses.
Même si l'homme parviendra un jour, comme nous le pensons ici, à démontrer « QU'IL EST » (je suis celui qui est, relate la Bible à son propos), ni la PHILOSOPHIE ni la SCIENCE, n'arriveront à rendre compte de sa véritable réalité.
Seuls ceux qui vivent un véritable moment D'EXTASE, de BÉATITUDE, ou D'ÉVEIL, que ce soit par la FOI (touché par la grâce), par HASARD (à travers une expérience de mort imminente par exemple) ou par le VOULOIR (ascète, moine, soufis), sont à même de comprendre les véritables qualités de ce que nous appelons le divin.
Qu'elles émanent du JUDAÏSME, du CHRISTIANISME ou de L'ISLAM, de L'HINDOUISME, du BOUDDHISME ou du TAOÏSME, qu'elles viennent d'un Platon, d'un Plotin, d'un Saint Augustin, ou d'un Spinoza, d'un Kant, d'un Hegel, d'un Bergson ou d'un Michel Henry, toutes les descriptions de DIEU, du VIDE, de la SUBSTANCE, de l'UN, de l'ÊTRE etc. proposées par nos prédécesseurs, deviennent claires et limpides à la plupart de ceux qui ont vécu une expérience extatique.
À celui qui a ressenti LES RAVISSEMENTS DE L'EXTASE, toute la pertinence des textes sacrés que nous offrent le judaïsme, le christianisme, l'islam, l'hindouisme ou le bouddhisme, saute aux yeux.
Toute théorie de l'extase, se retrouve donc face à deux limites infranchissables : l'impossibilité des mots à équivaloir les sensations qu'ils sont censés décrire, et l'énorme difficulté pour un individu, de comprendre ce qu'est l'éveil mystique sans l'avoir vécu.
Cette difficulté induit également une sorte d'impossibilité à établir la preuve formelle et incontournable d'une « chose » concernant avant tout notre INTIMITÉ, notre CHAIR comme l'a très justement saisi Michel Henry
Rappelons-le une nouvelle fois :
Notre prétention ici est des plus modestes.
Nous aimerions simplement pouvoir poser une brique supplémentaire sur l'ensemble des tentatives essayant depuis longtemps de prouver Dieu. Nous aimerions pouvoir jeter de façon réfléchie, une nouvelle pierre sur un gué construit par l'homme au grand fleuve du temps pour se rapprocher toujours plus de son grand mystère.
Humanity
is destined to achieve perfection.
L'humanité est vouée à
atteindre sa perfection.
Philosophie, science et religion >>résumé
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