Si, depuis plus d'un siècle, les
grandes questions métaphysiques semblent avoir déserté les
rives agitées de nos saisons, elles n'ont pas
pour autant disparu de l'esprit humain.
L'univers a-t-il un sens ?
l'humanité a-t-elle un sens ?
Pourquoi suis-je au monde ?
Notre existence et nos actions ont-elles un sens ?
Y a-t-il du divin dans le monde ?
Y a-t-il autre chose après la mort ?
Le marché a beau
dissimuler ces interrogations spirituelles, sous un grand voile
de bruit, de stress et de compulsion, de travail forcé et
de plaisir sans relâche, ces questions n'en
restent pas moins à l'affût de nos relâchements
et de nos silences.
Le monde a t-il un sens ?
En regardant
la télévision et le cortège de peurs qu'elle diffuse, on peut facilement sombrer dans une vision
pessimiste de l'évolution humaine.Il
est aisé
d'imaginer notre espèce en déclin et vouée à son
anéantissement.
Mais on peut également y déceler une évolution positive.Une amélioration
constante et
globale
de la condition de
l'homme. Un passage successif, d'étape
en étape,
entraînant notre espèce vers son union paisible et sa véritable perfection.
Autrement dit, ce n'est pas l'humanité qui va
de plus en plus mal, c'est notre sensibilité au mal
qui se développe ....
Pour sortir de cette impasse, il faut considérer « le mal
» comme un élément subsidiaire et
en régression constante dont le seul rôle est
de faire évoluer
le « bien ».
Nous devons également
accepter le paradoxe d'un mal que l'on doit penser nécessaire à
la construction humaine, et en même temps superflu, pour qu'il régresse
progressivement jusqu'à disparaître
tout
à fait.
Prenons le cas de la torture par
exemple. Il s'agit d'une barbarie antique encore exercée
de nos jours. La télévision et les rapports d'Amnesty
International sont éloquents à ce sujet.
Et bien pour démontrer la progression positive de l'humanité malgré la présence de la torture,
il faut pouvoir dire :
1/ l'humanité n'a pas encore atteint son seuil de perfection mais elle s'y dirige peu à peu.
2/ Durant des millénaires, la torture
fut un moyen systématique
d'obtenir des aveux ou de prendre du plaisir. C'était une pratique institutionnalisée
et coutumière.
3/ Progressivement, suivant l'évolution de la conscience,
cette horreur a été remise
en cause. Des philosophes, des humanistes, des religieux, se sont battus pour sa disparition. Grâce à ce long travail d'humanisation, la torture fut interdite. D'abord par la Suède en 1734, puis par l'Allemagne,
la Norvège et le Danemark et enfin par la France en 1789.
4/ Aujourd'hui la plupart des pays en ont interdit l'usage.
5/ L'inhumanité de la torture a été saisie par l'humanité puisqu'elle est le seul grand comportement inhumain à être
explicité
dans les écrits internationaux (même si
quelques bourreaux en col blanc semblent chercher par tous
les moyens à lui redonner un cadre légal ou à en minimiser l'importance).
6/ Aujourd'hui,
la torture existe encore, mais elle est interdite. La
pratiquer ou la donner à pratiquer, est condamné par la loi. Il y a donc évolution.
7/ Jour après jour, de nombreux êtres humains
travaillent à la disparition de
cette perversion sadique.
8/
Et enfin , la torture ayant quitté les habitudes humaines, sa pratique agit contre elle-même.
En effet, lorsque par bonheur, des individus révèlent sa présence, cela engendre un véritable scandale au niveau
des opinions mondiales
obligeant les dominants à se justifier, à s'excuser.
Ainsi, même si la torture existe
encore au XXIe siècle, montrant notre véritable niveau d'évolution, même si certaines
démocraties détournent les lois pour la pratiquer,
sa régression progressive ne peut être mise en cause.
Et
cela est valable pour tous les domaines où se
joue l'évolution de l'humanité.
Un autre obstacle nous empêche de percevoir clairement la
progression de l'humanité vers le bien. C'est la sensation de régression morale,
sociale, humaine, et spirituelle que l'on sens à l'oeuvre depuis ces 30 dernières années.
Cette régression existe, mais elle est ponctuelle et concerne certains versants seulement de l'évolution. l'humanité dans sa globalité, continue quand à elle de progresser.
En écrasant toute forme de contre-pouvoirs, le libéralisme
est tombé dans le travers des hégémonies. Il se considère tout-puissant, son orgueil augmente et
les risques d'autocratie aussi.
Si cette régression du spirituel vers l'animalité et ses pulsions, semble évidente, elle
est cependant ponctuelle et partielle. Elle
est la contrepartie d'une évolution plus importante : la mondialisation. La mondialisation est un passage obligé de l'humanité,
elle signe la montée du national vers l'universel.
Néanmoins, cette prise de contrôle de la mondialisation par
le système marchand, commence à poser
un véritable problème à l'ensemble des êtres
humains. Elle a un coût : la marchandisation systématique de tous les
pans de la société, y compris l'humain
et sa spiritualité.
Le marché doit être subordonné
aux domaines : spirituel, écologique,
politique, éducatif, culturel, subordonné aux médias,
et au peuple.
Vous l'avez compris, ce travail va poursuivre
deux buts bien distincts. D'un côté nous allons réfléchir à
l'évolution globale et spirituelle de l'humanité vers sa perfection ...
et de l'autre, nous analyserons les travers de la société
pour ouvrir nos consciences et nous permettre de nous corriger.
Quelles sont les véritables valeurs en
progression dans notre espèce ? Quel est le sens et la
finalité de
notre évolution ? Voilà quelques-unes des questions
qu'il semble fondamental de se poser aujourd'hui.