philosophie naïve du devenir humain
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La philosophie n'est pas une illusion : elle est l'algèbre de l'histoire. Maurice Merleau-Ponty

Évolution de la société humaine ...
Le monde à un sens ...

De l'inconscience à la conscience

Si, depuis plus d'un siècle, les grandes questions métaphysiques semblent avoir déserté les rives agitées de nos saisons, elles n'ont pas pour autant disparu de l'esprit humain.

Quand la vie nous sort un moment de l'agitation du monde, les questions fondamentales reprennent immédiatement de l'énergie.

L'univers a-t-il un sens ?
l'humanité a-t-elle un sens ?
Pourquoi suis-je au monde ?
Notre existence et nos actions ont-elles un sens ?
Y a-t-il du divin dans le monde ?
Y a-t-il autre chose après la mort ?

 

Le marché a beau dissimuler ces interrogations spirituelles, sous un grand voile de bruit, de stress et de compulsion, de travail forcé et de plaisir sans relâche, ces questions n'en restent pas moins à l'affût de nos relâchements et de nos silences.

 

Le monde a t-il un sens ?

En regardant la télévision et le cortège de peurs qu'elle diffuse, on peut facilement sombrer dans une vision pessimiste de l'évolution humaine.Il est aisé d'imaginer notre espèce en déclin et vouée à son anéantissement.

Mais on peut également y déceler une évolution positive.Une amélioration constante et globale de la condition de l'homme. Un passage successif, d'étape en étape, entraînant notre espèce vers son union paisible et sa véritable perfection.

Autrement dit, ce n'est pas l'humanité qui va de plus en plus mal, c'est notre sensibilité au mal qui se développe ....

Globalement, le monde va de mieux en mieux mais nous n'avons pas encore le recul nécessaire, ni les connaissances suffisantes pour pouvoir le démontrer et donc le prouver tout à fait.

 

Valeur du monde et sens du mal

Difficile retour à l'optimisme après Auschwitz

Parler d'évolution positive dans cette période de transition, est une chose difficile. Surtout après les monstruosités humaines du XXe siècle.

photo jean marc tonizzo, une rue distordueDifficile, car il faut en même temps accepter de penser « le mal », justifier la nécessité de sa présence et considérer cette présence comme un scandale à éradiquer.

Pour sortir de cette impasse, il faut considérer « le mal » comme un élément subsidiaire et en régression constante dont le seul rôle est de faire évoluer le « bien ».
Nous devons également accepter le paradoxe d'un mal que l'on doit penser nécessaire à la construction humaine, et en même temps superflu, pour qu'il régresse progressivement jusqu'à disparaître tout à fait.

 

Le mal, la torture, la barbarie

La nouveauté Amnesty international

Prenons le cas de la torture par exemple. Il s'agit d'une barbarie antique encore exercée de nos jours. La télévision et les rapports d'Amnesty International sont éloquents à ce sujet.

Et bien pour démontrer la progression positive de l'humanité malgré la présence de la torture, il faut pouvoir dire :

  • 1/ l'humanité n'a pas encore atteint son seuil de perfection mais elle s'y dirige peu à peu.
  • 2/ Durant des millénaires, la torture fut un moyen systématique d'obtenir des aveux ou de prendre du plaisir. C'était une pratique institutionnalisée et coutumière.
  • 3/ Progressivement, suivant l'évolution de la conscience, cette horreur a été remise en cause. Des philosophes, des humanistes, des religieux, se sont battus pour sa disparition. Grâce à ce long travail d'humanisation, la torture fut interdite. D'abord par la Suède en 1734, puis par l'Allemagne, la Norvège et le Danemark et enfin par la France en 1789.
  • 4/ Aujourd'hui la plupart des pays en ont interdit l'usage.
  • 5/ L'inhumanité de la torture a été saisie par l'humanité puisqu'elle est le seul grand comportement inhumain à être explicité dans les écrits internationaux (même si quelques bourreaux en col blanc semblent chercher par tous les moyens à lui redonner un cadre légal ou à en minimiser l'importance).
  • 6/ Aujourd'hui, la torture existe encore, mais elle est interdite. La pratiquer ou la donner à pratiquer, est condamné par la loi. Il y a donc évolution.
  • 7/ Jour après jour, de nombreux êtres humains travaillent à la disparition de cette perversion sadique.
  • 8/ Et enfin , la torture ayant quitté les habitudes humaines, sa pratique agit contre elle-même. En effet, lorsque par bonheur, des individus révèlent sa présence, cela engendre un véritable scandale au niveau des opinions mondiales obligeant les dominants à se justifier, à s'excuser.

Ainsi, même si la torture existe encore au XXIe siècle, montrant notre véritable niveau d'évolution, même si certaines démocraties détournent les lois pour la pratiquer, sa régression progressive ne peut être mise en cause.

Et cela est valable pour tous les domaines où se joue l'évolution de l'humanité.

 

Ambiguïté du néo libéralisme

Le marché, constructeur et destructeur d'humanité

Un autre obstacle nous empêche de percevoir clairement la progression de l'humanité vers le bien. C'est la sensation de régression morale, sociale, humaine, et spirituelle que l'on sens à l'oeuvre depuis ces 30 dernières années.

pauvretéCette régression existe, mais elle est ponctuelle et concerne certains versants seulement de l'évolution. l'humanité dans sa globalité, continue quand à elle de progresser.

La contestation nécessaire

Tout comme la plupart des individus, les corporations humaines cherchent dans les groupes contradictoires, les limites de leur expansion. Autrement dit la présence d'une opposition conséquente est fondamentale pour éviter les problèmes engendrés par la toute puissance.

En écrasant toute forme de contre-pouvoirs, le libéralisme est tombé dans le travers des hégémonies. Il se considère tout-puissant, son orgueil augmente et les risques d'autocratie aussi.

En corrompant progressivement certains principes, en imposant les valeurs des dominants (égoïsme, agressivité, thésaurisation, narcissisme), le rouleau compresseur néolibéral fait tout simplement régresser la démocratie. En effet, les valeurs démocratiques exigent au contraire de choisir les valeurs du peuple (entraide, humilité, égalité, partage, quiétude), comme valeurs à suivre.

Quand une doctrine politique privilégie les dominants, il régresse de plus en plus vers les conditions de vie de nos origines, autrement dit les conditions de vie des primates naturels. C'est le cas du néo-libéralisme de ces dernières décennies. C'est pourquoi la précarité, l'agressivité, la violence, la sexualité sans sentiment, la peur, l'inconscience, sont, comme dans la nature, en expansion depuis une trentaine d'années.

Régression nécessaire des valeurs

Si cette régression du spirituel vers l'animalité et ses pulsions, semble évidente, elle est cependant ponctuelle et partielle. Elle est la contrepartie d'une évolution plus importante : la mondialisation. La mondialisation est un passage obligé de l'humanité, elle signe la montée du national vers l'universel.

La régression de certaines valeurs humaines, est la conséquence directe de la prise de contrôle de la diffusion des valeurs par le système marchands.
La domination des valeurs marchandes est la conséquence de la prise en main de la mondialisation par le marché.

Cette prise en main est tout à fait explicable, elle s'inscrit dans la grande évolution de l'humanité vers son unification.
En effet, pour qu'un Latino-américain, un Chinois, un Russe, un Japonais, un Africain, un Européen, un Etats-unien, un Oriental, puissent se réunir sur des choses communes, celles-ci doivent être neutres et trans nationales

Aucune religion, aucune idéologie politique, ne pouvaient réunir ainsi la diversité du monde autour de valeurs universelles et convenant à tous.

Seuls les objets, la mode, la musique, le cinéma, le tourisme, l'industrie, bref ce qu'offre le marché, peut rassembler aujourd'hui la majorité humaine. Seul le marché peut ouvrir la voie à un fonctionnement mondial et universel et accepter de faire évoluer ses pratiques nationales et communautaires vers de nouvelles lois universelles.

L'universalisation par le marché, n'est donc qu'un des instruments de la paix universelle à venir.

En somme, la mondialisation prépare la fusion des idéologies et des spiritualités, au sein d'une quintessence commune et universelle.

 

La mondialisation par le marchand

Le marché devra rentrer dans le rang

Grands patronsNéanmoins, cette prise de contrôle de la mondialisation par le système marchand, commence à poser un véritable problème à l'ensemble des êtres humains. Elle a un coût : la marchandisation systématique de tous les pans de la société, y compris l'humain et sa spiritualité.

Lorsque le marché domine le domaine spirituel, il détourne naturellement l'homme de la réflexion et de la spiritualité, ces dernières n'ayant aucune valeur marchande. En noyant corps et âme l'être humain dans le matériel, le marché réduit l'homme au simple état de consommateur et de marchandise.
Lorsque le marché domine le domaine militaire, il réduit l' arme au rang de simple produit de consommation. Grâce à cela, il l'a répand sur toute la planète avec les ravages que nous lui connaissons. Le marché peut également influencer des guerres pour son développement.
Lorsque le marché domine le domaine écologique, sa compulsion l'empêche de prévenir à la place de guérir. Il est alors incapable d'insuffler à temps suffisamment d'argent pour la recherche en énergies propres, obligeant l'humanité à réparer sans cesse ses dégâts.
Lorsque le marché domine le domaine politique, il utilise ce dernier pour s'accaparer de nouveaux pans de la société. C'est ainsi que les médias, sont tombés dans son escarcelle, avec toutes les aberrations que l'on voit. Aujourd'hui, le marché vise l'éducation, les prisons, la recherche, la médecine, etc.
Quand le marché est au-dessus de l'éducatif, il oriente progressivement l'enseignement vers les seules disciplines qui l'intéresse L'utilitaire, le mercantile - concevoir, fabriquer et vendre - sont surestimés au détriment des disciplines intellectuelles, artistiques et spirituelles. S'il a besoin de main-d'oeuvre, le marché n'hésite pas à remettre en cause certains droits à la scolarité pour avoir de jeunes ouvriers plus dociles. D'autre part, quand le marchand est au-dessus de l'éducatif, il se permet d'infiltrer progressivement l'école pour y vendre ses produits et ses publicités.
Quand le marché domine la culture, il en réduit rapidement la diversité et la qualité pour baisser ses coûts de production et augmenter ses bénéfices. Dans les mass média, seuls quelques artistes aseptisés remplissent le champ culturel, rétrécissant l'espace intellectuel du peuple, sa conscience et son esprit critique.
Quand le marché domine les médias, il ravage progressivement la mission du journalisme. Il le transforme en simple instrument de propagande et de publicité. Il convertit la télé et la presse en vaste vitrine d'objets à acheter. Il travestit les journalistes et les présentateurs en camelots aseptisés et « bienfaisants ». Il anéantit peu à peu les débats citoyens, les émissions culturelles, les émissions critiques et la réelle vision du monde.
Quand le marché domine la justice, il ne craint plus d'abuser ses employés. Il néglige les acquis sociaux pour augmenter ses bénéfices en payant de moins en moins des ouvriers obligé de travailler de plus en plus pour bénéficier des conditions de vie et de travail inférieures à celles dont il jouissait, il y a 30 ans. Sa toute-puissance le conduit donc irrésistiblement à ramener l'humanité au stade de l'esclavage.
Enfin, quand le marché est au-dessus du peuple, au lieu de vouloir son bien, il cherche ses compulsions et ses dépendances. Il n'a de cesse, pour vendre toujours plus de marchandises de stimuler la dépendance, les faiblesses, les tendances et les perversions. voyeurisme, goût du jeu, vénalité, sur-érotisation, surconsommation, narcissisme, élitisme, etc., occupent progressivement tout l'espace de l'esprit.

Cet état de fait, persistera jusqu'à ce que le marché soit entièrement maîtrisé et retrouve sa place naturelle dans l'humanité, autrement dit : la dernière sur l'échiquier des influences envers la société.

Le marché doit être subordonné aux domaines : spirituel, écologique, politique, éducatif, culturel, subordonné aux médias, et au peuple.

Vous l'avez compris, ce travail va poursuivre deux buts bien distincts. D'un côté nous allons réfléchir à l'évolution globale et spirituelle de l'humanité vers sa perfection ...

et de l'autre, nous analyserons les travers de la société pour ouvrir nos consciences et nous permettre de nous corriger.

Quelles sont les véritables valeurs en progression dans notre espèce ? Quel est le sens et la finalité de notre évolution ? Voilà quelques-unes des questions qu'il semble fondamental de se poser aujourd'hui.

 

philosophie sociale >>téléologie

 


 

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