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Mise à jour le 17/05/2012 - Paris

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Les caractères dans la colonisation

Utopistes, ségrégants et normaux.

Pour mon analyse, je suis parti d'un principe selon lequel, chaque groupe humain, qu'il s'appelle « clan » « tribu », «quartier», «ville», «pays», «nation», «religion» où «communauté», est composé de trois grands styles de personnages.

Au centre, et constituant la majorité, (disons, 80 à 90 % du groupe) se tient la psychologie plutôt influençable du peuple, mais dont la tendance psychique est orienté vers le « bien ».

De part et d'autre de ce centre, se tiennent deux groupes de dominants. D'un côté les dominants « pragmatiques et narcissiques » et de l'autre, les dominants « idéalistes et utopistes ». Chacun des deux contenants ainsi 5 à 10 % de la population. (Sachant que tous ces qualificatifs ne servent qu'à schématiser des processus complexes. Idem pour les proportions schématiques que j'ai attribués à ces trois groupes.)

Les tendances des trois groupes

La partie « narcissique », se caractérise par une propension excessive à l'égoïsme, à la violence, à la domination, à la relation maître/esclave, à l'utilisation d'autrui à ses fins personnelles.

La partie « utopiste humaniste » se caractérise par une propension excessive à la justice, à la générosité, à l'égalité, à la fraternité, à l'égocentrisme et à prendre ses rêves pour une réalité.

La partie « influençable » de l'humanité se caractérise par une propension normale à la bonté, à la fraternité, à l'amitié, à la sociabilité, à l'entraide quand cela est possible. Mais également, une propension à obéir aux ordres, à accepter les choses, et à ne pas détecter la manipulation, car elle en est relativement dépourvue. D'où les 44 % de votes pour Hitler en 1933 qui furent suivis dans l'année, d'une dissolution de tous les partis politiques et de tous les syndicats, d'une « épuration » de l’administration, et de la création d'une nouvelle milice et d'une police politique (il épure même son propre parti au cours de la « nuit des longs couteaux »).

par Évelyne Py

Voilà encore une estimation qui conduit régulièrement à des débats et discussions vives. Les chiffres avancés varient de 300 000 à 500 000 résistants pour l’année 1944.
Robet O.Paxton donne le chiffre de 300 000 cartes de combattants délivrées : 130 000 à des Déportés, 170 000 à des Combattants Volontaires de la Résistance. Il ajoute les 100 000 qui sont morts au combat pour approcher le total des résistants actifs ou reconnus comme tels, ce qui donne environ 2% de la population française. Il faudrait cependant prendre en compte les 10% de sympathisants qui lisaient les journaux clandestins et acceptaient de prendre un risque léger. C’est ce que fait Jean Pierre Azéma en chiffrant Résistants (230 000 cartes) et sympathisants actifs à un ordre d’environ un million.

Il semblerait, mais je n'ai aucune donnée sur ce point, qu'il y ait eu environ le même nombre de collabos pendant la guerre … autrement dit 2 %, qui ont sans doute entraîné dans leur sillage 10 % d’amis de collabos.

Selon Isabelle Nazare-Aga le pourcentage de manipulateurs narcissiques ou de pervers narcissiques ne s'élève pas au-delà de 2 à 3%. Selon les statistiques, 100% des gens rencontrent au moins un manipulateur au cours de leur vie.

 

La majorité humaine préfère naturellement les bonnes conduites aux mauvaises. Elle préfère le partage au vol, la paix à la guerre, la fraternité à la haine le partage à l'égoïsme et l'entraide au mépris. la majorité humaine n'acceptent de suivre des idéologies extrêmes et ségrégationnistes qu'après avoir été manipulée par le petit pourcentage psychiquement attiré par ces valeurs d'existence.

La colonisation sous l'angle de ces trois caractères

 

À mon avis, même si le colonialisme fait suite à des conquêtes militaires, même si les premiers espaces sont arrachés par l'expropriation, ou la confiscation, la colonisation a été vendue au peuple par les pays colonisateurs, essentiellement sur les valeurs généreuses de l'époque - apporter le progrès, le confort, l'éducation, l'action sociale, l'enrichissement mutuel, créer une société plus juste etc. - de certains humanistes - "Un pays comme la France, quand il pose le pied sur une terre étrangère et barbare, doit-il se proposer exclusivement pour but l'extension de son commerce et se contenter de ce mobile unique, l'appât du gain ? Cette nation généreuse dont l'opinion régit l'Europe civilisée et dont les idées ont conquis les monde, a reçu de la Providence une plus haute mission, celle de l'émancipation, de l'appel à la lumière et à la liberté des races et des peuples encore esclaves de l'ignorance et du despotisme." Garnier La Cochinchine française en 1864
ou celles de certains missionnaires (par exemple, l'oeuvre de la sainte enfance se donne pour tâche le rachat et l'éducation des enfants indigènes esclaves ou abandonnés Girardet) Il existe alors une étroite interpénétration dans le contexte moral de l'époque, entre l'idéal missionnaire et une certaine forme d'idéal colonial Pierre Guillaume

Ajoutons à ces intentions généreuses, les motivations pragmatiques :
besoins de prestige et de compétition entre les grandes puissances ("Messieurs, dans l’Europe telle qu’elle est faite, dans cette concurrence de tant de rivaux que nous voyons grandir autour de nous, la politique de recueillement ou d’abstention, c’est tout simplement le grand chemin de la décadence" Jules ferry Discours devant la Chambre des députés)
besoins commerciaux ("Coloniser, c'est se mettre en rapport avec des pays neufs, pour profiter des ressources de toute nature de ces pays, les mettre en valeur dans l'intérêt national, et en même temps apporter aux peuplades primitives qui en sont privés les avantages de la culture intellectuelle, sociale, scientifique, morale, artistique, littéraire, commerciale et industrielle, apanage des races supérieures." Merignhac Précis de législation et d'économie coloniales, 1882)
impératifs militaires de 1840 à 1847, la colonisation et militaire. Les soldats de Bugeaud défrichent et ouvrent les premières routes. En 1846 est institués un conseil du contentieux chargé de la vérification des titres litigieux, qui porte sur 200 000 ha environ. Les soldats administrateur des Bureaux arabes s'attirent la haine des affairistes en défendant les tribus « contre la rapacité et l'injustice ».
désirs scientifiques.

En aucun cas, l’émigration massive n'a été stimulée par des intentions prédatrices, dominatrices et ségrégationnistes qui se sont pourtant retrouvées en finalité.

On retrouve parmi les plus fervents défenseurs de la colonisation les doctrinaires sociaux (les communistes) : fourrier, Cabet, Saint-simoniens etc., qui ont pour ambition l'union mystique de l'Orient et de l'Occident.

En 1860 lors du voyage de Napoléon III en Algérie, son guide et interprète est un saint-simonien Ismael urbain plus ou moins converti à l'islam.

Le quiproquo de l'assimilation.

Dès avril 1845, le territoire civil (celui des villages européens) est assimilé au régime de la métropole. La conception coloniale du terme « assimilation » diffère de celle des métropolitains, entraînant une distinction de statuts entre les français citoyens et les habitants autochtones. Les métropolitains crurent au contraire que l'assimilation visait avant tout à pousser les Arabes dans la voie de leur civilisation. C'est pourquoi, suivant le vieil idéal universaliste français, la métropole se montra en général favorable aux revendications coloniales faites au nom de l'assimilation. Ce véritable quiproquo devait durer pendant toute la période de l'Algérie française. La revue française de généalogie et d'histoire des familles

Nous trouvons également cela dans l'excellent livre de Raoul Girardet ; l'idée coloniale en France 1871 1962

Les libéraux sont pour un échange juste et non pas pour la colonisation

Il convient d'ajouter d'autre part l'hostilité de principe à l'égard de la colonisation liée au credo essentiel du libéralisme économique dont restent imprégnés la plupart des milieux dirigeants de l'époque. Père de l'économie libérale, Adam Smith avait en son temps fermement condamné les conquêtes coloniales. Cette condamnation ne cesse d'être renouvelée, dans la Grande-Bretagne du 19e siècle, pas Cobden et tous les théoriciens de l'école me demandent s'espère alors à l'apogée de son imprudence. Elle se retrouve en France aussi bien chez Frédéric Bastiat, traducteur de Cobden, que précédemment chez Jean-Baptiste Say dont le traité d'économie politique publiée en 1826 mais constamment rééditer continue de servir de base essentielle de référence à tout le système dominant de pensée économique. L'argumentation est simple : la possession de colonies ne profite qu'à une petite minorité d'individus, soldats, fonctionnaires, quelques négociants ; elle impose en revanche de lourdes charges militaires et administratives au budget de la métropole ; augmentant ainsi le poids de la fiscalité elle constitue une entrave au développement général de l'activité industrielle et commerciale.

À quoi bon ces charges alors que l'expérience montre que les échanges les plus fructueux de ce pont entre peuples indépendants laissant à tous les libres initiatives de l'activité commerciale ? « Les vraies colonies d'un peuple commerçant, poursuit Jean-Baptiste Say, ce sont les peuples indépendants de toutes les parties du monde. Tout peuple commerçant doit désirer qu'ils soient tous indépendants pour qu'ils deviennent tous plus industriels et plus riches, car plus ils sont nombreux et productifs et plus ils présentent d'occasions et de facilités pour les échanges...

Et le temps viendra où l'on sera honteux de tant de sottises et où les colonies n'auront plus d'autre défenseur que ceux à qui elles offrent des places lucratives à donner et à recevoir, le tout aux dépens des peuples ... » Cobden ne dit pas autre chose lorsqu'il affirme en 1850, que « le système colonial a toujours été funeste au peuple anglais » et qu'il précise : « comme s'il n'était pas infiniment plus profitable d'avoir un marché ouvert où tout le monde puisse venir... »

[...]

 

 
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