Introduction à la colonisation
De la philanthropie à la ségrégation
Le droit de l'esclavage
vient du mépris qu'une nation conçoit pour
une autre, fondé sur la différence des coutumes. Montesquieu.
L'histoire de la colonisation, se juxtaposent avec celle de la civilisation humaine.
S'adapter entièrement au monde
Après s'être distingué génétiquement des autres groupes primates, l'espèce humaine s'est mise à coloniser progressivement tous les espaces terrestres. Elle s'est mise à conquérir tous les reliefs, tous les climats existants sur notre planète.
De l'aridité désertique jusqu'aux glaces arctiques, des altitudes himalayennes aux cités lacustres, des grandes forêts amazoniennes aux vastes plaines de Sibérie ou d'Amérique, l'homme a conquis l'ensemble de son univers. il s'est adapté à chaque nouvelle géographie.
Les changements climatiques, la poussée démocratique sont de grands moteurs de la conquête du monde par l'homme, mais pas seulement. Le goût de l'aventure et la curiosité de l'inconnu, font également parti de la nature humaine.
Un retour vers l'unité
Depuis quelques millénaires déjà , les petites structures s'amalgament entre elles pour former des structures un peu plus grandes.
Des clans se sont rassemblées pour former des tribus. Des tribus pour former des cités. Des cités pour former des pays, des nations. Et des nations aujourd'hui pour former des concerts de nations.
La violence prime sur la conscience
Jusqu'à présent est globalement, cette agrégation progressive, n'a jamais trouvé les moyens de se dérouler de manière paisible et diplomatique.La conscience de l'homme était encore trop faible par rapport à ses pulsions. Le désir de s'affirmer aux dépens de ses congénères, le plaisir d'imposer sa domination, l'a régulièrement emporté sur la bienveillance et la symbiose.Aujourd'hui encore, les mentalités les plus primitives imposent leur plaisir à la majorité pacifique.
Dans les premiers temps de cette réunification, les rencontres humaines se déroulaient sous la forme de la rafle, de la razzia, du pillage et de la mise en esclavage des territoires conquis.
De l'extension morale
Mais parallèlement à la progression des sociétés humaines, se déroulait également une expansion morale et philosophique. Cet épanouissement spirituel augmentait la capacité humaine a apprécier « l'étranger », à avoir de l'empathie pour lui, à vouloir le considérer comme un égal. Une grande partie des intentions colonialistes était du côté des idées généreuses. Le désir d'apporter la civilisation, de partager les libertés gagnées, de faire régresser les oppressions primitives, faisaient partis des arguments de mise en oeuvre des colonisations.
Des esclavagistes
Mais il y avait également la réalité humaine. Il y avait les personnalités esclavagistes et leurs intentions claires ou dissimulées de profiter de tout ce qui allait pouvoir être pris par la force.
Leur grande capacité à se fédérer, leur énorme rapidité à former des hiérarchies solides, les ont rapidement imposés face aux utopistes. Pourquoi et comment, les dominants esclavagistes et ségrégants sont-ils parvenus (et parviennent-ils encore) à s'imposer sur les dominants idéalistes et bienveillants, telles vont être les questions essentielles de ce chapitre auxquelles nous essaierons d'apporter quelques réponses.
On aurait préféré ...
Utopiquement parlant, la majorité des êtres humains, si on l'interrogeait, aurait préféré découvrir dans l'histoire de l'expansion humaine, des rencontres sans abus ni conflit. Apprendre que les grandes vagues de colonisations successives, ont été accomplies sous forme d'entente cordiale, d'échanges commensals, de coopération juste et profitable à chacun.
Nous aurions aimé avoir affaire à des conquistadors pacifistes et respectueux des autochtones qu'ils rencontraient. Des conquérants naïfs, généreux et accueillants, comme le furent bien souvent, les populations les accueillants. Les grandes rencontrent intercontinentales et interethniques, aurait eu une autre finalité, si l'ambiance générale avait été imprimé par des personnalités comme Antonio Montesinos ou Las Casas. Des hommes capables d'empathie, de désir de justice et de respect pour les autres cultures.
À quelques rares exceptions près, ce ne
fut pas le cas.
Mais évidemment tout cela est chimérique. La société humaine ne peut pas être plus évoluée que ce qu'elle est à l'instant T. La plupart du temps, la domination, l'égocentrisme, la
violence et l'esclavage l'emportèrent sur les relations équitables.
Nous pouvons bien sûr, juger cette période passée, et nous devons le faire pour progresser. Mais il nous faut surtout juger notre conduite présente puisqu'elle est la seule à pouvoir être modifié. Et il suffit de regarder comment se rencontrent aujourd'hui encore les divers mondes, comment se comportent les nouveaux conquistadors occidentaux dans les pays du monde, pour saisir la lenteur d'évolution de l'humanité. Les idéalistes d'aujourd'hui se sont encore une nouvelle fois laissés abuser en donnant leur aval à des invasions vendues sur des idées généreuses.
C'est pourquoi, nous devons à tout prix disséquer les forces à l'origine du désir de soumettre autrui à son autorité. Nous devons décomposer les pulsions conduisant des hommes à forcer d'autres hommes à accomplir des tâches qu'il aurait sans doute réalisé volontairement s'il avait tout simplement été respecté, bien traité, aimé et estimé ?
Pourquoi la pulsion l'emporte la plupart du temps sur la conscience ? Pourquoi le désir d'écraser l'autre l'enlève presque toujours sur la diplomatie et encore aujourd'hui ? Voilà les grandes questions soulevées par l'esclavage et la colonisation.
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