Les démocraties, et la perversion
Des dictatures aux démocraties autocratiques
Le degré de perversion et de cruauté d'une société est relatif à l'ambiance dans laquelle évolue cette société.
Cette ambiance dépend de la place occupé par le peuple et du caractère du pouvoir dominant.
Nous pouvons distinguer deux grands modèles sociétal.
D'un coté, les structures dans lesquelles le groupe dominant impose sa volonté à l'ensemble du peuple (dictature, oligarchie, aristocratie, théocratie, etc.).
De l'autre, les structures pour lesquelles, en principe, le peuple est au sommet de la hiérarchie (les démocraties).
1/ Les systèmes basés sur l'hégémonie des dominants
Toutes sociétés ou les dominants imposent leurs volontés au peuple, que ce soit par la force et la cruauté (dictature) ou par la manipulation (démocratie du marché) sont naturellement plus injustes, plus archaïques, plus cruelles ou plus perverses, que les sociétés véritablement démocratiques.
Evidemment il n'y a aucune commune mesure, entre la violence et la terreur imposée par les dictatures et la manipulation des valeurs utilisée par le marché en démocratie.
Les dominants autocrates
L'autocratie nous vient de la nature
Issus des motivations en cours chez nos cousins singes, l'autocratie, est un fonctionnement primaire. Il ignore la conscience et tire son énergie des pulsions primitives (thésaurisations des privilèges, besoin de domination etc.).
En anéantissant tout contre pouvoir, la nature réactionnaire, belliqueuse, élitiste ou autoritaire des caractères autocrates, est une menace permanente pour la paix, l'égalité, ou la liberté.
Quand le psychopathe à le pouvoir
Une société dominée par une structure mentale que l'on peut considérer comme psychopathologique (le régime nazi par exemple) a toutes les chances de finir par un carnage.
Ce mécanisme est valable à l'échelle de l'individu comme a celle de la société.
Le psychopathe torture, tue, ou fait tuer, aussi bien ceux qu'il prétend aimer (la famille pour le psychopathe, le peuple allemand pour Hitler) que ceux qu'il déteste (le bouc émissaire pour le psychopathe, le peuple juif pour Hitler).
Quand le narcissisme est au pouvoir
Une société dominée par une structure narcissique (exit l'autocratie du marché) à toutes les chances de se retrouver prisonnière volontaire d'un bagne insensé et dorée.
Le narcissique individuel comme le pouvoir narcissique, stimule les faiblesses de sa victime pour la rendre docile à ses volontés.
A la différence du psychopathe qui enfreint la loi pour s'imposer à sa victime, le narcissique utilise la manipulation tout en restant dans les limites de la loi. Le pervers narcissique mystifie sa victime pour l'abuser, tout en restant dans la légalité.
C'est toute la magie du système pervers ; faire de sa victime, une victime consentante ignorant qu'elle est victime, tout en pressentant qu'elle a été bernée.
Comme le narcissique individuel, le pouvoir narcissique utilise instinctivement plusieurs manipulations pour prendre le contrôle de sa victime (c'est tout a fait apparent a la télévision, devenue aujourd'hui le reflet de la pensé du marché narcissique).
1/ Il s'agit de privilégier le plaisir sur la conscience, d'inciter à la compulsivité, de stimuler les bas instincts, de stresser pour empêcher de réfléchir à sa condition. Tous ces mécanismes ont entraîné sans qu'il s'en rende compte, le peuple à la soumission et à la dépendance du marché.
2/ Il s'agit de flatter les basses qualités de sa victime (son coté sexy, à la mode, sa docilité, sa légèreté, etc) tout en gardant sous silence ses qualités supérieures (le coté responsable, engagé, travailleur, consciencieux, solidaire, bénévole, du peuple).
3/ Il s'agit de culpabiliser la victime, qui n'en fait jamais assez pour son maître.
4 / Il s'agit de dégrader son image, de l'infantiliser.
Dans la plupart des jeux télévisés (seuls espaces télévisuels où apparaissent les gens "ordinaires") des présentateurs narcissiques montrent l'image d'un peuple, vénal, naïf et facilement manipulable. Un peuple qu'on peut humilier, ruser, toucher, abuser et dont l'animateur peut se moquer. Un peuple simple, admiratif de l'animateur (donc du système dominant narcissique) un peuple sans esprit critique, heureux de son sort, ne se posant pas de question sur l'existence, se contentant d'être léger.
Les dominants démocratiques
Les pouvoirs démocratiques évolués
Lorsqu'ils acceptent les règles de la démocratie, les pouvoirs parviennent à contenir correctement les désirs de toute puissance des dominants.
Pour ce faire, un système démocratique doit accepter en son sein et sans les manipuler, des contre pouvoirs (médias, justices, oppositions, etc.).
Il doit être en mesure de supporter une opposition combative et appropriée, une justice puissante, des journalistes indépendants et incisifs, un syndicalisme attentif et des intellectuels démocrates, autrement dit acquis à la cause du peuple.
À ce moment-là , les équilibres sont respecté et le peuple aussi (exit l'époque Sartre, Malraux, Camus, Foucault, Bourdieu).
Dans les démocraties efficaces, chaque régression sociale, chaque manquement éthique, chaque maltraitance du peuple, soulève un tollé général. L'ensemble des corporations chargées de la protection du peuple se met en branle et obligent les dominants à faire marche arrière, ce qui empêche toute dérive hégémonique.
Sans vigilance, l'autocratie reprend le pouvoir
Des mécanismes automatiques
Si les circonstances mondiales ont permis quelques fois à la démocratie d'accéder à un bon fonctionnement, comme ce fut le cas lors des 30 glorieuses, les mentalités réactionnaires et narcissiques restent en permanence à l'oeuvre (par mentalité réactionnaire, nous entendons les dominants méprisants les faibles et vénérant les forts).
De façon intuitive, autrement dit, sans intention déterminé, les dominants narcissiques visent naturellement à faire régresser les valeurs démocratiques pour réinstaurer leur toute puissance (c'est le cas du marché depuis trois décennies).
Un révélateur des faiblesses démocratiques
Ces dominants autocrates profitent instinctivement de toute instabilité, de toute baisse de la vigilance pour reprendre le pouvoir. Une fois au sommet de la hiérarchie, ils commencent à agrandir leur possession en grignotant progressivement celle du peuple. Peu à peu, ils font régresser ses acquis sociaux, font disparaître son image des médias au profit de la leur, et thésaurisent l'ensemble des privilèges.
Incapables de gérer leur désir de toute puissance, ces dominants cherchent irrépressiblement à neutraliser toute opposition (en démocratie ils utilisent la manipulation, l'intimidation, la corruption).
Incapable de fixer des limites a son expansion, le système narcissique (le marché actuel) attend qu'on les lui fixe.
La démocratie idéale attend le futur
La société idéale pour le monde contemporain, serait une démocratie réelle, une démocratie consciente qu'il ne faut pas manipuler l'opinion du peuple, pour profiter de toute sa sagesse et son bon sens. Une démocratie déterminée à consulter et à écouter le peuple, a respecter ses valeurs profondes et ses véritables désirs sans les manipuler.
Aujourd'hui le monde dit occidental et démocratique, tourne sur un régime de simulacre démocratique..
Le marché à progressivement induit ses valeurs dans l'esprit du peuple. En réalité, il serait plus juste de dire que le marché à étouffée (d'une façon tout à fait perverse, donc impossible à détecter) les valeurs du peuples pour stimuler à la place ses pulsions primaires.
Démocratie et perversion
Le degré de perversion d'une société ou de l'humanité est fonction de l'ambiance
Dans un monde relativement paisible et sécurisé, un monde fortement spiritualisé qui n'a pas à vivre sous la crainte permanente d'un ennemi, ni sous le diktat de dominant perpétuellement désireux d'asservir ceux qu'ils considèrent comme étrangers, le degré de cruauté est relativement faible voire inexistant, l'entraide, la fraternité et la solidarité, sont au contraire extrêmement présent - c'était le cas des aborigènes d'Australie,
de certaines peuplades indiennes en Amérique, de certains
peuples océaniens ou africains. Dans ce type de cadre de vie, l'éducation peut se dispenser autour des grands principes de l'amour, de la concorde et du bonheur.
Quand au contraire, le monde environnant est hostile, l'ennemi toujours prêt à surgir, les dominants toujours prêts à partir à la guerre, l'ensemble humain doit développer les facultés liées au combat, à l'hostilité et à la violence - insensible, téméraire, inébranlable, rigoureux, intraitable, sourd, intransigeant - sont quelques-unes des « qualités » requises, et ces qualités engendrent la plupart du temps la cruauté et la perversité.
Les mauvaises démocraties font souffrir le peuple
La cruauté est le remède de l'orgueil blessé. Friedrich Nietzsche
La violence envers autrui, la perversion et la cruauté n'appartiennent
pas à la nature propre de l'être humain. Ces excès
sont le résultat du système de valeurs
mises en place, des défaillances éducatives
et sociales de la société, et du manque d'autocritique et de réflexion sur elle-même.
Quand une société comme la société marchande
actuelle, s'autorise à négliger l'éducation de
certains êtres humains, tout en privilégiant de façon outrageuse et népotiste, une petite élite ...
quand elle s'autorise à plonger des hommes dans le
dénuement total moral et physique ... quand elle se permet de jeter dans la rue des êtres humains les obligeants à développer des attitudes de survie
identique à la jungle ... et bien, une telle société, augmente doucement mais sûrement, le degré de
violence, de cruauté et de perversité de son humanité.
Quand une société s'autorise a écraser
des parents sous le poids du stress, de l'insécurité,
de la charge de travail salarial et domicile et des valeurs absurdes véhiculées par la télé, elle conduit une partie de sa population, frustrée de toutes parts, à se violenter elle-même - alcoolisme, dépression, drogue etc. - et à violenter les plus faibles des siens - femmes, enfants.
Quand une société insinue la peur et
le racisme pour des raisons bassement électorales
et commerciales, quand elle préfère laisser
se développer l'injustice plutôt
que la justice, le népotisme plutôt
que le mérite, la violence policière plutôt
que le respect, elle alimente sa propre société en
violence, en cruauté et en perversité.
Quand une société préfère donner à vénérer l'élite
narcissique plutôt que le peuple, la vanité plutôt
que l'humilité, l'égocentrisme plutôt
que la simplicité, le VIP plutôt
que l'égalité, l'égoïsme plutôt
que le partage, la domination plutôt
que le mutualisme, le plaisir plutôt
que l'amour, l'avoir plutôt que l'être ...
elle engendre en son sein même, toujours plus de nihilisme,
de violence, de cruauté et de perversité
Lorsque qu'une société, banalise à l'aide
de ses médias le meurtre, la torture, la froideur,
la cruauté et l'insensibilité, et l'idée
selon laquelle la vie de certains êtres humains - de préférence issus de pays pauvres - est insignifiante
par rapport à la vie d'autres êtres humains - de préférence blanche et occidentale - elle génère
de plus en plus d'insensibilité, d'égoïsme
et de capacité au génocide et à la cruauté.
Quand une société jette de plus en
plus de gens en prison, à la merci de la
perversion et de la cruauté qui y règne, au lieu de choisir les alternatives et de rendre le monde carcéral vivable, pédagogique et réellement éducatif ... elle fabrique de plus en
plus de violence, de cruauté et de perversité.
Quand une société institue l'injustice,
la corruption, et la manipulation dans ses relations
intercommunautaires, quand elle préfère utiliser
la cruauté, la terreur, et la guerre plutôt
que la diplomatie pour résoudre les problèmes
de l'humanité, elle soutient et stimule le système
violent, cruel et pervers à l'échelle humaine.
Quand une société humaine, offre de
plus en plus de pouvoir à des êtres
humains de plus en plus claniques, de plus en plus insensibles à la
souffrance des « hors clans », des êtres humains de plus
en plus élitistes, de plus en plus arrivistes, de
plus en plus cruels, de plus en plus pervers, de plus en
plus froids et manipulateurs, de plus en plus cyniques, de
moins en moins responsable de la collectivité humaine
tout entière ... elle engendre dans l'humanité de
plus en plus de cruauté, de violence et de perversion.
Nous le voyons donc, la capacité humaine à faire
souffrir ses semblables, a torturé ses congénères, à pervertir
autrui, a décider du meurtre en série comme
du meurtre industriel, à décider
de ramener un autre peuple au Moyen Âge sans en mesurer les conséquences humaines ... toutes ces capacités humaines, ou plus précisément inhumaines, sont le fruit d'un contexte, d'un certain type d'éducation, en aucun cas il ne s'agit d'attitude innée.
La capacité à déclencher
des guerres sans se soucier de la population vulnérables,
la capacité de maintenir un pays dans le chaos pour
arriver à ses fins, toutes ces capacités
perverses ne sont pas innées en l'homme mais acquises
au sein d'un tissu éducatif favorisant le narcissisme,
la clanicité, l'élitisme discriminant, l'insensibilité à autrui, le
désir de toute-puissance, etc..
L'humanité a les moyens d'être
la plus universelle, la plus juste, la plus fraternelle et la
plus égalitaire de toutes les espèces quand elle
s'en donnera les moyens.
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