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Victoire future sur la mort

5) L'angoisse du passage

Quand on ne sait pas ce qu'est la vie, comment pourrait-on savoir ce qu'est la mort ? Confucius

Après avoir décortiqué dans les pages précédentes, la plupart des grandes angoisses engendrées par la mort pré et post-mortem, et la manière dont elles peuvent être gérées par l'humanité, nous allons nous pencher à présent sur une autre angoisse pouvant être engendrée par l'esprit humain. Nous allons parler de la peur générée par notre imagination à propos du basculement entre la vie et la mort, en somme, le moment du passage.

J'ai beau mourir, l'univers continue. Cela ne me console pas si je suis autre que l'univers. Mais si l'univers est à mon âme comme un autre corps, ma mort cesse d'avoir pour moi plus d'importance que celle d'un inconnu. Simone Weil

Pour la plupart d'entre nous, l'inconnu véritable, est une source d'angoisse. Celui-ci cesse d'être une angoisse, lorsqu'il cesse d'être un inconnu comme le montre bien la démonstration de Simone Weil.

Si nous parvenons à apporter une explication rationnelle sur ce moment unique, une explication en même temps optimiste, nous parviendrons probablement à dévaluer cette dernière source d'angoisse.

Voici l'explication de notre philosophie.

Selon nous, le moment du passage entre la vie et la mort rencontre forcément l'état d'extase, de béatitude, de nirvana.
Et selon nous encore, tout état extatique aboli l'ensemble des peurs relatives à la mort.

Et voilà pourquoi elle nous paraît rationnelle.

Si l'on s'en réfère aux expériences des sages, des ascètes, des moines de toutes cultures et religions, l'abandon de toute matérialité, de tout ego, de tout désir, de tout attachement et de toute action, conduit inévitablement à un état extatique portants différents noms : « extase, béatitude, nirvana, ataraxie, etc. », en fonction des cultures.

Dans cet état subliminal (pour l'avoir moi-même expérimenté de façon tout à fait accidentelle), règne un sentiment et une sensation d'amour total et absolu, de plénitude dont une des caractéristique est « la disparition totale dans l'esprit en extase, de toute crainte de la mort ».

Si nous analysons ce qu'est le passage de la vie à la mort, nous voyons qu'il est : «  l'abandon forcé de toute matérialité, de tout ego, de tout désir, de tout attachement et de toute action ».

A partir de ce détachement forcé, le mourant rencontre donc obligatoirement l'état de béatitude, d'amour absolu, de nirvâna. Forcément alors, selon les mécanismes de l'extase, l'idée de la mort disparaîtra nécessairement de son esprit..

Voir les enseignements muets de la nature

La création, dans son grand amour pour ses créatures, a conçu l'homme de façon à ce qu'il apprenne progressivement le détachement durant tout le parcours de sa vie.

En effet, si l'être humain écoute correctement les enseignements muets de l'existence, il peut alors comprendre pourquoi la vie l'affaiblit progressivement, le ferme à l'extériorité (la vue, l'ouie, le désir diminue progressivement) ... pourquoi elle ne le conduit vers son intériorité ... pourquoi l'existence forme progressivement son esprit au détachement (le vide se fait autour de lui), au lâcher prise ... Il peut saisir le sens de ce « guidage » de vie (et toute l'absurdité du viagra par la même occasion !).

La vie nous guide progressivement vers la sagesse, posture idéale pour accéder à l'extase libératoire.

Les mécanismes de l'extase, de la béatitude

Lentement dans la vieillesse, nos désirs, nos forces, nos pulsions nous abandonnent.
Vieillir est une sorte de lente dépression de l'ego, conduisant l'homme, en principe, à la sagesse et à la contemplation.

En toute logique, l'esprit du mourant, malgré sa résistance à quitter la vie, finit, à un certain moment, par convaincre l'instinct, du caractère vain de résister à ses attachements et le conduit alors à lâcher totalement prise.

A partir du moment où l'esprit a convaincu l'instinct d'accepter tout abandon, un sentiment d'amour absolu et dépourvu de toute peur, prend sa place.

Donc lorsque dans la Bible, le Christ en croix prononce ces mots de doute «  Père, pourquoi m'as-tu abandonné ? », nous pouvons considérer cette phrase comme étant antérieure à ce moment de lâcher prise.

Ainsi donc, par la raison, nous pouvons le confirmer : Vraisemblablement, le passage de la vie à la "non vie" rencontre forcément un état d'amour absolu et de béatitude dont la peur est exempt

 

 

 

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Miguel de Unamuno

La vocation de l'humanité n'est pas la souffrance mais la joie, elle n'est pas la culpabilité du péché, mais la liberté de la jouissance réfléchie et partagée
Miguel de Unamuno

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Mise à jour le 01/08/2010 - Paris
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