La vocation de l'humanité n'est pas la souffrance mais la joie, elle n'est pas la culpabilité du péché, mais la liberté de la jouissance réfléchie et partagée Miguel de Unamuno
Victoire future sur la mort
5) L'angoisse du passage
Quand on ne sait pas ce qu'est la vie, comment pourrait-on savoir ce qu'est la mort ? Confucius
Après avoir décortiqué dans les pages précédentes, la plupart des grandes ANGOISSES
engendrés par la mort pré et post-mortem, et la manière dont elles peuvent être gérées
par l'humanité, nous allons nous pencher à présent sur l'angoisse que peut engendré l'imagination du basculement entre la vie et la mort, en somme, le moment du passage.
J'ai beau mourir, l'univers continue. Cela ne me console pas si je suis autre que l'univers. Mais si l'univers est à mon âme comme un autre corps, ma mort cesse d'avoir pour moi plus d'importance que celle d'un inconnu. Simone Weil
Pour la plupart d'entre nous, L'INCONNU véritable, est une source d'angoisse. Celui-ci cesse d'être une angoisse, lorsqu'il cesse d'être un inconnu comme le montre bien la démonstration de Simone Weil.
Si nous parvenons à apporter une EXPLICATION RATIONNELLE sur ce moment unique, une explication qui soit en même temps optimiste, il est probable que nous parviendrons à dévaluer cette dernière source d'angoisse.
Voici une explication rationnelle, relative à notre philosophie.
Selon nous, le moment du passage entre la vie et la mort rencontre forcément l'état d'EXTASE, de BÉATITUDE, de NIRVANA.
Et selon nous encore, tout ÉTAT EXTATIQUE aboli l'ensemble des peurs relatives à la MORT.
Et voilà pourquoi :
Si l'on s'en réfère aux expériences des SAGES,
des ASCÊTES, des MOINES, de toutes
CULTURES et RELIGIONS, nous savons que l'abandon de toute MATÉRIALITÉ,
de tout ÉGO, de tout DÉSIR, de tout ATTACHEMENT et de toute
ACTION, conduit inévitablement à un état de bien-être que nous qualifions « EXTASE » (et qui revêt différentes terminologies suivant les cultures).
Cet état subliminal (pour l'avoir moi-même expérimenté de façon tout à fait accidentelle), est un état D'AMOUR total et absolu,
de plénitude dont une des caractéristique est « la disparition
totale dans l'esprit du béat de toute crainte de la mort ».
Si nous analysons ce qu'est le passage de
la vie à la mort, nous voyons que c'est L'ABANDON FORCÉ de toute MATÉRIALITÉ,
de tout ÉGO, de tout DÉSIR, de tout ATTACHEMENT et de toute
ACTION.
A partir de ce détachement
forcé, le mourant rencontre donc obligatoirement l'état
de béatitude, d'amour absolu, de nirvâna et donc, l'idée
de la mort, dans son esprit, disparaît..
La création, la vie, dans SON GRAND AMOUR POUR SES CREATURES,
a conçu L'HOMME de façon à ce qu'il apprenne progressivement le détachement durant tout
son parcours.
En effet, si l'être humain écoute correctement les ENSEIGNEMENTS MUETS DE L'EXISTENCE, s'il comprend pourquoi la vie l'affaiblit progressivement, le ferme à l'extériorité (la vue, l'ouie, le désir diminue progressivement), forme progressivement son esprit au détachement (le vide se fait autour de lui),
au lâcher prise, alors il comprends que c'est vers la sagesse que lui conseille d'aller la vie, et non pas vers le viagra.
Lentement dans la vieillesse, nos DÉSIRS, nos FORCES, nos PULSIONS nous abandonnent.
Vieillir est une sorte de lente DÉPRESSION de l'EGO,
qui conduit l'homme, en principe, à la SAGESSE et à
la CONTEMPLATION.
Il semble évident que L'ESPRIT DU MOURANT,
malgré sa résistance à quitter la vie, finit,
à un certain moment, par convaincre L'INSTINCT, du caractère
vain de résister à ses attachements et le conduit alors à
lâcher totalement prise.
A partir du moment où L'ESPRIT
a convaincu l'instinct d'accepter tout abandon,
le SENTIMENT D'AMOUR ABSOLU prend sa place. (Donc lorsque dans
la Bible, le Christ en croix prononce cette phrase de doute «
Père, pourquoi m'as-tu abandonné ? »,nous
pouvons la considérer antérieure à ce moment
de lâcher prise).
Ainsi donc, nous pouvons à nouveau confirmer que
le passage de la vie à la non-vie, ne peut être qu'un
moment d'amour et de béatitude.
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