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Le matériel et la peur de la mort

3) La hantise de quitter des choses.

Il ne peut y avoir de progrès véritable qu'intérieur. Le progrès matériel est un néant. Julien Green

 georges de la tourL'angoisse de quitter des choses, du matériel, dépend entièrement de notre éducation.

Elle dérive de la relation qu'entretient la société dans laquelle nous vivons, avec ses objets.

En Occident, l'attachement excessif à l'avoir et au confort est prédominant.

Avant l'arrivée des médias, la religion insufflait au peuple ses valeurs. Même si les responsables religieux aurait bien souvent dû entamer leur discours par ces mots : « faites c'est que ce que je dis, pas ce que je fais », la religion avait le mérite de prêcher le détachement aux choses matérielles, la prévalence de l'être sur l'avoir.

Le temple, l'église, la synagogue et la mosquée, initiaient alors la jeunesse à ces valeurs fondamentales.

Quand le marchand remplace le religieux

Depuis une cinquantaine d'années, dans le monde occidental, la télévision a pris la place du religieux, dans le rôle de diffuseur des valeurs auprès du peuple et de la jeunesse.

Ce ne serait pas un problème s'il s'agissait de médias parfaitement éthiques. Des médias conscients de la dimension totale du champ humain, dimension matérielle et spirituelle.
Dans ce cas-là, la télévision serait effectivement un très bon diffuseur de valeur au niveau de la société et même de l'humanité tout entière.

Seulement ce n'est pas le cas. Depuis qu'ils dépendent du système marchand, les médias ont perdu toute qualité et capacité pédagogique.

Le marché oriente l'homme vers l'avoir

Le marché ne s'intéresse qu'à une seule «valeur» : l'objet. il a un seul but : «s'enrichir». Il se cantonne à vendre des «choses», qu'elles soient matérielles ou humaines. Il et donc condamné à faire l'apologie de l'avoir et à négliger toutes les valeurs concernant l'être.

Non seulement en faisant cela, le marché inverse des valeurs humaines tri millénaires, mais il rend absurde l'humanité dans la mesure où l'objet en lui-même n'a aucun sens, il est incapable de donner du sens à l'homme.

L'objet est idiot et passer une vie à lui courir derrière, à l'amasser, à lui vouer des cultes successifs (voitures, stars, machines à laver, téléviseurs, corps, ), sans réfléchir au sens de l'existence, revient à passer une vie d'insensé.

 

Dépasser l'inconscience

Ramener l'être à la raison

La mort, le maître absolu Friedrich Hegel

L'idée n'est évidemment pas de réinstaller les religions au pouvoir pour qu'elles redeviennent les fournisseurs officiels de valeurs. Il n'est pas non plus question de quitter le système du marché pour revenir à des systèmes plus archaïques.

Simplement, à mon sens, les médias ne doivent plus dépendre du système marchand.

Que le marché ait une place dans les médias pour faire sa promotion, c'est tout à fait juste. Mais qu'il vampirise les médias comme il le fait depuis quelques décennies, est forcément préjudiciable à l'ensemble de l'humanité.

Par contre, si l'humanité estime les médias (et aujourd'hui Internet), capable de devenir un bon moyen de diffuser les grandes valeurs humaines à travers l'humanité, comme nous le pensons ici également, il est alors nécessaire de choisir des journalistes éthiques, justes et universalistes et de les protéger de toutes influences et manipulations de la part de quelques corporations que ce soit.

Si nous pensons qu'ils n'ont plus, ou pas, cette vocation, alors nous devons réfléchir à un nouveau diffuseur ... car l'absence de ces grandes valeurs humaines, fait cruellement défaut depuis 3 ou 4 décennies (et les conduites de plus en plus violentes et insensées des jeunesses occidentales, en est la preuve flagrante nous expliquerons cela en détail).

Pour un retour des valeurs humaines

Les grandes valeurs humaines, s'opposent catégoriquement aux valeurs marchandes ou tout au moins à leurs excès. Le marché par contre, lorsqu'il a le pouvoir, évolue fatalement vers l'excès, puisque la règle du libéralisme actuel est le grossissement.

Les grandes valeurs humaines, qu'elles soient spirituelles ou laïques, qu'elles émanent du bon sens populaire, de la philosophie, de l'éthique, où des religions, demandent à l'homme de s'interroger sur le sens de l'existence.

Religions ou philosophies proposent à l'être humain de se questionner sur le sens qu'il veut donner à son existence pour accéder ensuite, à la mort sereine de l'homme convaincu d'avoir réalisé pleinement et éthiquement une belle vie.

Religions et philosophies, le fondement humain

Ces grandes valeurs privilégient l'être sur l'avoir. Elles poussent au respect de l'être, prône la vie paisible, et combattent sa marchandisation. Elles travaillent à la libération de l'homme non à sa dépendance etc. Ces valeurs, nous les retrouvons aussi bien dans les projets philosophiques et révolutionnaires que dans le projet religieux.

Au contraire, le marché pousse l'homme à ne pas s'interroger sur son existence.

Il l'enivre, le saoule, le stresse pour qu'il consomme, pour qu'il achète.

En manipulant l'individu, le système marchand lui construit un horizon de dépendance (dépendance à la télévision), à partir duquel il le soumet au bruit, à l'agitation, au désir et au manque.

Soumis à cette agitation, à ce tumulte, l'homme vulnérable ne peut plus se poser la question du sens qu'il veut donner à son existence. Pris dans cette tourmente, il finit simplement par « offrir sa vie » au marché.

Une vie inconsciente au service du marché

Il travaille pour le marché (et, à présent, sans savoir pourquoi), il consomme pour le marché (sans vraiment maîtriser quoi que ce soit). Il est évident qu'une telle existence rend difficile le retour sur sa vie. Elle réclame plutôt une mort sans conscience, sans réflexion. Une mort au « boulot » ou aux « plaisirs », et sans accéder à la sagesse.

Il y a donc une absurdité à vivre sous l'influence d'un tel maître.

Où sont passés les sages de l'Occident ?

Alors que le marché occidental donne à vénérer le riche, celui qui détient le plus, la culture hindoue par exemple (même si elle change et n'est pas exempte de reproche), place au sommet de sa hiérarchie celui qui choisit le dénuement absolu.

Le comportement occidental est une des répercussions naturelles du nihilisme. Valoriser la possession matérielle favorise certes le progrès (le riche permet l'amélioration de l'objet) mais c'est une absurdité dans notre relation à la mort puisque la richesse ajoute des attachements là où il est nécessaire de se détacher.

«Toute douleur qui ne détache pas est de la douleur perdue.» Simone Weil

L'occident, et maintenant le monde aura donc a travailler sur cet handicap.

 

 

 

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Mise à jour le 18/03/2010 - Paris
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