Nous troublons la vie par le soin de la mort ; l'une nous ennuie, l'autre nous effraye. Montaigne
Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop. Louis Ferdinand Céline
Victoire future sur la mort
Tout finit afin que tout recommence, tout meurt
afin que tout vive Jean Henri FabreDans
les pages précédentes de notre philosophie, nous sommes parvenues à
ces quelques conclusions :
- a/ L'humanité se dirige progressivement vers un monde où L'EXTASE (la BÉATITUDE, le NIRVANA, l'ATARAXIE, le SOUVERAIN BIEN, le BONHEUR SUPRÊME),
sera une expérience facile pour tous les êtres humains.
- b/ La MORT, comme sujet occupant l'esprit humain, est un événement dépassable par l'humanité, autrement dit l'homme à les moyens de vaincre la mort.
- c/ S'il veut défaire la mort, l'homme doit abolir la PEUR
qu'elle génère.
- d/ S'il veut abolir LA PEUR DE LA MORT, l'humanité doit d'une part comprendre de quoi cette peur est faite (pour rendre cet événement anodin comme n'importe quel événements de notre
vie quotidienne), comprendre le sens de la mort, sa logique, pour la dédramatiser et finir d'élaborer l'accès facile à l'extase, expérience dans laquelle la mort disparaît totalement de l'esprit
Une VICTOIRE sur la MORT est donc possible à
travers cet état EXTATIQUE.
Si l'humanité évolue vers l'extase et si l'extase extirpe la mort de l'esprit humain, triompher de la mort, est donc notre destinée.
Diverses méthodes de gestion
La pensée de la mort nous trompe, car elle nous fait oublier de vivre. Vauvenargues
Les méthodes pour dépasser la peur de la mort
sont nombreuses.
Chaque CULTURE, chaque CIVILISATION, semble avoir
ses rites, ses préconisations.
Nous pouvons quand même
distinguer 2 grands modèles correspondant aux 2 grands types
de sociétés aujourd'hui en présence : d'un coté les sociétés fortement industrialisées et despiritualisées (les pays riches et les pays sous l'influence du nihilisme), et de l'autre, les sociétés traditionnelles, fortement spiritualisées.
Les pays fortement industrialisés pratiquent l'oubli face à la mort,
le refoulement.
Quant au monde encore fortement spiritualisé, il vit au contact de la mort, enseigne à l'enfant dès son plus jeune âge, l'acceptation, la fatalité, le détachement.
- Pour oublier sa condition de mortel, L'HOMME INDUSTRIEL utilise
le divertissement, la compulsivité, la sur-activité,
la conquête du pouvoir, l'accroissement de l'espérance
de vie etc.. L'être fuit la réalité et
vit dans l'inconscient (qui, nous le savons, se croit immortel).
- Pour transcender la mort, L'HOMME TRADITIONNEL cherche à écarter de son existence, tous les mécanismes producteurs d'angoisse, autrement dit, les ATTACHEMENTS AU TEMPOREL.
La première « technique »
est relativement récente. Elle correspond à
l'état d'esprit du monde industrialisé. La seconde,
est préconisée par toutes les grandes philosophies
et spiritualités (de l’hindouisme au zen du bouddhisme au judaïsme, de l’islam au christianisme). Aujourd'hui, nous la retrouvons encore principalement
dans l'hindouisme et l'islam.
Nous avons le désir profond
de dépasser ce violent mur de souffrances que représente
la mort Le matérialisme forcené inhérent à
l'expansion fulgurante du progrès, de la science et de la
médecine, induit naturellement dans l'esprit qui y est soumis,
une forme de pensée nihiliste rendant l'au-dela au néant
et la mort impensable.
Pour se protéger de l'absurde qu'un
tel comportement génère forcément, l'occident
développe une stratégie de fuite. On peut en faire l'éloge d'ailleurs (pour rendre hommage au professeur Laborie),
car cette méthode semble bien être la plus cohérente
pour supporter le nihilisme matérialiste dans lequel baigne naturellement la société industrielle.
Ponctuellement le monde occidental refoule la mort, mais globalement
l'humanité évolue vers son solutionnement. Nous
allons essayer de le démontrer en étudiant les diverses peurs engendrées par la mort et leur possible dépassement .
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