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La mort est l'imagination que l'on s'en fait

L'imagination : amie, ennemie

La mort ne vous concerne ni mort ni vif : vif parce que vous êtes ; mort parce que vous n'êtes plus. Montaigne

hans memling vanitéLa plupart des animaux sont des proies potentielles, la peur de la mort est donc puissamment imprégnée dans leur instinct.

Chez l'homme au contraire (rarement confronté au danger de mort), cette présence à quitté l'instinct pour la conscience, pour l'inconscient et l'imaginaire.

Imaginaire : faculté que possède l'esprit de se représenter des images ou des expériences sensibles et qui ne représente rien de réel ni d'existant.)

Si Platon fait de l'imagination une valeur négative et l'a range au plus bas niveau de la connaissance, cette aptitude est devenue un des plus formidable outil de création, du monde industrialisé.

Imagination positive, imagination négative

Comme toute faculté humaine l'imagination à ses deux versants.

  • L'un est «positif» lorsqu'il dope le progrès, la créativité donc l'expansion de notre espèce.
  • L'autre est «négatif» lorsqu'il s'avise à visiter par exemple les « riches dernières heures » de notre vie en devenant un puissant générateur d'anxiété à propos de notre mort.

L'homme est un être conscient. Cette conscience ne cesse d'évoluer. À présent, même lorsqu'il est loin de tout danger, l'idée de la mort ne cesse de travailler son esprit.

Et c'est à son imaginaire qu'il doit cette insistance.

 

Mort et imagination

Une logique de la mort

L'imagination est une déesse qui nous fait grandir

bucherLa mort, en elle-même, n'est qu'un « instant » de passage d'un état vers un autre.

De l'état de vie à l'état de non-vie.
Donc, la mort, dans sa réalité effective n'est qu'un bref instant sur l'échelle de notre existence.
Tant que nous sommes en vie, la mort n'existe pas. Elle concerne un instant futur.
Donc, lorsque nous sommes en vie, notre sentiment de la mort, appartient à l'imaginaire.

Futur positif, futur négatif, futur neutre

Lorsque nous imaginons notre futur, nos sentiments sont globalement de trois types :

  • Neutre : rien de spécial ne m'attend demain. J'imagine donc mon futur, composé d'une succession d’événements ordinaire auxquels je n'attache pas la moindre importance.
  • Plaisant : j'attends quelque chose d'agréable dans les jours, les mois ou l'année qui vient. Mon futur devient du coup pour moi, positif, il me rend heureux.
  • Déplaisant : je redoute telle ou telle chose dont je sais qu'elle risque de se passer dans mon futur. Celui-ci devient alors pour moi, négatif.

Lorsque je redoute une chose concernant le futur, je suis dans le domaine du spéculatif.

Une sous-estimation de nous-mêmes

En effet, la façon dont j'imagine mon futur ne peux en aucun cas être véritablement prédite.

L'expérience le prouve, nos réactions effectives face à un événement, même grave, sont souvent loin d'être celles, redoutées a priori. La majorité humaine n'étant pas narcissique, le doute de soi-même est le plus fréquent. Souvent, un futur appréhendé négativement est en réalité vécu de façon positive. Bien souvent, nous exagérons nos craintes et nos mauvaises réactions.

La plupart du temps, l'instinct et l'inconscient prennent en charge notre corps et notre esprit dans les situations extrêmes. Ces deux forces autonomes gèrent facilement des événements exagérément redoutés par notre imagination.

Autrement dit, le futur est, l'imagination que l'on s'en fait.

a / L'imagination humaine évolue en suivant les progrès de nos connaissances.

Par exemple, si les hommes de l'antiquité étaient terrorisés par certains monstres ou mauvais esprits, aujourd'hui, la plupart des être humains sont affranchis de cette peur.

Elle a disparue, car nos connaissances, depuis, ont éclairé le sujet.

b / Nos imaginations à propos du futur, dépendent également de notre volonté et de notre conscience.

Par exemple, si je redoute un futur examen scolaire ou une future opération, je peux dominer ces peurs en les relativisant. Je me dirais par exemple « après tout, ce n'est qu'un simple examen, et même en cas d'échec, j'en retirerai une expérience positive ».

Donc, dans certains cas, je peux faire passer l'imagination que m'inspire le futur, du négatif au positif.

c / Notre imagination de la fin, fluctue également en fonction de notre environnement.

En effet, notre relation à la mort, sera tout à fait différente si nous sommes élevés au sein d'une civilisation valorisant le détachement ou dans une société stimulant au contraire l'attachement et les dépendances.

Diffèrent encore dans un monde pour lequel la mort est exposée et dans un monde qui l'a dissimule et l'a refoule ...

Différente enfin dans un monde relativement détaché de ses croyances religieuses (comme c'est le cas de l'Occident), et dans un monde fortement spiritualisé comme on pourrait le dire de l'inde et du monde arabe par exemple.

De la compétition à la collaboration

Ce sont deux formes d'appréhension de la mort différentes.

Aucune n'est meilleure à l'autre. Chacune d'elle est adaptée à la forme du monde qu'elle s'est créé. L'Occident, devenu matérialiste et ultra scientifique doit refouler, ponctuellement la mort pour pouvoir la supporter, et nous avons besoin de l'ensemble pour la « traverser ».

En effet, pour dépasser la mort (car l'obstacle est dépassable, nous le verrons par la suite), il nous faudra en même temps développer notre connaissance sur le sujet, et apprendre à ne plus la redouter.

C'est pourquoi, l'humanité a besoin du travail conjoint du pragmatisme occidental et de l'expérience orientale.

Notre rapport à la mort n'est donc plus réellement une question d'instinct, mais de connaissance, d'éducation, d'apprentissage et de maîtrise.

 

 

 

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La mort et sa faux

 

On suppose qu'on aura quelque part le temps de penser à la mort et sur cette fausse assurance, on prend toute sa vie le partie de n'en point penser.

Port Royal

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Mise à jour le 17/03/2010 - Paris
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