L'extase plus forte que la mort
Le nirvana, la béatitude, l'extinction
La mort est une maladie de l'imagination Alain
L'humanité parviendra à s'affranchir
de la mort ...
La béatitude, le nirvana, est l'état
psychique dans lequel l'idée même d'au-delà et
d'en de-ça n'a plus de sens.
Par cet état, l'homme (et par déclinaison, l'humanité) s'affranchira
de la mort.
Seulement, cette accession à la béatitude, au nirvana,
n'est pas à la portée des hommes constructeurs dans
leur ensemble (seuls quelques ascètes s'y aventurent).
ET ce pour 2 raisons.
Refus légitime de la béatitude, du nirvana
D'une part, l'homme d'action interprète
cet état extatique comme morbide du fait qu'il apparaît après l'anéantissement de l'ego (en réalité l'extase n'assassine
que notre subjectivité).
Et d'autre part, l'accès à la béatitude exige
bien souvent une discipline « sur-humaine » (l'ascèse) et des renoncements beaucoup
trop douloureux pour nos esprits encore très proches de l'homo faber.
L'importance de construire l'humanité
Ce difficile accès à l'extase a un sens : il empêche l'humanité d'interrompre son évolution avant
que celle-ci ne soit achevée.
En effet, l'état béat
est un état contemplatif qui met fin au
désir de construire.
L'angoisse d'être mortel est donc
encore une nécessité pour contraindre l'homme constructeur
à finir d'élaborer son monde.
Cette « ruse de la raison » chère à la philosophie de Hegel, maintient l'esprit de l'homme
constructeur entre deux peurs.
D'un côté la peur de la béatitude nous
l'avons dit (interprétée par nous comme un état végétatif et morbide) et de l'autre, la
peur de la mort, liée directement à l'ego.
La conscience de la mort nous oblige à l'action.
L'homme conscient d'être mortel, s'active
à construire l’humanité.
En effet, grâce à ses oeuvres (résultat de ses actions) l'homme pense pouvoir dépasser sa propre mort, ou la contourner. C'est
d'ailleurs partiellement juste, dans la mesure où le sentiment de s'être accompli, semble
bien souvent aider l'homme à accepter son extinction.
« Es
ist gut » voilà les superbes
derniers mots du grand philosophe Emmanuel Kant, autrement dit : « tout est bien » .
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