Évolution de l'image, de la relation à la mort
La mort : du singe, Ã l'homme, Ã l'humain
De l'animal à l'homme, de l'instinct
à la conscience
Entre
le primate de nos origines et l'homme contemporain, le
rapport à la mort a subi une lente et profonde métamorphose.
Un fossé s'est creusé entre l'animal réagissant instinctivement à la menace de mort, et le moine bouddhiste s'immolant pour contester une oppression.
Un grand saut culturel s'est produit entre l'agressivité spontanée ou la fuite d'un singe se sentant menacée, et le sage Socrate acceptant le suicide
pour préserver les lois de la cité.
De la réaction à l'action un monde s'est
constitué, la famille humaine est née.
En attendant de devenir des sages
Seulement Socrate n'est
pas représentatif de l'humanité. Il présage
plutôt l’humain à venir.
L'homme constructeur, s'il n'est plus tout à fait instinctif
face à sa mort, redoute malgré tout sa présence. Hormis quelques sages accomplis, l'homme ressent négativement la présence de la finitude.
L'inconscient : une zone tampon
Nos nouvelles facultés nous
ont permis de prendre conscience de notre mort. Mais comme
la mort représente encore une puissante angoisse (du fait
de nos attachements et des mystères qu’elle recèle),
il est impossible pour la plupart d'entre nous, de se retrouver
en pleine conscience face à elle.
C'est pourquoi, la plus grande partie de sa présence, est
prise en charge par notre inconscient.
Pendant
la longue élaboration de l'humanité, l'inconscient sert de tampon entre l'homme et sa conscience.
Cette zone résout
la mort à petit feu si l'on peut dire. Elle nous la dissimule
quand il faut, nous permet de refuser d'y croire lorsque c'est
nécessaire, et nous l'envoi de temps en temps par quelques éclairs, afin de nous habituer progressivement à sa présence.
La grande bienveillance de l'évolution
Sans le travail de l'inconscient, notre rapport psychique à la mort, n'aurait pu évoluer. Être pleinement conscient qu'il devra s'éteindre, aurait été insoutenable à un ego humain si consistant.
En effet, si chez l'animal la crainte de la mort est principalement instinctive, chez l'homme conscient, c'est avant tout l'ego qui refuse de tout perdre. C'est lui qui refuse de quitter son état de « sujet », de quitter ses sensations,
ses plaisirs, les gens qu'il aime et les objets en sa possession.
C'est l'ego encore, qui, mêlé, à
la conscience et à l'éducation, s'angoisse face aux mystères de
« l'au-delà »
et ses possibles tourments.
C'est pourquoi, il semble impossible à l'homme commun, de ne pas espérer un « au-delà »
(j'entends par là une résurrection, une réincarnation,
une explication, un prolongement à la vie terrestre). Il
semble impossible pour l'homme constructeur, d'accepter
lucidement l'idée d'un total anéantissement et
d'y faire face.
Seul l'ascète,
après bien des efforts de maîtrise sur son son esprit et ses pulsions, après avoir anéanti son ego, est capable d'atteindre un état où le sens même de cette question devient obsolète.
l'extase et la mort > |