mecaniqueuniverselle.net : aller à la page d'accueil
Mise à jour le 17/05/2012 - Paris

facebook nous écrire

  • la mort
    histoire du deuil

L'âge de la mort primate

Époque pré-spirituelle

chimpanzes Le primate naturel, l'instinct.

Si elle en avait les moyens, cette philosophie éviterait tout antropocentrisme. Mais est-ce seulement possible ? Est-il humainement supportable pour l'homme de ne pas se placer au point central de l'univers ? Est ce tout simplement souhaitable ?

Je ne le pense pas. En se situant au centre du monde, l'homme a la conviction d'y avoir un rôle à jouer. Il a le sentiment d'être l'ouvrier privilégié du principe créateur. D'agir pour quelque chose de plus haut et de plus vaste que lui-même*.

*Pour reprendre un des thèmes hégéliens que j'aime bien.

Mais cet antropocentrisme ne cherche pas à établir une « hiérarchie qualitative ». Tous les êtres vivants sont ontologiquement égaux. Ils sont simplement situés à diverses marches d'une évolution qui leur échappe. Le crocodile, le singe ou l'homme n'ont pas le choix d'être ce qu'ils sont. Chacun d'eux constituent ce que nous appelons l'écosystème. Il serait donc injuste de porter un jugement de valeur sur leur position dans l'échelle de l'évolution. Mais l'égalité de fond ne doit pas nous empêcher de constater la progression des choses.

Des évolutions constatables (de ping pong)

En quittant la nature pour la culture, l'homme à évolué y compris dans le secteur de la finitude. La façon d'appréhender la mort semble avoir évolué de la crainte irrépressible,* jusqu'au consentement stoïque du sage (exit Socrate).

* la crainte irrépressible de la nature face à la mort

Évolution de la relation à la mort entre la nature et la culture

Selon le darwinisme et la paléoanthropologie, les origines de l'humanité se situent dans le monde des primates naturels. Notre relation à la mort devait donc vraisemblablement ressembler à celle des grands singes actuels*.

*chimpanzés, gorilles, orang-outan, bonobos ...

Bien qu'il soit difficile, et d'une certaine manière injuste, d'imaginer l'état d'esprit de nos cousins face à la mort, nous devons risquer quelques interprétations pour notre explication.

A mon sens, au vu de certains reportages, les grands primates connaissent le deuil. Ils ressentent du chagrin et de la souffrance à la perte d'un être cher.

Comment expliquer qu'une maman chimpanzé porte son enfant mort pendant des jours? Que ressent-elle quand elle finit par comprendre et qu'elle abandonne le corps derrière elle? Comment continue-t-elle à vivre? Et pourquoi un jeune chimpanzé peut-il mourir lorsqu'il perd sa mère, même s'il est assez grand pour se débrouiller tout seul? Qu'éprouvent-ils? Comment s'expliquer qu'un autre petit puisse très bien survivre à sa mère? Ils sont comme nous, les humains, qui réagissons tous si différemment au deuil qu'il nous est parfois impossible d'exprimer la profondeur de notre chagrin, de notre désarroi, et du vide qui s'installe en nous lorsqu'un être aimé meurt. De même, lorsqu'un chimpanzé meurt, les autres réagissent chacun à sa manière. A lire ce très beau texte, faunafoundation

Mais même si nous connaissons les même tourments face à la mort, nous l'abordons de façon spécifique.

1/ Par exemple, pour l'homme, la mort est toujours présente dans son esprit. L'être humain sait très tôt qu'il va mourir et cette connaissance surplombe en quelque sorte, toute son existence. Fort heureusement, cette conscience reste la plupart du temps, dans une sorte d'arrière plan mental et faiblement éclairé. En devenant conscient de sa finitude, l'esprit a développé de nombreuses protections pour s'empêche d'y croire tout à fait. Cette présence sourde à de mauvais cotés, mais également de très bon cotés. Elle nous éloigne certes, de la naïveté avec laquelle semblent vivre les autres primates. Elle est certes à l'origine de la plupart de nos problèmes existentiels. Mais elle constitue en même temps, l'un des plus formidables carburants de notre créativité.

2/ Les grands singes sont loin, me semble-t-il, d'avoir atteint « l'aptitude socratique » face à la mort. Ils me paraissent en effet incapables d'en finir volontairement avec la vie pour défendre une cause supérieur.
Évidemment, Socrate fait partie des exceptions. Mais cet héroïsme n'est-il pas le fond même de la condition humaine ? La plupart des hommes en effet, transcendent cette condition de mortel puisqu'ils acceptent de vivre avec cette fatalité.

Sous un certain angle donc, nous pouvons dire de cette période primate naturelle*, qu'elle est : l'âge de la mort obscure et subit.

*l'époque ou notre ancêtre vivait encore à l'état de nature

 

idée de la mort

 

 

 

la mort pré-historique >

12345

Baudelaire, la mort des pauvres

La mort des pauvres

C'est la Mort qui console, hélas ! et qui fait vivre ;
C'est le but de la vie, et c'est le seul espoir
Qui, comme un élixir, nous monte et nous enivre,
Et nous donne le cœur de marcher jusqu'au soir ;

A travers la tempête, et la neige, et le givre,
C'est la clarté vibrante à notre horizon noir ;
C'est l'auberge fameuse inscrite sur le livre,
Où l'on pourra manger, et dormir, et s'asseoir ;

C'est un Ange qui tient dans ses doigts magnétiques
Le sommeil et le don des rêves extatiques,
Et qui refait le lit des gens pauvres et nus ;

C'est la gloire des Dieux, c'est le grenier mystique,
C'est la bourse du pauvre et sa patrie antique,
C'est le portique ouvert sur les Cieux inconnus

Charles Baudelaire
1821-1867)

 

inscrivez vous

choose your