La vie n'imite pas l'art, elle imite la mauvaise télévision.Woody allen
L'empire à la télé
Retour aux empires nihilistes.
Le
siècle dernier fut un siècle nihilisme comme l'avait très bien perçu Nietzsche : « ce que je raconte, c'est l'histoire des deux prochains siècles. Je décris ce qui viendra ce qui ne peut manquer de venir : l'avènement du nihilisme ». Les plus
vastes et les plus sordides retours en arrière de l'histoire s’y
sont déroulés.
C'est parce qu'ils ont pris l'empire comme modèle, et qu'ils ont refusé de penser l'homme comme rattaché au divin en le réduisant à son corps et à son potentiel d'activité, que les dirigeants criminels nazis ont pu faire commettre
à leur propre peuple de telles atrocités.
C'est parce qu'ils se sont coupés de toutes religions, donc de toute idée de divin, que les dirigeants criminels du communisme ont
également pu faire
commettre à leur propre peuple, une telle boucherie.
L'humanité doit en tirer les conséquences.
Nous avons accédé à la démocratie, et tout retour vers des idéologies passées (empire, royauté, oligarchie ...) fait revivre
à l'humanité les souffrances attachées à
ce passé.
Le nazisme et le fascisme sont la conséquence d'une vision
purement mécanique de l'homme, d'un nihilisme antérieure à
l'avènement de ces deux idéologies archaïques et avec lequel nous n'avons pas rompu.
C’est le nihilisme bien avant l’idéologie qui
est responsable des diverses boucheries du siècle dernier. Cet état d'esprit permet à une idéologie
de concevoir (à l'image des empires grecs et romains) la vie de certains humains comme étant sans valeur.
Nous ne sommes donc toujours pas à l’abris d’un
nouveau génocide déterminé, et nous devons nous demander si la conduite prédatrice de l'occident en afrique par exemple, ne sera pas considéré comme tel par nos futurs déscendants.
En disséquant les événements de la 2ème
guerre mondiale, nous voyons que le nazisme était fasciné par l'idée d'Empire
et le fascisme voulait faire renaître l'Empire romain.
Ce retour impérialiste nazi et fasciste a fait revivre à l'humanité
les mêmes quêtes (expansionnisme guerrier, exaltation
de certains corps) et les mêmes souffrances (négation
de certain corps, tortures, tueries, traques).
Impérialisme rhétorique et décoratif
Moins il y a d'égalité et plus
certains se construisent des empires Il
suffit d'observer les mises en scène des médias et d'écouter certains de leurs langages pour y lire une certaine ambiance et une certaine rhétorique impériale.
Les plateaux n'ont rien de démocratique. Ils sont là pour mettre en évidence les héros du marché et tenir à distance le peuple sur les gradins.
La rhétorique est farcie d'éloges envers des « dieux » païens, construit par le marché et occupant l'ensemble d'un PAF d'où ne raisonne plus les qualités monothéistes que les grandes religions accordent au divin (humilité, justice, bonté, altruisme ...).
Voici quelques phrases émises récemment par des éditorialistes ou des hommes politiques américains, relevées dans
un article du Monde Diplomatique du 2 septembre 2002 intitulé
les dynamiques du désordre mondial tentation
impériale :
Depuis la fin du XIXe siècle, le déferlement de la
force s'accompagne d'un discours explicite de légitimation
de l'empire. Le fait est, que depuis Rome aucun pays n'a été
culturellement, économiquement, techniquement et militairement
aussi dominant.
L'Amérique, enjambe le monde comme un colosse depuis
que Rome détruisit Carthage, aucune autre grande puissance
n'a atteint le sommet où nous sommes parvenus.
Depuis Rome il n'y a jamais eu une nation qui ait autant éclipsée
les autres.
Ni la pax britannica, ni la France napoléonienne ni
l'Espagne de Philippe de 1000 empires de Charlemagne ni même
l'empire romain ne peut se comparer à l'actuelle domination
américaine on n'a jamais connu une telle disparité
de pouvoir.
Les États-Unis jouissent aujourd'hui d'une prééminence
sans commune mesure avec celle des empires du passé, même
les plus grands
L’Amérique d'aujourd'hui,
tout comme l’Allemagne ou l’Italie d'hier, ne semble
pas tenir compte des 2000 ans écoulés entre l'empire
romain et nous !
Entre ces 2 périodes la conscience humaine à évolué. Évolution de la connaissance
d'autrui, de la diplomatie, des idéologies, de la PHILOSOPHIE,
de la démocratie, de la morale, de l'éthique, de la
science, bref une évolution globale qui devrait empêcher
l'humanité actuelle de vouloir imposer des mœurs d'il y
a 2000 ans !
Si l'impérialisme représentaient sans doute l'avant-garde des idéologies à l'époque des Grecs et des Romains, si leur esprit à ce moment-là ne pouvait concevoir d'autres
systèmes que l'empire et la domination pour évoluer, aujourd'hui ce n'est plus le cas et ce
courant de pensée est devenu un véritable archaïsme.
Quelques similitudes
les similitudes entre le comportement des puissants actuels et le comportements des empires antiques sont légions, si je peux dire.
La télévision nous parle d'industriels qui bâtissent des empires (et les empires sont
voués à la violence, à la corruption et à
l'extinction).
Mais lisons ceci extrait d’un manuel d’histoire.
Il y avait, en ce temps là, des citoyens d'honneurs, les
riches (honestiores), des citoyens pauvres (les humiliores) et des
non-citoyens. Les écarts de traitement étaient considérables
(les nôtres ne cessant d'augmenter, nous pouvons considérer
cela comme une évolution vers l’ impérialisme).
C'est la richesse qui servait de base à leur hiérarchie,
selon que le coupable est un honestior, un humilior ou un non-citoyen,
il n'encourt pas la même sanction pénale. L'empire
romain accroît sans cesse ses dépenses militaires (nous
faisons exactement la même chose, entre 1976 et 1986, la dépense
mondiale d'armement est passée de 355 milliards de dollars
à 900 milliards de dollars, tandis que, durant la même
époque, l'illettrisme dans le monde a diminué de 3%,
et que l'écart entre les pays riches et les pays pauvres
a augmenté de 10%). La religion de l'empire romain fait de
l'empereur un Dieu (nous avons fait de l'empire industriel notre
dieu). En temps de paix, les romains aisés ont pour principale
activité d'organiser des jeux violents (c'est ce que l'argent
est en train de faire avec nos sports), de donner des fêtes
continuelles, des orgies : Manger pour vomir et vomir pour
manger. Pour les romains, l'éloquence est une manifestation
de leur génie, c'est un moyen efficace d'imposer sa volonté
et d'exercer son ascendant sur la masse. Lorsque la liberté
de pensée et de parole est remise en cause, elle végète
dans des genres secondaires, panégyriques et artificiels
(c'est bien le point où en est la pensée).
La liste des comparaisons avec l'empire romain pourrait
s'étendre largement (il suffit de regarder l'esthétique
de certains plateaux de télé ou le comportement des
présentateurs).
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