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  • les médias

La télévision et l'argent

Une éthique maltraitée

pacbigTélé élitiste et pulsionnelle

Depuis le début des années 1980, le marché s'est accaparé la télévision.

A travers elle, il vends ses produits et exalte ses propres « valeurs ». Sous son empire, le goût pour la compétition ravageuse, la compulsivité, l'élitisme, la domination, est valorisé ...

Ces valeurs en réalité n'en sont pas.

Ce sont des pulsions primaires déclinant de nos origines « primates naturels ». Elles s'opposent aux valeurs prônées par les spiritualités et les philosophies depuis plus de 2000 ans.

De tout temps et sous tous les régimes, l'humanité s'élabore en grande partie sous l'impulsion des tendances primaires*. Seulement, les précédents grands diffuseurs de valeurs (la religion, la philosophie) n'en faisaient pas l'apologie.

Au contraire, le pouvoir, le luxe, la richesse, l'élitisme, l'égocentrisme étaient critiqués, ou acceptés comme une fatalité.

Ces pulsions n'étaient pas donnés comme modèle au peuple ... Libre à chacun d'y succomber, mais pas : ordre à tous de les apprécier.

 

L'empire des médias

Polythéisme et athéisme

Des arènes au juste prix

Les journalistes disent une chose qu'ils savent ne pas être vraie, dans l'espoir que, s'ils continuent de l'affirmer assez longtemps, elle deviendra vraie. Arnold Bennett

Entre l'Antiquité et aujourd'hui, la société humaine a évolué.
La violence a diminué. La cruauté physique se transforme progressivement en perversion formelle et déguisée*.

* des jeux du cirques sadiques aux jeux télévisés narcissiques.

Il existe des similitudes de forme entre la décadence romaine et l'occident actuel. Entre les « valeurs » de l'empire polythéiste romain décadent et les « valeurs » sous l'empire du marché.

Dans les 2 cas il y a sur valorisation des basses pulsions humains.
Sur valorisation de l'élite, du corps, de la force physique. Et sous valorisation du peuple.

Dans les deux cas, l'état d'esprit rentre en contradiction avec les grandes valeurs spirituelles de l'humanité. En contradiction avec les grandes valeurs monothéistes et philosophiques de l'Occident.

Les médias sont en même temps le reflet et le diffuseur de ce nouveau glissement vers « l'empire ».

Les plateaux de télé sont clinquants, tapageurs, érigés sous la forme des arènes. La plupart du temps, les émissions sont présentées par des personnalités narcissiques et arrogantes. Nous sommes loin de ce que nous serions en droit d'attendre d'une télévision démocratique.

De toute l'histoire du journalisme, la période actuelle pourrait bien s'avérer la plus soumise aux dominants.

 

L'oubli du peuple

Un recul démocratique

Des contre-pouvoirs au service du pouvoir

La libéralisation des médias a jeté ceux-ci, dans les bras du marché.

En quelques années, ces industriels ont écarté les journalistes indépendants ou récalcitrants. A la place ils ont installé des directeurs dociles et des cadres obéissants.

En quelques décennies, la plupart des acteurs influent de la télévision, se sont éloignés des causes du peuple*.

*l'absence systématique des citoyens dans les débats télévisés, en est la preuve vivante.

Issus des classes aisées, corrompus par le temps, ou choisit pour leur narcissisme, les animateurs renforcent l'élitisme.

Les seules émissions qui invitent le peuple, sont des émissions de jeux. Les citoyens, sont infantilisés, sous-estimés et rabaissés au profit de l'élite élitiste et des dominants.

En quelques décennies, les points de vue et les problèmes du peuple, se sont retrouvés écartés des médias.

A la place, se sont imposées les frivolités d'une petite élite inconsciente et égocentrique*. 

*présentateurs, acteurs, chanteurs, jet setteur, comiques, sportifs, milliardaires, etc..

Les points de vue des marchands et des analystes parfaitement conventionnels et parfois réactionnaires sont devenus la généralité.

La société humaine évolue par mimétisme, par imitation à des modèles. Depuis plus de 30 ans, ce sont les "valeurs" de cette petite élite, qui servent de standard.

L'égoisme, la futilité, l'arrogance, l'égocentrique, l'élitisme, la vénalité, le goût du luxe et du pouvoir servent donc de modèle. Ces conduites dépréciés par toutes les spiritualités, sont diffusées en boucle vers le peuple. Elles sont données comme exemple à suivre.

En démocratie pourtant, l'élite narcissique devrait prendre exemple sur les valeurs du peuple souverain.

Ce chapitre fera l'analyse des tendances et pulsions proposées au peuple par le marché comme valeur à suivre ...

Nous allons commencer par le goût du pouvoir et ce qu'il promet.

 

 

 

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serge halimi

Et puis, des gens plus instruits sont devenus journalistes ; leur salaire a augmenté ; auparavant les reporters avaient un niveau de vie légèrement supérieur à celui de leurs voisins de quartier, les ouvriers.
Depuis les années 80, les reporters ont un niveau de vie légèrement inférieur à celui de leurs voisins de quartier, les avocats et les patrons. Or, les milliers de journalistes qui reçoivent des salaires annuels supérieurs à 100 000 dollars sculptent l'image que le public se fait du journalisme et leur vie quotidienne les rend effectivement beaucoup plus sensibles aux problèmes des privilégiés qu'au sort des travailleurs payés au salaire minimum. Extrait des “Nouveaux chiens de garde” Serge Halimi.

 

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Mise à jour le 11/02/2012 - Paris
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