philosophie naïve du devenir humain

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Medias
Déontologie
Introduction
La télévision
La soumission au marché
Médias-marché
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Médias et valeurs
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Loin de la place publique et de la gloire demeurèrent de tout temps les inventeurs de valeurs nouvelles Nietzsche

Philosophie critique des médias

 

Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose se voit bientôt forcé de les fermer sur tout. Rousseau  (Emile ou De l'éducation)

Ce chapitre est avant tout polémique et critique, donc injuste envers le système journalistique. Son but est cataleptique.

Nous négligerons sciemment les apports positifs de la télévision, le fait qu'il y ait des journalistes remarquables et respectueux de leur déontologie, qu'il y ait de très bonnes émissions de télé et de radio, et des journaux réellement critiques et impartiaux.

Il ne tiendra pas compte non plus de la jeunesse relative de l'audiovisuel, et des balbutiements naturels de cette adolescence.

Il oubliera enfin, l'autocritique et la distance récente que les journalistes semblent prendre avec le marché et le politique. Nul doute que lorsque les médias seront en phase avec leur déontologie ils retrouveront leur vraie vocation universalisatrice, éducatrice, pacificatrice et promotrice des valeurs humaines.

chapître, écrit debut 2000

 

Journalisme et démocratie

Je ne ferais rien pour l'opinion, tout pour ma conscience. Seneque

La démocratie est entre les mains des journalistes. Aujourd'hui, il n'y a pas de démocratieDepuis plus de 20 ans, un déséquilibre de forces s'est indéniablement accentué entre élite et peuple et en grande partie grâce à l'appui des médias.
La dissolution du communisme y est sans doute aussi pour beaucoup. Mais si les dominants (le marché) ont acquis un tel pouvoir, c'est également et surtout grâce à la démission de certains journalistes influents.

En effet, au lieu d'agir démocratiquement en dénonçant tout les abus qu'ils soient politiques ou industriels, les grands pontes des médias, devenus de simples employés du marché, ont, au contraire, rangé l'ensemble du pôle médiatique de leur côté.

Sous la pression du marché, les journalistes ont négligé le point de vue du peuple.

Le citoyen est cantonné dans le rôle du public que l'on fait applaudir devant une élite traitant de son sort sans lui.
Le reste du temps, il est convié à participer à des jeux.

Pourtant, il suffit de s'aventurer sur les forums internet ou le courrier des lecteurs, pour saisir l’intérêt du point de vue populaire.

 

Journalisme et valeurs

Aucun journaliste ne sait plus ce qu'est une bonne nouvelle Dalaï Lama

On enfreind souvent les lois morales, mais nous ne pouvons nous empêcher d'éprouver pour elles du respect.

La morale et l'ethique sont le fondement de l’humanité.
La pérennité et l'évolution des valeurs humaines - fraternité, égalité, universalité, partage, humilité, amour du prochain, protection du faible, pardon, compassion, ect. - est une condition essentielle pour que puisse évoluer notre espèce vers toujours plus d'humanité.

Depuis deux décennies, ces valeurs humaines ont été sous-alimentées par les mass-médias au profit depulsions marchandes au rang desquelles nous trouvons - l’égoïsme, la clanicité, l'égocentrisme, l'élitisme, l’agressivité commerciale, le narcissisme, bref toutes les pulsions de l'avoir sur les valeurs de l'être.

Au lieu de stimuler la fraternité en braquant leurs caméras sur les diverses exclusions générées par l'universalisation, les journalsites fascinés par l'élite n'ont accordé leur attention qu'à celle-ci. Ainsi, ils ont occulté pendant 25 ans le problème des banlieues, laissant un ghetto physique et intellectuel se construire (par contre, dans le même temps, nous n'ignorons plus rien de la vie des peoples).

La machine à oligarchiser l'humanité Au lieu de promouvoir l’égalité, les mass médias incitent à l’élitisme et à l’égocentrisme.
Au lieu de développer le sentiment de bienveillance universelle et le respect universel, ils stimulent un occidentalocentrisme forcené, dévaluent les autres cultures, et relayent l’instrumentalisation du monde par le marché.
Au lieu de critiquer l'utopie libérale qui génère une quantité de sacrifices humains pour le surplus d'une minorité, Ils soutiennent cet état d'esprit, n’hésitant pas pour cela à manipuler, pour le compte des puissants, les opinions publiques (alors que c'est justement parce que les médias se soumettent aux puissants qu'il y a ces sacrifices).

Au mépris de l’égalité fondamentale de l’être, ils nous font progressivement admettre, dans leur façon de traiter l’événement, que la vie de certains est plus importante que celles des autres, conduisant le monde vers une nouvelle forme d'aristocratie.
Et ainsi le monde entier passe de plutôt paisible, plutôt désintéressé, plutôt fraternel et accueillant, à plutôt vénal, plutôt agressif, plutôt individualiste, plutôt égoïste, plutôt intéressé ...

Cela ne serait pas grave si la télévision avait une influence réduite sur la société, mais ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, ce média est indéniablement devenu le diffuseur numéro 1 des valeurs dans le monde.

 

Journalisme et pulsions

Je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu'il pense vraiment de son journal. Dans son journal. Bedos

Du grand journalisme aux crieurs de foire

Depuis des siècles, nos penchants asociaux (égoïsme, élitisme, égocentrisme, affirmation de soi aux dépens d'autrui, légitimation de la loi du plus fort, de la domination/subordination, esprit de vengeance etc) ont été « humiliés » et rabaissés par l’esprit moral.

Et voilà qu'en quelques décennies, les médias tendent à faire admettre ces pulsions (nécessaires à un marché en pleine compétition), comme base de notre nouvelle morale.

Pour enrichir le commerce, les médias sur-développent nos besoins, nos tendances, nos désirs et sollicitent en permanente nos appétits consommateurs, et ceci dès l’enfance.

Alors que, comme l'enseigne Freud, le déplaisir est la seule mesure éducative.

Il y a donc, de la part du marché, un processus d'infantilisation de la société.

Dans les médias, autrui n’est plus représenté comme valeur fondamentale, mais comme valeur commerciale.

L'être humain n'est pas saisi comme une entité spirituelle, mais comme une masse physique et organique de pulsions et de désirs à stimuler.

Journalisme et autrui

Le journalisme français est l'art de faire croire au peuple ce que le gouvernement juge opportun de lui faire admettre von Kleist

La déshumanisation progressive de l'humanité

Pourtant, c'est en posant autrui comme fin, et non pas seulement comme moyen, que je limite ma faculté de désirer l'objet, et que je peux passer sur les veritables valeurs humaines de l'être.
C 'est bien là le problème des médias et du marché, qui considèrent l’ensemble humain comme des moyens : moyen d’augmenter l’Audimat, moyen de vendre des objets, moyen d'augmenter son pouvoir en manipulant l'opinion publique, moyen d'enrichir une minorité de dominants ...

La loi morale est la définition même de la personne, ce qui lui donne sa dignité.
La dignité s’oppose au prix.
Une chose a un prix quand elle peut être échangée contre une autre équivalente.
Ce qui n’a pas d’équivalent est donc au-dessus de tout prix, a une dignité ou valeur intrinsèque et absolue.
La notion de personne spécifie le respect et révèle le devoir à l’intérieur même de l’expérience d’autrui.
Si la chose appartient à l’ordre des moyens, c’est qu’elle est objet de mon désir ; si la personne appartient à l’ordre des fins, c’est qu’elle limite mon vouloir en même temps qu'elle lui donne sa valeur en l’obligeant.

Et c’est bien ce manquement de conscience qui caractérise le média contemporain comme il caractérise le commerce.

Pour le commerce, l’individu représente un prix, qui varie selon la notoriété, le pouvoir d’achat, les honneurs etc., de rien à beaucoup, et, en fonction de ce prix, on traite l’individu.

En bas de l’échelle, la personne est instrument de plaisir, d’ascension, foule que l'on déplace, que l'on bombarde, que l'on manipule, (c’est ainsi que sont traités les oubliés du monde).

Maltraités, frustrés et sans respect, ces oubliés, bien souvent, répercutent envers eux-même cette instrumentalisation de la personne humaine.

 

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Noam chomsky

Parlant des journalistes de son pays, un syndicaliste américain a observé il y a 20 ans, ils déjeunaient avec nous dans des cafés. Aujourd'hui, ils dînent avec des industriels.
En ne rencontrant que des décideurs, en se dévoyant dans une société de cour et d'argent, en se transformant en usine à propagande de la pensée du marché, le journaliste s'est enfermé dans une classe et dans une caste. Il a perdu des lecteurs (et des auditeurs) et son crédit. Il a précipité l'appauvrissement du débat public. (Serge Halimi, les nouveaux chiens de garde)

 

Seneque

Je ne ferais rien pour l'opinion, tout pour ma conscience .SENEQUE

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