L'expérience de Standley Milgram
La soumission à une autorité perverse
Le
scepticisme est la plus facile des philosophies. Robert Kemp .
Pour Freud ,
la
cruauté est constitutive du moi.
Le moi étant une des instances de la personnalité, la cruauté appartient au fond de tout individu. Autrement dit : nous sommes tous originellement capable d'être cruel.
Et
malheureusement l'expérience de Milgram semble
le démontrer.
La soumission à l'autorité
Né en 1933, Stanley Milgram est un psychologue américain. Dans les années 60, il met au point une expérience
édifiante qui portera son nom. Elle avait pour but de tester le degré de soumission d'un individu à l'autorité.
L'expérience était décrite comme une étude sur l'efficacité de la punition sur le développement la mémorisation. La punition étant représenté par une décharge électrique.
Trois personnages étaient impliqués.
L'expérimentateur, incarnation officielle de l'autorité (en blouse grise et complice de l'expérience).
L'élève. Il doit s'efforcer de mémoriser les listes de mots (également complice de l'expérience).
L'enseignant. Il dicte les mots à l'élève, vérifie les réponses et envoie les décharges en cas d'erreur (c'est le sujet de l'expérience).
Pour chaque erreur le cobaye doit envoyer une décharge à l'élève (et de plus en plus forte). Ce dernier, un comédien, mimait la souffrance correspondant aux présumées décharges électriques.
Les résultats de l'expérience
La plupart des sujets obéissent à l'autorité les engageant à augmenter les doses électriques. 65 % vont jusqu'au choc maximal 450 vols.
L'issue de l'expérience de Milgram est éloquente. Selon elle, les 2/3 des êtres humains sont capables
de torturer un congénère. Capables d'infliger des souffrances à un inconnu,
sous l'a seule influence d'une autorité.
Lors des premières expériences menées par Stanley Milgram, 62,5% (25 sur 40) des sujets menèrent l'expérience à terme en infligeant à trois reprises les électrochocs de 450 volts. Tous les participants acceptèrent le principe annoncé et, éventuellement après encouragement, atteignirent les 135 volts.
La moyenne des chocs maximaux (niveaux auxquels s'arrêtèrent les sujets) fut de 360 volts. Toutefois, chaque participant s'était à un moment ou à un autre interrompu pour questionner le professeur. Beaucoup présentaient des signes patents de nervosité extrême et de réticence lors des derniers stades (protestations verbales, rires nerveux, etc.).
D'autres expériences à travers le monde ont validé les résultats obtenus par Milgram. Les taux d'obéissance obtenus se sont même généralement avérés plus élevés que dans la situation originale. On peut ainsi citer les réalisations de David Rosenhan1, et de David Mantell2 en Allemagne.
Des travaux ultérieurs, en particulier par Thomas Blass, ont montré que le pourcentage de personnes acceptant, dans des conditions expérimentales similaires, d'infliger des décharges très importantes était à peu près constant, entre 61 % et 66 %, quels que soient le lieu et l'époque où le test était mené. En 2006, ABC News a reproduit l'expérience de Milgram, obtenant des résultats similaires (65% des hommes ont suivi les instructions jusqu'au bout et 73% des femmes) 3 4.
Milgram a qualifié à l'époque ces résultats « d’inattendus et inquiétants ». Des enquêtes préalables menées auprès de médecins-psychiatres avaient établi une prévision d'un taux de sujets envoyant 450 volts de l'ordre de 1 pour 1000. Source wikipedia
3 caractères humains
L'ordinaire, le saint, le pervers
Quand un être vit de cruauté,
d'argent, d'hypocrisie, de mensonge, il est mort Gaudin.
De nombreux processus, structurent « l'enfant
pervers polymorphe ». La curiosité, l'envie de faire des expériences et de les pousser au bout, en sont quelques unes. La tendance à la domination, la charge des pulsions et le narcissisme également.
Mais si l'enfant possède toutes les structures de la perversion, l'éducation est là pour l'en sortir. Elle à pour but de nous pousser vers l'amour du prochain, le respect d'autrui et la responsabilité.
La perversion
C'est pourquoi, une infime minorité d'individu
(2 %) sombrent dans la cruauté effective*.
Une seule personne sur 40 a infligé les 450 volt, alors qu'elle avait le choix de ne pas le faire.
Une
autre minorité va socialiser en quelque sorte,
sa cruauté. Elle utilisera son intelligence pour matérialiser sa perversité tout en restant dans la légalité. C'est
le cas de la perversion narcissique ou
de la manipulation mentale.
La sainteté
A l'opposé, une autre infime minorité parvient à transcender sa base perverse en bien absolu. Ces rares personnalités réussissent à éteindre complètement
cette tendance, dans leur
esprit. C'est le cas du saint, du sage de l'éveillé.
Un autre pourcentage d'individus, utilisera la connaissance intuitive de cette force pour lutter contre. Fortement moralisé, elle véhiculera les grandes valeurs humaines en essayant de les incarner le mieux possible.
L'ordinaire
Pour
la grande majorité enfin, la cruauté reste à l'état de potentialité. Ce sont les 65% de l'expérience de Milgram.
Si personne ne la stimule, elle n'apparaît pas. L'éducation et l'empathie ont la force de la dominer.
Mais cette réserve de cruauté latente, est bien souvent stimulé par les systèmes dominants. L'individu ordinaire sous influence l'a regarde alors se dérouler ou la met en pratique. Les romains l'ont actionné en instaurant les jeux du cirque. Les dictatures, l'imposent également au sein de la société. L'ultra libéralisme actuel encourage une version soft de la cruauté avec ses valeurs égoistes.
Définir le cruel
De l'individu à l'état
La cruauté pourrait se définir en quelques mots. « Insensibilité, désir ou jubilation pathologique
face à la
souffrance engendrée par nos actions sur des
êtres
vivants. Que ce soit
par plaisir, par égoïsme, par intérêt
ou vengeance, et ce, directement ou indirectement.
Sous cette définition, la cruauté peut se
perpétrer
de plusieurs façons.
Initiée par un individu,
par un groupe ou un état. Agissant en son nom propre, au nom d'une résistance ou d'un gouvernement.
L'individu cruel
Plusieurs choses peuvent conduire un individu Ã
commettre sciemment des actes de cruauté :
Être
insensible à la
douleur d'autrui.
Avoir du plaisir à la domination d'autrui.
Être
capable de transgresser des règles humaines
universellement connues.
Ne pas avoir peur de la
sanction, c'est-à-dire de
la prison.
Ne pas redouter non plus une sanction divine.
L'état cruel
Pour qu'un gouvernement puisse ordonner
des actes de cruauté (dictature, guerre)
il faut :
Qu'il n'ait aucune considération pour
les victimes. Aucune considération
pour les victimes innocentes, des « dégâts
collatéraux ».
Qu'il se sentent suffisamment protégé par
le système. Protègé par un système ayant montré jusqu'à présent
qu'il protégeait les donneurs d'ordre.
Qu'il ait suffisamment de capacité à la mauvaise
foi. Autrement dit qu'il puisse
convaincre et se convaincre d'accomplir des actions justes.
La résistance cruelle
Pour qu'un individu puisse commettre des actes de cruauté (terrorisme)
sous prétexte de résistance, il faut
:
Qu'ils partagent la même configuration psychique que
le gouvernement cruel.
Qu'il n'ait aucune considération pour
les victimes innocentes
Qu'il se sente protégé par
son idéologie, ses
convictions, Dieu, etc.
L'individu sous influence
Pour qu'un individu puisse obéir à un
ordre l'enjoignant
de commettre des actes de cruauté, il faut :
Qu'il ait une mauvaise appréciation
des exigences de la
morale humaine.
Qu'il accepte de croire en la légitimité de
celui ou ceux qui ordonnent de tels actes.
Qu'il ait peur des conséquences inhérentes à un
refus de commettre de tels actes.
Qu'il n'ait pas construit de structures empathiques.
Qu'il soit
sous l'emprise de celui qui demande de commettre de
tels actes.
Voilà quelques grands moyens
grâce auxquels la cruauté
peut encore s'exprimer de nos jours.
Les mécanismes >