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Introduction à l'étude du mal

Le mal comme paradoxe

Un concept fondateur.

Le plus grand mal, à part l'injustice, serait que l'auteur de l'injustice ne paie pas la peine de sa faute. Platon

Le mal est un paradoxe.
Il est « Nécessaire » pour élaborer la société, mais on doit le considérer comme inutile pour s'y opposer. Pour le combattre et l'inviter en permanence à régresser.

Les concepts de « bien » et de « mal », n'existent pas dans la nature. À partir du moment où notre espèce les a fait émerger, elle est devenue une « humanité ».

En soumettant ses actions à ces deux valeurs fondamentales, l'homme inversait définitivement les moeurs de la nature.

Le mal nécessaire pour l'évolution

Pourquoi existe-t-il tant de mal, tout étant formé par un Dieu que tous les théistes se sont accordés à nommer bon ? demande Voltaire.
Mais le mal à sa raison d'être, justement parce que ce monde est divin. Il est en effet, le moteur de son contraire, autrement dit, le moteur du bien.

La présence du mal devient évidente quand on observe le comportement de l'humanité. La majorité humaine désire avant tout « bien agir ». Elle veut fournir le meilleur d'elle-même. Cette simple attitude donne tout son sens à la présence du « mal ». Il est là avant tout pour stimuler l'émergence des belles conduites. Étant insupportable à l'être humain, il devient un des plus puissants promoteurs du «  bien ». Et un des animateurs de la perfection humaine.

L'humanité ne peut se construire autrement que comme elle se construit.
pour passer du vide à l'homme, chaque étape de la création étaient nécessaire. La formation de la matière et son expansion. La formation de l'univers et de la terre. La formation du vivant et son évolution. La formation de l'homme et son désir d'absolu. Et l'apparition du mal pour permettre à cet absolu d'apparaître.

L'exemple de Gandhi

Prenons un exemple pour illustrer notre point de vue.

Durant son séjour en Afrique du Sud, le jeune Gandhi allait vivre plusieurs injustices. Parce qu'il refusait d'enlever son turban, la cour de Durban le fit expulser du tribunal. Une autre fois, il fut jeté hors d'un train à cause de la couleur de sa peau. Plus tard encore, refusant de céder sa place à un Européen, il fut battu par un conducteur.

Toutes ces agressions se rangent naturellement du côté du « mal ».

Mais leurs conséquences furent toute autre. Elles ont entraîné Gandhi dans un combat sans merci contre l'injustice. Autrement dit dans une lutte farouche en faveur du « bien ». Elles ont soutenu l'engagement du Mahatma dans la voie de la non-violence active.
Issues du mal, ces injustices ont finalement été un des grands moteurs de la décolonisation.

Le mal doit être jugé de trop

Sous cet angle-ci, le mal est donc nécessaire à notre évolution.
Il est nécessaire et pourtant nous devons le ressentir comme inutile. Comme étant de trop. Il nous faut combattre en permanence sa présence pour la réduire progressivement*.

* Et pour le combattre nous devons l'analyser, le disséquer, en comprendre tous les aspects. L'injustifiable continu d'appeler une justification écrit Nabert.

Le mal doit en effet cesser d'être une fatalité. Il ne doit plus jeter, par sa seule présence, une sorte de linceul absurde, sur l'humanité.

 

Le mal, le bien et l'amour

Justifier la présence de l'injustifiable

naifSelon notre théorie : «  notre espèce évolue vers la paix universelle, le bonheur et l'amour. Autrement dit, elle progresse vers le souverain bien dont parle la philosophie grecque ».

C'est la thèse défendue sur ce site. Seulement pour consolider sa pertinence, il nous faut préalablement dépasser l'écueil du mal. Nous devons briser le mur de ce « scandale » comme l'appelle Paul Ricoeur.

Nous sommes là devant un problème majeur.

Comment en effet, justifier l'injustifiable ? Comment expliquer sans disculper ? Comment trouver des raisons à cette capacité de faire souffrir ses semblables ? Comment expliquer la propension à décider l'élimination d'autres êtres humains ? Comment expliquer l'aptitude à utiliser ses congénères comme du bétail ? Comment légitimer la présence de l'homme au sein du vivant, sachant les monstruosités qu'il commet ?

Et pourtant, si nous voulons éliminer la noirceur « insensée » qu'il jette sur l'humain, nous devons le faire. Nous devons nous expliquer la présence du mal.

Comprendre cette valeur négative est également nécessaire pour confirmer notre théorie.

 

Le Bien universel

Le mal universel

ostracismeL'impression d'absurdités qui nous tourmente parfois vient du spectacle du mal autour de nous et en nous. Voir mourir un enfant, un être aimé, voir souffrir, torturer, tout cela fait mal. Louis Millet métaphysique

Plusieurs points sont à observer à propos du bien et du mal.

  1. Ces deux notions n'ont d'existence, qu'en relation l'une envers l'autre. Une action est dite « mal » en la comparant à des actions estimées « biens ».
  2. Elles sont parfois relatives aux temps et à la culture. Le mal et le bien, d'hier ou de demain d'ici ou d'ailleurs sont bien souvent variables.
  3. Elles touchent en leur sommet, l'absolu et universel (que tu puisses ériger en loi universelle de la maxime de ton action Kant). La plupart des sociétés valorise l'amitié et l'amour et méprise le meurtre et la cruauté.

Le mal est à comprendre, le bien est évident

La notion de « bien » est inclut à la racine même de l'humanité. Elle est le pilier central de notre évolution.

C'est pourquoi, nous allons nous pencher en priorité sur la notion de « mal ».
Le « mal » pris au sens moral et universel du terme*. Le « mal » moralement condamnable au nord comme au sud. Par un hindouiste, un animiste, un bouddhiste, un chrétien, un juif ou un musulman.  Le « mal » condamné par tout être humain élevé aux valeurs humaines. Condamné par l'inuit et le golden boy, le milliardaire et l'ascète. Le « mal » scandaleux pour le plus grand nombre d'entre nous.

*le meurtre, l'injustice, la cruauté, l'abus du faible, la maltraitance de la Terre, etc.

 

Une nécessité à éliminer

Comprendre le mal est un progrès

Contraint à l'analyse

Ce chapitre, sera donc entièrement dédié aux notions de bien et mal.

La sphéricité de la terre et la curiosité humain, ont poussé l'homme à découvrir son monde. De la même façon, l'étrangeté du « mal » et ses ravages, nous obligent à le comprendre pour l'affaiblir. À œuvrer pour le bien et à comprendre cette négativité.

Du pétrole pour l'athéisme

Naturellement, la présence du mal a de quoi décrédibiliser l'idée d'un dieu « tout amour ».

C'est effectivement difficile d'admettre la toute puissance divine et la présence de la cruauté ou du génocide.
Sous cet angle-là le mal est le meilleur ambassadeur de l'athéisme.

Nous aurons donc à apporter quelques contre argumentations aux légitimes arguments des athées.

La création ne peut se passer du mal.

Il nous faudra alors expliquer pourquoi la création devait forcément inclure le « mal ».
Pourquoi notre espèce ne pouvait passer de l'état « primate naturel » à l'état « homme constructeur » sans sa présence.
Pourquoi Leibniz a raison lorsqu'il écrit : « tout est au mieux dans le meilleur des mondes possibles »

Nous devrons également expliquer pourquoi le mal, n'est pas atavique ni innée.
Pourquoi il résulte d'un ensemble de facteurs sociaux et éducatifs. De carences affectives .. De défaut d'éducation à l'empathie .. D'un manque d'apprentissage à la frustration .. D'absence de formation à la morale et à l'éthique .. Des pulsions violentes stimulées par la société, etc.

Nous aurons enfin à dire pourquoi les grandes valeurs humaines* découlent de la faculté de juger. Pourquoi sans « l'invention du mal », l'humanité n'aurait jamais pu se constituer.

*morale, loi, éthique, sociabilité, amour du prochain, désir de s'améliorer, propension à aimer le bien ...

Une première approche

Mais il ne s'agit là que d'une approche succincte. Nous étudierons simplement son apport à l'évolution humaine et sa régression constante au cours des siècles.

Des preuves incontournables de sa nécessité, exigerait une étude minutieuse de chaque point de l'évolution.

À mon sens, un tel examen scientifique et historique se concrétisera dans le futur.

Ce jour là, la présence du mal sera enfin comprise. Le sens de l'humanité sera également découvert et éclairera l'homme sans rencontrer d'obstacle.

 

 

 

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Pour moi, je suis à peu près persuadé que, parmi les philosophes, il n’y en a pas un qui pense qu’un homme pèche volontairement et fasse volontairement des actions honteuses et mauvaises ; ils savent tous au contraire que tous ceux qui font des actions honteuses et mauvaises les font involontairement, Les sophistes

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Mise à jour le 05/02/2012 - Paris
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