Une fois de
plus se pose l'éternelle question : est-ce Dieu, est-ce
le diable qui gouverne le monde ? Et seule une foi injustifiable
permet d'affirmer que finalement le diable est au service de Dieu.
Karl Jaspers
Mal, théodicé, dieu et paradis
If only God would give me some clear sign!
Like making a large deposit in my name at a Swiss bank. Woody
Allen Comment croire à Dieu (selon
la définition monthéiste), autrement dit à UNE
PUISSANCE CRÉATRICE
PLEINE D'AMOUR quand nous nous heurtons en permanence à la
présence du « mal » ?
La ténacité et la pérennité de
cette force « négative »,
jette un voila de suspicion sur une possible existence d'un PRINCIPE
CRÉATEUR.
La présence du mal, dévalue également l'idée selon laquelle le
monde à un SENS, une ÉVOLUTION
positive, une possible destinée vers la PERFECTION humaine.
En effet, si DIEU est omnipotent, pourquoi a-t-il choisit
un type d'évolution
incluant la méchanceté, la cruauté,
le crime, la guerre ?
si DIEU est omniprésent, pourquoi ne nous signale-t-il
pas sa présence par des signes clairs et précis
? Si L'HOMME représente un PROGRÈS dans L'ÉVOLUTION du
vivant, pourquoi est-il la seule créature capable d'une
telle barbarie envers ses semblables et le reste
de la création ?
Si
le « mal » peut N'ÊTRE JAMAIS PUNI et
la vertu jamais récompensée,
les choses ont-elles un sens ?
Pourquoi L'HOMME, parvenu à un aussi haut
degré D'INTELLIGENCE,
ne parvient-t-il pas à juguler le « mal » principal
ARCHAÎSME de
son espèce ?

Ainsi donc, la présence « scandaleuse » du
MAL, semble apporter des arguments aux philosophies pessimistes
estimant l'homme mauvais, corrompu ou imparfait.
Le MAL semble contredire l'idée
d'un dieu plein de BONTÉ et D'AMOUR, GÉNÉREUX
envers ses créatures.
En réalité, il n'en est rien.
En effet, pour passer du primate naturel à l'homme, notre espèce devait obligatoirement poser le concept de « mal ». Quant au mal paradoxal (la cruauté, la torture, etc.), il est rare et résulte de cette difficile transformation.
Mal et paradis
Paradoxe d'un mal nécessaire et nécessairement
jugé inutile
pour évoluer vers le bien S ous
le regard de notre philosophie, le « MAL» se
révèle être
une des composantes obligatoires dans la transformation d'un
PRIMATE NATUREL en ÊTRE HUMAIN. Il est une composante incontournable
de cette métamorphose.
Si l'espèce humaine était
issue de ce « couple parfait » vivant au paradis
dont parlent les monotheismes, le mal serait alors
effectivement un « péché » .
Par contre, si nous descendons, comme le suggère
Darwin, d'un « primate
naturel » soumis à des pulsions dont l'homme doit
progressivement se libérer,
et si la difficile frustration de cette interdiction
engendre ce que nous appelons le « MAL», alors cette
dimension négative devient une composante inévitable
de la transformation animal-humain.
Du coup, la notion de bien et
de mal devient un instrument ponctuellement
indispensable pour
aider notre transformation.
Le MAL, à ce
moment là, ne nous empêche plus
d'apercevoir le sens de l'humanité.
Il n'est plus le signe
de l'absurdité du MONDE ou du caractère INSENSÉ des
conduites humaines puisque nous pouvons démontrer la fatalité de
sa présence, son caractère éminemment jurisprudentiel.
Par le SCANDALE qu'il soulève
(ou qu'il
devrait constamment soulever), le MAL aide l'humanité à consolider
et à construire le BIEN.
Du coup, l'être est conforme au “devoir être” et
le mal n'a plus la valeur classique que l'on s'en fait.
Si nous voulons poser la question de DIEU vis-à-vis du
mal, il faut utiliser ici la pensée de Spinoza et
nous forcer à comprendre
le réel plutôt que de le désirer à notre
convenance.
A ce moment-là, le mal devient PONCTUEL (pendant
le temps de notre transformation animal-humain), CONSTRUCTIF (il
fini toujours par accroitre le bien), impérativement
PUNISSABLE (pour persister dans le sens de l'évolution),
impérativement
INACCEPTABLE (pour qu'il reste un moteur essentiel à sa
propre disparition) et qui doit impérativement être ANALYSER
(pour y apporter les meilleures solutions et en réduire
constamment l'influence).
Ainsi, la THÉODICÉE, pour disculper DIEU,
n'a plus besoin d'inculper L'HOMMME.
Nous n'avons plus à en vouloir à Dieu de la présence du mal
au sein de l'humanité, puisque celui-ci est une nécessité pour
transformer un ANIMAL en HUMAIN.
Quant aux HOMMES, on ne peut plus, non plus, les juger coupables
d'être engagés dans un système comportant LE MAL,
puisque celui ci est une NÉCESSITÉ de l'ÉVOLUTION.
Il fait partie des
instruments au service du BIEN.

Mais comment accepter le caractère inacceptable
de la SOUFFRANCE, du MAL, de l'INJUSTICE ?
1/ En prenant conscience de
notre réelle condition (nous
sommes des êtres souffrant de métamorphose,
et non des êtres coupables, même s'il est nécessaire
de nous juger coupables).
2/ En prenant conscience du but de l'humanité, et de la
logique de sa destinée.
3/ En prenant conscience de l'importance majeure de L'ÉDUCATION,
de l'AMOUR, de L'ÉGALITÉ,
de la JUSTICE, de L'ENTRAIDE et de la COMPASSION.
Voilà, selon moi, quelques réponses.
Platon la république
- Ils seraient à peu près ceux-ci, dis-je : il faut à chaque
fois sans aucun doute restituer le dieu tel qu'il se trouve être,
qu'on le représente par une composition en vers épiques,
en vers lyriques, ou dans une tragédie.
- Oui, il le faut.
- Or le dieu est réellement bon, et
c'est ce qu'il faut dire qu'il est ?
- Bien sûr.
- Mais aucune des choses bonnes n'est nuisible. N'est-ce pas ?
- Non, à mon avis.
- Et est-ce que ce qui n'est pas nuisible nuit ?
- Nullement.
- Et ce qui ne nuit pas, cela produit-il quelque mal ?
- Non plus.
- Et ce qui ne produit aucun mal ne pourrait non plus être
la cause d'aucun mal ?
- Comment serait-ce possible ?
- Mais voyons : ce qui est bon est bienfaisant ?
- Oui.
- Donc cause d'un effet bon ?
- Oui.
- Donc le bien n'est pas cause de toutes choses ; il est la cause
de celles qui sont bonnes, mais il n'est pas la cause des maux,
- Oui, absolument, dit-il.
- Donc le dieu, dis-je, puisqu'il est bon, ne peut pas non plus être
la cause de toutes choses, comme le dit la masse des gens ; il
est la cause d'une petite partie de ce qui arrive aux humains,
et n'est pas la cause de la plus grande partie. Car les choses
bonnes pour nous sont bien moins nombreuses que celles qui sont
mauvaises ; pour celles qui sont bonnes, il ne faut pas chercher
d'autre cause que lui, tandis que pour les mauvaises il faut chercher
d'autres causes que le dieu. - Tu me sembles dire tout à fait
vrai, dit-il.
- Il ne faut donc, dis-je, accepter ni d'Homère ni d'un
autre poète qu'il commette,
par manque de réflexion, ni qu'il diffuse, à propos
des dieux, l'erreur consistant à croire que
deux jarres sont plantées dans le seuil de Zeus
peines de destins, heureux dans l'une, mauvais dans l'autre
et que celui à qui Zeus donne un mélange de l'une
et de l'autre, rencontre tantôt le malheur, et tantôt
le bonheur,
tandis que celui à qui au lieu de cela, il sert de la seconde,
sans la mélanger, lui, une faim mauvaise le chasse à travers
la terre divine
ni que Zeus a été institué notre
dispensateur des biens et des maux
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