Du pécheur au délinquant
Evolution de la notion de mal
Une période de transition
Il y a des péchés si flatteurs que, si je les confessais, j'en commettrais un autre d'orgueil. Rivarol
Notre période, je veux parler des 2 siècles entourant l'an 2000, est une période de transition.
Elle marque le déclin progressif de la morale religieuse et
de la notion de « péché ». Un déclin
au profit du droit et
de la notion d'infraction.
Peu à peu, des pouvoirs se transmettent entre interdits religieux
et interdits laïques.
De l'homme à ses actes
Progressivement, la notion d'infraction remplace
la notion de péché. Nous passons ainsi du jugement porté sur
l'homme,
au jugement porté sur l'acte.
Ce nouvel échelon devrait nous permettre de comprendre un peu mieux l'importance du transgressant, dans l'évolution humaine.
Dans le no man's land
Évidemment, cette période de transition entre la
morale et la loi est incommode. Ce « no man's land » engendre un certain déséquilibre
dans l'humanité.
La crise des valeurs morale dans l'Occident actuel, découle de cette évolution nécessaire.
Cette passation de pouvoirs doit prendre un certain
temps et se chevaucher sur une certaine période.
L'extinction progressive de la morale religieuse devrait être
compensée,
en principe, par la loi. Par la montée en puissance du droit, de l'éducation,
la psychologie, etc.
Aujourd'hui, ce n'est pas encore le cas. L'affaiblissement de la morale religieuse est aggravée par
des lois laïques encore trop injustement appliquée.
La morale et la loi
La morale religieuse avait cela d'intéressant, qu'elle culpabilisait les « puissants » au profit des humbles. Elle accusait leurs conduites égocentriques et égoïstes, pour valoriser au contraire les bienveillants. La morale, dans ce sens est tout à fait cohérente avec les valeurs démocratiques.
Ce n'est absolument pas la posture des valeurs laïques censées remplacer ces règles
morales.
Au contraire, le système actuel stimule le narcissisme
et l'élitisme des dominants.
Il rentre en cela en parfaite contradiction avec les valeurs républicaines.
L'abuseur légal mais immoral
Utilisation malveillante de la loi
L'injustice légale des puissants
La révolution
féminine doit maintenant compléter la révolution
prolétaire, comme celle-ci consolida la révolution
bourgeoise, émanée d'abord de la révolution
philosophique. Auguste Comte Cathéchisme positiviste (1852)
Le droit devra combler correctement l'espace occupé précédemment par la morale religieuse. Tant qu'il ne l'emplit pas tout à fait, l'homme utilisera l'espace inoccupé. Il utilisera ces défaillances pour mettre en oeuvre sa propension à s'affirmer aux dépens de ses semblables. Il exploitera ce vide moral pour abuser d'autrui tout en restant dans les limites du droit.
L'abus légal mais immoral
Les outrances « légale » du marché * utilisent pleinement ces vides moraux
pour s'épanouir ...
* qui ont permis l'augmentation scandaleuse des écarts
entre riches et pauvres. La marchandisation des êtres
humains fait partie de ces excès révoltants
Face à ces abus « légaux » mais
immoraux,
le monde religieux est obligé d'opposer son fondamentalisme
pour compenser. Et comme toujours nous nous retrouvons dans une évolution par antagonisme. La conscience humaine a peut-être les moyens aujourd'hui de passer sur un autre modèle.
Les mondes religieux et le monde laïc
devrait prendre conscience de cette passation de pouvoir. Ils uniraient alors leurs forces au lieu de les opposer.
- La société laïque doit prendre conscience qu'elle a
encore besoin de la vision morale religieuse. Elle en a besoin pour venir à bout
des « immoralités légales » parfaitement révoltante pour le religieux ...
- Et le religieux doit assouplir ses interdits moraux pour laisser la société évoluer. Il doit accepter la destinée de sa morale, englobée à terme par les lois laïques ... Le religieux sera ainsi libéré du profane pour se consacrer essentiellement au spirituel.
L'exemple de l'avortement
L'exemple de l'avortement est représentatif de ce manque de communication entre ces deux visions de la société.
L'adoption de l'avortement est un gain pour l'humanité. Il est une véritable libération pour la femme ...
Nous devons remercier la médecine pour ce nouvel acquis.
Par contre, en faire une industrie, comme c'est le cas actuellement, est une véritable « immoralité légale *».
*à mon sens, c'est surtout une inconscience de la part d'un milieu médical soumis au libéralisme.
Mais parallèlement, s'y opposer de manière rigide est un frein à l'évolution.
L'idéal pourrait venir d'un accord entre les deux.
La faute du paradis > |