philosophie naïve du devenir humain

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Bien mal
Introduction
généralités  [ ↗ ]
Le bien et le mal 1
Le bien et le mal 2
Dieu et le mal
Intro délinquant
Délinquant suite  [ ↗ ]
Intro au péché
Le péché suite  [ ↗ ]
L'égalité
L'égalité suite  [ ↗ ]
La perversion  [ ↗ ]
 
La vocation de l'humanité n'est pas la souffrance mais la joie, elle n'est pas la culpabilité du péché, mais la liberté de la jouissance réfléchie et partagée. Robert Misrahi

 

LA NOTION DE PÉCHÉ A ÉTÉ UN PROGRÈS POUR L'HUMANITÉ Kant
Freud BIEN ET MAL SONT DES ILLUSIONS NECESSAIRES
PAS DE LIBERTÉ DANS LE MAL, IL EST LE PRISONNIER DES PULSIONS Jung

 

De la morale instinctive à la morale apprise.

Malgrès son intolérable cruauté, l'homme, comme l'animal, est fondamentalement bon

L'intolerable cruauté dont l'HOMME fait parfois preuve, nous l'avons vu plus haut, est consécutive au conflit généré par sa métamorphose ANIMAL-HUMAIN.

L'humanité doit, en effet, se délivrer de certaines INJUSTICES EN COURS DANS LA NATURE. Elle doit rompre la chaîne naturelle contraignant le plus fort à abuser du plus faible. Faire cesser la fatalité du PRÉDATEUR condamné par son instinct à interrompre la liberté de sa PROIE.

L'absence de cruauté dans la nature peut se concevoir comme une sorte d'économie de moyen, mais également comme une forme de MORALE INSTINCTIVE.

Chez l'homme, cet INSTINCT INHIBITEUR est remplacé par une INHIBITION CONSCIENTE et ENSEIGNÉE.

Mais dans la période charnière, celle ou l'instinct inhibiteur a disparu, alors que la volonté de bien agir n’est pas encore assez forte pour maîtriser correctement les pulsions, il se joue une bataille psychique dont le résultat peut parfois conduire à l'acte de cruauté.

C'est une situation paradoxale de la transformation d'un animal en humain.

 

Le mal impensable et intolérable

Il y a toujours une raison qui oblige l'homme à faire le mal. Luben KaravelovEn effet, même le MAL le plus impensable, la TORTURE, la CRUAUTÉ, le GÉNOCIDE, nous devons également le penser.

Il résulte, lui aussi, de cette laborieuse transformation animal / humain.

Le MAL ABSOLU se constitue sur des frustrations engendrées par la difficile compression de nos INSTINCTS PRIMATES. Ce mal absolu est le résultat de nos FAILLES ÉDUCATIVES, de nos incapacités à percevoir l'âme dans chaque autrui, résultat de L'INTELLIGENCE FROIDE, clanique et vide de toute empathie pour l'autre groupe. Résultat de la mauvaise utilisation du progrès et de la technologie.

Résultat enfin du NIHILISME (c'est le cas du nazisme comme du communisme) qui permet, en vidant de tout sens spirituel l'être humain, de le traiter comme une simple matérialité.

Ne pas réfléchir à ce mal impensable qu'est la cruauté où le génocide, ne pas l'analyser, ne pas chercher à le comprendre, ne pas le maintenir en mémoire, oblige l'humanité a toujours le voir resurgir.

La CRUAUTÉ est inhérente à l'homme soumis à la dualité entre ce qu'il veut être et ce qu'il est. Entre l'homme juste qu'il se souhaite et la réalité de ses pulsions.

 

Combattre le mal impensable

Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation ? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre. J.J.RousseauLa parade au MAL ABSOLU passe par L'ÉDUCATION, la CRAINTE et le DEVOIR DE MÉMOIRE.

Eduquer pour ouvrir les CONSCIENCES à la FRATERNITÉ UNIVERSELLE, au RESPECT de L'ÉTRANGER, à l'estime de l'autre.

Crainte du gendarme (gendarme mondial en cas de génocide), éduction morale, conscience d’autrui, compréhension du sens, etc, l'humanité doit pouvoir fournir à un individu l’éducation globale lui permettant de maîtriser ses pulsions pour qu’il ne sombre pas dans la cruauté.

Combattre notre tendance génocidaire en combattant les justifications. Ces justification sont toujours les mêmes : je n'ai fait qu'obéir, je n'étais qu'un rouage.

L’humanité doit offrir a tout homme, les moyens psychiques et juridiques de refuser un ordre inique, un ordre cruel ou génocidaire, elle doit offrir à chacun le droit de refuser d’obéir a un pouvoir quel qu’il soit lorsque celui ci déborde le droit humain et le respect de la personne. Elle doit soutenir et protéger en priorité ceux qui refusent d’entrer dans l’engrenage du sordide.

L'article de loi 122 - 4 du code pénal qui stipule qu'en matière de crime contre l'humanité le commandement est présumé toujours illégal, devrait être un des enseignements majeurs de chaque humain,

D'autre part, le devoir de mémoire, la transmission de génération en génération du souvenir des atrocités commises, la valorisation des justes sont des nécessités fondamentales pour l'humanité.

C'est a ce prix seulement que nous pouvons dire comme le suggère Leibniz que le « mal » est nécessaire à l'économie générale du monde en rajoutant qu'il doit toujours être également le scandale à éradiquer.

 

Mal et paradis

C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches. Victor HugoParadoxe d'un MAL nécessaire et nécessairement jugé inutile pour évoluer vers le bien. Si l'espèce humaine était issue du PARADIS, le mal aurait la signification que les RELIGIONS lui donne.

Par contre, si nous sommes issus d'un primate naturel obéissant à un ensemble de pulsions que l'homme doit frustrer, et si la VIOLENCE et cette frustration génère ce que nous appelons le mal, alors le mal devient une composante inévitable de la transformation animal-humain. Du coup, la notion de 'bien et de mal devient un instrument ponctuellement indispensable pour aider notre transformation.

Le mal à ce moment là, ne nous empêche plus d'apercevoir le sens de l'humanité. Il n'est plus le signe de l'absurdité du monde ou du caractère insensé des conduites humaines puisque nous pouvons démontrer sa fatalité et son caractère éminemment jurisprudentiel.

Finalement le mal, par le scandale qu'il soulève (ou qu'il devrait constamment soulever), aide l'humanité à consolider et à construire le bien.

Du coup, l'être est conforme au « devoir être » et le mal n'a plus la valeur classique que l'on s'en fait.

Si nous voulons poser la question de Dieu vis-à-vis du MAL, il faut utiliser ici la pensée de Spinoza et nous forcer à comprendre le réel plutôt que de le désirer à notre convenance. A ce moment-là, le mal devient ponctuel (pendant le temps de notre transformation animal-humain), constructif, impérativement punissable pour l'évolution de l'humanité, impérativement inacceptable pour qu'il reste un moteur essentiel à sa propre disparition et impérativement disséqué pour y apporter les meilleures solutions.

La théodicée pour disculper Dieu, n'a plus besoin d'inculper les hommes. Dieu n'est pas coupable d'une transformation animal-humain qui comporte fatalement le mal (dans la mesure ou il n'y a d'autre solution que l'évolution pour passer du vide quantique pré-univers, à l'humain) quant aux hommes, ils ne sont pas non plus coupables d'une évolution qui comporte fatalement le mal pour diriger l'humanité vers le bien.

Comment accepter le caractère inacceptable de la souffrance, du mal, de l'injustice ?

En prenant conscience de notre réelle condition, nous sommes des êtres souffrant d'une transformation, plutôt que des êtres coupables (bien qu'il soit nécessaire de nous juger coupables) / En prenant conscience du but de l'humanité, et de la logique de sa destinée / En prenant conscience de l'importance majeure de l'éducation, de l'amour, de l'égalité, de la justice, de l'entraide et de la compassion. Voilà, peut-être quelques réponses.

 

Liberté et mal

Ou il y a liberté véritable, il n'y a pas le mal.

L'homme, s'il en avait les moyens, s'épargnerait la souffrance qu'il inflige, il est lui aussi victime de ses transgressions, et s'il trouve du plaisir dans la satisfaction de ses pulsions transgressantes, cela reste des pulsions et il n'en est pas libre.

La vraie liberté ne peut pas être confrontée au mal.
Où il y a liberté, il y a priorité et autorité de la conscience morale sur la pulsion.

Donc l'homme n'est pas libre de nier la loi ou d'agir contre elle.
La liberté est ce qui rend le choix du mal impossible, et si pour être pleinement responsable, il faut être absolument libre de son choix, dans l'absolu tout transgressant est irresponsable.

La contingence du mal ne peut être adaptée au passé que dans sa mission fondamentale c'est-à-dire : prémunir le futur de sa résurgence (par le devoir de mémoire, la création de lois, l'éducation,) et de tendre vers sa résorption totale pour permettre à l'humanité d'accéder au bonheur absolu (qui nous le verrons, est notre destination finale).

 

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rousseau

En se dotant des moyens de réduire les mlheurs naturels, les humains ont augmenté les moyens de se faire du mal les uns aux autres. Jean Jacques Rousseau

 

 

plato

Pour moi, je suis à peu près persuadé que, parmi les philosophes, il n’y en a pas un qui pense qu’un homme pèche volontairement et fasse volontairement des actions honteuses et mauvaises ; ils savent tous au contraire que tous ceux qui font des actions honteuses et mauvaises les font involontairement, PLATON Les sophistes.

 

 

Nietzsche

En vérité le moi rusé, le moi sans amour, qui cherche son avantage dans l'avantage du plus grand nombre, ce n'est pas à l'origine du troupeau mais son déclin.

Ce furent toujours des fervents et des créateurs qui créèrent le bien-et le mal. Le feu de l'amour et le feu de la colère l'allume au nom de toutes les vertus.

Zarathustra vit beaucoup de pays et beaucoup de peuples et n'a pas trouvé de plus grande puissance sur la terre que l'oeuvre des fervents;

Bien et mal voilà le nom de cette puissance.
En vérité la puissance de ces louanges et de ces blâmes est pareille à un monstre.

Dites-moi mes frères qui me terrasseras ce monstre ?

Dites, qui jettera une chaîne sur les 1000 nuques de cette bête ?

Il y a eu jusqu'à présent 1000 buts parce qu'il y a 1000 peuples.Il ne manque que la chaîne des 1000 nuques, le but unique.

L'humanité n'a pas encore de but.

Mais dites moi donc mes frères si l'humanité manque de but n'est-elle pas elle-même en défaut ?

Friedrich Nietzsche

 

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