| La vocation
de l'humanité n'est
pas la souffrance mais la joie, elle n'est pas la culpabilité du
péché, mais la liberté de la jouissance réfléchie
et partagée.
Robert Misrahi
| LA NOTION DE PÉCHÉ A ÉTÉ UN PROGRÈS
POUR L'HUMANITÉ |
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BIEN ET MAL SONT DES ILLUSIONS NECESSAIRES |
| PAS DE LIBERTÉ DANS LE MAL, IL EST LE PRISONNIER
DES PULSIONS |
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De la morale instinctive à la morale
apprise.
Malgrès son intolérable cruauté, l'homme, comme l'animal, est fondamentalement
bon
L'intolerable cruauté dont
l'HOMME fait parfois preuve, nous l'avons vu plus haut, est
consécutive
au conflit généré par sa métamorphose
ANIMAL-HUMAIN.
L'humanité doit, en effet, se délivrer de certaines INJUSTICES
EN COURS DANS LA NATURE. Elle doit rompre
la chaîne
naturelle contraignant le plus fort à abuser du plus faible.
Faire cesser la fatalité
du PRÉDATEUR condamné par son instinct à interrompre
la liberté de sa PROIE.
L'absence
de cruauté dans la nature peut
se concevoir comme une sorte d'économie de moyen,
mais également comme une forme de MORALE INSTINCTIVE.
Chez l'homme, cet INSTINCT INHIBITEUR
est remplacé par une INHIBITION CONSCIENTE et ENSEIGNÉE.
Mais dans la période charnière, celle
ou
l'instinct inhibiteur a disparu, alors que la volonté de
bien agir n’est
pas encore assez forte pour maîtriser correctement les pulsions,
il se joue une bataille psychique dont le résultat peut
parfois conduire à l'acte de cruauté.
C'est une
situation paradoxale de la transformation d'un animal en
humain.
Le mal impensable et intolérable
Il y a toujours une raison qui oblige l'homme à faire
le mal. Luben KaravelovEn
effet, même le MAL le plus impensable, la TORTURE, la CRUAUTÉ,
le GÉNOCIDE, nous devons également le penser.
Il résulte, lui aussi, de cette laborieuse transformation animal
/ humain.
Le MAL ABSOLU se constitue sur des
frustrations engendrées
par la difficile compression de nos INSTINCTS PRIMATES.
Ce mal absolu est le résultat
de nos FAILLES ÉDUCATIVES, de nos incapacités à percevoir
l'âme dans chaque
autrui, résultat de L'INTELLIGENCE FROIDE, clanique et vide de
toute empathie pour l'autre groupe. Résultat de la mauvaise utilisation
du progrès et
de la technologie.
Résultat enfin du NIHILISME (c'est
le cas du nazisme comme du communisme) qui permet, en vidant de
tout
sens
spirituel l'être humain, de le traiter comme une simple matérialité.
Ne pas réfléchir à ce mal impensable qu'est
la cruauté où le génocide, ne pas l'analyser,
ne pas chercher à le comprendre, ne pas le maintenir en
mémoire,
oblige l'humanité a toujours le voir resurgir.
La CRUAUTÉ est inhérente à l'homme soumis
à la dualité entre ce qu'il veut être et ce
qu'il est. Entre l'homme juste qu'il se souhaite et la réalité de
ses pulsions.
Combattre le mal impensable
Oserais-je exposer ici la plus grande, la
plus importante, la plus utile règle de toute l'éducation
? Ce n'est pas de gagner du temps, c'est d'en perdre. J.J.RousseauLa
parade au MAL ABSOLU passe par L'ÉDUCATION, la CRAINTE et le
DEVOIR DE MÉMOIRE.
Eduquer pour ouvrir les CONSCIENCES à la FRATERNITÉ UNIVERSELLE,
au RESPECT de L'ÉTRANGER, à l'estime de l'autre.
Crainte du gendarme
(gendarme mondial en cas de génocide),
éduction morale, conscience d’autrui, compréhension
du sens, etc, l'humanité doit pouvoir fournir à un
individu l’éducation globale lui permettant de maîtriser
ses pulsions pour qu’il ne sombre pas dans
la cruauté.
Combattre notre tendance génocidaire
en combattant les justifications. Ces
justification sont toujours les mêmes : je n'ai fait
qu'obéir, je n'étais qu'un rouage.
L’humanité doit offrir a tout homme, les moyens
psychiques et juridiques de refuser un ordre inique, un
ordre cruel ou génocidaire, elle doit offrir à chacun
le droit de refuser d’obéir
a un pouvoir quel qu’il soit lorsque celui ci déborde
le droit humain et le respect de la personne. Elle doit soutenir
et protéger en priorité ceux qui refusent d’entrer
dans l’engrenage du sordide.
L'article de loi 122 - 4 du code pénal qui stipule qu'en
matière de crime contre l'humanité le commandement
est présumé toujours illégal, devrait être
un des enseignements majeurs de chaque humain,
D'autre part, le devoir de mémoire, la transmission de génération
en génération du souvenir des atrocités commises,
la valorisation des justes sont des nécessités fondamentales
pour l'humanité.
C'est a ce prix seulement que nous pouvons dire comme le suggère
Leibniz que le « mal » est nécessaire à
l'économie générale du monde en rajoutant
qu'il doit toujours être également le scandale à éradiquer.
Mal
et paradis
C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait
le paradis des riches. Victor HugoParadoxe
d'un MAL nécessaire et nécessairement
jugé inutile pour évoluer vers le bien. Si
l'espèce humaine était issue du PARADIS, le
mal aurait la signification que les RELIGIONS lui donne.
Par contre, si nous sommes issus d'un primate
naturel obéissant
à un ensemble de pulsions que l'homme doit frustrer, et
si la VIOLENCE et cette frustration génère ce que
nous appelons le mal, alors le mal devient une composante inévitable
de la transformation animal-humain. Du coup, la notion de 'bien
et de mal devient un instrument ponctuellement indispensable
pour aider notre transformation.
Le mal à ce moment là, ne nous empêche plus
d'apercevoir le sens de l'humanité. Il n'est plus le signe
de l'absurdité du monde ou du caractère insensé
des conduites humaines puisque nous pouvons démontrer sa
fatalité et son caractère éminemment jurisprudentiel.
Finalement le mal, par le scandale qu'il soulève (ou qu'il devrait
constamment soulever), aide l'humanité à consolider
et à construire le bien.
Du coup, l'être est conforme au « devoir
être » et le mal n'a plus la valeur classique que l'on
s'en fait.
Si nous voulons poser la question de
Dieu vis-à-vis
du MAL,
il faut utiliser ici la pensée de Spinoza et nous
forcer à comprendre le réel plutôt que de
le désirer à notre convenance. A ce moment-là,
le mal devient ponctuel (pendant le temps de notre transformation
animal-humain), constructif, impérativement
punissable pour l'évolution de l'humanité,
impérativement inacceptable pour qu'il reste un moteur
essentiel
à sa propre disparition et impérativement disséqué
pour y apporter les meilleures solutions.
La théodicée pour disculper Dieu, n'a plus
besoin d'inculper les hommes. Dieu n'est pas coupable d'une transformation
animal-humain qui comporte fatalement le mal (dans la
mesure ou il n'y a d'autre solution que l'évolution pour
passer du vide quantique pré-univers, à l'humain)
quant aux hommes, ils ne sont pas non plus coupables d'une évolution
qui comporte fatalement le mal pour diriger l'humanité
vers le bien.
Comment accepter le caractère inacceptable
de la souffrance, du mal, de l'injustice ?
En prenant conscience de notre réelle
condition, nous sommes des êtres souffrant d'une transformation,
plutôt que des êtres coupables (bien qu'il soit nécessaire
de nous juger coupables) /
En prenant conscience du but de l'humanité,
et de la logique de sa destinée /
En prenant conscience de l'importance majeure
de l'éducation, de l'amour, de l'égalité, de
la justice, de l'entraide et de la compassion. Voilà, peut-être quelques réponses.
Liberté et mal
Ou il y a liberté véritable,
il n'y a pas le mal.
L'homme,
s'il en avait les moyens, s'épargnerait la souffrance qu'il
inflige, il est lui aussi victime de ses transgressions, et s'il
trouve du plaisir dans la satisfaction de ses pulsions transgressantes,
cela reste des pulsions et il n'en est pas libre.
La vraie liberté ne peut pas être confrontée
au mal.
Où il y a liberté, il y a priorité et autorité
de la conscience morale sur la pulsion.
Donc l'homme n'est pas libre de nier la
loi ou d'agir contre elle.
La liberté est ce qui rend le choix du mal impossible, et
si pour être pleinement responsable, il faut être absolument
libre de son choix, dans l'absolu tout transgressant est irresponsable.
La contingence du mal ne peut être
adaptée au passé que dans sa mission fondamentale
c'est-à-dire : prémunir le futur de sa résurgence
(par le devoir de mémoire, la création de lois, l'éducation,)
et de tendre vers sa résorption totale pour permettre à
l'humanité d'accéder au bonheur absolu (qui nous
le verrons, est notre destination finale).
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