Le symptôme est un des langages de la vie
science, philosophie et théologie
Ce que l'on
choisit comme philosophie dépend ainsi l'homme que l'on
est. Johan Gottlieb Fichte
Même si les diverses
branches de la pensée se mélangent,
fort heureusement, de plus en plus, (à titre d'exemple,
la collaboration entre le neuroscientifique Jean-Pierre
Changeux et le philosophe Paul
Ricoeur), le phénomène reste
le cadre naturel de la science.
Pour comprendre les processus mécaniques des choses, l'analyse
théorique et mathématique est fondamentale.
Seulement, et nous l'avons vu dans les précédents
chapitres, il est impossible au monde matérialiste et pragmatique,
d'atteindre le véritable sens des choses, situé,
lui, dans la dimension immatérielle
spirituelle de
notre esprit.
Le matérialisme est donc incapable
de rassurer pleinement homme.
S'il ne peut répondre aux questions nées de ses limites, il
lui est impossible de satisfaire totalement l'humanité.
Si la science nous dit qu'il n'y a plus rien au-delà de ses explications,
autrement dit plus rien derrière le monde des phénomènes,
nous sommes confrontés à l'absurde.
A lui seul donc, le matérialisme ne peut boucler la boucle.
Seule, l'union entre sciences, philosophies et théologies, apportera
des réponses capables de satisfaire le bon
sens, la logique,
la raison, et l'intuition, inhérents à tout être
humain.
Le langage des symptômes
L'ébriété n'est jamais qu'un symptôme,
pas une cause absolue. Paul Auster
Une grande partie de nos activités
(boire, manger, dormir, désirer etc.), obéit à des
appels émis par notre structure même, par notre organisme et
nos cellules.
D'une certaine manière, le « principe
du vivant », à l'aide
des instincts, conduit en silence, tous nos actes irréfléchis.
En faisant pression sur nous à l'aide de la souffrance,
la vie nous oblige également à nous soigner, quand
nous sommes victimes d'une affection.
Même les actes les plus courant, et à priori conscient,
le vivant les guides en influençant
notre métabolisme par la bonne ou mauvaise conscience.
Il guide également notre alimentation et notre façon
de vivre en révélant tout excès par des symptômes,
(si nous ne respectons pas nos doses de sommeil, d'activité,
ou alimentaires, le principe vivant nous rappelle à l'ordre
par quelques signes).
Le langage du symptôme n'est pas une injonction formelle
comme l'est la loi, c'est plutôt un avertissement qui
semblerait tenir compte de notre « libre arbitre ».
Nous pouvons donc interpréter les symptômes comme
un langage muet de la vie.
Lorsque nous maltraitons notre corps, la vie nous avertit par
des symptômes.
Libre à nous ensuite, d'ignorer ou
d'écouter ces signes.
Seulement, notre liberté est
toute relative, la vie a le dernier mot sur notre liberté,
elle a tout pouvoir sur nous et nous aucun sur elle (sur la vie
en tant que principe).
Si le vivant ne nous donnait aucun signe de la maladie,
aucun signe pour nous engager à vivre de telle ou telle
façon, l'homme, irrésistiblement attirés
par les plaisirs, irait jusqu'à l'irréversible.
La vie agit donc envers nous en tant qu'amie.
Elle favorise l'expérience (donc l'évolution)
et ne punit que nos surdités excessives.
L'homme et lui seul peut obéir consciemment
au langage du vivant A la différence des
hommes, les autres espèces animales sont
prises en charge par la vie.
Elles doivent obéir à sa
logique. Elles sont immergées dans celle-ci
et agissent naturellement dans son sens.
Le monde animal semble donc ne pas avoir le choix de son évolution.
La faculté d'élaborer consciemment notre propre évolution,
fait de nous une espèce tout à fait singulière.
Seulement, cette singularité,ne signifie pas que sommes
l'espèce idéale de
la création. Sur certaines grandes
valeurs comme la fraternité, la capacité d'aimer,
nous aurions certainement beaucoup à apprendre chez d'autres
espèces.
L'évolution de la baleine par exemple, semble entièrement
pilotée par l'adaptation au milieu.
Chez elle le libre arbitre, parait totalement absent.
Et pourtant, son évolution lui a permis d'atteindre une
grande partie des comportements tant espérés par
l'homme, comme la quiétude, la sérénité,
la paix, la sociabilité, l'absence d'agressivité etc.
Les symptômes de l'humanité
Le choix est ce qui rend le choix du mal impossible.
La
capacité de
choisir offerte à l'humanité, n'a pas pour vocation
de permettre à celle-ci d'aller à contresens des
prescriptions de la vie (d'ailleurs, si l'humanité choisissait
de s'opposer aux prescriptions de la vie, elle irait tout droit à son
extinction).
Cette faculté est un instrument
d'évolution,
et son absence inclurait l'absence de l'humanité.
Grâce à la tension exercée entre deux valeurs
extrêmes ; le bien et le mal, l 'humanité évolue
vers toujours plus d'humanité.
Entre ces deux opposés (bien et mal), l'humanité chemine
vers sa destination ; sa perfection.
A l'échelle individuelle, le choix d'obéir
ou non à la logique de la vie, inclus le risque de la mort.
Lorsque l'être humain ne tient pas compte du langage des
symptômes, il y à de forte chance pour qu'il courre à sa
perte.
Le langage du symptôme, agit également au niveau
de l'humanité tout entière.
La surdité à cette échelle,
peut conduire l'humanité à la même conclusion
que les surdités
individuelles.
Notre évolution technologique, nous ayant permis
d'atteindre aujourd'hui la capacité de nous autodétruire,
une nouvelle étape de conscience doit être
franchie, pour compenser cette faculté nouvelle (qui est
en même temps un puissant moteur d'universalisation).
Lorsque nous intervenons de façon nocive sur l'écosystème,
le vivant nous envoie des avertissements (déséquilibres écologiques,
réchauffement climatique, fonte des glaces, fréquence
des catastrophes naturelles ... ).
Nous devons donc agir avec l'humanité et
avec le reste notre écosystème, comme nous
agissons avec notre autre corps, autrement dit, nous devons entendre
les messages des symptômes avant l'irréversible.
La surdité naturelle des dominants.
Il n'y a pas en effet de plus parfaite domination
que la connaissance; qui connaît quelque chose, le possède. La connaissance
unit le connaisseur au connu. ... Celui qui connaît Dieu
est déjà Dieu. Miguel de Unamuno
Aveuglés par
leurs pulsions agressives, les mâles
dominants en combats dans la nature, peuvent tout ravager sur leur
passage et aller jusqu'à leur propre mort.
Les principes de la violence sont
identiques chez tous les primates.
Lorsque la violence est placée sur le terrain de l'assaut
physique, cela s'appelle
la guerre.
Lorsqu'il s'agit d'un combat symbolique,
cela s'appelle l'ultra-libéralisme où la
déréglementation
des marchés.
Dans les deux cas, le groupe humain doit subir
les ravages du déchaînement
agressif des dominants qui, petite spécificité
humaine, dirigent à présent les combats, sans y
prendre part la plupart du temps.
Si, lorsqu'il s'agit de sa propre existence, l'individu a le droit
d'ignorer et de désobéir aux langage muet de la vie
et d'aller jusqu'à son propre suicide, en revanche, lorsqu'il
est question de la survie même de l'espèce, cette
surdité devient immédiatement un crime.
Prenons un exemple :
Le marché, la science
et la médecine, savent pertinemment
et depuis longtemps les conséquences de la pollution sur
l'humain et son écosystème (réchauffement
climatique, fréquence des maladies pulmonaires, le ravage
des pluies acides).
Pourtant, le système est resté sourd à ces
symptômes avérés depuis longtemps.
Cette surdité n'a
fait que « singer », si je puis m'exprimer
ainsi, la surdité des autres primates dans la
nature, lorsqu'ils sont en combats.
Sourd aux dangers et voulant « à tout prix » préserver (comme dans la nature), l'ensemble de leurs privilèges,
une grande partie de ces acteurs, à laissé progresser
la pollution depuis 30 ans sans rien dire. (Le
comble viendrait du monde médical qui, au lieu d'interpeller
fermement les dominants, pour qu'ils prennent en compte le
problème, se sont mis à demander aux personnes fragiles
d'éviter de sortir de chez eux, ou de faire du sport pendant
les pics de pollutions).
S'il semble normal de ne pas confier l'évolution
humaine,
aux hypocondriaques, on doit également la
retirer des mains des forcenés et des téméraires.
Pour le bien de l'humanité, un équilibre
entre ces deux forces, doit être
trouvé.
Que les « adeptes » de
l'évolution
forcenée tentent de dépeindre les « alarmistes » comme
des pessimistes tant que ceux-ci n'apportent pas de preuves
formelles de l'implication du système sur le réchauffement
de la planète, l'effet de serre etc., c'est de bonne
guerre. Mais qu'ils tentent de freinerne doit les soins, de
biaiser les expertises
et d'ignorer les symptômes certifiés, confirme
(s'il le fallait) le caractère compulsif et
inconscient du marché, incapable de comprendre les choses,
avant l'accident.
Non assistance à futurs descendants
en danger
A l'échelle
individuelle, lorsque nous rencontrons un humain compulsif et autodestructeur,
nous avons encore le droit de jouer les égoïstes,
les indifférents et c'est ce que nous faisons la
plupart du temps même si ce n'est pas très morale).
Par contre, si un individu autodestructeur
met en danger ses enfants sans que nous intervenions, nous pouvons être
sanctionnés
par la loi pour non assistance de personnes
en danger.
Donc, si la compulsivité du marché ne mettait en
danger que lui-même, nous pourrions être indifférents à cela,
mais s'il met en danger sa famille (l'humanité), et
ses descendants (qui sont aussi les nôtres), nous sommes
non seulement hors morale, mais également hors-la-loi, lorsque
nous le laissons faire.
Evidemment, l'évolution par accident nous entraîne
elle aussi, nous l'avons vu, vers la perfection, et l'attitude
compulsive ravageuse et sourde du marché, fait grandir
la conscience universelle de
l'humanité. Elle nous oblige à développer
un puissant sentiment d'interdépendance universelle,
et un accident planétaire grave conduirait sans doute à une
solidarité globale sans précédent (s'il
en allait de la survie du groupe, le groupe oublierait ses antagonismes
et ses petites appartenances).
Mais nous pourrons remercier le marché de cet apport positif
involontaire, uniquement si nous l'arrêtons avant l'irréversible.
le langage du virus > |