La prétentions
instinctive d'expliquer tout, qui est l'âme même de la philosophie
J. Lequier (la liberté)
La montée vers le coeur
Chacun dit du bien de son coeur, personne
n'ose en dire de son esprit La RochefoucauldCe
n'est pas le mal qui progresse dans le monde mais notre sensibilité au
mal.
La conscience humaine
en se développant nous éloigne
de plus en plus du primate naturel que nous étions.
En même
temps, l'homme comprend de mieux en
mieux les êtres
et les choses, et s'avance toujours plus vers la profondeur
de leur ÂME, vers le centre de leur COEUR.
La PHILOSOPHIE, la psychologie, la physique,
la sociologie, l'éthologie,
la biologie où l'écologie, voilà quelques
disciplines découvertes par l'humain pour avancer toujours
loin dans le coeur des choses.
Pouvoir se mettre à la place
d'autrui, avoir de la peine pour la souffrance d'un
homme, d'un animal, avoir du souci
pour l'écosystème, « avoir du cœur »,
comme l'on dit, témoigne de notre sensibilité et
de notre empathie grandissante.
Cette sensibilisation progressive
de l'humanité, va
de pair avec la régression progressive de l'égocentrisme,
de la violence physique, de l'autoritarisme, du despotisme,
de la peur d'autrui (même si actuellement, sous la
loi du marché, toutes ces valeurs primaires sont ponctuellement
en augmentation, mais il y a une explication à cela).
L'être humain, globalement, s'humanise.
Les lois en général sont des rapports nécessaires,
l'universalité n'étant qu 'une conséquence de la nécessité :
car l'universalité
ne saurait s'expliquer et se justifier par elle-même. HamelinL'homme
devient de plus en plus universaliste, pacifiste et sensible au
monde et à autrui (nous le voyons par exemple,
dans le rapport affectif qu'entretient l'enfant d'aujourd'hui
avec les animaux, avec la planète ou avec l'étranger).
Plus il accède au confort et à l'éducation et moins l'homme accepte
l'idée de perdre la vie pour des guerres injustes et iniques, et
la plupart des guerres le sont.
L'éducation,
l'amélioration
des conditions de vie, les médias, les voyages,
les diverses migrations, les nouvelles technologies comme Internet,
ou le
développement des sciences humaines, adoucissent sans
cesse l'humanité, et conduisent le regard humain vers le
cœur des choses. La lecture du monde et des événements
devient plus subtile.
Face à cet élan du cœur, à ce
grand désir universaliste, égalitariste, éthique,
et pacifiste, la petite partie réactionnaire,
redoutant de perdre ses privilèges s'appuie sur les rouages
du système (politique, religions médias, pauvreté,
marché), pour tenter d'arreter le grand fleuve humain, en
marche vers la paix et l'unification.
Cette arrière-garde, redouble
d'énergie,
d'agressivité, de forces manipulatrices et
corruptrices, pour imposer ses valeurs guerrières, narcissiques, élitistes, égoïstes
et communautaristes, à la partie naïve de l'humanité.
Petits en nombre mais d'une grande influence, la pensée
primaire, pragmatique et insensible parvient à imposer sa
vision superficielle et manichéenne des
choses, au plus grand nombre.
Selon ce mode réactionnaire, les choses sont simples
et basiques.
Tout est considéré sous l'angle
du pouvoir, de la peur et des hiérarchies verticales de
domination /soumission.
La vie se limite à ce que l'on
voit, ce que l'on possède matériellement et au pouvoir que l'on détient.
Leur motivation est d'avoir
plus que les autres de pouvoir,
de sexe, d'activités,
de loisirs, de luxe, de voyage, de victoire, d'objets ...
Aucune place
n'est réservée par cette élite prédatrice, aux
nourritures intellectuelles et spirituelles, au bonheur du don, de l'altruisme,
de la défense des faibles.
Pour ce type d'état d'esprit, la spiritualité est
affaire de combat, d'appartenance, et la PHILOSOPHIE comme la psychologie sont
utilisés à des
fins mercantiles (comment mieux vendre) et rhétoricienne (comment mieux
convaincre).
Selon cette vision primaire : ce qui ne se voit pas, ni
ne se manifeste, n'existe pas. C'est valable pour le pauvre
comme pour Dieu.
Cette forme de pensée, pourtant
minoritaire, étant parvenue à influencer la grande
majorité des
médias
de masse occidentaux, il
suffit d'analyser
le contenu des messages diffusés par la télévision pour
avoir exactement la mesure de l'état d'esprit
dominant réactionnaire.
La façon dont le journalisme actuel traitent le peuple,
l'actualité,
les conflits internationaux, la pensée, et les choses en
général, est plutôt matérialiste, binaire,
injuste, égoïste, élitiste, occidentalocentrique,
et irrespectueuse envers l'humanité.
- Quand le peuple ne se manifeste pas,
il est ignoré dans les médias.
- Dieu qui ne se voit
pas, est également ignorés par
les médias.
- La plus grande partie de la considération
télévisuelle
est orientée vers l'élite, les gens sans influence
sont totalement oubliés.
- L'Occident est survalorisé au
regard du reste du monde.
- Les conditions de vie et de mort dans
les pays sous développés (et l'Afrique en particulier),
sont sous-estimées par rapport à la vie et la mort
occidentale en général. Le chien d'une vedette,
bénéficie d'un meilleur traitement médiatique
que les 9/10 de la population mondiale.
- Sans oublier bien sûr, l'indispensable ennemi, grâce auquel le dominant
réactionnaire
peut se valoriser et vider sont goût pour la domination sans
se soucier bien sûr,
des « dégâts
collatéraux ».
Nous avons donc, d'un côté le
coeur populaire mondial, aspirant à la paix, à la spiritualité, à l'universalité, à une
compréhension subtile des choses,
et de l'autre, une
petite élite réactionnaire disposant de certains
centres névralgiques comme les médias, diffusent
des valeurs radicalement inverses :
la peur de l'ennemi,
la nécessité de guerre, les valeurs du communautarisme,
les visions manichéennes ...
L'étrange paradoxe.
La philosophie nait de la déception engendrée
par l'attitude naturelle BergerUne
sorte de longue faille, s'emble se creuser de plus en plus entre
les aspirations des peuples et celles des dominants.
D'un
côté la conscience du peuple à déja étendu sont
esprit vers la paix et l'universalité, vers le désir d'égalité,
de paisibilité d'humilité ... et de l'autre, le marché,
via sa vitrine (les médias) continue d'imposer
ses archaïsmes : égocentrisme
communautarisme, guerre ...
L'occident a perdu l'envie de faire la guerre
Alors
que certains dirigeants (les plus influents), semblent encore
fonctionner avec de vieux psychismes, de vieilles traditions,
les peuples du monde, aspirent de plus en plus a la paix, a
l'universalité ,
a l'égalité et
la guerre révolte plus que jamais ...
Sous cet angle, les guerres des malouines, d'Irak ou d'afganistan,
semblent en complet décalage avec l'aspiration des peuples
occidentaux ...
L'éducation,
l'intelligence et le confort conduise l'homme moderne a refuser
d'aller donner sa vie pour la patrie (hormis pour combattre
un envahisseur)
Et si les dominants ne vendait pas leurs guerres avec des
propagandes du genre « zéro
mort » (de
son coté bien sur), l’occident ne
trouverait plus guère
de soldats … l'homme occidental
est plus raisonné,
moins passionnel et mieux informé ... Voilà ce qui
attend l'ensemble de l'humanité ...
Le matérialisme compulsif du marché, lui a fait
perdre toute notion du respect du vivant (la façon dont
nous traitons les animaux destinés à notre alimentation
en est un exemple)
L'appréhension contemporaine du
monde, peut être
qualifié de phénoménologique, dans le sens
ou comme le signale Paul Ricœur, la
phénoménologie
met provisoirement ou définitivement entre parenthèse
la question de l'être, pour traiter comme un problème
autonome la manière d'apparaître des choses.
Si l'angle de la PHÉNOMÉNOLOGIE, est fondamental pour
la PHILOSOPHIE, et la pensée humaine, si nous restons que
sur celui-ci, nous nous fermons aux autres
lectures du monde ; celle justement du cœur, du poétique,
du métaphorique, de l'hypersensible, de l'irrationnel etc.,
(c'est pourquoi, aujourd'hui nous prenons les métaphores
religieuses au premiers degré et nous n'accordons aucune
importance au langage panthéiste de la nature).
Ce n'est pas parce que la société ou la nature ne
nous envoie pas de lettres écrites pour critiquer notre
comportement à son égard, qu'elle ne nous fait pas
parvenir de signes ni d'avertissements.
Le langage de la nature
Cette nature de la conscience qui consiste
a n'avoir pas de nature. Merleau PontyLe
SYMPTOME
est un langage à part
entière.
Les
formes de langages utilisées par le vivant sont diverses
et variées. Elles vont de la communication intercellulaire
au langage humain, en passant par le subtil langage du
symptôme.
Le symptôme est un langage non verbal aussi important que
le langage verbal.
Il dialogue non seulement avec l'homme à travers
son corps, mais également entre l'homme et sa société.
Dans une société, tout acte dont la
présence
semble anormale, peut-être considéré comme
un symptôme et comme tel il engage à en rechercher
la cause réelle.
Tout comme la présence d'une grosseur
anormale sur
un corps humain, recommande d'aller chez le médecin pour un diagnostic,
les comportements anormaux d'une société nous
recommandent de les soumettre à de véritables spécialistes
pour en comprendre les conséquences.
Par exemple quand des enfants de 5 ou 6 ans deviennent des assassins,
il me semble plutôt
vital qu'une société s'interroge rapidement
sur l'apparition de ce phénomène et surtout,
sur ses responsabilités dans l'apparition de tels phénomènes. Si une société devient de plus en plus violente et si elle répond a cette violence en multipliant les internements
sans réfléchir aux causes profondes de cette violence,
elle agit comme le psychiatre qui envoie en cure de désintoxication
un alcoolique sans lui proposer de soigner ses problèmes
psychologiques ou familiaux le conduisant irrésistiblement à trois.
Quand une société est en crise, elle engage à l'aide
de symptômes bien précis, les hommes à réfléchir
sur les causes profondes de cette crise.
Toute surdité,
entraîne comme c'est le cas la plupart du temps avec les
maladies, un développement plus intense de l'affection,
de plus lourdes conséquences, et finalement la mort si
la surdité persiste. Il en va de même avec notre relation à l'écosystème.
Lorsque la nature subit une agression, elle envoie des signes
avant-coureurs, des symptômes, qui vont en augmentant
si la surdité persiste.
- Si nous acceptons l'idée selon laquelle le monde est en évolution,
nous devons en conclure que cette évolution,
comme toute évolution, part d'un point X, et se dirige
vers un point Y.
- Cette évolution a donc un sens et obéit à des
lois capables de maintenir ce sens constant.
- Des lois, des logiques,
gèrent donc l'évolution.
- Ces lois, organisent en
silence l'évolution du vivant
sans que celui-ci en soit conscient.
- La seule exception à cette évolution
inconsciente, c'est l'homme.
- En effet, grâce à l'évolution
de son psychisme, l'homme a acquis les capacités de comprendre
la logique de l'évolution, son sens et son but.
- L'homme a donc les moyens de déchiffrer le langage
du vivant et de se conformer à ses
prescriptions, de façon consciente.
Se conformer aux messages de la nature, comme le préconisaient
les épicuriens et les stoïciens, cela ne veut pas dire
qu'il faille justifier l'idée selon laquelle
l'homme doit être un loup pour l'homme, ni légitimer
les tueries humaines sous le fallacieux prétexte de la sélection
naturelle, il s'agit tout simplement de réapprendre à écouter
le langage du symptôme, de l'adapter à la société et
de comprendre qu'il est là pour nous engager à nous
soigner.
Quand j'agis mal envers mon prochain, quand
je transgresse les morales universelles humaines, la plupart
du temps, cela me fait mal au coeur, mon esprit génère
des remords, de la souffrance mentale, ou de la souffrance physique
(la prison etc.)
Au contraire, lorsque j'agis bien envers
mes semblables, je ressens une satisfaction psychologique et physique,
j'ai du bonheur. La quête de l'homme étant
le bonheur, il est plus
logique d'agir bien. Voila
un type de langage qu'offre le vivant et l'évolution, à l'homme
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