Qu'est qu'un
philosophe ? C'est un homme qui oppose la nature à la loi, la raison
à l'usage, sa conscience à l'opinion et son jugement à l'erreur. Chamfort
La
plupart des grandes interrogations philosophiques humaines dérivent
de quelques grandes questions métaphysiques.
L'homme peut-il être véritablement libre ?
Le monde est-il
soumis au hasard ou à une
stricte nécessité ?
L'univers
est-il absurde ou a t-il un sens ?
L'homme trouvera-t-il la clef
du monde ?
Y a-t-il du divin à l'origine et dans le monde ?
Y
a-t-il un au-delà ?
Qu'est-ce que la vérité ?
Pourquoi y a t-il quelque chose plutôt que rien ?
Toutes ces questions accompagnent
la philosophie depuis ses débuts.
Au
principe atomiste cher à Épicure, d'un monde produit
par l'agrégation
d'atomes qui tombent de toute éternité dans le vide
et se rassemblent au hasard pour constituer les choses, nous
pouvons opposer le livre X des lois de Platon,
ramenant ce hasard dans le giron de la nécessité.
Cette « montée progressive du vivant vers un esprit
supérieur » va au delà de l'intelligence adaptative. Elle implique aussi (et surtout)
des domaines beaucoup plus subtils comme l'affectif,
le sentiment, ou le spirituel.
Si le monde a un sens, tout ce qui constitue
ce monde à un
sens. Un article de journal, un théorème,
un baiser, une publicité, un feu rouge, un clic de souris,
une attitude, le choix d'un vêtement, les créations
artistiques, tout fait sens.
Les pratiques humaines relèvent
de « langages »,
objets d'étude pour « les sciences de l'homme ».
Pour éviter les métaphores creuses, il importe de
cerner les différents sens possibles en partant des divers
angles d'approche des phénomènes langagiers ... voila
ce qu'écrit Denis Vernant dans le
grand dictionnaire de philosophie.
D'une certaine façon, nous pourrions donc dire : « tout
parle ! ».
L'univers comme le vivant et l'homme, ont un « langage ». Un langage qu'il
nous faut apprendre à déchiffrer. Tel est le
point de vue de notre philosophie et le but de ce chapitre.
Mais un jour, la conscience ne se contenta plus de ces explications
mythiques. La philosophie et la science ont alors pris le relais. Elles apportaient aux esprits nouveaux des réponses philosophiques,
physiques et métaphysiques.
Le
mystique en extase et le physicien du CERN, sont en
présence de la même chose. Ils l'a regardent simplement de deux façons et par deux endroits différents.
De la même manière, la lecture des actions
et des événements du monde par la science occidentale,
n'est pas la seule.
On nomme « signes naturels » les
signes qui sont liés à la chose signifiée
par une loi de la nature. Un signe est un phénomène
actuellement perçu
qui évoque dans notre esprit l'idée d'un autre phénomène
non perçu actuellement ou non perceptible par nature.
Un problème se pose lorsque l'homme reste sourd à ces signes devenus
des symptômes. C'est le cas par exemple, des dominants
actuels quand ils négligent
les messages de la nature. Ces
signes, sont aujourd'hui devenus des symptômes*.
Ces signes exhortent les dominants à en finir avec leur compulsivité
et leur l'égoïsme. Ils les engagent à soigner leurs boulimie de pouvoir pour le bien de l'humanité toute entière. Ils leurs demandent de tenir compte des autres hommes.
Mais
comme ce langage ne ressemble pas au langage courant, ces décideurs contemplent la fumée
sans faire de rapprochement avec le feu.
Le signe
L'autisme de l'occident
La toute puissance aveugle
Un intermédiaire existe entre l'image et le
concept ; c'est le signe. Levi-strauss
Selon Merleau-Ponty, un signe n'est signe que
par rapport à une
conscience qui lui
donne son sens.
Ce sentiment de toute-puissance, conduit l'homme à négliger
la logique et les signes du vivant*. Mais ce n'est qu'une phase de l'évolution. Une phase ponctuelle qui a son sens. Cette période est à l'origine de la formidable expansion
des progrès sociaux et scientifiques.
Il semble donc urgent de remettre l'individu dans l'humanité et l'espèce au milieu du vivant. Un vivant dont nous devons réapprendre à lire
les messages. A partir de là, nous pourrons appliquer
le concept stoïcien
et comprendre le réel plutôt
que de le désirer à notre convenance. Nous pourrons alors redécouvrir
le langage de la nature et y adapter nos actions.
Searle (extrait)
La philosophie du langage
La philosophie du langage a une histoire curieuse
dans la tradition occidentale. Bien qu’elle soit actuellement
au centre ou près du centre de notre attention, tout particulièrement
dans le monde anglophone, les formes de nos préoccupations
et de nos intérêts actuels à propos du langage
sont assez récentes.
La philosophie du langage, au sens
contemporain de l’expression, débute avec le mathématicien
et philosophe allemand Gottlob Frege au dix-neuvième siècle.
Les philosophes précédents ont souvent écrit
sur le langage, mais aucun ne possédait une philosophie
du langage au sens contemporain. Même des sujets traditionnels
tels que le problème des universaux ou la
nature de la vérité ont été transformés
par le mouvement post-frégéen.
Je pense que c’est en grande partie parce que, depuis plusieurs
siècles, la plupart des penseurs estimaient que les mots
communiquent des idées et se réfèrent aux
objets au moyen des idées. John Locke décrit ainsi
ce point de vue habituel, en contraste avec sa propre conception
:
«Â
Mais quoique les mots, considérés dans l’usage
qu’en font les hommes, ne puissent signifier proprement et
immédiatement rien autre chose que les idées qui
sont dans l’esprit de celui qui parle, cependant les hommes
leur attribuent dans leur pensée un secret rapport à deux
autres choses.
Premièrement, ils supposent que les mots dont ils se servent
sont signes des idées qui se trouvent aussi dans l’esprit
des autres hommes avec qui ils s’entretiennent. Car autrement,
ils parleraient en vain et ne pourraient être entendus, si
les sons qu’ils appliquent à une idée étaient
attachés à une autre idée par celui qui les écoute,
ce qui serait deux langues.
Mais dans cette occasion, les hommes
ne s’arrêtent pas ordinairement à examiner si
l’idée qu’ils ont dans l’esprit est la
même que celle qui est dans l’esprit de ceux avec qui
ils s’entretiennent. Ils s’imaginent qu’il leur
suffit d’employer le mot dans le sens qu’il a communément
dans la langue qu’ils parlent, ce qu’ils croient faire
; et dans ce cas, ils supposent que l’idée dont ils
le font signe est précisément la même que les
habiles gens du pays attachent à ce nom-là.
En second lieu, parce que les hommes seraient fâchés
qu’on crû qu’ils parlent simplement de ce qu’ils
imaginent, mais qu’ils veulent aussi qu’on s’imagine
qu’ils parlent des choses selon ce qu’elles sont réellement
en elles-mêmes, ils supposent souvent à cause de cela
que leurs paroles signifient aussi la réalité des
choses . »