philosophie naïve du devenir humain

Français Portugais English Deutsch Chinese    Ecrire à l'auteur Format imprimable
 
Humanite
Introduction
Les tendances
L'élitisme
L'égocentrisme, la clanicité
La démocratie
La mondialisation
Le libéralisme
Liberalisme suite  [ ↗ ]
Le libéralisme 2
La symbiose
Symbiose suite  [ ↗ ]
Le marché
 

Le dessein des Méditations suivantes est d’abattre l’orgueil de l’esprit, et de le disposer à l’humilité. Malebranche

De la nature des tendances

Deux éléments, le temps et la tendance au progrès, expliquent l'univers.... Ernest RenanLe champ des tendances est vaste.

Il s'etend des tendances organiques (géstionnaire de notre être vital (instinct de conservation, appétits ...), jusqu'aux tendances idéales ou désintéressées dont l'objet est la valeur humaine (générosité, entraide, altruisme, sentiment sacré, moral, esthétique ou intellectuel), en passant par les tendances individuelles et sociales (grégarité, instinct maternel, attachement familial, imitation, communautarisme, nationalisme, individualisme, égoïsme ...)

Pour notre analyse, nous sépérerons les tendances en deux groupes :

1/ D'un côté, les tendances égoistes et claniques (prédation, domination, élitisme, thésaurisation des privilèges, clanicité ... ) que nous nommerons tendances primaires.

2/ Et de l'autre, celles qui au contraire ouvrent l'individu à la générosité et à l'universel (tels le goût pour l'entraide, pour l'altruisme, la solidarité, l'universalisme etc.) que nous appellerons : tendances supérieures.

En dévaluant les premières au profit des secondes, l'humanité a conduit un primate naturel jusqu'à l'homme que nous sommes.

J'usqu'à présent, une branche spirituelle servait de guide auprès des dominants guerriers et matérialistes. On retrouvait des chamans près des chefs guerriers, des philosophes auprès des empereurs Mongols ou l'église à côté des rois de France.

Depuis l'avènement du nihilisme ce n'est plus le cas.

De façon cyclique, cette négation de la spiritualité, entraîne de monstrueux ravages sur l'humain (les excès du capitalisme sauvage du 19è siècle, les pogrums du communisme et du nazisme).

Nous ne sommes toujours pas sortis de ce système nihiliste.

C'est la raison pour laquelle depuis les années 8O, depuis l'introduction du marché à la place du conseiller auprès du politique, nous observons un retour des valeurs primaires (domination, égoïsme, thésaurisation, élitisme), et une augmentation de la violence à l'échelle mondiale.

Nous aurons l'occasion d'étudier un peu plus loin ce problème contemporain.

Evidemment il n'est pas question de ramener le religieux autour du politique.

Il me semble simplement nécessaire pour les pouvoirs actuels, de ramener près d'eux les grandes valeurs spirituelles et éthiques, pour avancer vers une évolution consciente et paisible (partage, compassion, amour d'autrui, etc) .

Bien que ce chapitre soit critique et polémique, l'emploi des qualificatifs supérieur et primaire ne signale pas un jugement de valeur.

En effet, chaque type de tendances pourrait être placé dans l'un ou l'autre groupe.

La tendance à la solidarité par exemple peut devenir un mal pour autrui si elle le maintient dans un état de dépendance ou de guerre, et la clanicité peut s'avérer au contraire un bien (à l'image de la résistance).

D'autre part, nous ne devons pas ignorer que les deux types de tendances sont fondamentales pour l'évolution de l'humanité.

Les jugements ont donc simplement pour but d'opérer une action cataleptique sur quelques surdités ambiantes et sur certains comportements révoltants.

 

Philosophie de l'évolution

Nous abordons le XXIème siècle avec des pouvoirs de démiurges et des instincts de primates. Thierry GaudinDans les premiers temps de l'humanité, l'homme devait utiliser principalement ses tendances primaires, claniques et agressives pour survivre dans un milieu hostile.

Puis, à mesure que l'homme a évolué, les tendances supérieures, altruistes, paisibles et universelles se sont développées et ont pris peu à peu le pas sur les premières.

L'émergence, entre autres, de la conscience, du langage, de la culture, du droit, de la morale etc., à laquelle s'ajoute l'extension de l'organisation sociale (de la tribu à la mondialisation), a étendu la capacité humaine d'aimer, vers un plus grand nombre.

Et évidemment, l'émergence de la conscience à permis une dévaluation les tendances primaires au profit des secondes.

Aujourd'hui plusieurs millions d'humains parviennent à cohabiter relativement paisiblement dans un espace où notre ancêtre primate naturel ne pouvait voisiner qu'à quelques centaines d'individus (entre autres à cause de son incapacité à maîtriser ses tendances agressives et égocentriques.)

Si le dominant chimpanzé abuse les faibles, les vole, thésaurise l'ensemble des privilèges, c'est parce qu'il est soumis à ses instincts, à un type d'organisation, et qu'il en va de sa survie et de celle du groupe.

L'homme en revanche s'est extrait de ce fonctionnement naturel.

Il dispose, grâce à ses nouvelles capacités psychiques, de plus en plus de moyens pour maîtriser ses tendances primaires.

En somme, lorsqu'un homme profite de sa position hiérarchique dans la société pour abuser d'autrui ou du groupe, il agit comme le dominant primate naturel qu'aucune conscience, aucune éducation, aucune morale ne vient contraindre.

Lorsque par exemple, un homme politique profite de sa fonction pour s'enrichir, pour corrompre ou se laisser corrompre, pour abuser la justice ... , il agit instinctivement comme le dominant chimpanzé dérobant la nourriture des plus faibles.
La puissance des tendances primaires du politique transgressant, l'empêche à ce moment là d'accéder à la partie de sa conscience responsable du maintien des valeurs fondamentales inhérentes à toute activité politique (honnêteté, don de soi, amour de la justice et du peuple).

 

Dévaluation du dominant

De la tendance à la conscience ... histoire d'une prise de pouvoir A la phrase tout exercise de pouvoir corrompt nous devons ajouter celle-ci : Seuls ceux dont la conscience domine les tendances, ont la force d'y résister.

Et c'est peut-être par l'acquisition de cette nouvelle capacité que l'on mesure le degré d'évolution d'un individu.

C'est la même chose lorsque des hommes forment des clans hermétiques pour thésauriser des privilèges au dépens du plus grand nombre.

Ils reproduisent simplement le fonctionnement de ces castes de dominants primates, vivant à l'écart du groupe, le pillant, l'utilisant, et prenant une attitude agressive quand leurs pouvoirs et leurs privilèges sont remis en cause.

Même les actes de charité dont parfois l'élite peut faire preuve, ne sont pas des arguments en faveur de leur humanité puisque les dominants chimpanzés délaissent eux aussi une partie de leur butin lorsqu'ils sont repus.

Les dominants ségrégants, ceux dont les pulsions priment sur leur conscience, ne sont pas les véritables dominants humains mais l'archaïsme.

Les véritables dominants humains utilisent leur tendance naturelle à la domination, pour le bien du plus grand nombre. Et principalement pour le bien de la partie fragile de l'humanité, conformément aux lois, à la morale et à l’éthique humaine (l'Abbé Pierre ou Soeur Emmanuelle en sont quelques symboles).

Mais ne l'oublions pas, la lutte entre les tendances primaires et les tendances supérieures, entre l'égoïsme et la générosité, la thésaurisation et le partage etc ... est un moteur de construction (c'est la ruse de la raison dont parle Hegel).

L'égoïsme et la clanicité sont donc tout aussi nécessaires à l'évolution de l'humanité que l'universel et la générosité.

Seulement, et nous le savons également, pour évoluer vers toujours plus d'humanité, les tendances primaires doivent régresser progressivement par rapport aux tendances supérieures.

L'humanité en évolution à donc la charge d'être aujourd'hui moins égoïste qu'hier et plus que demain.

Pour cela, nous devons contester en permanence cet égoïsme et nous insurger contre les groupes réactionnaires avides de revaloriser les tendances primaires (c'est le cas du néolibéralisme actuel).

Nous devons également nous opposer à toutes les castes favorables au durcissement des hiérarchies, favorables à la restauration des aristocraties, à l'accentuation des écarts et à l'anéantissement de la valeur fondamentale de l'humanité telles que l'égalité.

 

Tendances et idéologies

L'idéologie est une pensée chargée d'affectivité où chacun de ces deux éléments corrompt l'autre. Jules MonnerotL'homme évolue entre ces deux types de tendances. Entre l'individu incapable de concevoir l'égalité fondamentale humaine et la conscience du saint ou de l’ascète considérant au contraire, tous les autres comme lui-même, se situent la majorité .

Cette différence entre tendance primaire et tendance supérieure permet également de comparer les différents systèmes et idéologies entres eux.

Entre l'idéologie résolument inégalitaire et aristocratique du nazisme et l'idéologie de l'anarchisme social considérant chaque être humain égal, il y a la même difference qu'entre l'antiquité grecque et l'humanité avenir.

Dans l'évolution des idéologies, le libéralisme est bien plus archaique que le marxisme. Même si ce dernier ne parait pas (encore) adapté à notre réelle maturité.

Depuis vingt ans, et parce qu'il ne rencontre pas suffisament de résistance, le système actuel ramène l'humanité vers les tendances primaires, inégalitaires et violentes.

Il restaure progressivement la loi de la jungle, le combat pour la survie, à tous les échelons et sur tous les continents.

Et comme dans la nature, les individus vulnérables et fragiles sont maltraités ou éliminés.

Voila pourquoi, le libéralisme, tel qu'il est pratiqué aujourd'hui, se propose comme un système archaïque, comme un système de retour en arrière (retour nécessaire, sans doute, puisqu'il est).

 

L'inégalité

Si le principe des inégalités est un des moteurs De construction de l'humanité (il faut un architecte, un entrepreneur et des maçons pour élaborer un édifice), ce principe n'indique pas où nous allons, mais d'où nous venons.

Le comportement humain s'enracine, nous le savons, dans l'inégalité innée et abusante du primate naturel (abusante selon les critères humains). Mais nous savons également que notre espèce s'est progressivement détachée de cette nature jusqu’à découvrir son contraire : l'égalité, valeur sur-naturelle en évolution permanente dans l'histoire humaine.

Ce principe des inégalites, galvanisé par le libéralisme, pose aujoud'hui un problème majeur à l'homme et nous devons en comprendre les mécanismes pour le bien de la planète et pour la survie même de cette idéologie (théoriquement, profitable à tous).

Nous aurons donc à étudier toutes les TENDANCES revalorisées par le marché (via les médias), pour saisir où ces pulsions nous entraînent.

Nous comprendrons alors également les responsablités du système marchand dans le chaos et la souffrance endurées par le monde vulnérable aujourd'hui.

 

 

Une morale des tendances

Rien ne ressemble plus à la pensée mythique que l'idéologie politique. Claude Lévi-StraussAvant toute chose, nous sommes une espèce en évolution dont un de nos buts consiste à apprendre à maîtriser nos tendances primaires abusantes, et à progressivement les anéantir.

Ces tendances abusantes, fortement inscrites dans nos caractères et l'humanité n'ayant pas encore atteint une hauteur de conscience capable de maîtriser ces pulsions, nous devons en déduire qu'aucun homme n'abuse d'autrui en pleine conscience.

Il est simplement victime :

  • de la prépondérance de ses tendances sur sa conscience
  • de carences éducatives l'empéchant d'intégrer la notion de respect d'autrui.
  • des valeurs émises par la société qui peuvent aussi bien valoriser l'amour du prochain ou la domination d'autrui, l'entraide ou l'individualisme, l'agressivité ou la paisibilité etc.
  • de sa non-compréhension du sens de l'humanité.

Pour rejoindre Sartre et Platon avant lui, nous pouvons dire que tout homme qui aurait le choix, tout homme dont la conscience serait plus forte que les tendances, ne peut choisir que le bien.

mecaniqueuniverselle

Puisque depuis quelques siècles, c'est l'Occident qui semble tenir le haut du pavé, influencer l'humanité et imposer ses valeurs, c'est sur lui qu'il faut avant tout se pencher. Nous savons d'ailleurs que le mimétisme est une base d'évolution et donc le monde, adopte l'exemple des leaders le meilleur comme le pire.
Il ne viendrait pas à l'idée de critiquer des élèves pour des attitudes qu'ils ont copié chez leur professeur. C'est pourtant bien ce que font les médias lorsqu'ils parlent de la corruption, de la violence, des génocides en Afrique ou ailleurs, sans analyser et divulguer les responsabilités de l'Occident .

D'autre part, comme actuellement en Occident, le peuple est absent de tout vrai débat démocratique sur les points essentiels de l'évolution (choix des systèmes, choix des valeurs, direction de la recherche, protection de l'environnement, réforme des spiritualités, médias, relation avec les autres cultures etc.) nous allons estimer que l'élite occidentale considère symboliquement le peuple, comme un bloc immature et irresponsable (au mépris du principe démocratique).

Nous nous pencherons donc tout particulièrement sur l'état d'esprit de cette élite thésaurisant les résponsabilités et les choix.

 

Les tendances du libéralisme

La République, c'est le déploiement de la démocratie libérale et représentative à l'intérieur et par le moyen de l'autorité de l'Etat. Marcel GauchetQuelles sont-elles ces tendances primaires que le marché donne en exemple au monde, via les médias ?

La tendance primaire au goût du pouvoir, qui s’oppose à la tendance supérieure à la symbiose.

La tendance primaire à la domination par la force (qu’elle soit militaire, économique etc.) et qui s’oppose à la tendance supérieure à la paisibilité et à l’échange loyal.

La tendance primaire à l’élitisme discriminant ( la valorisation du VIP) qui s’oppose à la tendance supérieure à l’égalité humaine.

La tendance primaire à l’égocentrisme ( la survalorisation du culte de la star) et qui s’oppose à la tendance supérieure à l’humilité.

La tendance primaire à la surdité à autrui ( l'absence totale dans les médias du point de vue des autres civilisations, en particulier celles fortement spiritualisées) s’opposant à la tendance supérieure à la fraternité, à l’amitié.

La tendance primaire à la thésaurisation des privilèges (l’écart sans cesse grandissant entre riches et pauvres) s’opposant à la tendance supérieure à l’égalité et au partage..

La tendance primaire à la clanicité discriminante ( la recrudescence et la montée en puissance des maffias, des clans, des communautarismes égoïstes et racistes ) opposée à la tendance supérieure à la fraternité, à l’universalité.

La tendance primaire à la prédation (le pillage systématique, par l'Occident, des richesses mondiales : Afrique, Amérique latine etc.) s’opposant à la tendance supérieure à l’honnêteté et au partage.

 

 

Philosophie des pulsions >> Elitisme

Pages

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12

 

Seules, les sociétés humaines tiennent fixés devant leurs yeux les deux buts à atteindre. En lutte avec elles-mêmes et en guerre les unes avec les autres, elles cherchent visiblement, par le frottement et par le choc, à arrondir des angles, à user des antagonismes, à éliminer des contradictions, à faire que les volontés individuelles s'insèrent sans se déformer dans la volonté sociale et que les diverses sociétés entrent à leur tour, sans perdre leur originalité ni leur indépendance, dans une société plus vaste

Bergson.

 

Les stoïciens ont voulu soutenir que nos passions dépendent entièrement de notre volonté, et que nous pouvons les gouverner avec une autorité sans bornes ; mais l'expérience les a contraints d'avouer, en dépit de leurs principes, qu'il ne faut pas peu de soins et d'habitude pour contenir et régler nos passions.

Spinoza

 

Accueil - Contact ^ Haut de page