Quand une société ne peut
pas enseigner, c'est que cette société ne peut pas
s'enseigner. Charles Péguy
Philosophie de la société
Car la sagesse est en vous, et ce n'est
que l'amour de la sagesse, nommé par les Grecs philosophie,
que cette lecture allumait en moi. Saint AugustinTout être
vivant est un ensemble dynamique de BESOINS, d'appétit et
de fonctions diverses, génératrices d'activité. L'ensemble des FORCES qui
orientent l'activité de l'homme vers certaines fins, se
nomme les tendances.
Certaines de ces TENDANCES, l'humanité
les valorise.
C'est le cas par exemple de la tendance à l'amitié, à
la fraternité, à l'égalité, à
la paix, à la justice, au respect d'autrui, à l'altruisme,
à la générosité, etc. D'autres au contraire sont dépréciées, ou
condamnées par la majorité humaine.
C'est le cas de
l'élitisme
discriminant, l'égoïsme, la thésaurisation des
privilèges, la clanicité, la prédation, l'abus
d'autrui, la violence, la domination etc.
Il y a donc, d'un côté, ce que nous
pourrions appeler les tendances positives et, de l'autre,
les tendances négatives.
Cette distinction entre actions positives et actions négatives,
est à prendre à la légère, dans le mesure ou chaque action
humaine, bonne ou mauvaise, finit, au bout du compte, par
enrichir l'évolution positive de l'humanité.
Cette distinction entre bien
et mal, est également nécessaire
pour permettre à l'individu de se conformer à la cohérence
de l'évolution humaine, autrement dit, de préférer le bien
sur le mal.
Dans ce chapitre, nous adopterons un point de vu critique envers
ce que nous appelons les tendances négatives sans
nous préoccuper pour l'instant, de leur apports positifs (il suffit
de lire par exemple, les grandes philosophies du libéralisme, pour
comprendre l'intérêt de l'égoïsme dans la construction humaine)
...
Les tendances négatives
La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions.
Sigmund FreudLa puissance des tendances négatives agit
sur l'acte individuel comme sur les décisions de l'Etat.
Ce sont
elles qui nous conduisent à transgresser la morale
et les lois humaines, à saboter les utopies (l'idéal
communiste en est un exemple), et à dévier le positivisme
du progrès.
Nous devons également, à ces tendances abusantes,
le décalage entre un système tel qu'il est conçu
sur le papier et son résultat effectif dans la pratique.
Prenons un exemple :
En théorie, sur le papier, le libéralisme
semble être
le meilleur système
actuel pour développer socialement et techniquement l'humanité,
et pour l'unifier.
Si le libéralisme s'est imposé sur
le communisme, c'est sans doute qu'il entre en meilleure cohérence
aujourd'hui
avec
la hauteur des pulsions humaines.
En effet, la compétition,
quand elle est loyale, stimule l'activité et la créativité.
Le libre-échange, s'il était honnête
et respectueux d'autrui, permettrait l'expansion des
pays pauvres. Et les valeurs matérialistes
(stars, modes, etc.) semblent plus efficaces pour universaliser
la jeunesse mondiale, que les valeurs ascétiques prônées
par les spiritualités... Seulement, nous constatons qu'en
pratique, ce système
libéral possède aussi un autre visage.
Il s'avère
impérialiste, déloyal, thésaurisant, clanique,
non respectueux de la morale, de l'éthique, et des lois humaines,
vampirisateur des pays pauvres, assassin des populations fragiles,
générateur de génocides, et il empêche
l'émergence des différents contre-pouvoirs (médias,
justice, syndicats, groupements de consommateurs) etc. etc.
Tendances et conscience
La plus grande pulsion n'est pas la libido
mais le besoin de sécurité. Jean DelumeauSi
le LIBÉRALISME n'est pas aussi bon
qu'il voudrait l'être c'est à cause de la puissance
des tendances humaines.
En effet, les théories
généreuses des
philosophes libéraux, sont la plupart
du temps submergées
par les tendances naturels des dominants, elles sont dévoyées
par les désirs de domination et de thésaurisation
des privilèges ...
La tendance à abuser d'autrui
imprègne encore très fort le caractère humain.
Lorsque
cette tendance ne rencontre pas
suffisamment
de résistances, elle ravage, comme nous le constatons
depuis 30 ans, les acquis sociaux et moraux, elle ramène
l'humanité
au fonctionnement primate pré-moral ... autrement dit, à la
loi du plus fort. 
Dans les prochains chapitres, nous essaierons d'analyser où
se situent les défaillances et les responsabilités
qui ont conduit les dominants à ces récents abus.
Nous étudierons également l'influence de nos pulsions
sur le déroulement de nos activités.
Nous pouvons
dors et déjà comprendre la nécessité
d'avoir une vision juste des pulsions
humaines pour anticiper les conséquences d'un trop
grand pouvoir accordé aux dominants du moments.
Par exemple, si nous avions disposé de ce regard affûté lors de
la prise en main des grands systèmes par le marché, il y a quelques
décennies, nous aurions
renforcé les mécanismes capables de contenir le
système marchand et éviter ses ravages.
Évidemment,
cela ne sert à rien de regretter les événements
passés, puisque comme nous l'avons exprimé à
maintes reprises : tout a un sens dans le déroulement
des
événements et ce qui a été fait devait
l' être ainsi.
Toute critique à posteriori ne peut
servir qu'à corriger nos actions futures.
Ces 20 ans de libéralisme
forcené ont commis un grand nombre de dommages, mais
ceux-ci ont un sens.
Ils ont obligé par exemple l'humanité à évoluer
vers une solidarité mondiale (la création de mouvement
comme Attac par exemple), à tenir compte de l'environnement, à s'ouvrir à
la conscience universelle, à saisir notre interdépendance,
à inventer de nouvelles lois internationales etc.
Ce ne sont donc pas tant les
systèmes
qui posent un problème à l'humanité, mais
la puissance des pulsions qui nous conduisent à les transgresser,
à les détourner des vocations et des buts pour lesquels
ils ont été pensés.
C'est pourquoi, nous
allons commencer par étudier la puissance
et l'influence de certaines tendances humaines et principalement
celles qu'utilise un individu pour s'affirmer aux dépens
d'autrui.
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