La
mondialisation, constitue à la fois le processus et le
résultat du processus
selon lequel les phénomènes de divers ordres (économie,
environnement, politique ... ) tendent à revêtir
une dimension proprement planétaire. Universalis
Philosophie de la mondialisation La mondialisation est un nouveau visage de l'aventure humaine. J. ChiracLa
forme des échanges commerciaux,
le développement du droit et du système social,
se calque naturellement sur l'évolution de l'humanité. Entre l'échange inter TRIBAL
et le commerce INTERNATIONAL, l'humanité est passée du mode village
traditionnel au mode village planétaire.
En observant de façon globale l'histoire des amalgames
humains, (de la tribu à la cité, au pays, à
la nation, à la communauté des nations, et plus si
affinités ... ), une chose d'emblée paraît évidente
:
Le monde tend naturellement vers son unification.
Ce rassemblement universel autour d'un seul et
même fonctionnement, nous pouvons en percevoir les prémices
à travers la MONDIALISATION commerciale.
La mondialisation matérielle de
l'humanité, précède
son unification politique et sociale qui elle-même précède
l'unification des consciences.
Nous pouvons mesurer ici la puissance intuitive de
l'humanité.
En effet, il est bien plus facile de s'accorder sur des valeurs
matérielles
que sur des valeurs idéologiques, et plus facile
de se rassembler autour d' une idéologie commune qu'autour
d'une spiritualité unique (le marchand d'abord puis le
politique et enfin le spirituel).
Pour l'instant donc, la scène économique
mondiale, la technique, l'objet, la mode, la culture de masse
... servent
de moteur au rassemblement de l'humanité.
Logique de la mondialisation
Le genre humain est comme un fleuve qui coule
du nord au midi ; rien ne peut le faire rebrousser contre sa
source. RivarolLe
MARCHÉ a
déjà tissé
la trame universelle des échanges.
Il
unifie progressivement le monde autour des valeurs superficielles (objets,
technique, musique, mode, art ...)
Il lui reste à améliorer
son comportement vis à
vis des autres cultures, à universaliser ses lois et surtout
... à s'y conformer. Les idéologies, quand à elles, sont en plein combat. Après avoir fait tombé le communisme, dont les
principes
égalitaristes étaient trop avant-gardistes,
le système dominant s'attaque à toutes
les autres formes d'autorité encore en exercice sur la planète. De
la son affrontement actuel face aux autres idéologies
(dictatures, théocraties ... ).
De cette lutte de pouvoir devrait émerger un système
unique et vraisemblablement, dans un premier temps, démocratique.
Cette quête d’un système
planétaire unique, semble totalement innée
et instinctive.
Elle découle du comportement primate naturel.
En
effet, tant qu’il y à plusieurs dominants dans une
seule et même troupe, il y a violence et chaos.
À partir du moment ou l’un d’entre eux s’impose
et prend la responsabilité de l’ensemble, le groupe
fonctionne plus paisiblement. A l’échelle d’une tribu, d’une cité,
d’un pays, d’une nation, d’une communauté,
et maintenant de l’humanité tout entière ….
cela semble être la même chose.
Évidemment, la montée en puissance
d’un
dominant exclusif aurait de quoi nous inquiéter.
La science-fiction regorge de ces thèmes ou l'ont voit des Big
Brothers asservir l’ensemble
de la planète. Fort heureusement,
parallèlement à l’émergence
de cet ORDRE PLANETAIRE, la sensibilité,
la conscience et le droit se développe.
Ces valeurs supérieures
dévaluent peu à peu
notre tendance primate à abuser d'autrui et nous force à devenir
de plus en plus juste et respectueux envers lui.
À l'avenir donc, le système dominant ne
sera plus ce qu'il est actuellement (maltraitant les
faibles
et thésaurisant les privilèges), il deviendra
vraisemblablement coopératif loyal,
juste et visant le bien de l’humanité tout entière.
Le troisième grand système
à unifier c'est le religieux, le spirituel.
Il est lui aussi
et malgré les apparences, orienté
dans ce sens. Des liens se tissent entre les divers communautés
et leur histoire commune comme leur fondement commun, sont de
plus
en plus mis à jour.
Et enfin, n’oublions
pas les peuples. Eux aussi, via le tourisme, l'immigration, la
contestation, le sport ou Internet, tissent internationalement
des liens et oeuvrent
pour l'unification mondiale.
Intérêt
de la mondialisation
Objectivité ne
signifie pas impartialité mais universalité. Raymond
AronPour l'instant, l'humanité se
rassemble autour de la technique, de l'objet et de la CULTURE
de masse.
L'intérêt de cette unification
matérielle, n'est évidemment pas d’offrir à
l'ensemble humain la possibilité de consommer à outrance
ou de sombrer dans un gaspillage de richesse digne de la plus puérile
des inconsciences.
Ce n'est pas non plus pour faire oublier
à L'HOMME sa nature profondément spirituelle.
Les
excès du marché, observés depuis
le début des années 80, sont typiques du fonctionnement
inconscient humain.
Jusqu'a présent, l'homme agissait spontanément, observait
les résultats,
puis corrigeait ses erreurs.
Ne disposant pas de plan pour son cheminement, notre espèce utilise
bien souvent un type d'évolution que nous pourrions qualifier
de «
forcené ».
Il fait des expériences, les pousses jusqu'à
l'accident, réfléchit aux conséquences et
rectifier le tir.
Depuis quelques temps, ce mécanisme NORMAL pour une
humanité faiblement
consciente, est en train de changer.
L'expansion fulgurante de notre
capacité à réfléchir, a étudier,
à analyser les conséquences futures de nos actes
présents,
est en train de changer la donne.
En théorie par exemple, nous aurions eu les moyens
d'anticiper les conséquences de cette troisième révolution
industrielle que représente la mondialisation.
Nous avions
les moyens de gérer la phase de transition dans laquelle
nous sommes.
Mais ce n'est pas ce qui devait se passer puisque
ce n'est pas ce qui s'est passé. C'est l'énergie débridée et l'inconscience,
qui devaient être le moteur de cette mondialisation. Ses
conséquences
désastreuses ont également un sens.
Vraisemblable
un principe de responsabilité et
de peur comme celui proposé par Hans
Jonas,
auraient entraîné beaucoup trop d'hésitation,
d'antagonisme et de controverse.
Vaincre les réticences à
l'égard de cette mondialisation, exigeait sans doute la
surdité
et la spontanéité de ses acteurs.
Mais tenons le en réserve, l'humanité à présent,
a les moyens d'anticiper une plus grande partie des conséquences
de ses choix, au moins à court et moyen terme.
D'autre part, l'excès matérialiste, duquel
semble t-il nous commençons à sortir, correspond à
la première phase de la relation de l'homme constructeur
avec les objets : c'est l'exaltation
de la nouveauté.
Il est à l'échelle de l'humanité ce
qu'il est
à l'échelle de l'homme.
Par exemple, lorsque nous
achetons une voiture neuve, dans un premier temps il y a l'envie
de posséder un objet nouveau, puis le plaisir de jouer avec
ce nouvel objet, mais avec le temps, le plaisir primaire s'estompe
pour laisser la place à son utilité. L'objet a pour finalité de libérer
l'esprit humain et non pas de l'encombrer.
Mondialisation et utopie
UTOPIE : projet ou rêve
d'une société et par extension d'un avenir désirable
mais tenu pour chimérique.
Plus
haut que l'amour du prochain dit Nietzsche, se trouve l'amour
du lointain et de ce qui est avenir.
Mal compris,
ce type de pensée peut conduire l'humanité à négliger
son prochain, pour l'amour du lointain.
C'est le travers classique de
L'UTOPIE : sacrifier le BIEN de certains humains
présents
pour celui des humains à venir.
Le COMMUNISME (d'une manière consciente) et le LIBÉRALISME
(de façon inconsciente), obéissent tout deux aux
principes des utopies.
Leur manque d'analyses et la précipitation
ont entraîné les mêmes conséquences. Viser l'amour du lointain doit
se faire en préservant l'amour du prochain. Depuis que l'homme a acquis
la capacité d'anticiper
son futur, il évolue, mû par des utopies. Nous devons tout à nos utopies.
Notre droit, notre social, nos idéologies, sont le fruit
de désirs utopiques.
L 'utopie politique comme projet
historiquement réalisable,
a deux finalités.
a/ Cette idéalisation peut être
positive lorsqu'elle est humaniste et tient compte de l'ensemble
des humains vivants. b/ Elle peut également
s'achever dans le négatif (voire en véritable
boucherie), lorsqu'elle ignore : la réalité
psychologique humaine / l'ensemble humain présent / le temps
nécessaire à la concrétisation du projet.
L'utopie
communiste par exemple, a surestimé les capacités
psychiques humaines du moment. Elle pensait l'homme déjà
apte à accepter l'égalité absolue, elle le
croyait capable de se priver de l'idée de liberté et
du divin.
Ainsi, cette utopie s'est soldée
par un échec.
De la même façon, lorsque les chantres
du libéralisme ont échafaudé et sponsorisé
les théories libérales des années 80, iIs
n'ont pas tenu compte de la hauteur réelle
des pulsions du marché.
Il ont également ignoré les
véritables conséquences
de la compétition féroce
et de l'ultra matérialisme.
Il ont enfin sous-estimé l'insensibilité normale
d'un groupe dominant soumis à
cette compétition féroce. Résultat, cette utopie libérale,
puisque c'en est une, plonge depuis 20 ans le monde dans le chaos.
Philosophie de la réalité
Nous
croyons conduire le destin, mais c'est toujours lui qui nous
mène. Denis DiderotSi on avait su !
Il est toujours facile
de corriger des systèmes
à posteriori ou d'imaginer d'autres versions à notre
passé.
Seulement, nous
l'avons déjà vu dans les
chapitres consacrés à la nécessité, l'évolution
humaine ne peut se faire autrement que comme elle se fait, et
le passé ne
pouvait être
autre que ce qu'il est. Ainsi donc, si la mondialisation s'est déroulée jusqu'à
présent sous cette forme bien souvent impérialiste,
violente, ravageuse et obscène, c'est qu'elle devait se dérouler
ainsi. Avec une
petite analyse nous pourrions d'ailleurs déceler
les apports positifs de telles outrances.
Par exemple, les excès
du marché ont généré
une quantité d'indignation mondiale suffisante pour obliger
les hommes à s'organiser en mouvement universel de défense,
les altermondialistes, véritable chance pour l'universalité. Par contre, même si il y a
un sens à la globalisation telle qu'elle s'est déroulée,
même si il y a un sens à ces indécences, il
est impératif de les analyser, de les juger et de les
critiquer,
à posteriori, pour en comprendre les mécanismes et
les améliorer. Depuis plus de
20 ans, la mondialisation est victime d'une sorte de précipitation
utopiste.
a/ Nous avons ouvert le monde à la libre concurrence
sans construire au préalable un puissant système
de protection, capable de maîtriser les tendances dominatrices
du marché.
b/ Nous n'avons pas tenu compte du pouvoir corrupteur
d’un
système soumis à la compétition agressive.
Accorder au commerce la gestion des médias sans rendre
suffisamment indépendants les journalistes, était une
véritable méconnaissance de la psychologie du
marché.
Si nous avions entrepris la mondialisation,
en utilisant le principe de précaution, c'est-à-dire,
si nous avions tout simplement anticipé correctement cette
utopie, elle aurait sans doute pris le visage humain que promettait
ses prosateurs.
Anticiper raisonnablement l'utopie mondialiste, nécessitait
:
- d'avoir une bonne connaissance du caractère et de la
psychologie de l'être humain et principalement des grands
acteurs du marché.
- de bien saisir le but réel de cette mondialisation
- et d'élaborer cette utopie future en tenant compte des
humains présents sur terre.
Les utopies finissent mal,
lorsque les hommes les privilégient sur les hommes,
lorsqu'ils choisissent de sacrifier des humains présents
pour concrétiser
l'humanité future ou lorsque, pressés d'en
voir la réalisation, ils en brûlent certaines étapes.
Cela
se solde en général par le sacrifice des humains
les plus pauvres et les plus vulnérables du moment,
pour des lendemains en principe chantants, mais se faisant
sans cesse attendre.
La mondialisation libérale. Ce
qu'on ne veut pas savoir de soi-même finit par arriver
de l'extérieur comme un destin. Carl Gustav JungLes
PHILOSOPHES du libéralisme prédisaient des
avenirs joyeux en acceptant toutefois quelques
sacrifices pour sa mise en place.
Ces lendemains radieux, non
seulement n'ont pas suivi, mais il faut à présent
s'opposer et combattre la toute-puissance du marché, simplement
pour maintenir les acquis.
Les vingt cinq ans de sacrifices acceptés
par le peuple n'ont pas servi à améliorer sa condition,
mais à creuser les écarts, à édifier
un nouvel esclavage, à sacrifier également l'écosystème,
les ressources naturelles et certaines valeurs humaines. Cet état
de fait est
la simple conséquence du décalage
entre les théories humaines et la réalité DES
PULSIONS humaines. Ce n'est pas une fatalité.
Les utopies peuvent finir autrement. Nous connaissons des domaines où les principes de responsabilité
et de précaution permettent d'écarter le maximum de
dangers constitutifs à l'inconnu que génère
toute création.
C'est le cas de la conquête spatiale
de la pharmacologie ... Un monde conscient, à l'image de la recherche
spatiale, avant de se précipiter pour réaliser ses
projets à longs termes, en analyserait toutes les faiblesses. Une véritable prise de conscience de la mondialisation,
aurait certes un peu freiné l’expansion du commerce
international. Elle aurait surtout permis de bâtir
un bon système de protection à l'échelle
mondiale, une protection capable de maîtriser le marché et
ainsi de protéger
la partie vulnérable de l'humanité. Mais évidemment, toutes ces critiques formulées
ici sous forme de regrets, n'en sont pas, il s'agit avant tout
de tirer profit de nos erreurs passées pour
les éviter
à l'avenir.
La mondialisation juste
Les artistes prospèrent
sur le marché mondial mais où cela mène-t-il
s'ils ne disent rien ? Arundhati RoyPour
accéder à une
MONDIALISATION juste, peut-être s'agirait-il simplement
de se demander ce qu'elle doit réellement apporter à l'humain.
Pour
cela, il suffit d'écouter les peuples, comme la démocratie
l'exige. Les demandes de l'humanité, paraissent
simples :
accès à la dignité d'existence / de
quoi se nourrir, se loger, se vêtir, s'éduquer
et éduquer ses enfants / respecter son travail, ses opinions,
ses valeurs et ses croyances / avoir du temps à soi pour développer
l'amitié
chère à Platon / et être
préservé du stress inhérent
à la peur du lendemain et responsable de notre mal-être.
En échange de quoi, l'humanité accepte
de consacrer une partie de sa vie à l’élaboration
du monde.
Le sens de la mondialisation
c'est de permettre l'accès
à toutes ces exigences. Pourtant, en mettant en esclavage
le tiers et le quart monde, à l'image du working poor, et
en accentuant sans cesse cette tendance, le marché exige
aujourd'hui l'inverse. La mondialisation peut
se faire de façon
inconsciente, mécanique, égoïste et sourde,
ou bien d'une façon consciente, humaine,
symbiotique et ouverte. Les 2 options conduisent à la même finalité :
la perfection. Seulement,
la voie sourde, (G 7) depuis longtemps prévenue de ses ravages, devra rendre des comptes
à l'humanité..
L'histoire comme leçon.
Si Dieu
est le commencement et la fin de l'histoire, il n'est pas
l'histoire. L'histoire c'est nous. Christian ChabanisLe libéralisme
contemporain est à l'image
du capitalisme primitif. Le CAPITALISME a sans doute été
le meilleur moyen pour rompre avec la féodalité et
permettre au plus grand nombre d'accéder rapidement à
une certaine sécurité matérielle.
Mais nous ne pouvons pas ignorer la somme de souffrances
engendrée
par sa ségrégation et son égoïsme, ni la quantité
de luttes et de sacrifices fournis par le peuple pour accéder
au minimum de dignité.
Nous avons la possibilité de corriger nos erreurs ou de
les reproduire en utilisant l'oubli et la mauvaise foi.
Seulement, cette mauvaise foi, à
partir du moment où nous en prenons conscience, nous en devenons
responsables.
Philosophie et universalité >> libéralisme
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