philosophie naïve du devenir humain

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Humanite
Introduction
Les tendances
L'élitisme
L'égocentrisme, la clanicité
La démocratie
La mondialisation
Le libéralisme
Liberalisme suite  [ ↗ ]
Le libéralisme 2
La symbiose
Symbiose suite  [ ↗ ]
Le marché
 

.. les grands enfants qui voudraient mettre la main sur l'état Peter Sloterdijk

Il n'est d'industrie durable que celle qui vend de la bonne qualité. Auguste Detoeuf

Philosophie du marché

Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Saint-ExupéryLes chapitres précédents nous ont permis d'aboutir à 3 conclusions :

Chaque action de chaque être humain est motivée par une demande ou une offre d'amour exprimée sous diverses formes.

Chaque action, bonne ou mauvaise, finit par contribuer à l'évolution positive de l'humanité.

Le passé tel qu'il a été fait, devait se faire ainsi.

Il est donc nécessaire de relativiser les critiques suivantes.
Elles ne visent pas des personnes mais des actes.
Elles ne cherchent pas à refaire le passé, mais à en tirer des conclusions pour le présent et l'avenir.

Le rôle du marché est de gérer la fabrication des objets et leur distribution.

Il permet ainsi à l'humanité d’accéder progressivement au confort dont Malebranche nous dit qu'un minimum est nécessaire pour accéder à la spiritualité (pour la tranquillité d'esprit) .

D'autres part, le marché étant internationalisé, il travaille également à notre universalisation en tissant des liens inter-communautaires.

L'esprit entreprenant et courageux du marché est fondamental pour bâtir la société , mais sa psychologie le rend dangereux à certains postes de l'humanité.

En effet, sa « PHILOSOPHIE » et les «qualités» qu'il doit développer dans un système de compétition aussi féroce, rend sa position de « marchands de valeur » et «d'enseignant» relativement dangereuse pour l'état d'esprit global de la planète.

Nous avons accordé au marché, une sorte de toute-puissance au sein de la société, et celle-ci pose un problème à la santé mentale de l'individu et à la démocratie.

L'énorme influence de ce système, est à l'origine du fulgurant retour de la violence et des conduites insensées, apparus depuis la fin des années 80 dans toutes les sociétés touchées par les valeurs du marché autrement dit, par l'ensemble du monde.

il faut beaucoup d'imagination pour penser que la violence permanente et normalisée dans les médias n'a aucune influence sur les enfants (mais également sur les adultes).

Grâce à un vaste mouvement d'étourdissements une grande partie de la pensée et de la philosophie n'a pas perçu l'extraction progressive du peuple et de ses valeurs à la télé, au profit d'une élite élitiste et du culte de l'objet ...

Par un subtil boneto médiatique les penseurs n'ont pas pu faire le lien entre la violence médiatique et la montée en force de la violence quotidienne, de l'absurde et de la morosité dans la société depuis quelques décennies.

 

Les valeurs du marché

La télévision à une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d'une partie très importante de la population Bourdieu

Depuis la séparation de l'église et de l'état, le marchand a pris la place du spirituel et du philosophe aux côtés du politique, et lui inspire son « système de valeurs ».

La nouvelle « philosophie » sur laquelle l’humanité doit s'appuyer pour évoluer, émane donc à présent du marché.

Seulement, cette philosophie et ces « valeurs », n'en sont pas.

Goût du pouvoir, de l'élitisme, de la clanicité, du luxe, de la compétition non ludique, de la sexualité sans sentiment ... sont des PULSIONS primaires dérivant des mœurs primates.

  • Le culte du pouvoir et de l'élitisme procède directement du principe dominant-subordonnés en cours chez le primate naturel..
  • Le culte de l'agressivité commerciale et de la compétition féroce découle de l'agressivité permanente des dominants primates.
  • Le culte du luxe, dérive de l'égocentrisme voyant des dominants primates et de leurs façons de thésauriser les privilèges au détriment de l'ensemble.
  • La sexualité abusante, dominatrice et sans manifestation affective proposé par le marché du sexe, caricature tout simplement la sexualité sans affection en cours chez les dominants primates.

Par contre, le goût pour l'égalité, le partage, l'humilité, les échanges respectueux, justes et honnêtes, sont de véritables nouveautés humaines.

La promotion des pulsions primaires s'impose donc au dépens des véritables VALEURS HUMAINES issu de quelques millénaires d'état d'esprit spiritualisé (entraide universelle, altruisme, amour d'autrui, sexualité libre, paisible et respectueuse, charité, bonté, compassion, pardon, partage ...).

En universalisant depuis 20 ans les pulsions primaires, le marché conduit progressivement l'ensemble de l'humanité à :

Restaurer les lois de la nature : égocentrisme forcené, compétition permanente à tous les échelons de la société, agressivité, clanicité ... .
A retrouver la violence et la souffrance inhérentes à la condition primate (insécurité, élimination des fragiles, crainte permanente d'un danger, frustration du dominé, sentiment de toute-puissance, surdité à autrui ... )
Et à reprendre des réactions primates (état de qui-vive permanent, isolement, protection, indifférence envers les intérieurs hiérarchiques, camouflage, clanicité ... ).

Pourtant, si notre espèce est parvenu à s'éloigner des MOEURS violentes et injustes de la nature, c'est principalement parce qu'elle avait en permanence en point de mire, les valeurs du sage et du spirituel.

Depuis plus de 3000 ans, l'idéal auquel il fallait tacher de ressembler, les exemples auxquels il fallait rapprocher ses conduites, étaient Yavhé, Dieu, bouddha, brahman ou Allah, leurs prophètes, leurs saints, et les grands philosophes pour la partie profane : Socrate, Platon, Épicure, Sénèque ... . Ces nouvelles icônes de l'humanité donnés en exemple devaient êtres capables de maîtriser leur nature primaire pour accéder à une vie de bonté, de justice, d'éveil et de pureté

Ces nouveaux exemples, rempli de justice de conscience et d'universalité, remplaçaient des dieux et des héros bagarreurs, souvent pervers et injustes, capables du meilleur et du pire, et pétri d'une religiosité matérialiste.

Les valeurs remisent en scène par le marché, sont exactement celle de ces icônes mythologiques (le héros téméraire et inconscient).

 

Philosophie démocraticide

Les fripons qui faisaient sous ce ministre le commerce du blé au préjudice du peuple ne peuvent souffrir un ministre qui ne les laisse pas friponner. D'alembert

Puisse-t-il venir le temps planétaire, ou l'ensemble des gouvernements seront composés de ministres que ne peuvent souffrir les fripons !

La DÉMOCRATIE correspondant à la souveraineté du peuple, les valeur à choisir pour l'ensemble, devraient être celles du peuple (bien sûr, d'un peuple non manipulé !), autrement dit, les valeurs de la majorité paisible, d'une majorité accordant naturellement plus d'estime à la gentillesse, l'entraide, le goût de la justice, de l'honnêteté et du travail bien fait, l'éducation pour soi et ses enfants, le désir de vivre en paix et sans trop danger ni de compétition ...)

Seulement aujourd'hui, les pseudo-valeurs du petit groupe dominant, l'emportent (agressivité, pouvoir, fortune, égocentrisme, domination, élitisme ...)

L'agressivité n'est pas une qualité populaire.

La guerre, l'expansionnisme, la colonisation, n'est jamais inspirée par le peuple.

Seule l'élite guerrière ou discriminante, incite le peuple et le conduit bien souvent à succomber à la barbarie et à la cruauté, dont la plupart des gens se seraient bien passés.

Le goût pour la violence et la domination n'est pas un goût populaire.

Les gens ordinaires veulent vivre tranquille et en paix.

Dans la plupart des cas les populations civiles sont les principales et les plus grandes victimes des pulsions guerrières des « puissants ».

Le peuple globalement peut se laisser maltraiter longtemps sans réagir, son degré d'acceptation et de soumission devant la violence qu'on lui impose, est très haut.

Le peuple se décide à la violence et au sordide lorsqu'il n'a plus d'espoir, lorsque le système le met en position de danger, l'affame ou lui enlève sa raison de vivre (le film Rosetta des frères Dardenne le montre parfaitement), il s'agit alors d'une réaction est normale puisqu'elle obéit à l'instinct de survie.

 

La vision du marché

Avec l'ère des machines, beaucoup d'esprits se croient robots Louis Pauwels

L'idéologie de la mondialisation, visait, à l'origine, le bien d'autrui.
Seulement, une énorme distance sépare L'INTENTION humaine et la RÉALITÉ humaine.

Pas suffisamment discutée ni réglementée, une partie du marché a instinctivement orienté la mondialisation vers son ambiance préférée, autrement dit, un climat de compétition féroce, de narcissisme, de castes, de maître et d'esclaves, et d'émotions fortes, capables d'activer sa faible émotivité (à l'opposé des foules sentimentales que nous sommes).

Soumis à un système faiblement régulé et à un expansionnisme féroce, le marché doit naturellement viser la surconsommation et la compulsivité des « consommateurs » bien souvent au détriment de leur qualité de vie.

Noyés dans une sorte de nihilisme stimulant la compulsivité vénale, le marché finit par ne plus se considérer comme « être humain », mais comme « marchand », « industriel » « commercial » ... Partant de là, au lieu de considérer ses semblables en tant qu'être humain, le marché les considère uniquement sous l'angle du consommateur potentiel.

Si le marché était resté à la place traditionnellement accordée au matériel dans lors des valeurs humaines, dans la hiérarchie logique de l'humanité, autrement dit à la place d'employé, de technicien au service de l'ensemble humain, la mondialisation aurait sans doute été heureuse.

Au lieu de cela, le marché s'est directement ou indirectement emparés de toutes les places clés de la société, y compris celles dont l'éthique serait de rester isolée de la vénalité. Les corporations liées à l'éducation, à la politique, à la justice et aux médias. Le marché en peu de temps, est devenu le conseiller stratégique du monde, le gourou, le philosophe et le nouveau religieux.

Le plus inquiétant dans cette prise de contrôle non consciente, c'est la transformation qu'elle induit peu à peu dans l'esprit de l'homme.

En étant en permanence identifiée à un «outil consommateur», l'homme perd progressivement l'idée qu'il est un être humain, et les notions fondamentales intimement liées à cette valeur.

Il oublie qu'il est avant tout un être humain doué de conscience et d'amour, un être humain inclus dans une grande aventure humaine à l'origine de ce qu'il est, et qu'il doit prolonger le mieux possible, au delà de lui-même.

Il oublie le sens profond de sa présence au monde : se réaliser par et pour autrui ... réaliser son bonheur et celui de l'humanité.

Dédier sa vie à la consommation et à l'objet, n'a aucun sens, mais s'accomplir humainement et le vrai concernant pour laisser une humanité meilleure à nos descendants, permet d'épanouir son existence.

L'homme, il est vrai, a besoin d'un certain nombre d'objets pour être heureux.

Seulement, lorsque l'objet occupe tout notre espace mental, il frelate notre conscience d'autrui et nous ferme l'accès au bonheur (le bonheur exigeant un espace mental suffisamment vide d'objets pour se remplir d'amour).

L'objet en tant que tel n'empêche pas l'homme d'être heureux au contraire. Par contre, le rappel constant de sa présence par le marché, encombre notre esprit et freine la montée de l'amour à notre conscience.

En conclusion.

De deux choses l'une, ou bien la place du marché comme créateur de valeur doit être remis en cause, ou bien la vision du marché sur lui-même et sur l'homme, doit évoluer vers plus d'humanité.

 

De l'effet à la cause

C'est d'abord dans l'autre que le sujet s'identifie. Jacques Lacan

Tant que nous céderons au marché le système des valeurs, il imposera au MONDE ses pulsions sauvages et les groupes d'entraides s'épuiseront à en soigner les conséquences.

Prenons un exemple en 9 étapes :

  1. Une certaine partie du marché profitant des lacunes du DROIT INTERNATIONAL, transgresse la morale et les lois humaines pour arriver à ses fins.
  2. Parce qu'il domine les médias, la justice et les politiques, ses ravages et ses dérives sont «oubliées» des journalistes.
  3. Sans dénonciation médiatique, l'opinion publique ne peut pas jouer son rôle critique, son rôle de boycotteur.
  4. Dans le même temps, les journalistes valorisent l'attitude des dominants du marché et les donnent en exemple au peuple. En exemple également leurs tendances (goût du luxe, du pouvoir, de la fortune, de l’agressivité, de l'égocentrisme, de l'argent facile, de l’égoïsme), et l'image de leur quasi impunité.
  5. Le peuple fonctionne par mimétisme (le marché le sait trop bien à présent). Une grande partie du peuple, cherche donc à s'identifier à l'élite transgressante pour accéder à la fortune, aux luxe, aux pouvoirs ... ce qui le conduit à abandonner ses valeurs humaines traditionnelles.
  6. Le juge sanctionne le peuple et l'entasse dans les prisons.
  7. Au bout de la chaîne, les services sociaux et les groupes d'entraide tentent de réparer les dégâts causés par ces valeurs sur le peuple.
  8. Dans le même temps, le système judiciaire est pris entre deux feux. Accepter un certain laxisme envers les transgressions du peuple pour équilibrer celles-ci avec les injustices impunies des élites ? Durcir les sanctions envers l'humanité d'en bas en transformant lentement la démocratie en une oligarchie pseudo démocratique ? On a commencer par la première version, nous sommes en train d'evoluer vers la seconde. La justice a dû accorder une certaine impunité aux infractions du peuple (ce qui a érigé le délit en système), empêchant le transgressant et sa victime de comprendre le sens de l'humanité, forçant à la récidive (plus chèrement payée), et développant progressivement le sentiment d'insécurité (récupéré par les pensées extrémistes qui placent la responsabilité sur les effets).
  9. Comme il n’émerge pas dans les médias d'analyse digne de ce nom, capable de remettre en cause les valeurs même du marché, le système s'attaque aux effets plutôt qu'aux causes.

Ce principe n'a que deux finalités : révolte et répression à outrance, ou régression à l'état sauvage.

Nous ne pouvons plus faire semblant d'ignorer trois choses :

  1. Le marché est de plus en plus puissant et coalisé. Ses projets visent une quête personnelle et inconsciente et non pas prioritairement le bien de l'humanité. Ce n'est pas un acte délibéré, il est tout simplement victime de ses pulsions. Mais une constatation s'impose. Nous ne pouvons faire confiance aux propositions d'itinéraires du marché, son influence sur les rouages de la société (politique, scientifique, juridique, média), pose un problème à l'humanité.
  2. Les transgressions éthiques et juridiques du marché reste bien souvent impunies parce qu'il est devenu trop puissant, qu'il sait utiliser parfaitement les travers politiques basés sur la rivalité de partis, et qu'il sait utiliser la corruption, l'influence, l'intimidation voire la violence pour arriver a ses fins.
  3. Et enfin, nous ne pouvons plus faire semblant d'ignorer une chose essentiel : Les MÉDIAS sont devenu l'éducateur principal de l'humanité et, à ce titre, il doivent être absolument indépendant des influences politiques mais également du mercantile. Les journalistes doivent être pleinement conscients de leur influence fondamentale dans le changement des valeurs de la société. Ils doivent donc être responsables, justes et impartiaux, se conformer à l'éthique humaine démocratique, offrir la parole au peuple autant qu'à l'élite, aux valeurs humaines autant qu'au commerce.

 

Évolution par le pire

Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ... Chaque âme représente exactement l'univers tout entier. Leibniz

Evidemment, nous devons le reconnaître, les excès du marché produisent certes de terribles régressions vers des comportements primates, mais ils constituent en même temps un formidable accélérateur d'universalisation.

En effet, la multiplication de la violence et des transgressions morales (conséquence logique du système de valeurs proposées), oblige l'humanité à créer des formes de protections de plus en plus efficaces. C'est le cas par exemple, des caméras de télé surveillance.

Ces nouveaux systèmes de protection, nous font certes perdre des libertés, mais ils permettent également de comprimer de plus en plus la tendance à abuser de ses congénères (il est évident qu'à terme, un monde entièrement « télé surveillé » empêcherait la plupart des délits physiques de se produire).

En acceptant la découpe humaine du temps, nous pouvons dire que nous sommes dans une des nombreuses époques charnières de l'humanité.

Notre espèce est en train de délaisser progressivement son ancien SYSTÈME d'INTERDITS RELIGIEUX pour un SYSTÈME D'INTERDIT LAÏC, un droit indépendant, international et beaucoup plus juste.

Seulement, dans le no man's land précédent cette conversion, l'homme, soumis à la transgression par les tentations du marché, moins limité par l'autocensure morale en perte de vitesse, et pas assez retenu par le système juridique encore trop balbutiant, accélère le nombre d'abus, de violence et de transgressions, obligeant par ricochet l'humanité à inventer de nouveaux moyens pour protéger l'homme de l'homme.

Une analyse plus subtile des bienfaits produits par les excès du marché, montrerait sans doute le côté inexorable de ce mouvement « négatif » dans l'évolution « positive » de l'humanité.

Mais nous nous retrouvons là encore une fois, face au paradoxe d'une humanité parfaite au présent tout en étant perfectible.

Donc, même si les excès du marché sont nécessaires pour le bien de l'humanité, il est également absolument nécessaire de ne pas cesser de désirer les anéantir pour évoluer vers toujours plus d'humanité, surtout quand la forme d'évolution par l'excès, génère un tel nombre de sacrifice humain.

 

 

Philosophie du marché >> Médias

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Cicéron

 

 

« Jamais le regard des hommes n’a été aussi avide qu’aujourd’hui car l’art s’est retiré de lui »

René Huygue

 

 

Le travail est une malédiction quand on est obligé de le faire pour gagner sa vie il ne sert qu'à remplir les poches de ces cochons d'exploitants.
Seul le travail qu'on fait avec plaisir par vocation ennoblit l'homme.
Tous les gens devraient pouvoir travailler de cette façon là. (Luis BUNUEL Tristana)

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