Histoire et philosophie du libéralisme
Individu, tyrannie, arbitraire et liberté
S'il paraissait à Hayek si important de dénoncer ce qu'il appelait les « faux libéraux », c'est que leur conception du libéralisme reposerait sur une philosophie à laquelle il a donné le nom de « constructivisme » et qui serait étroitement associée à ce que d'autres ont appelé l'esprit cartésien. Lagueux. Qu'est ce que le néo-libéralisme ?
Sans la grande ascension des doctrines
économiques et politiques imaginées par l'humanité,
l'apparition des idées libérales au cours du XVIIe
siècle, constituait un véritable progrès.
Face à la tyrannie féodale et aux dérives
arbitraires de l'absolutisme monarchique,
le concept de liberté individuelle
représentait une puissante évolution de la conscience
humaine.
La force de ce nouvel engouement, allait d'ailleurs
progressivement renverser une monarchie décadente et difficile à réformer.
La révolution activait alors l'émergence de la nation, des droits
de l'homme, de la liberté d'entreprendre. Elle boostait l'essor de la créativité et du progrès.
Les nouveautés du libéralisme
Cette école de pensée érige
l'individu et la liberté au centre de ses intérêts.
Pour le libéralisme l'homme doit être libéré
des autorités arbitraires afin d'obéir
aux lois votées par l'assemblée et consenties
par tous.
Il doit également pouvoir exprimer ses opinions et disposer
de ses biens comme il l'entend.
A l'inverse du marxisme, le libéralisme pense qu'il est nécessaire de limiter le rôle de l'État.
Protéger les droits et la sécurité de ses
citoyens, veiller à ce qu'aucun individu
ou groupe n'opprime ses congénères par la seule
force de sa volonté tyrannique et changeante, voilà l'espace
où la plupart des libéraux souhaitent
cantonner le gouvernement.
Pour le libéralisme, la nation est centrale,
les appartenances ethniques, religieuses, culturels ou politiques,
doivent lui être
subordonnés.
Liberté de la presse, liberté
d'adhérer ou non à une religion, épanouissement
personnel, esprit d'entreprise, indépendance, font partie
de ses grands thèmes.
Du point de vue pratique, le libéralisme appelle le capitalisme,
c'est-à-dire la volonté d'utiliser le travail humain
non plus seulement pour satisfaire les besoins des consommateurs
et arriver à la justice sociale, mais également
pour créer des profits ...
c'est ce désir d'engendrer
des profits sans limite, qui conduit à un progrès
continu et exponentiel.
Contre l'esclavage et pour la liberté
Genèse spirituelle (christianisme,
stoïcisme)
Crise : État structurel de l'économie capitaliste libérale Luc Fayard
Les
premiers qui eurent l'idée de concevoir un monde sans esclaves,
peuvent être considéré comme les pères
spirituels du libéralisme.
Sous ce critère, les philosophies cynique et stoïcienne tout comme le christianisme se retrouvent alors, aux fondations de la pensée libérale.
Les idées généreuses et égalitaristes
des premiers chrétiens, marquent une véritable rupture avec toutes les pensées religieuses précédentes. Cette étincelle
a donné lieu au concept d'individu (ontologiquement parlant) de l'homme
pris comme une fin en soi.
A peu près
à la même époque, ces mêmes idées
novatrices et humanistes émergent dans la philosophie.
En 61 : Pétrone affirme que
les esclaves sont aussi des hommes.
En 64 : Sénèque proclame
l'égalité de tous les hommes, esclaves compris.
En 170 : Marc Aurèle ordonne
de traiter humainement chrétiens et esclaves dans l'Empire
romain.
Suivirent de nombreuses tentatives pour libérer l'homme du joug de l'homme (par exemple en 1533 : le pape Paul
III condamne à son tour toute forme d'esclavage présente
et à venir).
Il faudra pourtant attendre la révolution française pour qu'un décret de la Convention abolissent l'esclavage dans toutes les colonies.
Après un rétablissement Napoléonien, l'interdiction définitive et planétaire de cette pratique honteuse, verra le jour
le 10 décembre 1948, quand les 58 États Membres constituant
l’Assemblée générale de l'ONU ont adopté
la Déclaration universelle des droits de l’homme
à Paris au Palais de Chaillot.
L’article 4 stipulait
enfin : Nul ne sera tenu en esclavage ni en
servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits
sous toutes leurs formes.
Même si certaines poches d'esclavages persistent encore ici ou là, même si les esclavagistes modernes utilisent la perversion pour profiter d'esclaves tout en restant dans les limites de la loi, une ruptures s'est définitivement installée entre le monde antique et le monde contemporain.
Genèse théorique John Locke, Adam Smith
Selon Laurence S. Moss « le libéralisme
est apparu au XVIIe siècle sous la forme d'une philosophie
radicale qui attaquait l'autoritarisme et le paternalisme au sein
de la sphère politique, en défendant les droits de
l'individu contre les pouvoirs des monarques et des autres dirigeants
».
Elle poursuit : « John
Locke parmi d'autres, a mit en question une prétention à
l'autorité politique fondée sur la naissance, le statut
social, le privilège et le droit divin »
[…]
« l'autorité politique devait provenir du consentement
des gouverner sinon elle était illégitime »
[…] Les libéraux de la fin du XVIIIe siècle ont ajouté
l'idée du règne de la loi, l'idée que l'État
dans sa capacité à faire des lois devait édicter
des règles générales s'appliquant également
à tous les citoyens. […] La substitution du règne
des hommes au règne de la loi crée une vie communautaire
capricieuse, incertaine et parfois cruelle. […] Un principe
de base de la pensée libérale est que l'individu est
le juge le meilleur et le plus averti de ses propres intérêts
et qu'on peut se fier à lui pour vouer toutes ses énergies
et toute sa créativité à la poursuite de ses
intérêts.
Les idées
libérales
commencent à circuler un siècle avant la révolution
française mais leur mise en application politique
et
économique, n'a été effective qu'à partir
du début du XIXe siècle.
Selon certains spécialistes la première ère libérale
s'étendrait de 1815 à 1914.
Histoire des pratiques libérales
le libéralisme contemporain profite
aux riches ; et à personne d'autre. G. K Chesterton
Si l'invective de Chesterton est
exagéré, elle pointe pourtant du doigt une réalité.
Le libéralisme (comme le soutient sa philosophie) profite effectivement aux pauvres, mais, à la manière
des restes qu'un nanti bien repu, laisserait aux pourceaux.
Il ne s'agit pas d'une envie consciente d'agir pour le bien de l'homme en général. L'ensemble humain retire quelques bénéfices du libéralisme par répercussion, d'une certaine manière, avec toutes les conséquences des évolutions inconscientes.
La profusion d'objet par exemple, améliore le confort du plus grand nombre. Mais le moteur de cette profusion, c'est l'enrichissement personnel des quelques dominants du marché.
Tant que le moteur de cette quête restera l'instinct ou la pulsion, l'objet en sera entaché et les hommes en subiront une quantité de conséquences.
Par exemple, pour augmenter ses profits, la pulsion peut dégrader la qualité de l'objet. Du moment qu'elle vend, elle peut négliger les principes de l'écologie. Elle peut viser la dépendance du consommateur. Elle peut fouler au pied tous les principes de la morale et de l'éthique ...
Nous devons également tenir compte de la dégradation naturelle des choses à mesure de leur avancée dans le temps (l'usure du temps).
Ce principe est valable pour toutes mises en pratique d'idéologies.
Nous l'avons constaté avec le capitalisme et avec le communisme. Les systèmes finissent par se dégrader à la longue. A mon sens, il faut chercher du coté de notre passé animal pour trouver l'origine de la dégradation du libéralisme entre les années 80 et aujourd'hui, et plus loin encore, depuis les années 50.
En effet, la tendance à la toute puissance conduit irrésistiblement le groupe dominant à verrouiller (corrompre, dans le cas des démocraties libérales) toutes contestations, toutes critiques et à imposer ses vues à l'ensemble.
Les mécanismes de la perversion.
Les mécanisme de la corruption sont simple. Ils sont identiques à ceux pratiqué par un individu pour en asservir un autre.
a/ La terreur, la crainte, la violence, permettent au psychopathe de mettre quelqu'un sous esclavage. Ces même mécanismes permettent à une dictature d'imposer sa domination sur tout un peuple.
b/ La séduction, la perversion, l'humiliation, la dégradation de l'image d'autrui, le stress, l'empêchement de réfléchir à sa condition, la culpabilisation du repos, la stimulation des plaisirs et des pulsions, la demande de vénération ... permettent à un pervers narcissique d'alièner sa victime sans qu'elle ne s'en rende compte. Ce même mécanisme à permit au libéralisme marchand actuel, d'aliéner l'homme sans qu'il ne s'en rende compte.
Irrémédiablement, le libéralisme (comme tous les autres systèmes politiques) évolue vers cette toute puissance. Il a beau avoir débuté son existence avec de bonnes intentions et bien encadré par l'éthique et la législation, il n'a eu de cesse de défoncer ce cadre. D'y faire des brèches pour s'en libérer et filer vers la toute puissance.
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