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  • l'humanité
    l'élitisme (suite)

L'eugénisme ordinaire

Un eugénisme, fruit de l'élitisme libéral

La vision déformée du libéralisme narcissique.

L'une des pensées extrémistes de l'élitisme discriminant, l'amène à considérer qu'une partie de l'humanité est sans intérêt parce qu'improductive. Il s'agit là d'une conception typiquement conçue par le narcissisme.

Dans un système marchand basé uniquement sur la matérialité, il semble effectivement difficile de percevoir la contribution réelle d'un ermite, d'un sans-logis, d'un handicapé, d'un toxicomane, d'un chômeur ou d'un jeune transgressant de banlieue.

Seulement, l'apport d'un humain à l'humanité, ne se résume pas à des questions de rentabilité mercantile.

Un sans logis, au carrefour d'une rue, laisse-t-il indifférent la plupart des humains croisant sa route ?

Non !

Que rappelle-t-il à la conscience de chacun ?

Que le libéralisme sous cette forme est inhumain, qu'il néglige une partie de la population, qu'il crée des souffrances et des injustices insupportables et qu'il doit se réformer, s'améliorer ...

Le sans- logis effectue, par sa souffrance, le même travail de pression sur la conscience collective qu'un philosophe social avec ses écrits.

Pourtant un seul des deux à droit à de la reconnaissance pour sa contribution à l'humanité.

Le névrosé est aussi indispensable à l'évolution de la psychologie que le psychanalyste ou le psychologue.

Pourtant, seuls ces derniers ont le droit de comprendre le sens de leur action, et d'en recevoir les honneurs.

 

Pour une reconnaissance mutuelle

Sachant cela, il est nécessaire de bien comprendre ceci : la souffrance des laissés-pour-compte (des suicidés de la société pour reprendre un titre d'Antonin Artaud), n'a pas pour vocation de justifier l'existence des penseurs, des journalistes ou des sociologues investis dans leur défense.

Ces êtres humains marginalisés ne souffrent pas pour donner permettre à la sociologie de gagner sa vie. Cette souffrance n'est pas gracieuse, elle est là avant tout pour que nous oeuvrions à sa disparition.

Comment expliquer dès lors, qu'il y ait de plus en plus de journalistes et de penseurs, et qu'il y ait en même temps de plus en plus d'injustice et de souffrance ?

Aujourd'hui, les intellectuels et les journalistes fleurissent et leur influence est suffisamment forte pour contraindre le système à raccourcir les écarts entre riches et pauvres. Pour l'obliger à améliorer le sort du quart et du tiers monde.

Seulement, nous l'avons vu plus haut, depuis quelques décennies, les personnalités influentes de ces corporations se sont positionnées du côté des puissants au lieu d'opposer une farouche résistance aux injustices du marché. Et naturellement les fossés se sont creusés.

Penseur et média, tout comme le politique, en se laissant corrompre ont une lourde responsabilité dans l'intensification de la souffrance chez la population vulnérable victime des dominants malveillants.

L'humanité doit évoluer dans une sorte d'équilibre orienté vers le bien.

Si la puissance prédatrice du marché est plus forte que les forces d'interpositions, c'est le peuple qui en souffre.

En démocratie, cet équilibre doit être maintenu par les médias.

Si ce groupe intermédiaire manque à son devoir de critique et de mise en lumière des injustices, le peuple est obligé de l'exprimer par sa souffrance.

Tant que la surdité des médias persiste, le peuple n'a pas d'autre alternative que de souffrir pour se faire entendre et se révolter quand le seuil de tolérance est dépassé.

 

 

 

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eugeneionesco

Penser contre son temps c'est de l'héroïsme. Mais le dire, c'est de la folie. Eugène Ionesco

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Mise à jour le 10/09/2010 - Paris
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