| L'humanité est toujours en marche. L'élite intellectuelle est son avant-garde, ses pionniers. Elle fraie les chemins, par où l'humanité tout entière, ensuite, passera. Il est donc faux de représenter cette élite comme séparée de la masse humaine, parce qu'elle la devance. Et il serait d'un mauvais chef de peuples de vouloir obliger son avant-garde à marcher dans le gros de l'armée. Romain ROLLAND
Philosophie de l'élitisme
L'élite c'est
la canaille .. Henry BecqueLélite intellectuelle, comme l'ecrit
Romain Rolland, est l'avant garde de l'humanité.
Elle trace éffectivement le chemin des hommes à travers ce qui pourrait s'apparenter à un brouillard épais.
Mais il y a L'élite selon Romain Rolland et l'élite selon Henry Becque.
Il y a l'élite consciente de son rôle (aujourd'hui,
un rôle universel) ...
et l'elite myope, écrasée
par son égocentrisme
ou son communautarisme.
Il y a l'élite plaçant la
vérité au dessus de tout
et l'élite plaçant
la vénalité ou le clientelisme avant tout.
Il y a
l'élite juste et critique
et l'élite élitiste
déconnectée des réalité d'une humanité dont
elle à la charge.
Les deux élites
L'élitisme
est le système qui favorise et protège l'élite
au détriment des autres membres de la communautéLe
comportement elististe peut être séparé en
deux formes :
Il est bienveillant, lorsque les êtres s'en
réclamant, mettent leurs différences de potentiels
au service du plus grand nombre.
Il est animal : lorsqu'il sert de prétexte
à une minorité prédatrice pour s'accaparer
l'ensemble des privilèges, mettre en esclavage une partie
de la population et dévalorise le peuple.
C'est de ce dernier dont nous traiterons ici.
Il
prendra le nom d’ÉLITISME DISCRIMINANT ou
ÉLITISME PRIMAIRE.
Evidemment, séparer
le monde en ÉLITE et PEUPLE, nous ramène
à de VIEUX STÉRÉOTYPES qu'il
serait préférable de dépasser.
Mais quand
l’élite discriminante brandit
le prétexte du POPULISME pour dissimuler l'expansion de
cette nouvelle ségrégation
et nous faire croire qu'elle est légitime,
il vaut mieux alors revenir aux vieux stéréotypes.
L'homme a besoin de héros auxquels s'identifier.
- Le CARACTÈRE des HÉROS choisis
par une SOCIÉTÉ, correspond à la hauteur de CONSCIENCE de cette
société.
- Les héros de la Grèce archaïque à l'image de HERCULE ou de ULYSSE, étaient certes courageux voire téméraires, mais
également avides, roublards, menteurs, violents et sans pitié.
- aujourd'hui c'est la télévision qui crée nos nouveaux héros.
- Nous les appelons élite ou célébrité.
- Jusqu'à la prise en main des médias par le marché,
le choix de héros potentiel proposés par la télévision
permettait au peuple d'élire sans contrainte l'image du héros
qu'il préférait.
- D'année en année, l'Abbé
Pierre et soeur Thérèsa,
remportaient haut la main les suffrages.
- Ce choix collait avec
le réel état d'âme et la véritable hauteur de conscience de la
société.
- Le peuple admirait à travers
ces deux icônes, les qualités d'anti-racisme, d'universalisme,
de fraternité, de bonté, de générosité, d'altruisme, d'oecuménisme,
de don de soi, de pauvreté.
- A partir du moment où le marché a acheté le milieu médiatique,
nous n'avons plus entendu parler de l'Abbé
Pierre et soeur Thérèsa ou de leur équivalent. Les marchands
ont tout simplement écarté les icônes altruistes,
au profit de symboles plus rentables.
- Pour le public, le choix s'est
restreint au monde de l'argent ; footballeurs, chanteurs,
industriels, marchands, hommes politiques, comiques.
- Naturellement le peuple a continué d'élire, dans les nouvelles
icônes proposées, les plus universelles, les plus éthiques et
les plus généreuses, c'est pourquoi Coluche ou Zidane l'emportent
encore sur Bernard Tapie ou Paul
loup Sulitzer, mais toute la
partie ALTRUISME, DON TOTAL DE SOI des icônes précédentes a
totalement été écartée par le système marchand.
- Zidane est actuellement l'homme le plus apprécié des
Français,
il incarne effectivement la générosité,
la bonté, le partage,
mais cela n'a plus rien à voir avec l'engagement de toute
une vie au service des autres. Protéger sa famille dont
parle Zidane au
sens clanique du terme dans sa dernière publicité,
n'a rien à voir
avec la protection de : la « FAMILLE UNIVERSELLE DES
PAUVRES» dans
l'esprit de l'Abbé
Pierre et soeur Thérèsa.
Nous devons réfléchir
me semble-t-il à la dégradation des qualités des icones proposées
par les médias.
L'altruisme à déjà été écarté, subsiste encore la générosité,
pour combien de temps ?
Le marché va-t-il également éteindre
cette valeurs de la conscience humaine au profit d'un héros égoïste, élitiste
discriminant et clanique comme
nous en voyons tous les jours occuper les écrans de télé ?
Et pour quels résultats à l'échelle de l'humanité ? Au cours des temps, notre espèce a développé de
nouvelles valeurs supérieures, desquelles émerge
l'élitisme
bienveillant.
Cet élitisme
existe, il n'est simplement pas montré.
Chaque jour des
bénévoles,
des journalistes intègres, des résistants de toutes
sortes, offrent leur vie pour la liberté des autres, pour
la vérité,
pour l'égalité et pour la fraternité, dans
le plus grand silence médiatique.
Si l'on suit la logique de l'évolution humaine, l'ÉLITISME DISCRIMINANT
devrait étre en régression.
Depuis 30 ans ce n'est plus le cas. Au contraire, cet élitisme
est en expansion.
De nouveaux maîtres de plus en
plus riches, abusent des peuples qu'ils conduisent à un
nouvel esclavage. Les carrés VIP fleurissent, les ghettos,
qu'ils soient pour riches ou pour pauvres aussi..
C'est ce retour en arrière qui doit étre analysé
puis contesté.
L'élitisme discriminant et
l'injustice.
Le riche commet une injustice, et il frémit
d'indignation ; le pauvre est maltraité, et il demande
pardon, l'ecclésiasteCette
phrase de l'ecclesiaste est d'une vérité époustouflante ...
Et
nous devons nous demander ce que font les religions qui disent
aimer les pauvres !!!!
L'élitisme
discriminant prend sa source dans les pulsions agressives et dominatrices
de nos origines primates.
Si cet élitisme a pu revenir en force dans l'humanité,
c'est surtout grâce à la démission des systêmes capables de
le mettre en lumiere pour le critiquer (médias,
penseurs ...) .
Au contraire, ces derniers
se sont carrément rangé de
son côté, ils se sont élitisés. L'échec du communisme nous en a donné la preuve,
une certaine dose d'inégalité et d'élitisme
discriminant semble encore nécessaire à notre évolution.
Seulement,
ce comportement primaire ne peut pas être érigé
en valeur.
Il ne doit ni être valorisé ni
donné en exemple comme le libéralisme, via les médias,
le fait depuis 20 ans.
Augmenter l'élitisme primaire,
c'est augmenter le principe des inégalités. Et augmenter
les inégalités, revient à faire régresser
l'humanité vers la violence de nos origines primates.
Depuis plus de 20 ans, par naïveté, compulsivité
ou compromission les groupes chargés de défendre
le peuple de la violence inhérentes aux dominants, chargés de
développer
universellement les valeurs solidaires et les ACQUIS SOCIAUX,
ont relâché leur pression permettant un renouveau
de l'élitisme
discriminant, et disons le, « DES RAPPORTS DE MAÎTRE À ESCLAVE ».
2000 ans après la naissance du concept d'égalité,
600 ans après les grandes idées humanistes, 200 ans
après la révolution française et son avant-gardiste
« DÉCLARATION DES DROITS DE L'HOMME », les médias et les penseurs ont fait preuve d'une
incroyable régression, d'une formidable corruption de leurs
engagements, pour laisser tout simplement disparaître l'idée
d'ÉGALITÉ au profit d'une nouvelle ARISTOCRATIE larvée.
Aujourd'hui, la véritable ségrégation de
l'humanité
ne se situe plus tellement entre tel et tel pays ou telle et telle
communauté, elle est entre DOMINANTS et DOMINÉS, entre l'élite discriminante
et la POPULATION FRAGILE qu'elle ne cesse de maltraiter
ou de faire maltraiter.
L'elitisme comme pathologie
L'élitisme est une pathologie non encore
identifiée. FaggianiL'élitisme discriminant
n'est qu'un complexe de supériorité.
Pour se distinguer du peuple, cette
élite discriminante s'appuie sur des notions primaires telles
que : l’origine sociale, la richesse
matérielle, la détention de pouvoir ...
Ces pseudos supériorités découlent en réalité
de certains instincts primates (égocentrisme, domination-subordination,
thésaurisation des privilèges) hominisé par
l'homme pour
continuer à assouvir
ses tendances archaïques.
L'éducation, la morale, l'âme
populaire tend vers le bien et l'égalité.
Si notre
comportement trouve une partie de sa source dans les instincts
inégalitaires,
agressifs, abusants du primate naturel, l'homme a la charge de
rendre cette humanité de plus en plus consciente et humaine
et non pas l'inverse.
En se basant sur le sens de l'évolution humaine,
la réelle supériorité
d'unSeulement l'évolution de l'humanité a
un sens homme sur un autre, se mesurerait dans sa
capacité à mettre en pratique les grandes valeurs
universelles (respect
d'autrui, amour du prochain, sentiment d'égalité,
compassion, altruisme, goût du partage ...)
L’individu qui pourrait se dire « SUPÉRIEUR » , devrait être celui
qui maîtrise le mieux ces valeurs suprêmes.
Seulement, et c'est un des merveilleux
paradoxes de l'évolution, plus un être est «
humainement supérieur » et plus le complexe
de supériorité, les tendances ségrégationnistes
et l'élitisme discriminant, diminuent au profit du
sentiment d'égalité.
Cet élite devient
donc bienveillant, attentif au sort des plus défavorisés,
agissant pour le bien du plus grand nombre ou un de ces êtres
généreux servant d'exemple à l'humanité
(Gandhi, Martin Luther King) Le complexe de supériorité de
l'élite discriminante n'est donc pas une supériorité
humaine mais au contraire une infériorité.
Nous pouvons donc dire qu'en ce qui concerne l'évolution
humaine, tout homme qui se prétend ontologiquement supérieur
à un autre, est forcément inférieur à
celui qui se considère son égal.
L'élite et l'humain sans intérêt.
Je pense que c'était
un choix difficile, mais...oui, nous pensons que c'était
le prix a payer pour nos intérêts Madeleine
AlbrightDepuis
vingt ans, la sémantique des MÉDIAS occidentaux
dénaturés par le MARCHÉ, donne à penser
qu'il y a : DES HUMAINS DONT L'EXISTENCE N'A PAS INTÉRÊT.
Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter les informations
sur les chaînes de grande écoute et vérifier
à quel point l'OCCIDENTALO-CENTRISME bat son plein. Nous
pouvons également observer à l'intérieur
de cette ségrégation géographique, le sort
réservé
à « L'ÉLITE » et celui réservé au « PEUPLE »
ainsi que les qualificatifs employés pour chaque catégorie.
Même si, comme nous l'avons déjà écrit,
une certaine hiérarchisation discriminante semble encore
nécessaire à nos esprits égocentriques pour
finir d'élaborer l'humanité, cette ségrégation
déshumanise peu à peu l'humanité.
Elle oblige
insidieusement le peuple à penser qu'une certaine partie
des êtres humains sont sans intérêt,et peuvent
être éliminée en toute impunité.
Il n'y a pas d'êtres humains moins importants que d'autres
dans ce monde, il n’y a pas de Very Important Person, de VIP d'un
côté et de sous-hommes de l'autre. Pour
l'évolution de notre espèce, chacun est à égalité.
Pour s'en persuader, il suffit de réfléchir
à ceci :
Depuis la révolution française,
l'hérédité ne fournit plus à elle
seule les humains soi-disant importants de notre
société.
Ainsi, si nous faisions la généalogie des hommes soi-disant importants
aujourd'hui, on trouverait sans doute chez la plupart d'entre eux, des ancêtres
jugés sans importance par les «
élites » discriminantes de l'antiquité ou de la monarchie.
De la même façon,
certains humains considéré sans intérêt
aujourd'hui par l'élite discriminante, sont sans doute les
ancêtres d'humains futurs jugés (si ce jugement existe
encore) very importants par nos descendants.
Il est donc nécessaire de saisir que tout homme est, par
nature essentiel pour l'humanité.
Et c'est aux penseurs et
aux médias qu'incombe cette responsabilité en éclairant
le principe d'égalité.
Il me semble anormal, qu'un intellectuel ou journaliste d'aujourd'hui
soit moins attaché à ce principe d'égalité
qu'un penseur des Lumières.
Elitisme et animalité.
Les esprits d'élite discutent des idées, les esprits
moyens discutent des événements, les esprits médiocres
discutent des personnes. Jules RomainsPour reprendre à sa
racine le problème de l'ÉLITISME DISCRIMINANT,
nous voyons qu'il dérive du système DOMINATION /
SUBORDINATION en cours dans la nature sauvage.
Les dominants primates naturels par exemple, forment un groupe
qui a préséance sur les autres individus et thésaurise
la plupart des privilèges.
L'état d'esprit de ce clan dominant, vise essentiellement l'accession au pouvoir absolu
et sans partage.
Une fois au sommet de la hiérarchie, le groupe utilise la
plus grande partie de son énergie pour préserver ses
privilèges.
Une fois
en haut des hiérarchies des pouvoirs
et des avantages, notre cousin singe est psychiquement incapable
de les partager.
Seule une violence supérieure, celle du prétendant,
parvient, par la force, à lui faire lâcher prise.
Bien souvent, l'homme obéit encore à
ce principe.
Un groupe de dominants, l'ÉLITE DISCRIMINANTE,
thésaurise l'ensemble des privilèges (honneurs,
richesses, pouvoirs, espace médiatique ...) pourtant
conscient qu'une grande partie de la population mondiale est
en- dessous du seuil de pauvreté. Par leur égoïsme et
leur égocentrisme,
cette élite discriminante accapare une attention qui devrait
être destinée aux plus maltraités. Son psychisme
de dominant la rend incapable de se déposséder un
peu pour partager. Non seulement elle résiste à tout
changement, mais elle vise instinctivement à augmenter
son patrimoine et ses prérogatives.
Le problème n'est pas tant que le groupe dominant coure
derrière les privilèges (pouvoirs, richesse ...)
et y épuise ses pulsions,
mais qu'il imagine cette conduite impulsive comme la meilleure
façon de vivre, et qu'il l'a préconise a l'ensemble
de la société.
Ce type de conduite n'est pas a idéaliser car elle relève de la pathologie et elle empêche
une grande partie de l'humanité d'accéder au minimum
vital auquel tout être humain a droit (un toit, une nourriture
convenable, l'éducation pour ses enfants ...)
Le haut
et le bas.
Irrépressiblement, notre espèce tend
vers l'universalité et l'égalité.
Le marché,
par ses excès,
et en poursuivant des buts égoïstes, travaille finalement
à la même chose. Il oblige les peuples du monde à
s'unir et à s'universaliser afin de se défendre contre
ses excès (les mouvements alter-mondialistes ... ) .
C'est une façon de conduire au meilleur par le pire,
et nous sommes en droit de nous demander si nous n'avons pas déjà
les capacités d'aller vers ce meilleur par le meilleur, par
exemple vers l'universalité par un libéralisme symbiotique
plutôt que par ce libéralisme forcené.
Imposer les PULSIONS DE L'ÉLITE
ÉGOÏSTE comme VALEURS UNIVERSELLES,
s'oppose exactement aux principes démocratiques eLe système marchand, motivé par le profit,
prétextant tirer l'humanité vers le HAUT,
donne à l'ensemble du peuple, via la culture de masse, le
désir d'accéder aux pulsions de l'élitisme
primaire (goût du luxe, du pouvoir, de la thésaurisation,
de l'égocentrisme, de l'élitisme, de la compétition
agressive ...)
- En offrant ces pulsions comme « VALEURS » à suivre, le marché génère un nombre
considérable de PRÉTENDANT à la DOMINATION,
à la THÉSAURISATION et àL'ÉLITISME.
- Ce faisant, il multiplie dans l'humanité
le nombre de dominants et de prétendants.
- Plus ce nombre augmente, et plus la VIOLENCE,
et le nombre de combats augmente.
D'où l'expansion considérable de
la violence sur l'ensemble de la planète, soumise aux pulsions
d'un libéralisme agressif (les prisons sont remplies d'êtres
humains dont le seul but était d'obéir aux sollicitations
et aux exemples du marché : faire fortune au détriment
d'autrui, avoir du pouvoir ...).
La démocratie demande
au contraire de choisir pour l'ensemble les valeurs du peuple
souverain (valeurs par essence plus paisibles)
Si l'on s'en tient à la définition de la DÉMOCRATIE,
c'est-à-dire LA SOUVERAINETÉ DU PEUPLE ce que l'élite appelle le bas et en
réalité l'humanité du haut et vice et versa.
Ainsi, pour : TIRER L'HUMANITÉ VERS LE HAUT, il serait
question de choisir les valeurs profondes du peuple par essence
plus paisibles (entraide, partage, fraternité, solidarité,
paisibilité), plutôt que les valeurs élitistes.
L'égalité avec
l'eau du bain. Les hommes
naissent bien dans l'égalité mais ils
n'y sauraient demeurer. MontesquieuSi, en si peu de temps, le marché est
parvenu à imposer
planétairement son despotisme et ses pulsions comme exemple
à suivre, c'est avant tout grâce à son offensivité
naturelle et à son pouvoir séducteur. C'est deux qualités
activistes l'ont conduit à neutraliser les groupes susceptibles
de le cadrer (syndicats, médias, penseurs, systèmes
politiques et juridiques).
Le rayon d'influence du syndicat, du politique et du juridique étant
national, aucune de ces trois forces d'interposition n'ont eu les
moyens de contrer les effets négatifs du marché.
Dans un système libéral démocratique en train
de se mondialiser, la seule force capable de contenir les excès
du marché, de l'éduquer, et de l'humaniser,
c'est le média.
En effet, celui-ci jouit d'une certaine influence sur les forces
décisives ou qui devraient l'être, c'est à dire
L'OPINION PUBLIQUE, et les ORGANISATIONS DE CONSOMMATEURS.
Pour protéger le MONDE VULNÉRABLE de ses PRÉDATEURS,
les journalistes devaient simplement :
- être justes et incorruptibles comme leur vocation le leur
demandait.
- ouvrir leur porte aux organisations de consommateur et révéler
énergiquement chaque écart non éthique du
marché,
- face aux penseurs qui soutenaient le système, inviter
ceux qui le contestaient.
- et maintenir leur esprit critique en dehors de la raison d'état,
de celle du marché et de toutes les bonnes raisons que
les entreprises peuvent fournir dans un système féroce
de compétitions pour justifier leurs excès.
Il fallait également que les pouvoirs politiques et les
penseurs libéraux anticipent les répercussions de
la cession du média au marché.
Encore une fois « ce qui a été fait devait
l'être ainsi » et notre critique du passé
a simplement pour but d'éclairer un type de mécanismes
et d'enrichir les réflexions à venir.
Pour poursuivre notre analyse, il semble évident que notre
orgueil nous a empêché de réaliser l'incompatabilité
de ces trois éléments : la nature humaine, le choix
d'un système de compétitions féroces et une
certaine impunité envers l'élite. Les conséquences
sont celles que nous connaissons. Le système marchand s'est
vassalisé les journalistes influents, qui ont choisi à
leur tour de n'inviter que les penseurs favorables au système
néolibéral et les philosophes complaisants.
Naturellement, l'homme est enclin au principe de domination et
subordination, seules l'éducation, la morale, l'éthique
et la loi l'empêchent d'exercer spontanément cette
tendance.
Dans un système de compétition, l'industriel et le
marchand sont condamnés à la réussite et dévorante,
pour ne pas se faire dévorer.
Un tel principe est donc naturellement enclin à éliminer
tous les obstacles qui s'opposent à son succès. La
critique en fait partie.
Offrir à un marché pratiquement libre de toutes contraintes,
la gestion de la seule force capable de le maîtriser, revenait
à cette dernière.
Tout comme le commerce manoeuvre le peuple en sollicitant ses PULSIONS PRIMAIRES (consommer), il a manipulé les
journalistes et les intellectuels en stimulant leurs PULSIONS ÉLITISTES
(mais il s'agit d'un mécanisme et non pas d'un désir
de manipulation et délibéré.
Le marché à offert aux journalistes et aux penseurs
influents de quoi satisfaire leur vénalité, leur orgueil,
leur goût du pouvoir, du luxe, de la célébrité ...
Une fois la critique neutralisé, la porte était ouverte
à toutes les dérives aristocratiques du système
marchand. Parler simplement du concept d'égalité,
concept opposé à l'élitisme ségrégant,
devenait impossible tant ces journalistes-directeurs étaient
coincés par leurs privilèges.
Quant aux penseurs réellement critiques, depuis vingt ans,
leur propos ont tout simplement étaient isolés du
public.
Égalité et liberté
Privés d'égalité, les intellectuels médiatiques
se sont tournés vers les autres valeurs comme la liberté
ou la fraternité.
Seulement, travailler sur la LIBERTÉ, la
FRATERNITÉ ou UNIVERSALITÉ
sans s'occuper d'ÉGALITÉ, semble
une aberration.
- Comment faire preuve de fraternité dans un monde injuste
et abusant ? Seul le Saint peut le faire.
- Comment accéder à la liberté dans un monde
inégalitaire ou les dominants prennent leur liberté
sur celle des dominés ? (seuls les ascètes peuvent
le faire)
- Comment accéder à l'universalité, lorsque
des peuples entiers sont victimes d'injustice ? (seuls un peuple
d'ascètes pourrait le faire)
La fraternité, la liberté
et l'universalité sont dépendantes de l'égalité
et non pas l'inverse (et nous pouvons même ajouter que la
violence contenue ou exprimée des sociétés
est directement proportionnelle à la somme des inégalités).
Valoriser l'élitisme plutôt que l'égalité,
pose également le problème du DOUBLE LANGAGE dont
la psychologie nous dit qu'il rend fou.
D'un côté l'éducation
nous demande d'être
juste, loyal, fraternel, sensible aux malheur d'autrui ... ,
et de l'autre les valeurs du marché nous conduisent à
écraser nos adversaires pour nous imposer, à nous
conduire injustement pour arriver à nos fins ....
D'un côté la morale, l'éthique nous enseignent
d'aimer UNIVERSELLEMENT notre prochain comme nous-mêmes, d'être
justes envers lui et d'avoir le sens du partage. De l'autre, le
système nous pousse à la clanicité, à
l'égoïsme, au désir de faire fortune au détriment
d'autrui, à accéder aux espaces élitistes,
et donc à nous isoler du plus grand nombre.
L'interdépendance absolue
Chacun de nous a appris les gloires de l'indépendance.
Que chacun de nous apprenne les gloires de l'interdépendance.
F. RooseveltLe libéralisme et la compétition
internationale ont un sens.
Il n'est pas question ici de tomber
dans un excès
anti libéral en préconisant le dénuement,
l’ascétisme,
l'extinction des passions ou l'égalité à tout
prix.
Nous savons qu'en tant qu'hommes constructeurs, ces tendances
sont des moteurs nécessaires pour notre activité.
Il s'agit simplement d'éviter de régresser et de
comprendre la logique de notre parfaite égalité de
fond.
Par exemple, nous savons que si la partie non-élite de
la population ne prenait pas en charge les besoins vitaux de l'ensemble
(nourriture, eau, énergie, éducation, habitat),
l'élite qui en bénéficie elle aussi devrait
immédiatement retourner à la survie primitive.
L'homme, c'est l'univers en miniature. L'homme et le monde sont
interdépendants. L'homme est le garant de l'équilibre
de la création.
Amadou Hampâté Bâ
Inversement,
sans l'énergie et la capacité gestionnaire,
créatrice et analytique de l'élite, l'humanité
serait stationnaire.
Les deux groupes sont donc totalement interdépendants.
Une symbiose naturelle mais inconsciente
existe au delà des apparences. Cette symbiose oblige à
penser que sans le travail des deux composants, l'humanité
ne peut pas progresser.
En conséquence, le travail des deux composants est INDISPENSABLE
pour faire évoluer l'humanité.
L'indispensable est une notion première, elle n'a pas d'échelle
de valeur (si 2 choses sont indispensables pour finaliser une troisième
, l'existence de l'une a autant de valeur que l'existence de l'autre
même si elles sont qualitativement ou quantativement différentes).
L'existence de l'élite et l'existence
du peuple ont donc exactement la même importance, la même
valeur absolue pour l'humanité.
Pourtant, insidieusement ou plutôt instinctivement, l'élite
ségrégant se survalorise et néglige le peuple.
Eiffel n'aurait pas pu construire tout seul la tour qui porte son
nom. Et pourtant, le fait que l'on oublie de dire que c'est une
œuvre collective, renforce, dans notre conscience, le sentiment
d'une œuvre personnelle et renforce également la dévalorisation
du travail ouvrier.
Si les différences de potentiel inter-individu sont indispensables
pour élaborer l'humanité, ce ne sont pas ces différences
qui sont indécentes, mais les MONSTRUEUSES INÉGALITÉS DE TRAITEMENT, les énormes différences
de valorisation attribuées à chaque tâche et
le NON-RESPECT GRANDISSANT de l'œuvre accomplie
par le peuple.
Dans la grande majorité, les mass-médias contemporains
ne parlent que de l'activité et de la vie des élites
au mépris total de la démocratie.
Après avoir expérimenté
les deux extrêmes, il est peut être temps à présent
de rompre avec la dictature de l'élite comme
avec celle du prolétariat
et prendre conscience de notre fondamentale inter-dépendance.
L'élitisme eugénique. Penser
contre son temps c'est de l'héroïsme. Mais
le dire, c'est de la folie. Eugène IonescoL'une des pensées
extrémistes de l'élitisme,
l'amène à considérer une partie de la l'humanité
sans intérêt parce qu'IMPRODUCTIVE.
Dans un système marchand basé uniquement sur la matérialité,
il semble effectivement difficile de percevoir la contribution réelle
d'un HERMITE, d'un SANS-LOGIS,
d'un TOXICOMANE, d'un CHÔMEUR ou d'un JEUNE TRANSGRESSANT de banlieue.
Seulement, l'apport d'un humain à l'humanité, ne
se résume pas à des questions de rentabilité
mercantile.
Un sans logis, au carrefour d'une rue, laisse-t-il indifférent
la plupart des humains qui croisent sa route ? Non ! Que rappelle-t-il
à la conscience de chacun ? que le système est inhumain,
néglige une partie de la population, crée des souffrances,
injuste et doit s'ouvrir à la dimension de l'amour ...
Le sans- logis effectue, par sa souffrance, le même travail
de pression sur la conscience collective qu'un philosophe social
avec ses écrits. Pourtant un seul des deux à droit
à de la reconnaissance pour son activité.
Le névrosé est aussi indispensable à l'évolution
de la psychologie que le psychanalyste ou le psychologue. Pourtant,
seuls ces derniers ont le droit de comprendre le sens de leur
action, et d'en recevoir les honneurs.
Nous devons bien prendre conscience que la souffrance des LAISSÉS-POUR-COMPTE des suicidés de la société pour reprendre
un titre d'Antonin Artaud n'a pas pour vocation de justifier l'existence
des penseurs et des journalistes, des scientifiques qui travaillent
sur eux et pour eux. Cette souffrance n'est pas gracieuse,
elle est là avant tout pour que nous oeuvrions à sa
disparition.
Comment expliquer dès lors, qu'il y ait de plus en plus
de journalistes et de penseurs, et qu'il y ait en même temps
de plus en plus d'élitisme, d'injustice et de souffrance
?
Aujourd'hui, les intellectuels et les journalistes fleurissent
et leur influence est suffisamment forte pour contraindre
le système à raccourcir les écarts entre riches
et pauvres et à améliorer le sort du quart et du tiers
monde. Seulement, nous l'avons vu plus haut, tant que ce groupe
se rangera du côté des puissants au lieu d'opposer
une farouche résistance aux injustices du marché,
les fossés se creuseront.
Penseur et média, au même titre que le politique,
en se laissant corrompre ont une lourde responsabilité dans
l'intensification de la souffrance chez la population vulnérable
à la merci des prédateurs.
l'humanité doit évoluer dans une sorte d'équilibre
orienté vers le bien. Si la puissance prédatrice du
marché est trop forte, c'est le peuple qui en souffre. En
démocratie, cet équilibre doit être maintenu
par les médias. Si ce groupe intermédiaire manque
à son devoir de (dénonciation), le peuple l'exprime
par sa souffrance. Tant que la surdité des médias
persiste, le peuple n'a pas d'autre alternative que de souffrir
pour se faire entendre. Et ce jusqu'à ce que l'élite
en prenne conscience.
Elitisme et amour
d'autrui.
Si nous n'avions point d'orgueil, nous ne
nous plaindrions pas de celui des autres. François
de La RochefoucauldDepuis
vingt ans, une des parties les plus influentes
du monde intellectuel a gardé un silence presque sans faille sur la ghettoisation
grandissante d'une partie de la société et sur les disparités
choquantes inter- individus.
Ces intellectuels ont refusé de remettre en cause l'attitude
des
puissants.
Ils
ont
laissé des pans entiers de l'humanité à l'abandon,
célébrant sans relâche la nouvelle aristocratie
constitué en partie par leurs éloges permanentes.
Mais malgré toute l'énergie
dont ils ont usé pour
nous faire aimer ces dominants, et nous persuader
que les écarts de salaires indécents devaient
devenir la nouvelle normalité, l'homme n'est pas dupe.
a/ Plus
aucune conscience humaine ne peut accepter aujourd'hui, sans
l'aide de la mauvaise foi, la réduction des
humains à l'esclavage dans un tiers monde sur-exploité
par l'occident, et que ces êtres donnent leur vie, pour
que quelques nantis se vautrent dans un luxe et un pouvoir sans
mesure.
b/ Aucune conscience humaine ne peut accepter, sans l'aide
de la mauvaise foi, qu'un homme soit privé de nourriture
et de toit, quand d'autres vivent dans la surabondance de biens
et dans
le gaspillage.
c/ Plus aucune conscience humaine, sans l'aide de
la mauvaise foi, ne peut accepter qu'en 200 ans de matérialisme
sauvage, l'écart entre pays riches et pays pauvres est
passé
de 1,5 à 150 fois.
Une grande partie des humains qui acceptent de gagner des sommes
astronomiques pendant que d'autres tentent en vain de survivre,
justifient leurs salaires indécents comme une RECONNAISSANCE NORMALE DE LEURS MÉRITES et un moteur pour la motivation.
Chacun peut saisir l'égocentrisme, la vanité, et
l'égoïsme de ce point de vue, et nous verrons plus loin
que ces arguments ne tiennent pas debout.
En résumé
Sois modeste ! C'est le genre d'orgueil qui
déplaît
le moins. Jules RenardL'élitisme dans sa version discriminante
fait partie de notre animalité. C'est un état d'esprit voué
à l'anéantissement. Cette manière de penser
croisera sur sa route des lois pour l'interdire. Il disparaîtra
au profit des principes d'ASSOCIATION, de COLLABORATION,
d'UNION d'ALLIANCE de SYNERGIES.
Mais avant cela, chaque être humain devra prendre conscience
qu'il élabore avec l'ensemble des autres êtres
humains,
quelque chose de plus élevé et de plus
vaste que lui-même et son groupe, je veux parler de
: L'HUMANITÉ.
L'esprit de l'homme doit passer progressivement
; de la quête personnelle à l'œuvre universelle,
de la vision animale à la conscience humaine, de l'antagonisme
au commensalisme, du libéralisme sauvage au libéralisme
symbiotique, de l'égoïsme à la synergie.
Avec conscience ou avec violence, l'humanité
y parviendra, comme elle est parvenue à abolir l'esclavage
officiel, et à admettre les théories de Darwin et
de Galilée.
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