Elitisme et démocratie
Le VIP ou soeur thérésa
L'élite élitiste et l'élite humaniste
L'élite c'est
la canaille .. Henry Becque
L'humanité est toujours en marche. L’élite intellectuelle est son avant-garde, ses pionniers. Elle fraie les chemins, par où l'humanité tout entière, ensuite, passera. Il est donc faux de représenter cette élite comme séparée de la masse humaine, parce qu'elle la devance. Et il serait d'un mauvais chef de peuples de vouloir obliger son avant-garde à marcher dans le gros de l'armée. Romain Rolland
Dans l'histoire humaine, l'élitisme fut un progrès.
En un premier temps il a permis à la bourgeoisie d'accéder à des responsabilités réservées jusqu'alors à la noblesse ...
Ensuite. Il a ouvert les portes de ses plus hautes fonctions, au peuple tout entier.
Quand il est juste et accorde à tous la même chance, il est alors facteur de progrès.
Lorsqu'il hisse les meilleurs de chaque corporations, au sommet des hiérarchies*, il est positif pour l'humanité.
* hiérarchies sociales, intellectuelles, politiques, artistiques, scientifiques, ou
techniques,
Mais évidement la plupart des institutions sont vulnérables à l'usure du pouvoir. Avec le temps, les vieux stéréotypes se mettent en place. Le népotisme, favoritisme, partialité, copinage etc., et finissent par scléroser
les systèmes (sujet abondamment étudié, entre autre, par Pierre Bourdieu).
Évolution de l'élitisme vers le péjoratif
L'élite intellectuelle, comme l'écrit
Romain Rolland, est l'avant garde de l'humanité.
Elle trace effectivement le chemin des hommes à travers ce qui pourrait s'apparenter à un épais brouillard.
Mais il y a l'élite selon Romain Rolland et l'élite selon Henry Becque.
Il y a l'élite consciente de son rôle (aujourd'hui,
un rôle universel) ...
et l'élite myope et thésaurisant, écrasée
par son égocentrisme.
Il y a l'élite plaçant la
vérité au dessus de tout.
Et l'élite plaçant
la vénalité ou le clientélisme avant tout.
Il y a
l'élite juste et critique envers les « puissants », et bienfaisante envers le peuple.
Et l'élite élitiste
déconnectée des réalités de l'humanité dont
elle à la charge.
Les deux élites
VIP et héros
Les héros, les justes, les saints, les VIP
« L'amour de la gloire mène au discrédit, l'amour du plaisir à la douleur, la mollesse à l'effort, le goût de la domination à la défaite » Plutarque.
Elitisme
: système favorisant et protègeant l'élite
au détriment des autres membres de la communauté
Le
comportement élitiste peut être séparé en
deux formes :
- Bienveillant, lorsque les êtres s'en
réclamant, mettent leurs différences de potentiels
au service du plus grand nombre.
- Malveillant, lorsqu'il sert de prétexte
à une minorité prédatrice pour s'accaparer
l'ensemble des privilèges. Malveillant lorsqu'il vise à placer sous esclavage une partie
du peuple ou à le dévaloriser.
C'est ce dernier comportement élitiste dont nous allons traiter ici.
On parlera alors d’élitisme discriminant ou
d'élitisme primaire.
La critique est saine
Évidemment, séparer
le monde en élite / peuple, ramène
à de vieux codes qu'il
serait préférable de dépasser.
Mais c'est le seul moyen de critiquer efficacement les mauvaises conduites de l'élite discriminante. Une élite incapable de se remettre en question. Une élite brandissant
l'éventail du populisme pour écrasé la critique et faire oublier ses monstruosités. Faire oublier les indécentes disproportions des conditions de vie et l'apparition de nouvelles ségrégations.
Une élite agitant le drapeau du populisme pour pouvoir légitimer en paix ses conduits. Et c'est pourquoi il nous faut revenir aux vieux stéréotypes pour s'opposer clairement à cette manipulation.
L'homme a besoin de héros auxquels s'identifier.
Depuis la naissance des grandes civilisations, l'humanité se choisit des héros pour lui servir d'horizon.
Le caractère des héros choisis
par une société, correspond à la hauteur de conscience de cette
société.
Les dieux et les héros de la Grèce archaïque (Hercule Zeus) étaient courageux et téméraires. Mais
ils étaient également insouciants, avides, roublards, menteurs, violents et bien souvent sans pitié.
Les héros du marché
Aujourd'hui la télévision crée en partie, nos nouveaux héros.
Ce sont certains de nos élites de nos célébrités. Jusqu'à la prise en main des médias par le marché,
les valeurs et les images diffusées par les médias,
permettaient au peuple d'élire sans contrainte l'image du héros
qu'il préférait.
D'année en année, l'Abbé
Pierre, Gandhi, soeur Emmanuelle ou soeur Therésa,
remportait haut la main les suffrages.
Ce choix collait avec
le réel état d'âme et la véritable hauteur de conscience de la
société.
Le peuple admirait à travers
ces icônes, les qualités de cÅ“ur, d'universalisme,
de fraternité, de bonté, de générosité, d'altruisme, d'oecuménisme,
de don de soi, de pauvreté, enseignées depuis plus de 2500 ans.
A partir du moment où le marché "s'est payé" la télé,
l'image du héros altruiste et spirituel (ne rapportant rien) s'est trouvé écarté, tournée en ridicule, ou contesté.
Le système marchand a tout simplement repoussé les icônes altruistes,
au profit de symboles plus rentables.
Pour le public, le choix des nouveaux héros s'est
restreint au monde de l'argent ; footballeurs, chanteurs,
industriels, marchands, hommes politiques, comiques.
Mère Theresa, Abbé Pierre
soeur Emmanuelle ,
Coluche, Zidane ..
Naturellement le peuple a continué d'élire au sein de ces nouvelles
icônes proposées, les plus universelles, les plus éthiques et
les plus généreuses.
C'est pourquoi Coluche ou Zidane l'emportent
encore sur Bernard Tapie ou Paul
loup Sulitzer.
Mais l'altruisme, le don total de soi, l'anti vénalité qu'incarnaient les icônes précédentes, a
totalement été écartée par le système marchand.
Zidane est actuellement l'homme le plus apprécié des
Français.
Il incarne effectivement une certaine forme de générosité,
de bonté, de partage,
mais cela n'a plus rien à voir avec l'engagement de toute
une vie au service des autres.
Protéger sa famille dont
parle Zidane au
sens clanique du terme dans sa dernière publicité,
n'a rien à voir
avec la protection de la « famille universelle des
pauvres» dans
l'esprit de l'Abbé
Pierre de Soeur Emanuelle ou soeur Therésa.
Nous devons réfléchir
me semble-t-il à la dégradation des icônes proposées
par les médias.
L'altruisme et le goût pour l'égalité ont déjà été écartés. Subsiste encore la générosité mais
pour combien de temps ?
Le marché va-t-il également éteindre
cette valeur de la conscience humaine au profit d'un héros égoïste, élitiste discriminant et clanique comme
nous en voyons tous les jours occuper les écrans de télé ? Et pour quels résultats à l'échelle de l'humanité ?
Au cours des temps, notre espèce a développé de
nouvelles valeurs supérieures desquelles émerge
l'élitisme
bienveillant.
Cet élitisme
existe, il est simplement occulté par les médias.
Chaque jour des
bénévoles,
des journalistes intègres, des résistants de toutes
sortes, offrent leur vie pour la liberté des autres, pour
la vérité,
pour l'égalité et pour la fraternité et dans
le plus grand silence médiatique.
Si l'on suit la logique de l'évolution humaine, l'élitisme discriminant
devrait être en régression.
Depuis 30 ans ce n'est plus le cas. Au contraire, cet élitisme
est en expansion.
De nouveaux "maîtres" de plus en
plus riches, abusent des peuples qu'ils conduisent vers un
nouvel esclavage.
Les carrés VIP fleurissent, les ghettos,
qu'ils soient pour riches ou pour pauvres aussi..
C'est ce retour en arrière qui doit être analysé
puis contesté.
Page datant de 2000
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