L'esprit de clan
Une souffrance
Attirance et peur de l'étranger
Être curieux d'autrui
fait partie de la nature humaine. On retrouve également cette prédisposition chez la plupart des mammifères.
Notre
intérêt pour les autres cultures dérive donc sans doute de cette tendance naturelle.
L'autre attire notre curiosité mais il est également une énigme. L'inconnu vers lequel nous allons à la rencontre, peut être bienveillant mais également malveillant. C'est pourquoi l'intérêt que nous portons à l'étranger,
s'accompagne bien souvent d'une certaine crainte*. Une peur
naturelle nous empêchant d'aller les
uns vers les autres de façon simple et spontanée.
*Et c'est également un des moteurs du racisme.
La culture pour vaincre la nature
Cette appréhension naturelle décline également
de nos origines primates. Elle existe naturellement dans le règne animal. Bien souvent, lorsqu'un singe étranger désire intégrer un nouveau groupe,
il est accueilli par une phase agressive.
L'homme, grâce à la culture, a acquis la capacité
de maîtriser cette réaction.
Tout être humain connaît des gestes de politesse
et de respect, destinés à éviter l'épreuve
de force.
Comme dans un livre ouvert
La peur instinctive n'a pas pour autant disparue.
Tant que la psychologie humaine ne sera pas entièrement déchiffrée, autrui
représentera un danger potentiel. Tant qu'on ne saura pas lire dans l'autre comme dans un livre ouvert, les prises de contacts représenteront une certaine inquiétude. Les sciences humaines en sont encore à leur enfance. Mais un jour, leur évolution permettra à notre espèce de s'éclairer de l'intérieur, de résoudre ses problèmes psychologiques. L'homme deviendra alors un agneau pour l'homme.
De la guerre au tourisme,
histoire des rencontres
L'invasion de l'Irak et de l'Afganistan, une rencontre par la violence
Barbare ou civilisé, l'homme n'a jamais su ni façonner le monde à la mesure de son cœur, ni façonner ce cœur à la mesure de ses désirs. Paul Bourget
Cette peur instinctive de l'étranger est également
présente au niveau des communautés. La peur, mais également la cupidité et l'expansionnisme, condamnent les différents groupes à utiliser
la violence pour se rencontrer.
Nous sommes encore une humanité archaïque. Certes nous progressons, mais les relations humaines ne sont toujours pas pacifiés. Bien souvent les rencontres inter groupes, inter communautaires, prennent la voie de la violence pour se réaliser. La peur de l'autre civilisation et le désir de l'asservir abîment les relations entre nations, entre pays.
La guerre en Irak est le prototype même de l'alliage peur-prédation.
Elle éclaire aussi
le résultat paradoxal de certaines actions humaines. Présentés comme des maux*, elles agissent pourtant dans le sens de l'histoire. Elles oeuvrent finalement à notre unification
et à notre perfectionnement.
* ce qu'elles sont d'ailleurs, Ã l'exemple des guerres
De la théorie à la pratique
En théorie, il est déjÃ
possible de réunir paisiblement le monde. De le réunir et de le démocratiser*.
*par le traitement d'égal à égal, le respect,
l'exemplarité, la solidarité, l'ONU, etc.
Mais en pratique, la hauteur de nos pulsions autorisent rarement le passage de cette
voie paisible. La guerre doit alors mettre en relation les cultures et les hommes. c'est ce qu'il se passe avec la guerre en Irak. Deux civilisations, américaine et irakienne, apprennent par le conflit, à se connaître. À se connaître et à péniblement s'apprécier. Dans la configuration actuelle du monde, ces deux sociétés n'avaient aucune chance de réellement se croiser. Seule une petite partie de l'élite avait le droit de le faire.
Mais la guerre est tout de même le pire moyen pour apprendre à connaître l'autre. C'est le plus archaïque.
Si notre civilisation était évoluée, le tourisme et l'échange
culturel, aurait depuis longtemps remplacé la belligérance.
Les conséquences de cette incapacité sont évidement désastreuses pour les plus vulnérables d'entre nous. Mais
en même temps, les obscénités
de la guerre renforcent de plus en plus le camp de la paix
et
du dialogue.
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