Les penseurs en démocratie
La démocratie et le peuple ont besoin de penseurs.
En
plus de médias
indépendants,
la démocratie exige d'être pleinement comprise par les intellectuels chargés d'étudier les problèmes
de société.
Ces derniers doivent posséder une capacité d'analyse subtile
et profonde, une grande attention envers le peuple.
Par la distance et la réflexion qu'il peut poser sur les
événements, le penseur est une aide précieuse pour
le journaliste comme pour l'homme politique.
Son aptitude à observer les choses de façon hypermétrope, lui permet de détecter les grandes dérives éthiques
des systèmes.
Globalement le peuple, lorsqu'il s'instruit au sein des véritables valeurs humaines, lorsqu'il est traité avec
justice et sans manipulation n'aspire qu'à la paix
et à l'universalité.
Par nature, il va choisir la politique la plus humaine, la plus
médiane. Un peuple non manipuler élira systématiquement l'homme politique le plus juste et le conforme à ses intérêts.
Exempte globalement de perversion, la majorité humaine à du mal a détecter les grands manipulateurs, ou les psychopathes subtils, et se résout aux extrêmes uniquement lorsqu'elle
est mis en danger ou lorsqu'on dépasse ses seuils de
tolérance.
L'exemple de la peine de mort.
Trop d'émotion, pas assez d'explications
Lorsque certains hommes politiques, certains pouvoirs, comme le pouvoir américain, justifie
la peine de mort en soutenant qu'elle est un désir populaire,
à mon sens, ce n'est pas du tout exact.
Le peuple serait plutôt hostile à la
peine capitale si on l'a lui montre sous son véritable aspect. Il voterait son abolition si des penseurs lui en expliquaient tous les tenants et les aboutissants. Ce n'est pas la peine de mort que les gens réclament avant tout, mais le sentiment de sûreté et de sécurité,
base de l'instinct de vie.
Cette sécurité, les penseurs ont la charge d'expliquer
qu'elle n'est pas dépendante de l'enfermement à outrance ni de la
peine de mort. Elle découle entièrement, des conditions de vie, des choix de société et
des valeurs proposées par les dominants (via le cinéma, la propagande, les médias).
Ce sentiment de sécurité relève de la rectitude de la justice, des moyens offerts à l'éducation, à la médecine, à l'assistanat social.
Tous ces paramètres, en réalité, reposent essentiellement sur la mentalité du groupe de dominant. Lorsque les leaders n'ont aucune réelle affection pour le peuple, lorsqu'ils ignorent quel rôle ils ont à tenir dans la démocratie, ils peuvent alors l'instrumentaliser à des fins électorales.
Les dominants manipulateurs savent jouer sur les peurs des citoyens, les conduire à penser contre leurs intérêts et contre leurs semblables. Les dominants avides peuvent appauvrir le peuple sans se rendre compte qu'ils tuent tout simplement leur poule aux oeuf d'or. Ils peuvent travailler à développer les pulsions de l'humain au détriment de sa conscience, pour le conduire vers des dépendances favorables au marché etc.
Dans le cas de la peine de mort, les pouvoirs pour masquer leurs responsabilités, vont en effet bien souvent jouer sur le créneau
bien connu de la peur.
L'analyse subtile de ces manipulations
(solution à
l'insécurité = peine de mort) et leur mise en lumière,
n'est pas à la
charge du peuple qui a autre chose à faire ... C'est la
charge des intellectuels et des médias.
Des intellectuels subtils et éthiques existent.
Ils ont décodé depuis longtemps la réelle
mécanique
de l'adhésion populaire à la peine de mort.
Seulement
les médias ayant perdu leur rôle éducatif, néglige de traiter ce genre de sujet. Ils évitent d'inviter ces penseurs à répandre correctement leurs analyses vers le plus grand
nombre.
Et finalement l'ensemble de la classe politique préfère
caresser
la réaction primaire du peuple (qu'ils ont eux même induit) au lieu d'adopter la vision décodée des sociologues et des chercheurs capables de remettre en cause leurs systèmes et leurs idéologies.
.
Cette manipulation permet certes à un système
de maintenir la peine de mort, mais ce n'est autre qu'un assassinat
par peuple vulnérable et
influençable interposé. Et c'est un moyen de
maintenir vivace le principe primitif et hors la loi de la vengeance.
Une
injustice subie déchaîne
chez l'homme naturel une soif ardente de vengeance, et l'on a souvent
répété que la vengeance est douce. Ceci est
confirmé par les nombreux sacrifices faits simplement pour
la goûter, et sans intention aucune d'obtenir une réparation.
La perspective certaine d'une vengeance raffinée, imaginée
à son heure suprême, adoucit pour le centaure Nessus
l'amertume de la mort, écrit Schopenhauer.
Cet état d'esprit initié par le pouvoir même, ramène
la société dans un archaïsme et une brutalité
mythologique et pré philosophique. (D'ailleurs, les discours,
les comportements et les choix des pouvoirs favorables à la
peine de mort, sont bien plus proches de ceux du rusé
Ulysse que de ceux de Socrate ou de Platon).
Les penseurs et le peuple
Cette
surdité des pouvoirs
envers les penseurs dérangeants, d'autres intellectuels
(et des plus médiatisés) en font preuve envers le
peuple et à son détriment.
C'est le cas lorsque, opposés
à la peine de mort ils critiquent les gens simples qui y adhèrent. Il vaudrait mieux qu'ils s'attaquent efficacement aux causes (manque d'éducation, injustice, inégalité,
insécurité) conduisant le peuple à y souscrire.
Ces penseurs maltraitent les gens en les enfermant
dans 2 seules issues.
1/ Soit le peuple doit accepter de subir l'insécurité
et la violence (quand l'élite dispose de moyens pour s'en
affranchir).
2/ Ou bien il doit supporter la mauvaise conscience de réclamer
la peine de mort pour tenter de résoudre son problème.
Trois raisons, à mon sens, empêchent le philosophe,
le sociologue, le psychologue ... d'avoir le poids
nécessaire pour obliger le pouvoir à soigner les
causes au lieu de panser les effets par l'enfermement :
-
L'oubli par les intellectuels médiatique de leur
mission première (critiquer les systèmes).
- Leur goût pour les valeurs tentantes du marché
(narcissisme, enrichissement, honneurs, élitisme, pouvoir ... ) les mettant en porte à faux avec cette mission.
-
Et enfin et surtout, la surdité politique et la censure
médiatique exercées sur les quelques penseurs réellement
critiques (Bourdieu, le monde diplomatique, etc.).
Le peuple, encore une fois, en plus de construire physiquement l'humanité, ne peut pas s'occuper d'ouvrir la conscience des dominants et travailler en même temps, à sa propre sécurité.
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