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    la démocratie (suite)

Les penseurs en démocratie

L'importance des penseurs.

jacques derridaDes intellectuels démocrates

Être démocrate, ce serait agir en reconnaissant que nous ne vivons jamais dans une société assez démocratique. Jacques Derrida

En plus de médias indépendants, la démocratie réclame des intellectuels courageux et démocrates.

Des penseurs disposant d'une capacité d'analyse subtile et profonde, une grande attention envers le peuple.

En posant une distance les événements, ils sont une aide précieuse pour le journaliste et l'homme politique.
leur vision hypermétrope, leur permet de détecter les grandes dérives éthiques des systèmes.

De l'intelligence du peuple

Un peuple bien instruit, traité avec justice et sans manipulation n'aspire qu'à la paix et à l'universalité.

Par nature, il va choisir la politique la plus humaine, la plus médiane. Des citoyens non manipulés éliront systématiquement le meilleur homme politique possible. Le dirigeant le plus juste et le plus conforme aux intérêts de la démocratie donc du peuple.

La majorité humaine est exempte de perversion. C'est pourquoi elle à du mal a détecter les grands manipulateurs et les psychopathes subtils. Elle est donc vulnérable à leur séduction et à leurs mensonges.

La majorité humaine est également exempte de violence. Elle ne déclare jamais de guerre ni de génocide. Ce sont les dominants qui les décident et qui y plongent le peuple. Les citoyens utilisent la violence de la révolte uniquement lorsqu'ils sont mis en danger. Ou lorsque les dominants dépassent leur seuil de tolérance.

 

L'exemple de la peine de mort.

Trop d'émotion,

céramique Vallauris, oeuvre de Jean Marc Tonizzopas assez d'explications

Lorsque certains hommes politiques, certains pouvoirs, comme le pouvoir américain, justifie la peine de mort en soutenant qu'elle est un désir populaire, à mon sens, ce n'est pas du tout exact.

Le peuple serait plutôt hostile à la peine capitale si on l'a lui montre sous son véritable aspect. Il voterait son abolition si des penseurs lui en expliquaient tous les tenants et les aboutissants. Ce n'est pas la peine de mort que les gens réclament avant tout, mais le sentiment de sûreté et de sécurité, base de l'instinct de vie.

Cette sécurité, les penseurs ont la charge d'expliquer qu'elle n'est pas dépendante de l'enfermement à outrance ni de la peine de mort. Elle découle entièrement, des conditions de vie, des choix de société et des valeurs proposées par les dominants (via le cinéma, la propagande, les médias).

Ce sentiment de sécurité relève de la rectitude de la justice, des moyens offerts à l'éducation, à la médecine, à l'assistanat social.

Tous ces paramètres, en réalité, reposent essentiellement sur la mentalité du groupe de dominant. Lorsque les leaders n'ont aucune réelle affection pour le peuple, lorsqu'ils ignorent quel rôle ils ont à tenir dans la démocratie, ils peuvent alors l'instrumentaliser à des fins électorales.

Les dominants manipulateurs savent jouer sur les peurs des citoyens, les conduire à penser contre leurs intérêts et contre leurs semblables. Les dominants avides peuvent appauvrir le peuple sans se rendre compte qu'ils tuent tout simplement leur poule aux oeuf d'or. Ils peuvent travailler à développer les pulsions de l'humain au détriment de sa conscience, pour le conduire vers des dépendances favorables au marché etc.

Dans le cas de la peine de mort, les pouvoirs pour masquer leurs responsabilités, vont en effet bien souvent jouer sur le créneau bien connu de la peur.

L'analyse subtile de ces manipulations (solution à l'insécurité = peine de mort) et leur mise en lumière, n'est pas à la charge du peuple qui a autre chose à faire ... C'est la charge des intellectuels et des médias.

Des intellectuels subtils et éthiques existent.

Ils ont décodé depuis longtemps la réelle mécanique de l'adhésion populaire à la peine de mort.

Seulement les médias ayant perdu leur rôle éducatif, néglige de traiter ce genre de sujet. Ils évitent d'inviter ces penseurs à répandre correctement leurs analyses vers le plus grand nombre.

Et finalement l'ensemble de la classe politique préfère caresser la réaction primaire du peuple (qu'ils ont eux même induit) au lieu d'adopter la vision décodée des sociologues et des chercheurs capables de remettre en cause leurs systèmes et leurs idéologies.
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Cette manipulation permet certes à un système de maintenir la peine de mort, mais ce n'est autre qu'un assassinat par peuple vulnérable et influençable interposé. Et c'est un moyen de maintenir vivace le principe primitif et hors la loi de la vengeance.

Une injustice subie déchaîne chez l'homme naturel une soif ardente de vengeance, et l'on a souvent répété que la vengeance est douce. Ceci est confirmé par les nombreux sacrifices faits simplement pour la goûter, et sans intention aucune d'obtenir une réparation. La perspective certaine d'une vengeance raffinée, imaginée à son heure suprême, adoucit pour le centaure Nessus l'amertume de la mort, écrit Schopenhauer.

Cet état d'esprit initié par le pouvoir même, ramène la société dans un archaïsme et une brutalité mythologique et pré philosophique. (D'ailleurs, les discours, les comportements et les choix des pouvoirs favorables à la peine de mort, sont bien plus proches de ceux du rusé Ulysse que de ceux de Socrate ou de Platon).

Les penseurs et le peuple

Cette surdité des pouvoirs envers les penseurs dérangeants, d'autres intellectuels (et des plus médiatisés) en font preuve envers le peuple et à son détriment.

C'est le cas lorsque, opposés à la peine de mort ils critiquent les gens simples qui y adhèrent. Il vaudrait mieux qu'ils s'attaquent efficacement aux causes (manque d'éducation, injustice, inégalité, insécurité) conduisant le peuple à y souscrire.

Ces penseurs maltraitent les gens en les enfermant dans 2 seules issues.

1/ Soit le peuple doit accepter de subir l'insécurité et la violence (quand l'élite dispose de moyens pour s'en affranchir).
2/ Ou bien il doit supporter la mauvaise conscience de réclamer la peine de mort pour tenter de résoudre son problème.

Trois raisons, à mon sens, empêchent le philosophe, le sociologue, le psychologue ... d'avoir le poids nécessaire pour obliger le pouvoir à soigner les causes au lieu de panser les effets par l'enfermement :

  1. L'oubli par les intellectuels médiatique de leur mission première (critiquer les systèmes).
  2. Leur goût pour les valeurs tentantes du marché (narcissisme, enrichissement, honneurs, élitisme, pouvoir ... ) les mettant en porte à faux avec cette mission.
  3. Et enfin et surtout, la surdité politique et la censure médiatique exercées sur les quelques penseurs réellement critiques (Bourdieu, le monde diplomatique, etc.).

Le peuple, encore une fois, en plus de construire physiquement l'humanité, ne peut pas s'occuper d'ouvrir la conscience des dominants et travailler en même temps, à sa propre sécurité.

 

 

 

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Chez nous, les intellectuels n'ont plus d'influence dans la société, sauf quand ils émettent des slogans. Les intellectuels ont de l'influence en France lorsqu'ils flattent un vague politiquement correct. J F Rl

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Mise à jour le 09/02/2012 - Paris
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