La conscience est donc d'abord un produit social et demeure telle aussi longtemps que des hommes existent. Karl Marx
Les progrès de la conscience
L'esprit qui invente est toujours mécontent
de ses progrès, parce qu'il voit au-delà.
d'AlembertSelon notre philosophie, l'humanité évolue progressivement vers sa perfection indépassable.
Si la conscience est un produit social comme le prétend Karl Marx (et nous sommes d'accord avec cette idée), le social évolue et produit donc de nouveaux états de conscience au fur et à mesure de son évolution.
Par exemple, la conscience humaine (autrement dit la conscience qu'à l'homme de lui-même et de l'extérieur), avant le monothéisme est différente de la conscience humaine après le monothéisme,. Idem avec l'ère industrielle, l'exploration spatiale, l'idée de village planétaire etc.
Pour reprendre les thèmes de notre philosophie, la conscience de l'humanité prend racine dans la conscience qu'on les primates d'eux-mêmes et du monde.
Cette conscience a évolué jusqu'à la conscience de l'homme actuel, et se dirige vers la conscience absolue, autrement dit l'éveil, correspondant à la conscience de l'humanité aboutie.

Entre le primate naturel que nous étions et l'homme que nous sommes devenues, nos capacités psychiques ont évolué.
Ce développement cérébral englobe une quantité de facultés comme ; l'intelligence, la conscience, la mémoire, la capacité d'étudier, d'analyser et d'accumuler des connaissances, la capacité de spiritualiser, de transcender, de se projeter, de faire des abstractions etc..
Nous pouvons séparer ces diverses capacités psychiques en deux groupes :
D'un côté les facultés relatives à l'adaptation au milieu. Nous réunirons ces aptitudes sous le terme générique « d'intelligence ».
De l'autre les facultés relatives aux sentiments et aux sensations. Elles seront quant à elle, réunies sous la formule générale de « conscience humaine ».
Évidemment, il s'agit là d'une distinction schématique destinée uniquement à simplifier notre théorie. Intelligence, sensation et conscience, notions extrêmement complexes et interconnectées, méritent une étude beaucoup plus approfondie.
Pour schématiser donc, nous considérerons l'intelligence et ses réalisations (sciences, techniques, créativité etc.) comme le processus mental permettant d'élaborer progressivement toutes les structures matérielles de l'humanité.
Ce pôle de l'intelligence humaine est en évolution.
Grâce à ces facultés, notre adaptation au monde se réalise de mieux en mieux. les secrets de ce monde se dévoilent de plus en plus et nous écartons progressivement tous les dangers.
De l'autre côté, les facultés relatives à la conscience humaine.
Nous regrouperons dans ce groupe, tout ce qui est du domaine de la sensation : la sensibilité, l'amour, l'affection, la tendresse, l'amitié, la compassion, la contemplation, le bonheur, la joie etc.
Le champ de conscience et de sensibilité se développe sans cesse dans l'humanité.
En se développant, la conscience permet à l'homme d'avancer vers la profondeur des choses et la subtilité de son ressenti.
En s'avançant de plus en plus vers l'intimité des êtres et des choses, notre affection et notre amour envers ces êtres et ces choses, grandit.
Par exemple, la profondeur des sentiments exprimés dans une relation amoureuse, dépend de la profondeur de conscience engagée par les amoureux.
Si l'individu focalise essentiellement son désir amoureux sur les qualités physiques de l'autre, sa profondeur d'amour sera relativement limitée.
S'il parvient à apprécier en plus des qualités physiques, les qualités intellectuelles, sociales etc., la densité de son amour sera un peu plus forte.
S'il arrive à ajouter les qualités « sensibles » de l'être aimé, sa douceur, sa générosité, son potentiel d'amour inexprimé, la force de son amour sera encore plus intense.
Et si l'amoureux parvient à hisser en plus, son regard vers la profondeur de l'âme de la personne qu'il aime, s'il parvient à voir et à aimer l'être divin qu'il représente, la puissance de son amour sera totale.
En résumé, la partie de notre activité cérébrale concernant l'intelligence, est donc plutôt destinée au progrès technique et matériel de l'homme, et l'autre à l'évolution sentimentale et spirituelle.
L'une est destinée à la connaissance et à la fabrication, l'autre à ressentir les choses.
La frontière entre conscience et intelligence est perméable.
Elles se développent et s'enrichissent mutuellement.
L'intelligence est un « révélateur de conscience » et la conscience un « adoucisseur d'intelligence ».
Ces deux facultés comme nous venons de le voir sont en évolution.
Si nous projetons l'évolution de ces deux composantes psychiques ; intelligence et conscience dans le futur, nous pourrons alors savoir si l'une d'entre elles est plus importantes que l'autre, si les deux subsisteront, ou s'il n'en subsistera qu'une et l'autre se révélant alors être un « simple » (si je peux m'exprimer ainsi) « matériel de construction » destiné à s'éteindre lorsque l'humanité n'en aura plus besoin.
L'intelligence, dit Bergson, tend à la fabrication et ne se sent bien que dans l'inorganisé.
Nous sommes tout à fait d'accord avec cette définition.
Si donc, puisque nous acceptons cette interprétation, l'humanité parvient à « organiser » ce qui est encore « inorganisé », et à fabriquer absolument tout ce dont elle aura besoin (en somme, à finaliser son évolution), l'intelligence du coup, n'aura plus lieu d'exister. Il y aura plus besoin non plus de facultés liées à l'adaptation au milieu puisque cette adaptation sera entièrement finalisée.
Dès lors, toute la place sera faite à la conscience humaine dont la vocation est de donner à ressentir, à aimer, à contempler.
Nous pouvons le dire autrement ;
Les progrès de l'intelligence humaine visent principalement à adapter le mieux possible l'humanité à son environnement, à parfaire son comportement, et à apporter des réponses à ses questionnements.
Donc, lorsque l'homme se sera idéalement adapté à son monde, il n'aura plus besoin d'intelligence constructrice.
Imaginons alors une humanité parvenue à son adaptation matérielle idéale ;
Plus besoin de construire (toutes les structures seront construites), plus besoin de se défendre (tous les dangers y compris le danger de l'homme envers l'homme, seront écartés), plus besoin de chercher (toutes les réponses à nos énigmes seront apportées), plus besoin de se projeter dans le futur ni dans le passé.
A ce moment-là, la partie de notre cerveau relative à l'intelligence adaptative n'aura plus lieu d'être activée. Elle cédera légitimement sa place à une conscience humaine, non seulement libre de contempler et de ressentir pleinement l'instant présent, mais également de contempler avec un état d'esprit plein d'amour puisque le monde ainsi finalisé sera forcément un monde de paix et de sérénité.
Vivre le plein instant présent sans souci du passé ni du futur, être en paix avec autrui et avec soi-même, c'est tout simplement la description de l'état d'esprit du béat.
L'extase, la béatitude, le nirvana ... c'est donc la finalité de l'humanité.
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