La connaissance des mots conduit à la connaissance des choses. Platon
Connaissance et évolution
La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience est l'homme libre. Victor Hugo
Nous nous sommes appuyés dans la page précédente, sur l'évolution progressive des sciences sociales, pour étayer un peu plus notre théorie selon laquelle l'humanité est destinée à atteindre la perfection.
À présent, nous allons faire la même chose avec ; l'évolution progressive de la CONNAISSANCE de notre destination.
Jusqu'à présent, notre évolution s'est déroulée (et se déroule encore) de façon plus ou moins inconsciente, intuitive et bien souvent ANTAGONISTE.
1/Inconsciente, dans la mesure où aucune des grandes disciplines scientifiques, aucune SCIENCE OFFICIELLE, aucun organe rationnel n'a encore osé investir le champ téléologique du sens de l'humanité.
Et pourquoi le ferait-elle en réalité.
Pourquoi la science, se définissant comme la connaissance raisonnée et méthodique des phénomènes du monde, devrait-t-elle s'occuper du but à atteindre par l'humanité, d'une réalisation future qu'il semble impossible aujourd'hui d'élucider.
Mais le futur, selon moi, n'a pas encore dit son dernier mot. Une étude et une connaissance rationnelle du devenir humain, me paraît envisageable.
Pour l'instant cette anticipation, cette prospective a été essentiellement occupé par la religion et la philosophie.
La religion en a bâti toutes les structures sous forme de métaphores (l'Apocalypse ou la réincarnation par exemple).
Plus tard, quelques grands philosophes de l'histoire comme Kant, Hegel, Comte ou Marx, ont rationalisé cette base spirituelle. Mais les grandes catastrophes morales du siècle dernier (attribué à tort au progrès des sciences et des techniques, en réalité, tout simplement mal utilisés par l'homme), ont interrompu pour un temps ces recherches.
A présent, ce champ de réflexion est plutôt occupé par la science-fiction.
La gestion des connaissances
Que manquait-il (et que nous manque-t-il encore), à la science à l'époque des lumières, comme à celle du 19e siècle, pour poser les bases d'une véritable téléologie scientifique ? Pour ajouter à ses disciplines rationnelles, une branche capable d'affermir et de prolonger les recherches anticipatrices d'un Kant ou d'un Hegel ?
Il manquait - et il manque encore - un véritable travail scientifique rassemblant l'ensemble des données en progression dans l'humanité.
Il manque une étude approfondie et méthodique de toutes les améliorations produites par notre espèce : Progrès sociaux, culturels, techniques, scientifiques, affectifs, psychologiques, philosophiques, physiques, et leur probable finalité si l'humanité conserve son axe d'évolution.
Il manque une analyse approfondie des modifications cérébrales humaines au cours du temps.
Nécessité également d'avoir une idée claire et précise du cerveau et de ses fonctions, une idée précise de notre histoire.
Il faudrait disposer de méthodes de modélisation sophistiquée et enfin, il faudrait que « la connaissance de notre but », soit devenu un intérêt pour l'humanité.
Nous le voyons, il manque encore trop d'éléments aux scientifiques, pour qu'ils puissent déjà s'intéresser à cette question concernant « le très long terme ».
Mais s i ce n'est pour aujourd'hui, ce sera pour demain.
Conscience et connaissance progressent dans l'humanité à un rythme qui leur est propre.
L'homme est parvenu à accepté l'idée d'appartenir au règne animal, au moment où sa conscience en était capable, quand son esprit s'y était suffisamment préparé en quelque sorte.
De la même maniére à mon avis, notre but s'imposera naturellement à la conscience de l'humanité, lorsqu'il sera temps.
Alors, la science sera là pour rassembler toutes les preuves à sa disposition, et « affirmer » comme elle l'a fait pour la théorie de Darwin : « ce n'est plus une supposition mais un fait ».
Une fois ce point acquis par l'humanité, l'homme pourra agir consciemment et universellement dans le sens de la logique commune.
Si la science me dit : « l'humanité a un sens, elle évolue vers la paix, l'universalité, l'égalité, la quiétude, c'est un fait », alors je peux me sentir obligé de situer mes actes dans cette conformité, d'agir dans la logique du bien commun, de travailler consciemment à cette destinée. Cette prise de conscience demandera probablement un certain temps, et un autre temps encore, pour en faire une loi, comme il a fallu du temps entre la naissance de la théorie de l'évolution et le moment où le monde scientifique en parle comme un fait.

2/ Intuitive car tout individu doué de raison, a le sentiment profond même s'il ne repose sur rien de solide, que les choses ont un sens, que l'humanité n'évolue pas sans raison, qu'il y a une finalité et un but à cette création.
Intuition et réflexion sont l'apanage de l'humanité.
Une des raisons pour lesquelles la raison a stagné chez les autres primates empêchant nos cousins d'accéder à toute réflexion y compris téléologique, résulte à mon sens, de leur incapacité à dominer l'autocratie radicale de leurs dominants.
En effet, la toute-puissance des dominants naturels, leurs combats, leurs compétitions, leurs agressivités permanentes, font régner une sensation de chaos et de peur qui empêche le développement des projections mentales de la conscience et de la réflexion.
À partir du moment où l'homme a placé au-dessus de ses « chefs » une puissance supérieure (dieu) auquel ces derniers devaient se soumettre, il est parvenu à faire diminuer l'agressivité et l'autocratie de son groupe dominant. Dès lors, l'humanité est devenue plus paisible, les hommes pouvaient réfléchir, spéculer et méditer en paix.
Et grâce à cela, les spirituels ont pu spiritualiser.
Peu à peu la spiritualité s'est enrichie, et est parvenue à une réflexion sur les fins dernières de l'humanité.
Les idées d'apocalypse, de souverain bien, ou de vide, sont les trois grands aboutissements de ces intuitions téléologiques, qui rencontreront leurs « scientifisations » d'une certaine manière, dans les oeuvres de Kant et de Hegel.

3/ Antagoniste par obligation, par nécessité. En effet, le comportement humain découle en droite ligne du comportement primate naturel caractérisée par l'esprit de compétition, de domination et de thésaurisation des privilèges.
L'humanité correspond à la lente métamorphose d'un primate instinctif en humain conscient, d'un singe agressif et antagoniste, en être humain coopératif et pacifiste. L'évolution humaine c'est la difficile transformation d'un primate clanique incapable de maîtriser ses instincts agressifs, en humain accompli, universel égalitariste et maître de ses tendances.
Il s'agit donc, pour l'humanité, de comprimer progressivement ses tendances antihumaines, héritées des lois de la nature - agressivité, égocentrisme, surdité à autrui, domination/subordination, thésaurisation des privilèges - pour obéir parfaitement aux lois humaines qu'elle a créées - égalité, respect d'autrui, universalité, fraternité.
Le but étant de faire de l'obéissance aux lois humaines, la seule nature humaine.
Parce que nous ignorons encore notre but, et parce que nos tendances abusantes sont encore conséquentes, nous continuons à élaborer cette humanité (et nous-mêmes), de façon inconsciente, égocentrique et antagoniste (donc violente et dangereuse).
Pourtant, malgré cet antagonisme, malgré la violence et la puissance de nos tendances à abuser d'autrui, et malgré le manque de plan d'évolution, nous sommes arrivés aux abords de l'unification universelle.
Ainsi donc, si même avec l'antagonisme, la violence, la tyrannie, la domination, la surdité à autrui, bref tous les moyens agressifs relatifs à l'évolution inconsciente, l'humanité est quand même parvenue aux abords de l'universalité et de la paix universelle, nous pouvons considérer notre évolution vers cette perfection positive, comme étant « vissé » au corps même de l'humanité.
Aujourd'hui, nous sommes à un point de ce parcours, soumis en partie à notre conscience morale d'autrui et en partie à notre tendance à nous affirmer à ses dépens.
Nous sommes également à mi-chemin entre une évolution totalement inconsciente de sa destination, et une évolution totalement consciente de sa destination.
Si un homme est inconscient de la joie émise par la voie du « bien », il peut choisir la voie du « mal », s'il pense qu'elle génère du plaisirEn résumé, même si aujourd'hui encore, l'humanité évolue de façon inconsciente, intuitive et antagoniste, il viendra un jour, où elle adoptera une évolution consciente donc naturellement attirée par le bien puisque la conscience ne peut pas faire le mal (lorsqu'elle a le choix entre le « bien » le « mal », comme l'affirme très justement Platon et plus tard Sartre, la conscience choisi obligatoirement le « bien »).
Mais ne perdons pas de vue que cette évolution vers le bien - doit se faire de manière progressive - adaptée aux capacités psychiques humaines et non pas forcé par l'exaltation de nos utopies (sinon nous arriverions a une dictature).
L'humanité à son propre rythme que l'on doit comprendre et respecter.
Lorsque ces lois humaines auront remplacé la tendance à abuser d'autrui, dans « la nature » profonde de chaque homme, l'humanité sera parvenue à sa perfection.
Et même si l'ambiance ponctuelle donne le sentiment d'une régression, nous évoluons dans la direction de la paix universelle.
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