La connaissance du sens
Connaître le sens de l'évolution
Où va l'humanité
La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l'égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience est l'homme libre. Victor Hugo
Dans les pages précédentes, nous avons pris appui sur certains progrès humains* pour étayer notre théorie**.
*sur les progrès de la conscience, de l'amour, et de la psychologie
** Une théorie selon laquelle, je vous le rappelle, l'humanité se dirige progressivement vers sa perfection.
Nous allons à présent nous pencher sur l'évolution progressive de la connaissance. Et plus précisément, la connaissance de notre destinée.
L'évolution inconsciente
Jusqu'à présent, l'évolution humaine se déroule de façon plus ou moins inconsciente, intuitive et bien souvent antagoniste.
Évolution inconsciente dans la mesure ou l'on ignore encore son but et sa destinée.
Les religions ont bien émis des propositions quant au sens de l'évolution de l'homme et de l'humanité. Mais la science, en prenant le pouvoir sur le religieux, a éteint toutes ces réflexions téléologiques. Et depuis, plus aucune des grandes disciplines scientifiques, n'a osé réinvestir dans la téléologie.
Et pourquoi ces disciplines pragmatiques le feraient-elles en réalité ?
Pourquoi la science devrait-t-elle s'occuper de l'éventualité d'un but à atteindre par l'humanité ? Pourquoi la connaissance raisonnée et méthodique des phénomènes du monde, s'intéresserait-elle à une énigme qui semble insoluble ?
Nous pensons pourtant cela nécessaire. C'est sans doute la seule façon de sortir l'humanité de cette évolution inconsciente, donc risquée.
La barbarie technologique
Pour l'instant l'anticipation du futur humain a été essentiellement occupé par la religion et la philosophie.
Sous une forme métaphorique, les spiritualités en ont bâti toutes les structures (l'Apocalypse, la réincarnation par exemple).
Ensuite, quelques philosophes de l'histoire, comme Kant, Hegel, Comte ou Marx, ont rationalisé cette base spirituelle.
Mais les grandes catastrophes morales du siècle dernier, sont arrivées.
On en a, à tort, attribué la responsabilité aux progrès scientifiques et technologiques. En réalité, c'est au caractère humain qu'elles doivent être amputé et principalement au narcissisme.
En tout cas, ces catastrophes morales ont interrompu pour un temps, toutes recherches téléologiques.
Total, depuis la dernière guerre mondiale, la prospection du futur est exploité par la science-fiction.
La gestion des connaissances
Qualités et défauts de la science
Que manquait-il ?
Depuis longtemps, en s'appuyant sur la science, de nombreux philosophes ont essayé d'éclairer le sens de l'humanité.
Il leur a toujours manqué quelque chose, puisque aujourd'hui encore, ce sens est ignoré.
Mais qu'a-t-il manqué aux Lumières pour fonder une véritable téléologie scientifique ?
Qu'est-ce qui manque à la science pour s'intéresser à la connaissance de notre destinée ? Que lui manque-t-il pour s'ajouter une discipline capable de prolonger les recherches d'un Kant ou d'un Hegel ?
Il manque !
Il manquait (et il manque encore) l'intention scientifique de sortir du cadre restreint, du vérifiable.
Il manque une étude approfondie et méthodique de toutes les améliorations produites par notre espèce. De tous les progrès sociaux, culturels, techniques, scientifiques, affectifs, psychologiques, philosophiques, physiques, réalisés. Et une étude, bien sur, de leur probable finalité si l'humanité conserve cet axe d'évolution.
Il manque une analyse approfondie des modifications cérébrales humaines au cours du temps. Il manque une bonne connaissance de notre cerveau et de ses fonctions. Une idée précise de notre histoire. Il manque des moyens de modélisation sophistiquée. Et bien entendu, il manque un puissant intérêt pour « la connaissance de notre but ».
Nous le voyons, trop d'éléments font encore défaut aux scientifiques, pour s'ouvrir au « très long terme ».
Mais si ce n'est pas pour aujourd'hui, ce sera pour demain.
Un rythme d'évolution, autonome
L'évolution des connaissances et de la conscience, a un rythme propre qu'on ne peut accélérer.
L'interdiction de l'esclavage ne pouvait être réalisée par la société égyptienne ou grecque. L'idée d'appartenir au règne animal, a dû attendre Darwin pour être acceptée.
De la même façon, le sens de l'humanité s'imposera naturellement, quand il en sera temps. Sans doute quand le besoin s'en fera sentir et quand des preuves suffisantes pourront être rassemblées *.
* elle pourra alors affirmer, comme elle l'a fait pour le darwinisme : « l'évolution vers la perfection n'est plus une supposition mais un fait ».
L'homme conscient
Si l'humanité à un sens* que la science accrédite, l'ambiance de la société, sera probablement complètement modifié.
* un sens positif comme nous l'affirmons sur ce site. Un sens dirigeant qui dirigerait notre espèce vers la paix universelle, l'égalité, la fraternité et l'extase.
En effet, l'homme se sentira obligé de travailler consciemment et universellement pour ce sens. Il comprendra la raison pour laquelle il doit conformer ses actes, au but à réaliser. Il saisira l'importance de travailler consciemment à cette destinée*.
* on peut prendre l'exemple des ouvriers ayant participé à la construction du viaduc de Millau. Chacun d'eux a travaillé avec fierté, avec joie et dans une entente parfaite, parce qu'il connaissait la finalité a réalisé. (Et également, parce que leurs patrons n'ont pas passé leur temps à tenter de les exploiter, de les maltraiter ou de les escroquer)
Il est probable qu'une telle prise de conscience demandera du temps et un certain protocole pour émerger.
L'intuition apparaîtra peut-être en plusieurs endroits comme c'est souvent le cas. Un universitaire la reprendra pour la rendre digeste et conforme à la société. Il faudra sans doute encore un certain temps de gestation, comme on l'a vu pour le darwinisme. Et enfin le modèle deviendra la norme de l'humanité.*
* comme il a fallu du temps entre la naissance de la théorie de l'évolution et le moment où le monde scientifique en parle comme un fait.
L'évolution intuitive,
Du singe à l'humain
L'intuition du sens
Évolution intuitive dans la mesure ou tout individu présuppose qu'il existe un sens à l'humanité. Tout homme doué de raison, a le sentiment profond qu'elle n'évolue pas sans raison. Qu'il y a une finalité et un but à cette création.
La créativité et la réflexion, font parti des grandes nouveautés apportées par l'humanité.
Des raisons expliquent pourquoi ces facultés ont stagné chez les autres primates. Une stagnation qui a empêché nos cousins singes d'évoluer au rythme de l'humanité*.
* Évidemment, toutes les espèces cheminent à leur mesure. Et il n'y a pas de fierté à retirer pour la rapidité de notre évolution. Nous faisons tous partie d'un processus dont le sens nous échappe et dont seul le principe créateur mériterait des éloges.
L'autocratie atrophiante
Ces raisons me paraissent simples. Elles résultent à mon sens, de l'autocratie des leaders, qui est totale chez les autres primates. Ou plus précisément, de l'impossibilité à gérer cette autocratie.
La toute-puissance et l'agressivité des dominants dans la nature, engendrent un climat d'affolement et de peur permanent*. Ces conditions de vie, leur ferment l'accès à la conscience et à la réflexion.
* et curieusement, c'est exactement la manière d'agir du néolibéralisme actuel
Dieu et le progrès
Grâce au phénomène religieux, l'homme a rompu avec ce mécanisme. Il à hissé au-dessus du « chef » un être supérieur (dieu) auquel tout le monde devaient se soumettre. Et ainsi, notre espèce est parvenu à dévaluer l'agressivité et la toute puissance de nos « dos argentés ».
L'humanité est alors devenue plus paisible.
Les hommes pouvaient réfléchir, spéculer et méditer en paix.
Et par ce biais, les religieux ont pu téologiser et les philosophes philosopher.
Peu à peu la spiritualité s'est enrichie.
Devenue religion, elle s'est mise, entre autres, à réfléchir aux fins dernières de l'humanité.
L'idée d'apocalypse, de souverain bien, ou de vide, sont les trois grands aboutissements de ces intuitions téléologiques.
La philosophie à repris le flambeau des réflexions sur le devenir. Elles ont atteint leur première apogée, dans les oeuvres de Kant et de Hegel.
L'évolution antagoniste
Vers la fin du dualisme
À l'intérieur du cerveau tu n'as pas l'intelligence ; comme à l'intérieur du réveil, tu n'as pas l'heure. Brèves de comptoir
Évolution antagoniste enfin, par obligation et nécessité.
En effet, le comportement humain découle en droite ligne du comportement primate naturel. Esprit de compétition, de domination et de thésaurisation, caractérise ce comportement animal.
L'humanité correspond à la lente métamorphose d'un primate instinctif en humain conscient.
C'est la conversion d'un singe agressif et antagoniste, en un être humain coopératif et pacifiste.
C'est la difficile transformation d'un primate en humain accompli. La lente métamorphose d'un animal soumis à ses instincts, en homme universel, maître de ses pulsions.
Il s'agit donc, pour l'humanité, de comprimer progressivement ses tendances anti humaines*.
* tendances héritées des lois de la nature - agressivité, égocentrisme, surdité à autrui, domination/subordination, thésaurisation des privilèges ..
Afin d'obéir parfaitement aux lois humaines qu'elle s'est créées*
*égalité, respect d'autrui, universalité, fraternité.
Et pour faire de l'obéissance à ces lois, la seule nature humaine.
Malgré tout
Parce que nous ne suivons aucun but, nous élaborons l'humanité de façon inconsciente égocentrique et antagoniste.
Et pourtant, malgré cet antagonisme, ces pulsions et l'absence de plan, nous en somme déjà là . Aux abords de l'unification universelle.
Autrement dit, malgré tous les handicaps possibles, l'humanité continue sa progression*.
* si même avec l'antagonisme et la violence, si même avec la tyrannie, la domination et la surdité à autrui, bref, si même avec tous les moyens agressifs relatifs à l'évolution inconsciente, l'humanité est parvenue aux abords de l'universalité et de la paix, nous pouvons considérer cette évolution vers la perfection comme « vissé » au corps même de l'humanité.
Aujourd'hui, nous sommes à un point de ce parcours. Soumis en partie à notre conscience morale, et en partie à nos pulsions négatives.
Nous sommes à mi-chemin entre une évolution totalement inconsciente et une évolution totalement consciente de sa destination.
La transformation de la conscience
L'évolution consciente est notre destinée
Quand un homme ignore la joie émise par la voie du « bien », il peut choisir la voie du « mal » pensant qu'elle génère plus de plaisir Tonizzo
En résumé. Aujourd'hui encore, l'humanité évolue de façon intuitive et antagoniste. Mais les progrès aidant, nous allons vers une forme d'évolution consciente.
Lorsqu'elle a le choix entre le « bien » et le « mal » affirme très justement Platon (et plus tard Sartre) la conscience choisi obligatoirement le « bien ».
Autrement dit, agir sous l'autorité de la conscience, revient à agir dans le sens du bien.
Par contre, il est nécessaire de bien respecté les rythmes d'évolution humaine. La montée vers la pleine conscience doit se faire de manière progressive et naturelle. Elle doit suivre les capacités psychiques humaines et non pas l'exaltation de nos utopies*.
*sinon nous arriverions a une dictature, du type prolétariat.
L'humanité à son propre rythme, on doit le comprendre et le respecter. Et ceci est valable pour cette théorie.
La connaissance de notre sens
Un jour donc, le respect des lois humaines, sera inscrit dans la nature même de l'esprit humain. Ce respect fera partie de « la nature » profonde de chaque homme. L'habitude de bien aura éteint toute tendance à abuser d'autrui. L'humanité sera alors parvenue à sa perfection.
Et même si l'ambiance actuelle donne le sentiment d'une régression, nous allons dans cette direction.
universalisation > |