philosophie naïve du devenir humain

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Extase
Béatitude
 

 

 

Action volontaire, action résignée

 

 

 

Cette réflexion nous amène à une des grandes dualités de la philosophie et du monde contemporain.


  • D'un côté nous avons les idéologies orientées vers une acceptation du monde tel qu'il est plutôt que de le désirer à notre convenance, comme le préconise Spinoza à la suite des stoïciens, des philosophies asiatiques ou de l'islam, cette forme de pensée propose de s'en remettre à la volonté divine, au bon vouloir de Dieu est penser que tout est le mieux dans le meilleur des mondes (Leibniz)
  • et de l'autre celle qui recommande de refuser le monde tel qu'il est, vouloir agir dessus, vouloir le changer, le faire évoluer comme le préconisent les philosophies de l'action, et les philosophies nihilistes ou existentialistes.
    Les deux conceptions sont également justes, chacune à leur échelle.

Si l'on observe l'évolution de notre espèce entre l'époque où elle se confondait encore avec les primates naturels et aujourd'hui, nous constatons que l'humanité s'est naturellement orientée vers des valeurs morales et éthiques bien précises sans interventions véritables et lucides de l'homme. Ce n'est pas la volonté déterminée et consciente de l'homme qui a fait progresser peu à peu l'humanité vers le bien. Pourtant notre espèce s'est bien progressivement hissée vers le bien comme si elle suivait un plan déterminé. C'est donc en réalité la volonté du principe créateur qui a poussé notre humanité dans ce sens.

En suivant cette logique, ceux qui remettent leurs actions et leur destin entre les mains de Dieu (in allah), ont parfaitement raison.

D'un autre côté, l'homme d'aujourd'hui (à la différence de notre ancêtre Cro-Magnon par exemple), bénéficie d'une somme de connaissances et d'un niveau de conscience le rendant apte à comprendre la finalité de toutes nos améliorations. En effet, les progrès de la justice, de la morale, du droit, de l'éthique, de l'universalisme, de la fraternité, de la liberté, et de l'égalité, travaillent à installer ce dont la plupart des hommes sur terre rêvent c'est-à-dire : la paix, la sécurité, l'amitié, le partage, la fraternité, la liberté, la justice etc.

Sachant cela, il est tout à fait normal aussi, de ne pas accepter la lenteur de l'évolution humaine, d'être pressé de voir s'installer un monde de paix, de refuser la fatalité et de vouloir ainsi agir sur ce monde pour le changer.

Ces deux états d'esprit, au lieu d'être antagonistes et ennemis, le contemplatif trouvant absurde l'agitation pathologique de l'hyperactif, et l'hyperactif incapable de comprendre le contemplatif, le traitant de fainéants, d'inutiles, et voulant à tout prix lui donner le goût de sa pathologie hyperactive, devraient être alliés puisqu'ils agissent pour la même cause, c'est-à-dire construire progressivement l'humanité.

Si la fatalité et la contemplation sont les enfants naturels de l'éveil absolu, l'insatisfaction et la résistance sont les mères naturelles du progrès.

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