philosophie naïve du devenir humain

Français Portugais English Deutsch Chinese    Ecrire à l'auteur Format imprimable
 
Hasard destinée
Introduction
La destinée
Réalité de la destinée
Contingence et nécessité
Le hasard
 

La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien Charles Baudelaire

Philosophie prospective

Paroxysme et extinction sont deux sortes de destinations Toute évolution va d'un état à un autre état.

A partir du moment ou une espèce vivante est dite en évolution, elle obeit à un développement progressif.

Lorsqu'une espèce en évolution atteint un état indépassable et s'y maintient, nous pouvons considérer cet état comme étant une destination.

Le vivant peut être distingué en trois catégories :

a/ Le vivant lui-même, c'est-à-dire l'écosystème. Il se caractérise par la montée progressive vers un psychisme supérieur.

b/ L'espèce ensuite, dont les frontières semblent impossibles à définir. Sa caractéristique et de chercher à atteindre sa perfection adaptatrice pour s'y maintenir.

c/ L'individu enfin, relativement délimités entre sa naissance et son extinction. Il cherche comme l'espèce à atteindre durant sa vie la perfection et à s'y maintenir en luttant contre l'extinction

Lorsqu'une espèce ou un individu atteint un type de perfection indépassable et se maintient dans cet état, nous pouvons nommer ce summum : perfection aboutie.

Les ailes de la pie (résultat de la transformation progressive des pattes d'un reptile), semblent avoir atteint des proportions idéales pour leur vocation.

Nous pouvons ainsi considéré qu'elles sont arrivées à destination et qualifier cette destination de PERFECTION ABOUTIE.

Tout être vivant fini par l'extinction.

Nous pouvons donc envisager l'extinction comme étant une destinations et qualifier celle-ci de finale ou intermédiaire (pour l'athée il s'agit d'une destination finale, mais pour le croyant d'une destination intermédiaire).

Conséquence : la perfection aboutie tout comme l'extinction, peuvent être considéré comme étant deux destinations.

Dans le système vivant (hormis le vivant lui-même qui ne connait pas jusqu'a present l'extinction), deux types de destinations sont donc remarquables : la perfection et l'extinction.

 

Les destinées de l'homme

nous retrouvons évidemment ces deux types de destination à l'échelle de l'homme Se perfectionner est la destinée de tout être humain (même s'il s'agit de se perfectionner dans le négatives comme pour le cambrioleur par exemple);
L 'extinction est une autre de nos destinées.

Le sujet peut connaître ou ignorer ces 2 destinations :

par exemple, le bébé ignore qu'il est destiné à devenir un adulte, pourtant il s'y dirige irrepressiblement.

Si le sujet ignore sa destination et s'y dirige malgrés tout, cela signifie que la puissance motrice de cette destinée n'appartient pas à la volonté humaine mais à la nature même du vivant.

Lorsqu'un être humain cherche à atteindre consciemment une perfection particulière (par exemple la perfection du corps ou la perfection artistique), il peut imaginer globalement cette perfection sans savoir s'il y parviendra et ce que sera réellement cette destination.

Donc, si le choix de la destination semble appartenir au sujet, la réalité de la destination ne lui appartient pas.

Le choix du destin est un leurre nécessaire pour l'esprit humain

Essayons de voir à présent si le choix de la destination appartient réellement au sujet.

Prenons un exemple

Deux personne un body bulder et un ascète vise chacune d'entre-elle à atteindre une certaine forme de perfection (physique pour le body bulder et spirituelle pour l'ascète).

Ce qui à motivé le choix particulier des 2 hommes, c'est l'ensemble de leur historique (enfance, éducation, zone géographique etc.), et les valeurs du moment proposées par la société (le libéralisme matérialiste initie peu de vocation ascétique et beaucoup de body bulder).

A cela s'ajoute les dispositions psychiques et physiques (l'ascèse comme la salle de muscu, necessitent certaines dispositions sans cela c'est l'échec), ce qui restreint encore le libre choix .

Rien ne pouvait empécher que nous soyons ce que nous sommes Quand bien même l'individu s'opposerait à ce vers quoi tout le prédestine dans le but de prouver le libre arbitre, cet esprit de contradiction dépend lui-même de l'ensemble historique de la personne (certains en sont dotés, d'autres non).

Quoi qu'il en soit, dans les deux cas, qu'il accepte, ou qu'il contrarie son choix, l'homme ne sera pas maître de la réussite de son projet ni de la conformité de celui-ci avec l'imagination qu'il en avait.

Et enfin, nous devons aussi tenir compte de l'influence des pulsions, des désirs, des passions, sur l'acte accompli, et ces puissances dépassent le libre arbitre.

L'homme n'est donc pas maître de sa destination. Pourtant, quoi qu'il fasse, il est voué à une destination (peu importe les choix, l'homme arrive toujours quelque part, quoi qu'il fasse).

 

L'illusion nécessaire du choix

Quel choix si je ne peux essayer chaque alternative ? Pour pouvoir faire un véritable choix entre deux alternatives concernant le futur, il faudrait connaître avec précision l'ensemble des évènements composant chacune des 2 alternatives (j'hésite pour aller à Vladivostok, en voiture ou en train, mais je ne sais absolument rien de ce que chaque circuit me réserve).

L'homme n'ayant ni le don d'ubiquité (pour expérimenter les deux itinéraires et faire un choix réel), ni la maîtrise des aléas futurs, ses choix concernant son avenir, sont une illusion (il n'est donc plus question que d'espérance).

C'est la même chose à propos des les choix concernant l'immédiat ( boire ou ne pas boire une bière par exemple). Etant entièrement conditionnés par notre passé, par les valeurs du moment et par nos pulsions, ils ne sont, eux-aussi, qu'une illusion.

Le choix, present ou futur est donc une illusion (mais une illusion nécessaire)La seule façon que nous aurions d''être le véritable patron de notre choix, exigerait donc de n'être influencé ni par le passé, ni par le futur, ni par les tendances ni par les valeurs du moment.

Le seul acte de ce type c'est la contemplation passive, le pur ressenti de l'instant présent autrement dit l'état de BÉATITUDE.

Seulement, dans cet état, l'être se laisse entièrement guidé par son énergie interne, son élan vital, et donc il n'y a plus ni de choix illusoire, ni de choix véritable.

L'humanité n'ayant pas atteint son indépassable perfection, elle à besoin de l'activité humaine.

Et pour pouvoir construire, l'homme à besoin de toutes ses tendances (désir, pulsions, projection référence au passé etc), de l'illusion du choix et de l'illusion d'être maitre de sa déstiné.

L'homme est l'outil de quelque chose de plus vaste

Puisque l'homme n'a pas le choix et qu'il est pourtant attiré vers des destinations (viser sa perfection, évoluer vers son extinctinction etc) c'est qu'il est inclus dans une destiné.

Le hasard, n'est donc que la représentation de notre incapacité actuelle et momentanée, à calculer le déterminisme dissimulé derrière chaque acte injustement accordé à l'indéterminé.

Ainsi, si aujourd'hui il nous est encore impossible de prouver de manière incontournable l'évolution irresistible de l'humanité vers l'extase, il est probable que le développement du calcul de probabilité, le permettra un jour.

 

Pour résumer

L'homme constructeur à l'illusion qu'il a le choix de ses actes,

Il croit diriger les évenements alors qu'il n'en est que l'instrument.

Cette illusion est necessaire pour développer le progrés de l'humanité (ce qui l'empêche de succomber à un fatalisme inhibiteur d'action) mais en réalité l'homme, comme l'humanité, est soumis à une destiné inscrite dans la nature du vivant (ce qui ne signifie pas que le vivant soit le créateur de cette destiné, car dans ce cas-là, la logique du vivant serait hétérogène à celle de l'univers, et c'est impossible puisque la vie est une composante de l'évolution de l'univers. Le vivant est porteur de la destinée humaine mais le créateur de cette destinée se situe en deçà du vivant, et en déca aussi de l'univers).

Et ainsi, le seul moyen pour l'homme constructeur d'être libre, serait d'accepter une sorte de fatalisme eclairé et actif, c'est à dire de comprendre la finalité réelle des actions humaines. Comprendre également la perfection pour laquelle il est fait. Tendre vers cette perfection. La réaliser de façon consciente et d'accepter tout les obstacles a cette réalisation y compris l'extinction tout en s'en préservant le mieux possible.

La liberté, la sagesse, et la maîtrise de la destiné, exige donc d'aller dans le sens de la nature comme le préconisait le stoïcisme et l'épicurisme.

Dans le sens de la logique universelle

Nous n'avons pas encore abordé l'ère de l'homme sage L'entrée de l'humanité dans la sagesse débutera avec la prise de conscience de sa destiné et s'épanouira dans sa soumission et son acquiescement à celle-ci.
Par conséquent, le destin de l'humanité est l'expression d'une sagesse supérieure à la nôtre, que nous n'avons pas encore déchiffré tout à fait.

Le monde a été organisé de telle façon qu'il existe une harmonie préétablie entre un événement à venir est le signe qui l'annonce (le stoïcisme, Jean Brun).

Dans les chapitres précédents, nous avons vu que l'humanité est orienté vers une destinée : la béatitude. La sagesse, pour l'homme constructeur, ne consiste pas à viser la perfection finale (la béatitude), mais à construire cette humanité dans le sens de sa logique, et d'exploiter idéalement son potentiel pour cette construction.

Pour l'homme constructeur il n'est pas naturel de viser la béatitude,le nirvana, la contemplation absolue. Sa vocation etant de construire les structures de l'humanité, il doit viser les récompenses en rapport à l'activité (le repos, le plaisir, la detentes etc).

En somme, la recherche ascètique est contre nature pour l'homme constructeur (ce qui ne veut pas dire que de telles expériences ne doivent pas être faites au contraire, mais elles ne peuvent concerner qu'une minorité d'éclaireurs), c'est pourquoi cette perfection psychique nous est si difficile à atteindre et à comprendre.

La configuration actuelle de nos esprits est logiquement dirigée vers l'action et sa satisfaction - le plaisir - et non pas vers la contemplation et l'extase permanente.

 

L'idéal impossible, l'idéal possible

Ne demandons pas à l'enfant de devenir un sage Il y a donc une différence entre l'idéal visé par l'homme constructeur et l'idéal vécu par l'humain aboutie (tout comme l'homme qui construit sa maison, aura des idéaux en rapport - maîtrise parfaite de la technique de construction, maitrise idéale de son outillage etc. - mais une fois sa maison achevée, il prendra le statut de jouisseur et son idéal sera de profiter de sa construction)

Nous comprenons alors la dichotomie entre l'idéal préconisé par certaines spiritualités (nirvana, béatitude, pureté, non désir, contemplation etc.), et la capacité réelle de l'homme constructeur à s'y soumettre car il est chargé de pulsions, de désirs, d'envies, autant de tendances essentielles pour construire l'humanité, mais qui empêche l'accession à l'état de béatitude.

Cette nécessité de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, semble avoir été très bien perçue entre autre par le judaïsme, en effet pour cette religion le temps messianique viendra après avoir fait ce que nous avons à faire (Maïmonide), et c'est par des actions concrètes et non pas par l'idéal ascétique que se construit l'humanité et qu'adviendra les temps messianiques ou cesseront l'inimitié, les discordes, la tyrannie et le mal. Pour le Maharal de Prague, l'unité du monde émerge peu à peu et non en une seule fois. Jusqu'à l'avènement du Messie, le monde ne peut atteindre sa véritable unité car cela serait en contradiction avec la loi fondamentale des choses, à savoir, le développement graduel de chaque chose vers sa perfection et l'unité réalisée. Pour lui la Rédemption ne résulte pas d'une intervention miraculeuse, d'une puissance supérieure, elle s'explique par un processus immanent à la nature des choses, processus conduisant inéluctablement vers la réalisation de la perfection.

Les expériences contemplatives et béates du christianisme de l'islam ou du bouddhisme, sont également fondamentales pour l'humanité puisqu'elles évoquent la finalité de l'esprit futur (et perpétuent cette flamme), simplement, on ne peut préconiser cette quête à l'individu constructeur (qui ne peut l'atteindre sans douleurs) ni à l'ensemble de l'humanité en construction puisque si l'ensemble humain versait dés à présent dans la béatitude et la contemplation, l'humanité ne pourrait achever sa construction technique, condition fondamentale pour permettre a l'ensemble humain futur de vivre pleinement sa perfection psychique.

Et nous mesurons là l'intérêt de la diversité religieuse, chaque religion, chaque spiritualité, porte en elle (de façon métaphorique) une partie de la réponse totale.

 

Métaphysique de l'avenir >> contingence

Pages

1 | 2 | 3 | 4 | 5
Accueil - Contact ^ Haut de page