Philosophie du hasard
L'accident qui arrive devait arriver
Le
hasard n'est que la mesure de notre ignorance H. Poincaré
Toutes les définitions du hasard se
rapportent à nous même : concours de circonstances imprévu
et inexplicable (imprévu et inexplicable par nous même) événement
inattendu (inattendu par nous même)
Si,
comme nous avons essayé
de le démontrer, le monde obéit à une destinée,
le hasard alors, se résume à l'inexplicable.
Une quantité
de choses dans la vie d'un être humain semble appartenir
au hasard, mais est-ce bien le cas ?
L'exemple de l'accident
Prenons un exemple. Je décide d'aller faire
une promenade en voiture .... 30 mn plus tard j'ai un accident, je pulvérise un hummer qui vient de griller un feux, avec ma 2 cv.
Ce type de mésaventure nous
l'attribuons en général au hasard, ou plus précisément
à la contingence (contingence : qui peut arriver ou non, qui n'est ni nécessaire
ni impossible).
Autrement dit nous imaginons que cet accident aurait pu ne
jamais subvenir. Nous avons du mal à admettre qu'il était, en quelques sorte, programmé, qu'il est déterminé.
Seulement cet accident, ne pouvait pas ne pas arriver. Pour qu'il n'arrive jamais,
il fallait qu'une véritable
possibilité de l'éviter m'ait été offert.
Il
aurait donc fallut qu'au moment de prendre chaque décision
(sortir ou rester chez moi, choisir tel ou tel itinéraire,
ralentir ou accélérer etc.), me conduisant sur les lieux de cette mésaventure et à cet instant précis,
je puisse en connaître
toutes les répercussions,
toutes les conséquences.
Seulement c'est impossible ... Tout choix projeté, n'est pas un choix
réel mais une espérance
Le simple fait de tout ignorer de notre
futur,
fait qu'à aucun
moment, nous avons un choix réel entre deux possibilités.
Pour faire un véritable choix, il faudrait
connaître à priori, toutes les répercussions futures pour chacune de nos décisions.
Si nous pouvons choisir consciemment entre deux actions concernant l'immédiat (boire ou couper du pain par exemple),
sorti de l'immédiat, le choix
est impossible car il manque trois choses fondamentales
pour cela :
a/ Le don d'ubiquité. Il est impossible
d'être au même moment, à deux endroit à la
fois.
b/ La connaissance du futur. Il est impossible
de savoir avec précision ce qu'il va nous arriver.
c/ L'inaccession
au degré zéro de danger. Même s'il y a 1 malchance sur 10 milliards pour qu'un boulon de Boing m'arrive au sommet du crâne et
stoppe net mon existence, cette malchance m'empêche de certifier
ce futur, je ne peux être sur de lui à 100
%.
Pour
qu'il y ai un réel choix projeté, il me faudrait connaître en détail le résultat de toutes les décisions
prises.
C'est impossible, nous avons
droit tout au plus, à des probabilités.
Des pulsions
D'autre part, beaucoup des actions humaines, sont
motivés par des pulsions et des passions dépassant bien
souvent notre conscience et notre volonté.
Le
choix est alors entièrement entre les mains de ces tendances, il n'appartient plus du tout à la conscience et à la raison.
Donc, non seulement nous ne sommes
pas maître de notre futur, mais il arrive nécessairement comme il doit arriver.
En conséquence de quoi : tout ce
qui arrive, est déterminé.
Un seul choix possible, l'autre imaginaire
Il n’y a point d’absurdité qui
n’ait été soutenue
par quelque philosophe. Cicéron
Si
j'avais su !!!
Voila bien une phrase vaine et chimérique, car
en réalité, on ne pouvait jamais savoir.
D'un
coté
nous avons une possibilité imaginaire
(si j'avais pris cette route je n'aurais pas eu d'accident)
et de l'autre tous les choix nous ayant conduit à l'accident.
Ces derniers étaient
les seuls choix possibles dans la mesure ou nous n'avons
pas pu visualisé dés le départ ce qui allait
se passer.
En réalité, quand nous entreprenons une action concernant le futur, nous n'avons
aucun choix.
Que l'on prenne tels ou tels itinéraires, une fois pris, ils deviennent les seuls itinéraires possibles. Les autres n'existent pas. Notre
esprit les imagines, les fait exister par des concepts du type :
- j'aurai pas du !
-
si j'avais su !
... autrement dit des regrets,
des remords, des reproches, des idées de chance ou malchance etc.
Ces concepts temporels sont concomitants à la construction
de l'humanité mais ils sont de simples matériaux
imaginaires et ponctuel.
Notre capacité à concevoir le passé et l'avenir, est à l'origine du concept de temps et de libre-arbitre. L'animal est étranger à ces 2 notions.
L'homme constructeur
à besoin de ces 2 notions pour construire son monde, mais celles-ci s'aboliront d'elles mêmes lorsque l'humanité aura atteint sa perfection. L'humain abouti vivra alors dans l'immédiat, accueillant avec amour ce qui lui arrive, sans regrets, sans remords, sans illusions.
Si la période intermédiaire est tellement
impliquée dans les notions de temps,
c'est qu'elles sont facteur de progrès. Et
le progrès à pour vocation d'écarter tout
ce qui empêche le primate naturel d'atteindre la béatitude
(pulsions, dangers, quête de nourritures etc.)
Accepter le monde tel qu'il est et vient
L'humanité est en route vers la sagesse
Aucune religion au monde ne nous demande de
croire à un aussi grand nombre de miracles que
la philosophie du hasard ! Thierry Maulnier
Se soumettre au destin fait disparaître le
hasard.
Pour abolir de son esprit le concept de hasard, l'homme
doit accepter
ce qui lui arrive. Ce qui arrive, n'ayant d'autre choix que
d'arriver (tout ce qui arrive, arrive justement écrit marc aurele).
Si l'homme acceptait tout ce qui lui
arrive comme devant arriver (rejoignant en cela l'état d'esprit
du sage grec : Il faut aimer ce qui arrive, plutôt qu'espérer
ce qui nous attend), il accéderait à la sagesse,
au bonheur supérieur.
C'est le lot du sage et c'est également pour la mecaniqueuniverselle, l'avenir de l'humanité.
Une fois la conscience globale de l'humanité
arrivée à son sommet (la béatitude),
la notion de hasard disparaît. En effet, le béat, vide de toute
tendance et de tout projet, se contente de savourer chaque instant
dans la plénitude. Il se laisse porter par la puissance créatrice. Il n'a plus besoin de faire de choix, de référence
au passé, il est ainsi exempt de remords.
Le sage en ce sommet, se laisse guidé par son horloge biologique (boire
manger dormir se mouvoir etc).
Dans l'état de béatitude, l'homme agit
de façon idéale. Il est totalement géré
par l'élan vital. Cette puissance régente
idéalement et sans aucune défaillance les besoins
organiques, comme elle le fait pour n'importe quel organisme
simple vivant.
Évidemment cet état d'esprit dépourvu d'agressivité
rend l'homme vulnérable. D'ou la logique du progrès dont le but est
d'arriver au degré zéro de dangers.
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