La philosophie, dans son ensemble, refuse
de valider le droit du plus fort ; elle pourrait se définir
comme le passage de la violence à la raison. Georges Gusdorf
L'apport du monde médical à l'espèce
humaine, est incontestable.
*On peut en dire autant bien sur, Ã propos du monde scientifique.
Seulement, les sciences fondamentales, comme toutes les autres disciplines, ont besoin de critiques. Il leur faut des garde-fous, des rappels à l'ordre pour dresser selon une certaine harmonie l'arbre et les branches dont elles ont la charge.
Avant toutes choses, rappelons une
des idées maîtresses de
notre théorie : l'humanité est la meilleure
possible au moment présent tout en étant perfectible.
L'inconscience et la vénalité ponctuelle
dont une partie de la science et de la médecine font preuve aujourd'hui,
ont donc un sens. Elles ont une utilité pour l'humanité (même
si aujourd'hui
ce sens semble encore
échapper à notre perspicacité).
Médecine, eugénisme, mercantilisme
Des Knock's en pagaille
La dégradation des corporations éthiques
Ce qui se paie n'a guère de valeur ; voilà la croyance que je cracherais au visage des esprits mercantiles. Friedrich Nietzsche
Nous comprenons pourquoi certains philosophes préconisent
de ne laisser à aucun homme la capacité de devenir
assez riche pour en acheter un autre (Rousseau).
Ce type d'attitude*
réintroduit
dans l'esprit humain une nouvelle vision eugéniste.
* qui
s'ajoute à la façon
dont les médias traitent parfois certains humains
pauvres ou étrangers comme s'ils n'avaient aucune importance,
À l'égard de l'eugénisme,
la civilisation occidentale est lhéritière de
Sparte: les philosophes grecs ont vanté la « sagesse»
de ses lois qui ne permettaient pas aux enfants nouveau-nés
de survivre sils ne satisfaisaient pas aux canons fixés
par une commission deugénique. On a fait remarquer
depuis que, dans le « miracle grec», Sparte navait
joué aucun rôle et que son destin, même sur le
plan purement militaire, fut à peine plus brillant que celui
dAthènes et beaucoup moins que celui de la Macédoine
(ou de Rome) qui navaient pris aucune mesure de ce genre (universalis)
Plus de technique, moins de conscience
De la vocation à soigner
Au désir de s'enrichir
Malheur à la science qui ne se tourne
pas à aimer.
Maltraiter sa vocation rajoute du poids à l'âme
Certains médecins
et scientifiques se sont laissés happés par les valeurs
vénales avec facilité (mais c'est tellement humain).
Leur rôle serait au
contraire de critiquer avec véhémence certaines attitudes
du marché pour ramener cette marchandisation de l'être
humain à une
hauteur décente. Car le milieu médical
connaît bien les ravages de cette marchandisation
sur la population vulnérable.
Mais dans leur grande majorité, médecins
et chercheurs sont éthiques et
représentent
un des derniers remparts face à la déshumanisation
croissante de l'individu.
Seulement, entraîné comme
la plupart d'entre nous dans l'étourdissement
général, certains perdent progressivement de vue leur véritable
mission, leur éthique et leur pouvoir critique.
Si un homme reconnaît qu'il y a de belles choses,
mais ne croit pas à l'existence de la beauté en soi
et se montre incapable de suivre celui qui voudrait lui en donner
la connaissance, crois-tu qu'il vive réellement, ou que sa
vie ne soit qu'un rêve ? Platon la république