La conscience morale
De l'homme à l'humain et de l'instinct à l'amour
Je ne crois point, au sens
philosophique du terme, à la liberté de l'homme.
Chacun agit non seulement sous une contrainte extérieure,
mais aussi d'après une nécessité intérieure. Einstein
Un jour, l'humanité a séparé les
actions humaines en deux catégories.
Celles qui sont «
mal et
interdites » et celles qui sont « bien et
autorisées ».
A partir de ce point de rupture fondamental, notre espèce
à posé les bases
de ce qui deviendra plus tard la morale et s'est véritablement distinguée des moeurs de la nature. Une fois cette «conscience morale» acquise,
l'homme n'a cessé de l'a faire progresser.
De la morale partisane à la morale universelle
Clanique, élitiste et primaire, le sens moral était, dans ses débuts, principalement
destiné à asseoir et à maintenir les prérogatives
des dominants. Puis, sous l'impulsion du religieux, la conscience humaine, s'est hissé
à l'universel.
Les grandes religions ont progressivement inversé
le code des valeurs de la nature.
Elles ont critiqué la violence, le goût du pouvoir,
l'abus du faible etc., pour valoriser au contraire le non violent,
le spirituel, l'altruisme, l'amour du prochain, le dénuement.
Grâce à cet apport magistral, l'espèce humaine
a pu s'extraire des lois de la nature pour entamer une évolution
progressive vers la justice, l'universalité
et l'égalité.
Rôle de la conscience morale
Développer l'amour du prochain, l'empathie
Toute la philosophie […] n’est
fondée que sur
deux choses, sur ce qu’on a l’esprit curieux et les
yeux mauvais. Fontenelle
Encadrée
par la morale, l'humanité avance vers sa destinée positive. Jmt.
Le sens moral est une des facultés les plus importantes
de l'évolution
humaine.
Grâce à lui, l'homme apprend peu à peu à
réfréner ses pulsions, s'humanisant ainsi
de mieux en mieux. L'ensemble de cette humanisation progressive,
dirige l'humanité dans le sens de sa perfection.
Pour la majorité d'entre nous, chacune de nos actions
importantes s'accompagne d'un sentiment de bonne ou
de mauvaise conscience.
Bonne ou mauvaise image de soi
Ce sentiment intime, récompense nos bonnes actions
par le plaisir de la bonne conscience,
la satisfaction de soi et l'amour
reçu d'autrui.
Il punit nos mauvaises actions, par la souffrance de la
mauvaise conscience,
le remords, la culpabilité
et la réprobation d'autrui.
La mauvaise foi n'empêche ni la mauvaise
conscience, ni le remords ni
la culpabilité de faire
leur oeuvre, elle plonge simplement ce travail dans l'inconscient.
Tout être
humain correctement éduqué et dont
la sensibilité a été normalement épanouie, ressent une sorte de
plénitude, de bonheur après avoir accompli
une action généreuse envers autrui.
Cette même personne au contraire, éprouvera une sensation
de vide, de torture intime et de désespoir, après avoir
transgressé
l'éthique humaine. Elle ressentira par exemple du remords si elle a fait
souffrir ses congénères.
L'insensibilité à autrui est rare et pathologique
Les cas pathologiques d'insensibilité
totale à la morale et à autrui, sont rares. Ces exceptions
semblent dépendre entièrement de l'acquis, des carences
affectives, éducatives etc. Autrement dit, selon notre philosophie et à la suite de Platon, aucun être humain n'est « naturellement » mauvais. Il n'y
a que des enfants anémiés en amour.
Plaisir et souffrance, le guide suprême
Grâce à des symptômes allant du plaisir à la
souffrance, la conscience morale oriente donc les actions humaines.
Si la conscience morale offre du plaisir
pour récompenser nos actes généreux,
nos actes d'amour, et
de la souffrance pour nos actes transgressants, nous pouvons alors en
déduire son objectif : diriger l'humanité vers
l'amour.
Généalogie de la morale
De
la morale animale, à la morale enseignée.
Ni la science, ni l'art, ne franchissent d'eux
même le seuil de la moralité L. Brunschvicg
Pour la plus grande part, l'évolution de la morale humaine est le fruit de l'élargissement de la conscience humaine.
La conscience de l'homme, en amplifiant constamment son champ de vision
et d'action (du narcissisme à l'universalisme), a imaginé les grandes valeurs morales, puis les a déployés pour les conduire au stade
où elle apparaît aujourd'hui dans l'humanité.
Si l'évolution de la morale est le fruit de la conscience,
la morale humaine en elle-même, tire son origine d'une sorte
de morale instinctive préexistante déjà dans la nature. L'origine de notre morale est, selon nous, pré humaine
en quelque sorte.
« La morale » de l'instinct
En effet, il existe déjà dans la nature, une sorte
de morale naturelle, une morale
de l'instinct, régissant l'ensemble du règne du vivant.
Cette morale instinctive
oblige par exemple le dominant primate naturel, à ne pas
être cruel gratuitement envers ses subordonnés même
s'il en a physiquement et socialement les moyens.
Peu importe que les scientifiques considèrent cette « morale instinctive »
comme obéissant à une nécessité (l'économie
d'énergie par exemple) car nous pourrions en dire tout
autant de la morale humaine.
Cette morale fait partie du système
vivant (la nature commence par le bien
dit Kant,
car elle est l'oeuvre de dieu, la liberté
commence par le mal car elle est l'oeuvre de l'homme).
Autrement dit, notre conscience morale
tire selon nous, son origine dans une sorte «d'instinct
du bien » déjà présent chez notre ancêtre
primate.
L'origine des origines
L'origine de la morale est dans la vie même
La philosophie n'est autre chose
que l'effort de l'esprit pour se rendre compte
de l'évidence. Jules Lagneau
Mais
la généalogie de la morale
ne s'arrête
pas là.
En effet, cet instinct moral primate est lui-même issu d'un
instinct moral encore plus primitif. Il remonte à l'instinct obligeant notre ancêtre
reptile à ne pas tuer gratuitement, seulement pour manger ou se défendre.
Cet instinct moral reptile descend lui aussi d'un instinct moral antérieur celui de notre premier ancêtre ; la bactérie dont on sait qu'elle est capable, entre autre d'agir envers ses
semblables
en osmose, en symbiose ou en commensalisme.
Nous émettons
donc des réserves quant à l'idée de Darwin selon laquelle l'homme est l'être unique auquel on puisse
avec certitude reconnaître la faculté morale et cela
constituerait selon lui, la plus grande de toutes les distinctions
que l'on puisse faire entre les animaux et l'homme)
La symbiose de la bactérie est amour
La symbiose ou l'osmose pratiquées par les bactéries,
constitue a mon sens, l'embryon de ce que nous appelons ; l'amitié,
l'égalité ou l'amour d’autrui, constituants
essentiels de notre morale.
Sans cette morale initiale, jouant le rôle de principe modérateur,
notre écosystème n'aurait pas pu se construire. En effet,
si ce système régulateur n'existait pas chez les prédateurs,
si ceux-ci pouvaient tuer gratuitement et par plaisir, ils auraient éliminé l'ensemble de leurs
proies, et se seraient ensuite éliminés eux-mêmes
jusqu'à extinction totale du règne animal.
L'impossible concrétisation totale du mal
Et de la même façon, si la morale humaine était inférieure à la violence humaine, à l'envie de génocide, celui-ci
serait déjà parvenu à exterminer des peuples
tout entiers et donc finalement à s'exterminer lui-même.
Seulement malgré la haine et malgré le désir de vouloir écarter l'autre, de son monde, cet autre perdure,il résiste
et résistera jusqu'à ce que la paix universelle se
soit installée.
Le mécanisme de transformation de l'animal en humain s'accompagne
de la perte progressive des instincts au profit des valeurs.
Par exemple, l'instinct sexuel plus ou moins irrépressible
dans la nature, l'homme civilisé le maîtrise
de mieux en mieux en le diluant de plus en plus dans la valeur amour.
De la même façon, l'être
humain, en quittant le royaume des pulsions, remplace progressivement
« l'instinct du bien »
par les valeurs morales et les lois humaines interdisant par exemple de tuer son prochain ..
cruauté >
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