De l'être à l'étant
Du vide à l'univers, de Dieu à l'homme
La route qui monte et celle qui descend est
une est la même HeracliteGorgias dit :
Il n'y a pas d'ETRE ! même s'il en existait un, il ne serait
pas connaissable ! existat t-il et fut -il connaissable, la connaissance
n'en serait cependant pas communicable !
Nous disons :
il y a de l'ETRE !
il est connaissable (sensitivement)
il n'est pas communicable !
Si l'intuition ne nous suffisait pas, nous aurions juste à puiser
dans la somme des connaissances accumulées par les différentes spiritualités et philosophies au cours des temps, pour pouvoir
donner un sens cohérent et vraisemblable à notre monde
et en comprendre la fondamentale unité.
En effet, par delà l'expérience quotidienne qui nous
conduit à distinguer et à opposer en permanence les
choses entre-elles, les choses à soi, soi et les autres,
soi et le monde etc., la réflexion philosophique, comme l'expérience
mystique, nous engagent au contraire à penser le divin et
sa création, comme une unité parfaite, un Tout englobant
et merveilleux, dont l'essence ou la substance contient tout ce
que l'esprit peut imaginer d'absolu, d'amour et de beauté.
La science contemporaine est parvenue à faire le lien
entre l'immatériel et la matière, entre intemporel
et temporalité, entre énergie intengible et masse.
Si elle n'a pas encore réussit à définir ni
la nature intime de la matière et son unité fondamentale,
elle cherche pourtant avec acharnement à rassembler sous
une seule formule et une seule dénomination, les diverses
forces faibles et fortes régissant et constituant le monde.
Dualisme ou monisme
Arrivé à ce point de notre réflexion nous
nous retrouvons devant une sorte de dualisme apparent :
- Nous avons d'un coté l'ETRE,
c'est à dire le principe immatériel à l'origine
de toute chose,
- et de l'autre l'étant, c'est à
dire la forme matérielle des choses, le monde tel qu'il
nous apparait.
Ce qui nous conduit à nous demander si l'étant est hors de l'ETRE ? Ou si l'on préfère
: si Dieu est extérieur à sa création comme le suggèrent certains lecteurs
des livres sacrés.
Notre position est la suivante :
Si l'on entend par extérieur, une position géographique,
spaciale ou temporelle, alors un ETRE ou DIEU comme on voudra, indépendant
de sa création, ne serait pas absolu mais limité par
celle-ci.
Si par extérieur on veux dire que l'ETRE est
en même temps une forme differente de la matière et
la forme matérielle de la matière (à l'image
des particules élémentaires capablent d'être
ondes ou corpuscules), alors nous sommes dans la position de la
plupart des théologiens et des philosophes qui ont eut à
réflechir à la question.
Nous disons donc :
Il y a de l'ETRE
Il y a de l'étant
L'ETRE préexiste à l'étant, mais n'est RIEN
sans l'étant. L'ETRE préexiste donc à l'existence,
mais sa préexistence n'est pas une existence, car l'ETRE
n'existe pas au sens ou nous l'entendons (exister c'est naitre grandir,
mourir, etre inclus dans l'espace temps).
L'ETRE est.
Il est la matière immatérielle à partir de laquelle se constitue la matière matérielle.
Nous sommes donc dans un systême dualo-moniste, en quelque
sorte, un systême qui engloberait les deux points de vue à
ce sujet.
L'ETRE et l'étant n'acquièrent leur sens que l'un
avec l'autre car l'ETRE sans l'étant reste immergé
dans le néant et l'étant sans l'ETRE ne peut sortir
de l'absurde.
C'est donc la forme complète qui constitue ce que nous
appelons le divin, et c'est en réussissant la fusion de l'étant
dans l'ETRE ou plus précisement en devenant l'émanation
pure de l'ETRE, que l'homme parvient à incarner le DIVIN.
Cette prouesse se concrétise dans l'esprit et génère
un nouvel état de conscience que l'on appelle l'éveil,
la béatitude, le nirvana, l'extase ...
De la nécessité de dualiser
Il y a en l'homme un dualisme ontologique (sensibilité
esprit), il y a surtout un dualisme moral (conflit entre le réel
et l'idéal, l'égoisme et l'amour G. Thibon) Bien que nous pressentions l'inexactitude
qu'il peut y avoir à séparer les choses entres elles,
à fractionner des instants dans un temps indivisible, homogène
et s'écoulant en durée, nous devons, pour expliquer
et faire évoluer l'humanité, juger, catégoriser, diviser et discriminer les choses entre elles.
Cette discrimination ponctuelle semble n'appartenir
qu'à l'homme.
Elle nécessite une maitrise analytique
de concepts tels que le temps, la longueur, la surface, le bien et le mal etc., et n'a qu'un seul but ; comprendre
et faire évoluer l'homme et son espèce jusqu'a
ce qu'ils atteignent leur unité.
Cette unité se concrétise dans la conscience.
Dans ce chapitre, nous allons étudier la conscience à
travers les termes d'être et d'étant.
Il nous sera donc nécessaire de fractionner un mécanisme
en principe global et homogène, celui de l'esprit afin d'en
étudier une partie factice « la conscience ».
Il nous faudra également partager en deux l'unité
absolue des choses, c'est-à-dire le l'Etre, pour disposer
de deux concepts opposés ; l'ETRE et l'étant (l'absolu
et l'homme, la substance et ses attributs, dieu et le monde).
Qu'entendons-nous par conscience ?
Nous disons qu'elle est l'intuition (plus ou moins complète
plus ou moins claire) qu'à l'esprit de ses états et
de ses actes.
Être conscient englobe plusieurs état
mentaux.
Généralement ces états sont décrits
comme des « phénomènes psychologiques »
que la personne consciente peut exprimer (je suis conscient d'être
en ce moment à la bibliothèque et d'observer par la
fenêtre les va-et-vient du jardin, je peux décrire
ces observations et les expliquer à mon voisin).
Nous voyons que sous cette définition, nous pouvons englober
les rêves, les souvenirs, les projections de l'esprit vers
le futur (l'anticipation), ainsi que toutes les sensations que nous
ressentons dans notre corps et dont nous sommes conscient, dans
la mesure ou ces phénomènes sont conscientisés
et peuvent être exprimés.
A l'inverse, serait donc considérées comme inconscientes,
les activités cérébrales que nous ne percevons,
ne ressentons et ne souvenons pas, comme par exemple les activités
psychiques, biologiques et organiques de notre corps qui traverse
notre esprit mais dont nous n'avons pas conscience.
Récapitulons
Serait conscient au sens commun du terme :
tout être réceptif à son environnement extérieur
et intérieur (je vois, je sens, j'entends ce qui m'entoure)
;
tout être réceptif à ses états de mémoire
et de projection (je me souviens ou j'imagine telle ou telle chose,
telle ou telle sensation),
tout être jugeant, analysant, comparant, réfléchissant,
se représentant etc.
tout être capable d'exprimer ce qu'il ressent (peine, plaisir,
douleur, bien-être, sérénité, inquiétude
etc.)
Être conscient, c'est donc au sens large du
terme ; être sensible à l'ensemble des phénomènes
qui constituent notre vie mentale à l'état d'éveil
(Grand dictionnaire de la philosophie) ainsi qu'aux états
de rêve.
À l'intérieur de ce principe global « d'être
conscient », la pensée contemporaine distingue traditionnellement
deux grands types de conscience :
- La conscience intentionnelle
- La conscience phénoménale
La conscience intentionnelle se réfère à une
autre réalité qu'à elle-même ; je vois,
j'entends, j'imagine, je pense, j'analyse telle ou telle chose,
d'une façon intellectuelle représentative, c'est-à-dire
sans émotion, sans sensation, comme un ordinateur ferait
un calcul, une caméra enregistrerait des images.
La conscience phénoménale (que certains appellent
aujourd'hui « les qualia ») correspondrait à
la conscience intime et ressentie des choses à travers nos
affects, nos sensations, nos émotions.
Prenons un exemple.
J'observe et je sens une rose.
Sous un certain angle, ma conscience me permet de la décrire
et de décrire son parfum à travers des mots et des
phrases. Cette action de conscience se déroule froidement,
pragmatiquement, analytiquement ;
à cette forme de conscience s'en ajoute une autre, plus intime,
plus personnelle, celle que l'expérience de la vue et de
l'odeur de la rose me procure, me rappelle,
Je suis conscient que cette fleur transforme mon état, que
son parfum éveille en moi des sensations exprimables mais
qui resteront à jamais dans une dimension que l'explication
ne peut transmettre puisque c'est moi qui sent les sensations.
Même si les deux formes de conscience générée
par la rose se chevauchent, semble se dérouler en même
temps elles appartiennent à deux mécanismes psychiques
radicalement distincts. Un peu comme l'epiglotte interdit la fusion
entre l'alimentation et la respiration, entre la trachée
et l'oesophage.
Autre exemple
je traverse un bois. Ma conscience intentionnelle analyse tout
ce que je vois sens et entends ; le sentier sur lequel j'avance,
l'odeur des différentes essences d'arbres, leurs couleurs,
les bruits environnants. En même temps l'ensemble des éléments
qui m'environnent me procure des sensations, des sentiments, affecte
mon état d'esprit.
Dans la vie courante, ces deux formes de conscience sont intimement
liées et formes un seul et même état que j'appellerai
conscience « normale » ont conscience commune.
Lorsqu'on observe nos propres mouvements de conscience, nous avons
l'impression d'une fusion parfaite entre conscience réflective
ou intentionnelle et conscience sensitive phénoménale.
Nous avons l'impression que les deux états de conscience
fusionnent pour offrir un état général ou en
même temps nous ressentons notre corps, les odeurs, les bruits,
et réfléchissons à un sujet bien précis.
Pendant que j'écris ces lignes, j'observe quelqu'un traverser
la pièce, j'entends un stylo tombé, je sens le parfum
d'une femme assise à côté de moi, je me sens
heureux d'exister et de travailler tout en continuant d'être
concentré sur les lignes que je viens de décrire.
Selon moi, les deux états de conscience ; sensitif (que
l'on perçoit dans sa chair) et intellectuel (qui se rapporte
à la connaissance, à l'entendement), s'influencent
mutuellement mais ne peuvent absolument pas fusionner.
L'impossible fusion
Il semblerait que la réalité physique du processus
de conscientisation ne soit pas celle la.
il me semble (mais cela nécessite une expérimentation
scientifique) qu'il soit impossible de ressentir et d'analyser en
même temps.
L'impression inverse est simplement dû au fait que les deux
états se succèdent avec rapidité dans notre
esprit, un peu comme 2 conversations téléphoniques
peuvent circuler en même temps dans un seul et même
fil. Il suffit pour cela que les mots des deux dialogues soient
des plus de poisson haché dans la mesure à la sortie
procède d'un décodeur pour distinguer les deux conversations.
L'expérience extatique semble confirmer l'impossible fusion
des deux états. En effet, la béatitude est un ressenti
absolu. L'esprit est tout occupé a jouir de cet état
de félicité. Il ne peut faire aucun projet, aucune
analyse, ne peut porter aucun jugement, faire aucune distinction
entre les choses qui l'environne ou tout au moins, celle-ci ne monte
pas à sa conscience. Dans le « jouir psychique »
de l'extase, rien ne peut s'intercaler dans l'esprit hormis cette
jouissance.
Inversement, lors d'une concentration extrême de l'esprit
sur une page intellectuelle, les émotions, les affects et
même les sensations du corps, semble quitter l'esprit à
mesure que la concentration s'avance jusqu'à disparaître
tout à fait.
Ce n'est donc pas à ce niveau que je distinguerais 2 états
fondamentaux de la conscience, mais entre cet état normal
qui inclus la conscience phénoménale et la conscience
intentionnelle, et l'état de conscience extatique qui n'est
plus que phénoménal et dont les phénomènes
se limitent à un seul affect subliminal permanent et constant,
que nous pouvons qualifier de ; bonheur, de joie, de félicité,
de contemplation, de souverain bien, d'ataraxie, bref un état
qu'aucun mot ne parvient réellement à décrire
tout à fait, mais qui n'a rien à voir avec les petit
bonheurs, les petites joies, les petites suspensions de jugement,
les petites contemplations que nous pouvons ressentir parfois dans
la vie courante.
La conscience de l'étant
La conscience de l'étant englobe donc la conscience intentionnelle
et la conscience phénoménale. C'est cette conscience
qui met en prise l'homme avec ce qui constitue son réel (qu'il
soit perçu, imaginé, désiré, éprouvé,
remémoré) baigné en permanence dans la temporalité,
le fini, la matérialité. Les sensations qui lui sont
raccordées, sont variables, fluctuantes, et formes ce que
nous pourrions appeler « les divers états d'âme
» qui se succèdent en permanence en nous.
Face à cette conscience que nous pourrions qualifier de
« normale » où commune, nous plaçons la
« conscience extatique ».
Celle-ci n'est plus intentionnelle mais passive où «
accueillante ». Elle est indifférente aux variations
extérieures, celle-ci bien qu'en prise avec le monde extérieur
ne se projette plus vers lui, elle l'accueille passivement et intérieurement.
Cet état de conscience états variable est stable.
Cette stabilité interne et qu'elle subit aucune influence
de l'extérieur.
Dans cet état de conscience, les notions temporelles sont
éteintes, les jugements sont éteints, les fluctuations
de sentiments, de sensations n'existent plus.
Un seul état d'âme subsiste. La félicitée,
le bonheur suprême. Comme dans cet état b au maximum,
il l'aime toutes les choses avec la même intensité.
Dépourvu d'intention de construire et d'agir intentionnellement,
cette conscience est phénoménale comme la conscience
normale et subjective dans la mesure où elle
procure un sentiment, une sensation, mais il s'agit d'une sensation
invariable stable et de félicité parfaite et constante.
Qualia quale
Nous pourrions utiliser deux termes que nous retrouvons dans la
philosophie contemporaine : les qualia au pluriel et le quale au
singulier.
Les qualia sont des propriétés de l'expérience
sensible par lesquelles cela fait quelque chose de percevoir ceci
ou cela (couleur, son etc.). Ce sont des effets subjectifs ressentis
et associés de manière subjective aux états
mentaux.
L'expérience perceptives
sensations corporelles (couleur, fin, plaisir etc.)
passion et émotion.
La conscience normale serait donc en permanence traversée
de qualia différents et variables, formant un tout sensitif
; le sentiment temporel d'exister.
La conscience extatique elle, baignerai dans une sorte de quale
au singulier, un sentiment intemporel de plénitude et de
bonheur absolu.
Au niveau ou nous en sommes technologiquement, les qualia de la
vie courante comme le quale de l'extase, sont ineffables, on ne
peut les communiqués et les appréhender autrement
que par l'expérience directe. Ils sont ressentis directement
par la conscience.
Par contre, si tout le monde ou presque peut imaginer des expériences
sensibles courantes, si autour des qualia la majorité humaine
peut se rassembler (tout le monde sait ce que peut ressentir quelqu'un
qui se coince le doigt dans une porte où tombe amoureux)
l'expérience du quale extatique, par sa rareté, son
caractère absolu et inimaginable, engendre évidemment
beaucoup de scepticisme.
Mais ce n'est pas par exemple, parce qu'il est difficile d'imaginer
les sensations de l'apesanteur que ses sensations n'existe pas.
Résumons nous.
Par ETRE nous entendons le principe créateur
à l'origine de tout. Sa nature est Amour absolu.
Par étant nous entendons l'individu incarné.
Dans l'état béat, c'est l'être qui se conscientise
lui-même, où plutôt, c'est l'Etre qui s'auto-ressent,
c'est pourquoi l'étant dans cet État prend le nom
d'être où d'Etre-étant.
Dans l'état normal, c'est l'individu qui a conscience des
choses.
L'être est l'activateur des deux formes de conscience. C'est
l'énergie Amour qui irrigue les neurones. Dans le second
cas, il active les zones cérébrales responsables de
tous les stéréotypes qui constituent l'individu particulier
et normal (souvenirs projections jugement caractère, attribut
etc) .
texte écrit en 2000
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