philosophie naïve du devenir humain

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Conscience
Introduction
Etats de conscience
Niveaux de conscience
Conscience et vérité
Conscience et négation d'autrui
Negation d'autrui, suite  [ ↗ ]
Conscience et morale
Conscience et cruauté
Conscience et cruauté, suite  [ ↗ ]
Conscience et science
Science suite  [ ↗ ]
Conscience ETRE-étant
ETRE-étant (suite)  [ ↗ ]
 

Gorgias dit :
Il n'y a pas d'ETRE ! même s'il en existait un, il ne serait pas connaissable ! existat t-il et fut -il connaissable, la connaissance n'en serait cependant pas communicable !

Nous disons :
il y a de l'ETRE !
il est connaissable (sensitivement)
il n'est pas communicable !

Tout est dans Un.

La route qui monte et celle qui descend est une est la même Heraclite Si l'intuition ne nous suffisait pas, nous aurions juste à puiser dans la somme des connaissances accumulées par les différentes spiritualités et philosophies au cours des temps, pour pouvoir donner un sens cohérent et vraisemblable à notre monde et en comprendre la fondamentale unité.

En effet, par delà l'expérience quotidienne qui nous conduit à distinguer et à opposer en permanence les choses entre-elles, les choses à soi, soi et les autres, soi et le monde ect., la réflexion philosophique, comme l'expérience mystique, nous engagent au contraire à penser le divin et sa création, comme une unité parfaite, un Tout englobant et merveilleux, dont l'essence ou la substance contient tout ce que l'esprit peut imaginer d'absolu, d'amour et de beauté.

La science contemporaine est parvenue à faire le lien entre l'immatériel et la matière, entre intemporel et temporalité, entre énergie intengible et masse. Si elle n'a pas encore réussit à définir ni la nature intime de la matière et son unité fondamentale, elle cherche pourtant avec acharnement à rassembler sous une seule formule et une seule dénomination, les diverses forces faibles et fortes régissant et constituant le monde.

Dualisme ou monisme

Arrivé à ce point de notre réflexion nous nous retrouvons devant une sorte de dualisme apparent :

  • Nous avons d'un coté l'ETRE, c'est à dire le principe immatériel à l'origine de toute chose,
  • et de l'autre l'étant, c'est à dire la forme matérielle des choses, le monde tel qu'il nous apparait.

Ce qui nous conduit à nous demander si l'étant est hors de l'ETRE ? Ou si l'on préfère : si Dieu est extérieur à sa création comme le suggèrent certains lecteurs des livres sacrés.

Notre position est la suivante :

Si l'on entend par extérieur, une position géographique, spaciale ou temporelle, alors un ETRE ou DIEU comme on voudra, indépendant de sa création, ne serait pas absolu mais limité par celle-ci.

Si par extérieur on veux dire que l'ETRE est en même temps une forme differente de la matière et la forme matérielle de la matière (à l'image des particules élémentaires capablent d'être ondes ou corpuscules), alors nous sommes dans la position de la plupart des théologiens et des philosophes qui ont eut à réflechir à la question.

Nous disons donc :

Il y a de l'ETRE
Il y a de l'étant

L'ETRE préexiste à l'étant, mais n'est RIEN sans l'étant. L'ETRE préexiste donc à l'existence, mais sa préexistence n'est pas une existence, car l'ETRE n'existe pas au sens ou nous l'entendons (exister c'est naitre grandir, mourir, etre inclus dans l'espace temps).

L'ETRE est.
Il est la matière immatérielle à partir de laquelle se constitue la matière matérielle.

Nous sommes donc dans un systême dualo-moniste, en quelque sorte, un systême qui engloberait les deux points de vue à ce sujet.

L'ETRE et l'étant n'acquièrent leur sens que l'un avec l'autre car l'ETRE sans l'étant reste immergé dans le néant et l'étant sans l'ETRE ne peut sortir de l'absurde.

C'est donc la forme complète qui constitue ce que nous appelons le divin, et c'est en réussissant la fusion de l'étant dans l'ETRE ou plus précisement en devenant l'émanation pure de l'ETRE, que l'homme parvient à incarner le DIVIN. Cette prouesse se concrétise dans l'esprit et génère un nouvel état de conscience que l'on appelle l'éveil, la béatitude, le nirvana, l'extase ...

De la nécessité de dualiser

Il y a en l'homme un dualisme ontologique (sensibilité esprit), il y a surtout un dualisme moral (conflit entre le réel et l'idéal, l'égoisme et l'amour G. Thibon) Bien que nous pressentions l'inexactitude qu'il peut y avoir à séparer les choses entres elles, à fractionner des instants dans un temps indivisible, homogène et s'écoulant en durée, nous devons, pour expliquer et faire évoluer l'humanité, juger, catégoriser, diviser et discriminer les choses entre elles.

Cette discrimination ponctuelle semble n'appartenir qu'à l'homme. Elle nécessite une maitrise analytique de concepts tels que le temps, la longueur, la surface, le bien et le mal etc., et n'a qu'un seul but ; comprendre et faire évoluer l'homme et son espèce jusqu'a ce qu'ils atteingnent leur unité.

Cette unité se concrétise dans la conscience.

Dans ce chapitre, nous allons étudier la conscience à travers les termes d'être et d'étant.

Il nous sera donc nécessaire de fractionner un mécanisme en principe global et homogène, celui de l'esprit afin d'en étudier une partie factice « la conscience ». Il nous faudra également partager en deux l'unité absolue des choses, c'est-à-dire le l'Etre, pour disposer de deux concepts opposés ; l'ETRE et l'étant (l'absolu et l'homme, la substance et ses attributs, dieu et le monde).

Qu'entendons-nous par conscience ?

Nous disons qu'elle est l'intuition (plus ou moins complète plus ou moins claire) qu'à l'esprit de ses états et de ses actes.

Être conscient englobe plusieurs état mentaux.

Généralement ces états sont décrits comme des « phénomènes psychologiques » que la personne consciente peut exprimer (je suis conscient d'être en ce moment à la bibliothèque et d'observer par la fenêtre les va-et-vient du jardin, je peux décrire ces observations et les expliquer à mon voisin).

Nous voyons que sous cette définition, nous pouvons englober les rêves, les souvenirs, les projections de l'esprit vers le futur (l'anticipation), ainsi que toutes les sensations que nous ressentons dans notre corps et dont nous sommes conscient, dans la mesure ou ces phénomènes sont conscientisés et peuvent être exprimés.

A l'inverse, serait donc considérées comme inconscientes, les activités cérébrales que nous ne percevons, ne ressentons et ne souvenons pas, comme par exemple les activités psychiques, biologiques et organiques de notre corps qui traverse notre esprit mais dont nous n'avons pas conscience.

Récapitulons
Serait conscient au sens commun du terme :
tout être réceptif à son environnement extérieur et intérieur (je vois, je sens, j'entends ce qui m'entoure) ;
tout être réceptif à ses états de mémoire et de projection (je me souviens ou j'imagine telle ou telle chose, telle ou telle sensation),
tout être jugeant, analysant, comparant, réfléchissant, se représentant etc.
tout être capable d'exprimer ce qu'il ressent (peine, plaisir, douleur, bien-être, sérénité, inquiétude etc.)

Être conscient, c'est donc au sens large du terme ; être sensible à l'ensemble des phénomènes qui constituent notre vie mentale à l'état d'éveil (Grand dictionnaire de la philosophie) ainsi qu'aux états de rêve.

À l'intérieur de ce principe global « d'être conscient », la pensée contemporaine distingue traditionnellement deux grands types de conscience :
La conscience intentionnelle
La conscience phénoménale

La conscience intentionnelle se réfère à une autre réalité qu'à elle-même ; je vois, j'entends, j'imagine, je pense, j'analyse telle ou telle chose, d'une façon intellectuelle représentative, c'est-à-dire sans émotion, sans sensation, comme un ordinateur ferait un calcul, une caméra enregistrerait des images.

La conscience phénoménale (que certains appellent aujourd'hui « les qualia ») correspondrait à la conscience intime et ressentie des choses à travers nos affects, nos sensations, nos émotions.

Prenons un exemple.

J'observe et je sens une rose.

Sous un certain angle, ma conscience me permet de la décrire et de décrire son parfum à travers des mots et des phrases. Cette action de conscience se déroule froidement, pragmatiquement, analytiquement ;
à cette forme de conscience s'en ajoute une autre, plus intime, plus personnelle, celle que l'expérience de la vue et de l'odeur de la rose me procure, me rappelle,

Je suis conscient que cette fleur transforme mon état, que son parfum éveille en moi des sensations exprimables mais qui resteront à jamais dans une dimension que l'explication ne peut transmettre puisque c'est moi qui sent les sensations.
Même si les deux formes de conscience générée par la rose se chevauchent, semble se dérouler en même temps elles appartiennent à deux mécanismes psychiques radicalement distincts. Un peu comme l'epiglotte interdit la fusion entre l'alimentation et la respiration, entre la trachée et l'oesophage.

Autre exemple

je traverse un bois. Ma conscience intentionnelle analyse tout ce que je vois sens et entends ; le sentier sur lequel j'avance, l'odeur des différentes essences d'arbres, leurs couleurs, les bruits environnants. En même temps l'ensemble des éléments qui m'environnent me procure des sensations, des sentiments, affecte mon état d'esprit.

Dans la vie courante, ces deux formes de conscience sont intimement liées et formes un seul et même état que j'appellerai conscience « normale » ont conscience commune.
Lorsqu'on observe nos propres mouvements de conscience, nous avons l'impression d'une fusion parfaite entre conscience réflective ou intentionnelle et conscience sensitive phénoménale.
Nous avons l'impression que les deux états de conscience fusionnent pour offrir un état général ou en même temps nous ressentons notre corps, les odeurs, les bruits, et réfléchissons à un sujet bien précis.

Pendant que j'écris ces lignes, j'observe quelqu'un traverser la pièce, j'entends un stylo tombé, je sens le parfum d'une femme assise à côté de moi, je me sens heureux d'exister et de travailler tout en continuant d'être concentré sur les lignes que je viens de décrire.

Selon moi, les deux états de conscience ; sensitif (que l'on perçoit dans sa chair) et intellectuel (qui se rapporte à la connaissance, à l'entendement), s'influencent mutuellement mais ne peuvent absolument pas fusionner.

L'impossible fusion

Il semblerait que la réalité physique du processus de conscientisation ne soit pas celle la.
il me semble (mais cela nécessite une expérimentation scientifique) qu'il soit impossible de ressentir et d'analyser en même temps.
L'impression inverse est simplement dû au fait que les deux états se succèdent avec rapidité dans notre esprit, un peu comme 2 conversations téléphoniques peuvent circuler en même temps dans un seul et même fil. Il suffit pour cela que les mots des deux dialogues soient des plus de poisson haché dans la mesure à la sortie procède d'un décodeur pour distinguer les deux conversations.

L'expérience extatique semble confirmer l'impossible fusion des deux états. En effet, la béatitude est un ressenti absolu. L'esprit est tout occupé a jouir de cet état de félicité. Il ne peut faire aucun projet, aucune analyse, ne peut porter aucun jugement, faire aucune distinction entre les choses qui l'environne ou tout au moins, celle-ci ne monte pas à sa conscience. Dans le « jouir psychique » de l'extase, rien ne peut s'intercaler dans l'esprit hormis cette jouissance.
Inversement, lors d'une concentration extrême de l'esprit sur une page intellectuelle, les émotions, les affects et même les sensations du corps, semble quitter l'esprit à mesure que la concentration s'avance jusqu'à disparaître tout à fait.

Ce n'est donc pas à ce niveau que je distinguerais 2 états fondamentaux de la conscience, mais entre cet état normal qui inclus la conscience phénoménale et la conscience intentionnelle, et l'état de conscience extatique qui n'est plus que phénoménal et dont les phénomènes se limitent à un seul affect subliminal permanent et constant, que nous pouvons qualifier de ; bonheur, de joie, de félicité, de contemplation, de souverain bien, d'ataraxie, bref un état qu'aucun mot ne parvient réellement à décrire tout à fait, mais qui n'a rien à voir avec les petit bonheurs, les petites joies, les petites suspensions de jugement, les petites contemplations que nous pouvons ressentir parfois dans la vie courante.

La conscience de l'étant

La conscience de l'étant englobe donc la conscience intentionnelle et la conscience phénoménale. C'est cette conscience qui met en prise l'homme avec ce qui constitue son réel (qu'il soit perçu, imaginé, désiré, éprouvé, remémoré) baigné en permanence dans la temporalité, le fini, la matérialité. Les sensations qui lui sont raccordées, sont variables, fluctuantes, et formes ce que nous pourrions appeler « les divers états d'âme » qui se succèdent en permanence en nous.

Face à cette conscience que nous pourrions qualifier de « normale » où commune, nous plaçons la « conscience extatique ».
Celle-ci n'est plus intentionnelle mais passive où « accueillante ». Elle est indifférente aux variations extérieures, celle-ci bien qu'en prise avec le monde extérieur ne se projette plus vers lui, elle l'accueille passivement et intérieurement.
Cet état de conscience états variable est stable. Cette stabilité interne et qu'elle subit aucune influence de l'extérieur.

Dans cet état de conscience, les notions temporelles sont éteintes, les jugements sont éteints, les fluctuations de sentiments, de sensations n'existent plus.

Un seul état d'âme subsiste. La félicitée, le bonheur suprême. Comme dans cet état b au maximum, il l'aime toutes les choses avec la même intensité.

Dépourvu d'intention de construire et d'agir intentionnellement, cette conscience est phénoménale comme la conscience normale et subjective dans la mesure où elle procure un sentiment, une sensation, mais il s'agit d'une sensation invariable stable et de félicité parfaite et constante.

Qualia quale

Nous pourrions utiliser deux termes que nous retrouvons dans la philosophie contemporaine : les qualia au pluriel et le quale au singulier.
Les qualia sont des propriétés de l'expérience sensible par lesquelles cela fait quelque chose de percevoir ceci ou cela (couleur, son etc.). Ce sont des effets subjectifs ressentis et associés de manière subjective aux états mentaux.
L'expérience perceptives
sensations corporelles (couleur, fin, plaisir etc.)
passion et émotion.

La conscience normale serait donc en permanence traversée de qualia différents et variables, formant un tout sensitif ; le sentiment temporel d'exister.

La conscience extatique elle, baignerai dans une sorte de quale au singulier, un sentiment intemporel de plénitude et de bonheur absolu.

Au niveau ou nous en sommes technologiquement, les qualia de la vie courante comme le quale de l'extase, sont ineffables, on ne peut les communiqués et les appréhender autrement que par l'expérience directe. Ils sont ressentis directement par la conscience.

Par contre, si tout le monde ou presque peut imaginer des expériences sensibles courantes, si autour des qualia la majorité humaine peut se rassembler (tout le monde sait ce que peut ressentir quelqu'un qui se coince le doigt dans une porte où tombe amoureux) l'expérience du quale extatique, par sa rareté, son caractère absolu et inimaginable, engendre évidemment beaucoup de scepticisme.
Mais ce n'est pas par exemple, parce qu'il est difficile d'imaginer les sensations de l'apesanteur que ses sensations n'existe pas.
Résumons nous.
Par ETRE nous entendons le principe créateur à l'origine de tout. Sa nature est Amour absolu.
Par étant nous entendons l'individu incarné.
Dans l'état béat, c'est l'être qui se conscientise lui-même, où plutôt, c'est l'Etre qui s'auto-ressent, c'est pourquoi l'étant dans cet État prend le nom d'être où d'Etre-étant.
Dans l'état normal, c'est l'individu qui a conscience des choses.

L'être est l'activateur des deux formes de conscience. C'est l'énergie Amour qui irrigue les neurones. Dans le second cas, il active les zones cérébrales responsables de tous les stéréotypes qui constituent l'individu particulier et normal (souvenirs projections jugement caractère, attribut etc) .

 


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PLOTIN, L'Un n'est donc aucun des êtres et il est antérieur à tous les êtres. - Qu'est-il donc ? - Il est la puissance de tout; s'il n'est pas, rien n'existe, ni les êtres, ni l'intelligence, ni la vie première, ni aucune autre. Il est au-dessus de la vie et cause de la vie; l'activité de la vie, qui est tout l'être, n'est pas première; elle coule de lui comme d'une source. Imaginez une source qui n'a point d'origine

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