Le nihilisme,
Le nihilisme, coté positif
Conscience morale et religion
Rejetons la voie de la violence, qui
est le produit du nihilisme et du désespoir. Kofi Annan
Nihilisme du latin nihil « rien » : point de vue philosophique pour lequel la création et principalement l'existence de l'homme est dépourvue de toute signification, tout but, toute vérité compréhensible ou de toute valeur.
Bien souvent* au cours de l'histoire, les grandes poussées
nihilistes fécondèrent l'humanité.
*Nous pouvons même dire "toujours"
Leurs forces révolutionnaires, ont permis à notre espèce d'abandonner certains tabous et certaines contraintes. Elles ont été un facteur de progrès
social et technique.
Leur énergie créatrice ont aidé certaines sociétés à renverser des pouvoirs politico-religieux sclérosés ... Entre deux hommes qui n'ont pas l'expérience de Dieu, celui qui le nie en est peut-être le plus près écrit avec raison, Simone Weil (et à mon sens "l'expérience de Dieu" est la phrase déterminante de cette sentence)
Le nihilisme à libérer le plaisir
L'esprit nihiliste a également permis au plaisir humain de passer par-dessus certains embargo religieux. Des incohérences prônant par exemple la frustration au lieu de la mesure. L'ascétisme et l'extase comme récompense à l'action. La philosophie nihiliste en ce sens, a réconcilié l'homme avec le plaisir. Un Plaisir bien plus logique pour rémunérer l'activité constructrice que le rigorisme.
Évidemment, comme tout système humain, le nihilisme est également responsable de nombreuses aberrations. Se séparer du garde fou spirituel, n'est pas sans conséquences. Il autorise une quantité de violence que la pression religieuse, auparavant contenait. Et aux rayons de ces violences, nous trouvons le plus monstrueux retour en arrière que le siècle dernier a connu.
Le nihilisme coté négatif
Pendant des millénaires en effet, la peur d'être jugé dans l'au-delà a limité la cruauté (sans l'anéantir bien entendu). La peur de transgresser la morale et les lois religieuses ont évité un grand nombre de passages à l'acte.
Le nihilisme a aboli cette peur.
L'expansion des lois, de la justice, de la répression, devrait compenser la perte de ces freins religieux. Mais il faudrait pour cela, que nous disposions d'un système juridique idéal. D'une justice et d'une police juste, efficace et bienveillante. Nous devrions bénéficier d'un système éducatif idéal. Un système apte à nous faire préférer la vie dans les limites de la légalité, plutôt qu'à l'extérieur.
Mais ce n'est pas encore le cas.
Sans justice la loi laïque est inférieure à la morale religieuse
La loi laïque est moins efficace que la morale religieuse dans nos sociétés encore injustes.
*
injuste d'un point de vue social et éducatif.
En effet, si l'homme ne redoute plus d'être jugé dans
l'au-delà, s'il ne redoute
pas non plus d'être Jugé sur terre (parce qu'il se situe au dessus
des lois, par exemple) si sa conscience d'autrui est étroite, si
sa morale est défaillante et ses pulsions toutes puissantes,
il peut alors devenir un véritable monstre pour l'humanité.
Deux grands attracteur de nihilistes : le nazisme et le communisme
Ce fut le cas des criminels ayant supervisé les deux
grands courants nihilistes du siècle dernier : le nazisme et le communisme.
S'ils ont chacun, une quantité de crimes sur la conscience, l'idéologie communiste n'a rien à voir avec l'idéologie nazi (et nous le verrons dans un prochain chapitre).
Le néo-libéralisme et le nihilisme
L'implication du nihilisme dans la négation d'autrui est évidente.
C'est le cas de toutes les dictatures passées et présentes. Et c'est malheureusement aussi
le cas (de façon bien plus douce évidemment) du libéralisme actuel. Ce nouveau capitalisme à mon sens, est très proche de l'oligarchie, (donc très loin de la démocratie). Soumis à l'influence du marché, il
s'est déconnecté du spirituel* donc de l'homme.
* le spirituel
exige en effet un certain respect de la vie et de l'être humain.
L'homme ainsi coupé de sa base culturelle humaine, peut sombrer dans la plus sordide des bestialités.
Au final, l’histoire nous semble pavée d'enfer engendré par le nihilisme. Qu'il soit laïc ou religieux.
De l'instinct,
à la morale, à
la loi.
Une question de mains.
Le nihilisme serait profitable dans un
monde parfaitement conscient de l'importance de chaque individu. Dans un monde éduqué à la fraternité, au respect et à la bienveillance. Entre des mains humanistes, le nihilisme peut être un facteur d'amour et de progrès. De la même façon, entre des mains criminelles, la religion peut devenir mortifère. Elle peut prendre la forme des guerres et des haines (les croisades par exemple). Elle peut être un facteur d'asservissement de la femme et de limitation du progrès. Mais en réalité, la religion n'est pas à blâmer dans ce cas-là . Ce sont avant tout les hommes qui en détiennent les rennes qui sont condamnables.
Et c'est la même chose pour le libéralisme.
L'Instinct du bien a disparu.
L'homme est encore trop près de ses pulsions naturelles. La tendance primate à abuser de ses congénères est encore trop forte dans l'esprit humain, pour vivre un nihilisme humaniste*.
*Tous les nihilistes ne sont pas des Sartre ou des Camus dans l'âme.
En occultant la dimension
divine de l'être, le nihilisme autorise
l'homme à considérer son prochain comme un objet.
Nous ne disposons plus de cet instinct du bien qui stoppe
la violence animale aux premiers signes de soumission du dominé. En passant de la nature à la culture, il
a disparu de l'humanité. Il a été remplacé dans un premier
temps par les tabous, puis par la morale religieuse. Aujourd'hui, les tabous et la morale
sont en passe d'être substitué par l'éducation
et la justice.
Mais nous n'y sommes pas encore parvenu. Nous évoluons encore dans le no man's land
entre ces deux périodes.
Dans le no man's land entre religieux et laïc
L'explosion extraordinaire des transgressions dans le monde nihiliste est une évidence. Elle découle de notre position intermédiaire entre le religieux et le laïque. Nous naviguons dans une sorte de no man's land entre un monde fortement moralisé et un monde du droit. Peu à peu la société humaine abandonne ses interdits religieux au profit des interdits laïques. Nous passons lentement de la morale à la loi.
Et nous ne sommes pas conscient d'évoluer dans cet espace charnière. Si nous l'étions, nous accepterions sans doute le chevauchement
coopératif entre religieux
et laïque pour éviter cette explosion de transgressions morales et éthiques.
Ce n'est pas le cas dans les sociétés industrialisés.
Depuis la séparation (nécessaire) de l'église et de l'État, la morale religieuse s'est retrouvée marginalisée par le marché. Elle est plus ou moins expulsée ou tout au moins minimisée par la loi laïque*.
*pourtant, toutes les lois humaines découlent des grandes lois religieuses édictées.
Seulement, ni la loi ni l'éducation ne sont encore
capables de remplacer certains fondements de la morale religieuse. La loi à elle seule ne peut contenir correctement les pulsions
humaines. Et quand le droit et la justice régressent comme c'est le cas aujourd'hui, l'abus d'autrui, naturellement, augmente.
Tant que nous ne comprendrons pas le sens de l'humanité, tant que nous ne saurons pas où nous allons et pourquoi, l'ontologie phénoménologique ne sera pas suffisante pour donner toute sa valeur à l'humain. Elle n'aura pas la force de le préserver de la cruauté de ses congénères.
Aujourd'hui encore à mon sens, la seule ontologie capable d'obliger l'homme a considéré son semblable autrement que comme une somme d'organes, ne peut être que d'ordre métaphysique. Autrement dit, rattachée à un ordre reliant l'Etre humain à la transcendance, c'est à dire à Dieu.
Ce défaut explique la quantité considérable de
transgressions et d'enfermement en Occident.
Nous sommes dans une sorte de zone intermédiaire. D'un coté les morales religieuses reléguées
aux oubliettes par la société, et de l'autre, l'éducation
et la justice, pas encore tout à fait aptes à empêcher
l'homme d'abuser de ses congénères.
La justice laïque conduit également
à la spiritualité
Mais à toute chose, malheur est bon. L'humanité
est doucement en train de passer de la morale religieuse à
la justice laïque.
Ce n'est pas une dé spiritualisation,
au contraire.
La laïcité elle aussi conduit progressivement l'humanité à la
perfection spirituelle.
En
effet, lorsque l'homme aura acquis la capacité d'obéir absolument à l'ensemble
des lois laïques édictées,
il ne pourra faire autrement qu'être tout
amour pour autrui.
Texte écrit en 2001
négation amour >
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