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Le télos .. une philosophie

Le monde a un sens.

L'évolution de l'humanité vers sa perfection

Aujourd'hui les savants n'osent pas avouer qu'ils sont téléologistes parce que ce sont des choses qui ne se démontrent pas. Dans tous les cas, on n'a rien mis à la place, et la place reste vide. Cl. Bernard

Téléologie : science des causes finales (du grec telos finalité et logos science) action directrice que les fins exercent sur les moyens.

L'humanité a un sens, elle évolue vers sa perfection. Voilà le point de vue développé sur ce site. Démontrer le bien-fondé de cette hypothèse, en est la raison d'être.

Dieu ou rien ? sens ou non sens ?

De trois choses l'une :
1/ Dieu existe, il donne le sens de l'humanité.
2/ Dieu n'existe pas, l'humanité n'a pas de sens.
3/ Dieu existe mais laisse à l'homme le loisir de choisir le sens qu'il veut donner à son évolution.

1/ Pour le premier choix, le monde est soumis à un principe créateur (dieu). L'univers, la terre, le vivant, l'homme obéissent à une puissance créatrice consciente de son ouvrage et de sa finalité. L'évolution humaine, telle qu'elle se déroule, se déroule donc de la meilleure façon possible pour atteindre cette finalité prédéterminée.
2/ Le second choix propose un monde sans Dieu, sans « puissance créatrice ». La création, selon ce point de vue, est entièrement due au hasard. L'évolution n'a aucun sens en dehors de celui que chaque individu veut bien lui donner.
3/ Enfin, dans le troisième choix , il existe bien un principe créateur, mais il est vide d'intention. Dieu est bien à l'origine de la création, mais il n'a aucun projet prédéterminé. L'univers et les créatures sont absolument libres de toute détermination. L'homme a donc tout le loisir de construire sa propre destinée comme il l'entend.

Dieu donne du sens à la création

Ici, nous défendons la première proposition.

Selon nous, en effet, il existe un principe créateur. Il est à l'origine de l'univers. Cet univers est en expansion. De cette expansion a émergé le vivant. Ce vivant est lui-même en évolution. De cette évolution est née l'humanité. L'humanité elle-même suit une progression. Elle s'avance intuitivement vers sa perfection technique, sociale, intellectuelle. Mais le but profond de ces perfectionnements est d'ordre spirituel. Il s'agit de l'accession « facile » à l'extase, autrement dit : la mise en relation idéale de l'homme avec son « principe créateur ».

Selon ce principe, l'univers est donc inclus dans une destinée initiée par un « principe créateur ». Les créatures qu'il contient ne peuvent échapper à cette destinée.

A partir de ce postulat, nous réfléchirons sur le sens de l'humanité les raisons pour lesquelles l'homme doit atteindre une telle finalité.

 

La question du sens de l'humanité

De la religion à la philosophie

Il est beaucoup plus facile pour un philosophe d'expliquer un nouveau concept à un autre philosophe qu'à un enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant pose les vraies questions. Jean-Paul Sartre

Les interrogations à propos de la destinée humaine ne sont pas nouvelles. Cette question occupe l'esprit de la religion, de la science et de la philosophie depuis longtemps. Dès la naissance de ces disciplines, leurs efforts pour résoudre cette énigme ont été considérables.

Les cinq ou six siècles ayant précédé l'installation du christianisme en occident ont été les témoins d'un gigantesque foisonnement d'idées.

Cette période a vu apparaître et s'épanouir les grandes réflexions eschatologiques (celle du judaïsme par exemple) le bouddhisme, le taoisme et le zen. Les idées de Socrate, de Platon, d'Épicure, comme celles des stoïciens, ont pris naissance dans ce foisonnement culturel. Le principe de causalité (dans l'éthique à Nicomaque d’Aristote) affirmant la présence d'une finalité sous-jacente à toutes choses, en est également issu .. C'est au sein de ces siècles prolifiques, qu'il faudrait chercher, à mon sens, l'origine des réflexions téléologiques d'un Kant ou d'un Hegel.

L'étude (presque) scientifique des fins

Les lumières

C'est le XVIIIe siècle européen, le grand siècle des lumières*, qui a posé les bases d'un déisme** scientifique. Selon le premier principe, l'architecte suprême (Dieu) a un plan déterminé pour sa création. Selon le second principe, il faut le démontrer rationnellement.

Kant et Hegel

C'est ce que feront Kant et Hegel. Profitant de cette impulsion rationaliste, Emmanuel Kant (1724 - 1804) puis Georg Wilhem Friedrich Hegel (1770 - 1831) ont porté l'idéalisme *** et l'étude du sens de l'humanité à leur paroxysme. Pour l'un comme pour l'autre, l'humanité à un sens et se dirige vers une sorte de perfection.

Marx, Freud, Nietzsche

Après Kant et Hegel, la réflexion sur le devenir humain a quitté les chemins de l'idéalisme optimiste. Elle s'est laïcisée et a enfilé la tenue de combattant réaliste avec Karl Marx. Elle a minimisé l'importance de l'avenir pour étudier et soigner la psychologie de l'humain présent avec Sigmund Freud. Seul Nietzsche, me semble-t-il, s'est intéressé en profondeur à la finalité humaine telle que l'a concevait les grandes religions eschatologiques et plus tard Kant et Hegel. Le philosophe de Weimar à bien compris le sens de l'humanité, mais c'est pour en redouter l'issue spirituelle. C'est pour lui préférer à la place une fin plus aristocratique.

Le XXe siècle

Le XXe siècle occidental, quant à lui, me semble avoir obéi aux dernières prévisions de Nietzsche. Il a plongé corps et âme dans le plus radical des nihilismes. Dans ce siècle, ont vu le jour les plus grandes boucheries humaines. Sous l'impulsion de ses plus sadiques dominants, l'association du pragmatisme, du réalisme total, du matérialisme absolu, de la technologie et du nihilisme a conduit l'espèce humaine vers ses plus sombres folies meurtrières.

Des années 50 à aujourd'hui

Après avoir quitté ses vêtements de dictature, le nihilisme occidental s'est habillé de marché. Dans le velours de la société marchande, le mépris, la cruauté et le narcissisme continuent ainsi leur jeu de massacre.

Il serait alors peut-être temps d'établir une relation entre ces deux phénomènes (le nihilisme et la cruauté).

 

En conclusion

Le pragmatisme du XIXe siècle, les boucheries du XXe et la toxicomanie du marché ont éteint momentanément la réflexion téléologique. Cette interruption a un sens mais il est peut-être temps d'en reprendre à nouveau la route.

* Les penseurs du « grand siècle des lumières » donnent la primeur à l'esprit scientifique, à l'esprit critique, à la laïcisation de la pensée. Ils placeront la science et la philosophie sur les rails du rationalisme.

** Selon le déisme, Tout ce qui n’est pas l’œuvre de l’homme est produit par une source originelle universelle et intelligente (nommée Dieu). Il n'est pas concevable que "rien" soit à l'origine de tout. Dieu n’est pas d’essence matérielle (Dieu est esprit). Pour certains, Dieu a une action permanente dans l'univers, pour d'autres il n'interagit pas avec le monde. Dieu se manifeste par ses œuvres (la nature, la vie, le cosmos, la conscience humaine …) Le sentiment de l’action de Dieu vient de l’étude de la création (en contemplant le tableau on peut comprendre le peintre). Pour lui, la religion est souvent ramenée à la morale. Pour certains déistes, la relation de l’homme à Dieu est directe (par la pensée) et sans intermédiaires, pour d'autres il n'interagit pas avec le monde et n'intervient pas dans la destinée des hommes.

Voltaire et Jean-Jacques Rousseau se sont affirmés comme déistes. La plupart des philosophes du siècle des lumières étaient déistes, ils ont été qualifiés d'athées pour des raisons polémiques. Diderot, Helvetius, Jean le Rond D'Alembert, etc. étaient déistes. Source Wikipédia

*** L'idéalisme relativise la réalité et place un idéal au-dessus où par-delà le monde. Il s'oppose au réalisme.

 

 

 

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Leibniz

Tout, selon Leibniz, se fait mécaniquement, et cependant, les causes efficientes dépendent des causes finales (…) : sciemment et systématiquement, l'explication téléologique complète et l'explication mécanique complète sont présentés comme l'endroit est l'envers d'une seule et même vérité (J. Lachelier, oeuvre)

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Mise à jour le 11/02/2012 - Paris
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