Philosophie et divin
Kant, Anselme, Descartes, Spinoza.
La philosophie à la recherche du divin
Depuis qu'elle s'est imposée comme une science à part entière (depuis Platon et Aristote) la philosophie me semble être l'acteur le plus investi dans l'étude rationnelle de ce que peut être le divin. Cette discipline généraliste a été de tout temps, me semble-t-il, l'intermédiaire idéal entre le religieux et le scientifique.
Deux grandes méthodes sont utilisées par les philosophes pour démontrer le plus logiquement possible la probabilité de Dieu ou tout au moins d'une puissance créatrice.
Certains philosophes comme, Saint Anselme, Boèce, Descartes, Spinoza, ont posé Dieu a priori. Partant de ce postulat, ils ont taché de démontrer qu'il est nécessaire. C'est la preuve ontologique (en voici un exemple à travers l'argument de St Anselme :
- Dieu est ce qui est tel que rien de plus grand ne peut être conçu ;
- Or même l'« insensé » qui nie l'existence de Dieu a dans son intelligence une représentation de Dieu ;
- Donc Dieu existe au moins en un endroit, et comme il est tel que rien de plus grand ne peut être conçu, il existe aussi hors de l'intelligence de l'insensé.)
D'autres ont cherché à le démontrer a posteriori. Ces philosophes ont travaillé à établir les limites du monde phénoménal au delà desquelles se situe une inconnue suffisamment intrigante pour qu'on puisse l'a considérer comme le divin ... Cette façon de procéder pourrait être dites : « preuve phénoménologique ».
Kant est sans doute le premier à avoir séparé le monde phénoménal
(la réalité telle que nous la percevons) du monde métaphysique (Dieu, l'au-delà, tels que nous les
concevons).
Ne nous trompons pas sur Kant et sur la phénoménologie en général. Sa première motivation n'est pas matérielle mais spirituelle. Son essentiel ne vise pas à nous expliquer les mécanismes visibles du monde phénoménal, mais à marquer les limites du territoire au-delà duquel se situe l'énigmatique.
L'énigmatique, autrement dit le : « divin » (même si ce divin doit avoir pour nom le vide, ou le rien comme dans les cultures asiatiques).
Michel Henry >
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