mecaniqueuniverselle.net : aller à la page d'accueil

L'oeuvre d'art

L'homme place son art au-dessus de lui-même.

charlie whiteMême si la plupart des hommes ne comprennent pas pourquoi l'humanité accorde tant de respect à l'oeuvre d'art, la plupart des êtres humains se soumettent à ce respect d'une manière ou d'une autre.

L'interdit de toucher au totem, à la sculpture, à l'amulette ou au masque, les tabous et les craintes suscitées par ces objets, sont vraisemblablement à l'origine du respect pour l'art, encore présent aujourd'hui.

Mais si à l'origine, la puissance mystique représentée par ces premières marques de l'art, tenait à distance l'homme ordinaire, de nos jours c'est l'argent en Occident, qui tient les hommes en respect.
La puissance de la charge mystique a laissé place à la valeur exorbitante de l'oeuvre. Dans la période nihiliste actuelle, le pécuniaire maintient la considération de l'homme envers ses plus profondes créations.

L'intuition d'un sens supérieur

Mais par-delà le respect imposé par le marché sur l'oeuvre d'art pour des raisons bassement matérielles, l'homme occidental, malgré sa « déperdition mystique », ressent de façon intuitive le besoin impérieux de protéger, pour les générations futures, son art.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'Occident protège bien souvent ses créations artistiques avec plus de précautions qu'il n'en utilise pour protéger les hommes (nous le voyons à travers les guerres modernes) ..

Tendance à répandre le mal hors de soi : je l'ai encore ! Les êtres et les choses ne me sont pas assez sacrés. Puissé-je ne rien souiller, quand je serai entièrement transformé en boue. Ne rien souiller même dans ma pensée. Même dans les pires moments je ne détruirais pas une statue grecque ou une fresque de Giotto. Pourquoi donc autre chose ? Pourquoi par exemple un instant de la vie d'un être humain qui pourrait être un instant heureux ? Ecrit Simone Weil (la pesanteur et la grâce)

Autrement dit, même dans cet Occident nihiliste et scientiste, le sentiment du sacré persiste et reste l'âme profonde de la société. Dans ce monde se disant plutôt athée, subsiste les marques d'une profonde mysticité, d'une profonde spiritualité.

Vincent Van Gogh et le marché

Une preuve de cette mysticité inconsciente (pratiquement instinctive) la société industrielle la donne elle-même.

En effet, ce monde occidental, dont l'esprit troué par la science et le désir naturel de liberté, a laissé s'échapper de lui-même, toute sa mysticité, et bien ce monde, s'est choisi comme emblème inconsciente, l'oeuvre de son plus mystique artiste, Vincent Van Gogh.

Les plus chers des objets mis en avant par le marché, sont l'oeuvre du plus grand résistant à ses sirènes, l'oeuvre de l'artiste ayant montré par la souffrance, son dédain du corps et de la matérialité pour plonger toute son oeuvre dans les bains magiques de l'esprit et de la pure mysticité.

Le marché adore Van Gogh, l'artiste le plus loin du marché.

 

 

 

la vocation de l'oeuvre d'art >

kandinsky
écrire à l'auteur du site facebooktwitter
Mise à jour le 11/02/2012 - Paris
choose your