De la mondialisation
L'irrésistible marche de l'évolution
La mondialisation est un passage obligé de l'humanité.
Elle signe la montée du national vers l'universel. Elle s'inscrit dans la grande évolution de l'humanité vers son unification. C'est donc un progrès pour l'évolution humaine.
Mais comme tout progrès, elle entraîne naturellement des régressions ponctuelles.
Ces régressions résultent de la toute-puissance du marché sur les valeurs humaine. Elles dérivent de la prise de contrôle du plus grand « éducateur » du moment (les médias) par le système marchand.
A travers ce diffuseur, le marché a imposé son mécanisme : matraquer les esprits pour pousser à la consommation.
Ce mécanisme a la particularité de noyer toutes les grandes valeurs humaines (spiritualité, solidarité, conscience, morale, raison, réflexion, etc.). La domination des « valeurs » marchandes, ne peut donc pas se prolonger indéfiniment. Son travail accompli, le système marchand devra réintégrer sa place naturelle au sein des corporations de l'humanité.
Mais évidemment, le marché ne s'est pas imposé comme leader de la mondialisation par hasard. Il n'y a pas d'erreur de casting en quelque sorte.
Le marché comme nouvel unificateur
En effet, pour qu'un Latino-américain, un Chinois, un
Russe, un Japonais, un Africain, un Européen, un Américain,
un Oriental, puissent se réunir sur des choses
convenant à tous, celles-ci devaient être neutres et trans nationales
Aucune religion, aucune idéologie politique, ne pouvait
réunir ainsi la diversité du monde.
Seuls les objets,
la mode, la musique,
le cinéma, le tourisme, l'industrie,
bref ce qu'offre le marché, pouvaient poser les bases de l'unification humaine.
Seul le marché pouvait ouvrir la voie à un fonctionnement mondial et universel. Seul le marché disposait de la souplesse psychique nécessaire, pour accepter de voir fondre ses règles nationales dans des règles universelles. Dans l'état d'esprit actuel des religions, aucune d'entre elles n'aurait accepté cela pour servir de guide à l'humanité.
Le fond de l'évolution est spirituel
Seulement l'objet et les valeurs superficielles ne sont pas la finalité suprême de l'unification humaine. Ils sont une étape dans ce grand processus de rassemblement. Ces valeurs matérialistes devront céder progressivement leur place aux valeurs plus profondes de l'humanité (unification sociale, unification politique, unification spirituelle et fraternelle).
En somme, la mondialisation actuelle, prépare la fusion des idéologies et des spiritualités, au sein d'une
quintessence commune et universelle.
La mondialisation par le marchand
Le marché devra rentrer dans le rang
La logique transcendantale de l'évolution est une chose, mais la réalité humaine en est une autre. La position de leader du marché a un sens pour un moment précis d'évolution, mais nous devons tout de même contester cette place et critiquer ses dérives. Seul le jugement et l'opposition servent de cadre aux systèmes dominants. Seul le jeu démocratique permet aux sociétés de gravir les paliers supérieurs de sa progression.
La critique est saine
La critique, en effet, fait totalement parti du mécanisme d'évolution. n’est-ce pas le rôle d’un intellectuel précisément d’interroger, d’interpeller, voire de harceler ? ecrit Andrea Bajani écrivain romain, à propos de l'engagement critique d'Antonio Tabucchi contre la politique de Sylvio Berlusconi (et Antonio Soler de conclure : « Méfiez-vous ! Isoler les individus pour les rendre encore plus vulnérable, c’est typique des dicatures…” ». Lorsqu'un système a offert toute sa substance à la société, il finit par perdre de l'énergie, par se corrompre, par devenir obsolète et réactionnaire. La critique permet soit de le réformer soit d'en hisser un nouveau à la place.
C'est le cas me semble-t-il aujourd'hui. La domination de l'humanité par les valeurs marchandes a fait son temps. Les lendemains radieux promis par la mondialisation ont permis à l'humanité d'en accepter l'échéance. Seulement, ses conduites aujourd'hui, posent un problème à l'humanité. Si la liberté du commerce satisfait une toute petite élite narcissique, elle pose à présent,
un véritable problème à l'ensemble des êtres
humains. Elle a un coût : la marchandisation systématique de tous les
pans de la société (y compris l'humain
et sa spiritualité).
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Lorsque le marché
domine le domaine spirituel, il détourne naturellement
l'homme de la réflexion et de la spiritualité (ces dernières n'ayant aucune valeur marchande). En noyant corps et âme l'être humain dans le matériel, le marché réduit l'homme
au simple état
de consommateur et de marchandise.
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Lorsque le marché domine
le domaine militaire, il réduit l'arme au rang de simple produit
de consommation et grâce à cette déviance, l'a répand sur toute la planète
avec les ravages que nous lui connaissons. Froid et calculateur, le marché peut également influencer des guerres pour stimuler son propre développement.
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Lorsque
le marché domine le domaine écologique, sa compulsion l'empêche
de prévenir à la place de guérir. Il est alors
incapable d'insuffler à temps suffisamment d'argent pour
la recherche en énergie propre, obligeant l'humanité à réparer
sans cesse ses dégâts.
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Lorsque le marché domine
le domaine politique, il utilise ce dernier pour s'accaparer de nouveaux pans de la société. Les médias, tombés dans son escarcelle, ont été transformés en simple vitrine du marché en quelques décennies. Aujourd'hui, le système marchand vise l'éducation, les prisons, la recherche, la médecine, etc.
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Quand le marché assujettit l'éducatif, il oriente
progressivement l'enseignement vers ses disciplines favorites : l'utilitaire, le mercantile (concevoir, fabriquer et vendre) au détriment
des disciplines intellectuelles, artistiques et spirituelles. S'il
a besoin de main-d'oeuvre, le marché n'hésite pas à remettre
en cause certains droits à la scolarité pour
avoir de jeunes ados-ouvriers encore plus malléables et dociles. D'autre part, quand le
marchand est au-dessus de l'éducatif, il se permet
d'infiltrer progressivement l'école pour y vendre ses
produits et ses publicités.
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Quand le marché domine la
culture, il en réduit rapidement
la diversité et la qualité pour baisser
ses coûts de production et augmenter ses bénéfices.
Dans les mass média, seuls quelques artistes aseptisés
remplissent le champ culturel, rétrécissant l'espace
intellectuel du peuple, sa conscience et son esprit critique.
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Quand le marché domine les médias, il ravage progressivement
la mission du journalisme. Il le transforme en simple
instrument de propagande et de publicité. Il convertit la télé et la presse en vaste étalage de camelot. Il transmute les journalistes
et les présentateurs en bonimenteurs aseptisés et « bienfaisants ». Il anéantit
peu à peu les débats citoyens, les émissions
culturelles, les émissions critiques et la réelle vision
du monde.
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Quand le marché domine la justice, il ne craint plus de transgresser les règles morales et les acquis sociaux pour abuser ses employés.
Il néglige les grandes valeurs traditionnelles pour augmenter ses bénéfices. Il paye de moins en moins bien ses ouvriers obligés de travailler
de plus en plus pour bénéficier des conditions de vie et de travail, inférieures à celles dont ils jouissaient, il y a 30 ans. La toute-puissance du marché, le conduit donc irrésistiblement à ramener
l'humanité au stade de l'esclavage.
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Enfin, quand le système marchand est au-dessus du peuple, au lieu de vouloir son bien, il cherche ses compulsions et ses dépendances. Il n'a de cesse, pour vendre toujours plus de marchandises de
construire des dépendances, de jouer sur les faiblesses, les tendances et les perversions. Sous son empire, le voyeurisme, le goût du jeu, la vénalité, la sur érotisation, la surconsommation, le narcissisme, l'élitisme, etc.,
occupent progressivement tout l'espace de l'esprit.
Cet état de fait, persistera jusqu'à ce
que le marché soit
entièrement maîtrisé et retrouve sa place naturelle
dans l'humanité (autrement dit : la dernière
sur l'échiquier de l'influence sur les valeurs fondamentales de la société).
Certes, le marché doit bénéficier d'un maximum d'autonomie pour conserver toute son énergie, sa créativité, et son esprit d'entreprise. mais à mon sens, il doit être subordonné
aux domaines spirituel, écologique,
politique, éducatif, culturel. il doit être subordonné aux médias,
et au peuple.
Autrement dit, le système marchand mondial, doit intégrer (comme le pensait Confucius) la dernière place dans la hiérarchie des corporations de l'humanité.
téléologie mécaniste >
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