Dieu se dévoile à la chair, pas à la raison
De Platon à Michel Henry
Que l'on choisisse Dieu ou le monde phénoménal comme point de départ pour expliquer dieu, Ã mon sens, cela n'a pas une grande importance.
Aucune des deux voies ne me semblent capables d'éclairer clairement ce mystère. Le divin est inaccessible à la raison comme à l'expérience scientifique.
Il ne révèle sa plénitude qu'à travers la sensation. Il n'ouvre sa réalité qu'à l'expérience personnelle, intime et silencieuse. Et même si l'homme parvient un jour (comme nous le pensons ici) à démontrer qu'il « EST » (je suis celui qui est, dit la Bible à son propos) ni la philosophie ni la science n'arriveront à rendre compte de sa véritable réalité.
Seuls l'extatique, le béat, l'éveillé sont à même de comprendre la réalité de ce que nous appelons Dieu.
Qu'il atteigne cet état transcendantal par la foi (touché par la grâce) par le hasard (à travers une expérience de mort imminente par exemple) ou par le vouloir (ascète, moine, soufis) seul l'individu plongé dans l'extase peut rentrer en contact avec la nature profonde du principe créateur, autrement dit avec « l'amour absolu ».
En tout cas, qu'elles émanent du judaïsme, du christianisme ou de L'islam, de l'hindouisme, du bouddhisme ou du taoïsme, qu'elles viennent d'un Platon, d'un Plotin, d'un Saint Augustin, d'un Al-Ghazali, d'un Maïmonide ou d'un Spinoza, d'un Kant, d'un Hegel, d'un Bergson ou d'un Michel Henry, toutes les descriptions de l'Inconnu (dieu, vide, substance, l'Un, l'être) proposées par les grands penseurs de la métaphysique deviennent claires et limpides.
À celui qui a éprouvé les ravissements de l'extase, toute la pertinence des textes sacrés offert par le judaïsme, le christianisme, l'islam, l'hindouisme ou le bouddhisme saute aux yeux.
Toutes les explications de Dieu se retrouvent donc face à deux limites infranchissables :
l'impossibilité des mots à équivaloir la sensation de l'extase qu'ils sont censés décrire
et l'énorme difficulté, pour un individu, de saisir à travers les livres ce qu'est l'éveil mystique sans l'avoir vécu.
Cette difficulté induit également une sorte d'impossibilité à établir la preuve formelle et incontournable d'une « chose » concernant avant tout notre intimité, la chair dont parle Michel Henry
Rappelons-le une nouvelle fois :
Notre prétention ici est des plus modestes. Nous ne prétendons pas prouver Dieu comme deux et deux font quatre. Nous voudrions simplement pouvoir poser quelques briques supplémentaires sur un édifice entrepris depuis déjà longtemps.
Nous aimerions pousser quelques caillasses sur le long gué construit par l'homme sur le grand fleuve du temps. Histoire de rapprocher encore un peu le monde humain de cette autre étrange rive d'ou surgit l'étrange lueur des pleins mystères.
résumé >
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