Le « mal » efface-t-il le sens du monde ?
Comment redonner un sens positif au progrès après Auschwitz
Parler d'évolution positive après les monstruosités humaines du XXe
siècle, est une chose difficile.
À la sortie des horreurs nazies, la réflexion sur l'avenir humain s'est naturellement interrompue.
Il fallait d'abord s'extraire de la stupéfaction, panser les blessures, réfléchir aux causes et tâcher de poser des verrous suffisamment puissants pour éviter le retour d'une telle ignominie.
Ainsi, pendant près de 60 ans, aucune réflexion téléologique ne semble avoir émergé à la surface de l'Occident.
Force est de constater, en parcourant le net, que nous n'en avons pas encore fini avec l'antisémite. Le centre névralgique de ce qui le fait vivre n'a donc pas encore été atteint. Découvrir et comprendre ses mécanismes, découvrir les premiers noeuds pour tenter de les défaire afin de rompre définitivement avec une maltraitance vieille de 2000 ans, fait également partie des chevaux de bataille de la mécanique universelle.
Pourtant, même s'il est encore difficile aujourd'hui de se réengager sur la voie de l'optimisme, même si la présence du « mal » obscurcit encore le sens positif de l'humanité, nous devons, me semble-t-il, en reprendre l'étude. Notre sortie de l'évolution par absurde en dépend.
Pour cela, nous devons préalablement résoudre la question du mal. Autrement dit, en faire une généalogie précise, comprendre son sens et sa place dans le phénomène humain tout en agissant sans relâche pour éteindre cette « réalité négative ».
C'est ce que nous allons essayer de faire ...
Le mal nécessaire et nécessairement condamnable
Pour sortir de cette impasse, nous devons considérer « le mal
» comme un élément subsidiaire négatif
dont le seul rôle est
de faire évoluer
le « bien » et un élément en régression constante au sein de l'humanité (malgré le sentiment inverse que nous en avons parfois).
Il nous faut également
accepter un étrange paradoxe. Notre raison en effet doit considérer le « mal » comme nécessaire à
la construction humaine, et en même temps, notre émotion doit considérer sa présence inutile et « en trop » pour qu'il régresse
progressivement jusqu'à disparaître
tout
à fait.
Le mal, la torture, la barbarie
La nouveauté Amnesty international
Cette gymnastique mentale est difficile mais possible.
Prenons le cas de la torture par
exemple. Il s'agit d'une barbarie antique encore exercée
de nos jours. La télévision et les rapports d'Amnesty
International sont éloquents à ce sujet.
Pour démontrer la progression positive de l'humanité malgré la présence de la torture,
il faut pouvoir dire :
- 1/ l'humanité n'a pas encore atteint son seuil de perfection mais elle s'y dirige peu à peu.
-
2/ Durant des millénaires, la torture
fut un moyen systématique
d'obtenir des aveux ou d'offrir du plaisir à des maîtres pervers et tout puissants. C'était une pratique institutionnalisée
et coutumière.
- 3/ Progressivement, suivant l'évolution de la conscience,
cette horreur a été remise
en cause. Des philosophes, des humanistes et des religieux, se sont battus pour sa disparition. Grâce à ce long travail d'humanisation, la torture fut interdite. D'abord par la Suède en 1734, puis par l'Allemagne,
la Norvège et le Danemark et enfin par la France en 1789.
- 4/ Aujourd'hui la plupart des pays en ont interdit l'usage.
-
5/ L'inhumanité de la torture a été saisie par l'humanité puisqu'elle est le seul grand comportement inhumain à être
explicité
dans les écrits internationaux (même si
quelques dominants pervers occidentaux on réussit, pour un temps, à lui redonner un cadre légal au sein même des démocraties).
-
6/ Aujourd'hui,
la torture existe encore mais est interdite dans la plupart des pays du monde. La
pratiquer ou la donner à pratiquer est condamné par la loi. Il y a donc évolution.
- 7/ Jour après jour, de nombreux êtres humains
travaillent à la disparition de
cette perversion sadique.
-
8/
Et enfin, la torture ayant quitté la normalité humaine, sa pratique agit contre elle-même.
En effet, lorsque des journalistes révèlent sa présence, cela engendre un véritable scandale au niveau
des opinions mondiales
obligeant les dominants à s'excuser et à faire marche arrière.
Ainsi, même si la torture existe
encore au XXIe siècle (montrant ainsi notre véritable niveau d'évolution) même si certaines
démocraties détournent les lois ou le droit international pour la pratiquer,
la régression progressive de cette perversion ne peut être mise en cause.
Et
cela est valable pour tous les domaines où se
joue l'évolution de l'humanité.
l'ambiguïté du néo libéralisme >
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