philosophie naïve du devenir humain

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Bonheur Amour
Introduction
Extase description
Spiritualité & extase
Le nirvana
Philosophie & Extase
Bonheur plaisir
Plaisir bonheur
La téléologie
L'extase et le temps
 

Les philosophes : ils ne savent pas comment excuser Dieu ; c'est pourquoi ou bien ils le nient, ou bien ils le prouvent : ce qui revient au même. En effet au lieu de chercher d'abord à le voir, ils commencent par le concevoir. Jacques Rivière

Spiritualité et extase

Le vrai matérialiste, plus il descend dans la matière, plus il exalte la spiritualité. Geoges Braque

"Ne discutez pas les doctrines et les religions, elles sont une.

Toutes les rivières vont à l'océan.

La grande eau se fraie mille chemins le long des pentes.

Selon les races, les âges et les âmes, elle court dans des lits différents, mais c'est toujours la même eau." Ramakrishna

Insouciant, joyeux, contemplatif, naïf, paisible, voici l'être béat.

Tous les grands courants spirituels et philosophiques ont dépeint dans divers écrits et sous différentes appellations l'expérience extatique - que nous appelons ici pafois bonheur absolu.

Certains la nomment béatitude, félicité, d'autres ; ataraxie, épochè et d'autres encore ; nirvana, splendeur, extase ...

Quand aux différentes techniques proposées pour s'élever de façon volontaire vers cet état sublime, elles sont toutes à peu près équivalentes.

Le judaïsme

Pour atteindre la splendeur (zohar) un des courants du judaïsme ; le hassidisme propose : une ascèse vigilante et joyeuse (pour purifier l'âme), le dépouillement, et l'humilité (anava) nécessaires à la prière du coeur, à la concentration (kawana) à l'adoration (aboda) à l'embrasement de l'amour (nitlahavout) enfin au mystère et à la consommation de l'union (debekut).

Le but est de décrire la vie intérieure de Dieu, les itinéraires de l'homme en marche vers l'union mystique aïn seuil indicible du non être.

La prière, la justice, la pénitence réparent la brisure du péché et permettent la rédemption venue du Dieu seul, la plénitude du royaume sans frontières de l'amour.

La correspondance entre dieu et l'homme est absolue. Extraits du livre de la splendeur (sepher ha zohar)

L'hindouïsme

La voie du coeur dans la Bhakti hindou conduit au même état et passe par les mêmes renoncements.

Si elle n'engage aucune qualification particulière ce n'est pas qu'elle n'exige pas d'effort.

Lorsqu'ils sont tous rejetés, les désirs qu'il portait en son coeur, alors le mortel devient immortel, des ici-bas il jouit de brahman.

Purification et clarification du coeur. Un coeur trop alourdi par les soucis et les anxiétés terrestres ne peut s'en détacher, tandis qu'un coeur confiant s'élève sans effort jusqu'à Dieu.

La Bhakti ne peut être utilisé pour satisfaire aucuns désirs car elle est elle-même le frein de tous les désirs.

Le christianisme

Même chose dans l'état d'oraison du christianisme.

Dans l'expérience spirituelle de la contemplation, le sujet éprouve de manière personnelle et intime la présence de Dieu.

Pour que l'homme soit capable de Dieu, il faut qu'il se désapproprie de lui-même.

La mort de l'amour propre, la purification des sens intérieurs, l'abandon de la volonté constitue les principaux aspects de ce chemin d'abnégation.

Le dépouillement de soi-même passe d'abord par l'abandon de l'amour que l'on se porte, le renoncement à tous les besoins de gratification sociale, affective et morale qu'éprouve le moi.

Le bouddhisme

Idem pour le nirvana bouddhiste.

Le but ultime du bouddhiste, fidèle à l'enseignement fondamental du bouddhisme, est d'atteindre un état par nature ineffable, indéfinissable, appelé Nirvana.

Ce terme signifie extinction. Il évoque la passion qui se taît, le désir qui s'apaise, la soif qui s'épuise.
« L'anéantissement du désir, de la haine, de l'erreur, voilà Ô ami ce qu'on appelle Nirvana »
le coeur du sage est comme un lac profond pur et immobile.

C'est la fusion du soi Atman dans le Tout, Brahman.
Pour celui qui se libère, l'agitation cesse.
L'agitation ayant cessée, le calme s'établit
le calme étant établi, il n'y a plus d'inclinaison.
L'inclinaison étant supprimée, il y a plus ni apparition ni disparition. Cela étant, il n'y a plus ni mort ni renaissance. Cela étant, il n'y a plus ni ici, ni au-delà ni rien entre l'un et l'autre.
Ce n'est ni le néant ni la conscience, ni la non conscience.

L'Islam

Même chose en ce qui concerne la haqîqa dans l'islam.

Pour l'islam, la troisième et ultime étape de la vie spirituelle, conduit à la haqîqa, à la vérité, et marque la coïncidence des contraires, des opposés.

C'est le domaine de l'union, de l'unicité, de la dissolution ou dilution de l'humain dans le divin.

Le voyageur spirituel acquiert une humanité pour ainsi dire angélique pour arriver enfin à une humanité divinisée où il est dit que l'homme est annihilé en dieu qui, seul subsiste.

Les attributs humains sont remplacés par les attributs divins. Le chercheur devient ainsi l'objet de sa quête. Il est lui-même le but.

Lorsque tu te connais, ton ego illusoire est enlevé et tu n'est autre qu'Allah

Le Tao

La voie de la délivrance dans le Tao réclame les mêmes conditions.

Pour accéder au salut, l'homme doit se construire. Conjoindre étroitement esprit est corps, et en outre réaliser l'unité de cet être humain qu'il est une et qui est composé de forces multiples, divinités diverses, pulsion vitale, passion, émotion, et surtout soi originel qui constitue sa nature réelle et profonde.

Ce faisant, le corps raffiné et spiritualité devient léger comme un oiseau et peut s'envoler au ciel.
La délivrance consiste à libérer l'esprit de tous les concepts ainsi que de toute idée d'acquisition ou de perte, au point qu'il n'y ait plus rien, pas même l'absence de quelque chose que ce soit, ce qui constitue « le vide véritable ».
Une voie vise à se libérer de tout trouble, ou attachement.
Une autre est dite de contemplation de sapience. Elle est comparable à ce que le mysticisme chrétien appelle la grâce
.

Ce désir humain de se réunir au divin nous, le retrouvons également à travers toute l'histoire de la philosophie en commençant par les Grecs où il porte le nom d'eudaimonia.

Gérer un travail intérieur qui permette d'atteindre l'ordre du divin, ce qui pour un courant dont Platon et Aristote sont les représentants philosophiques, est rendu possible par le fait que l'homme à une part divine, l'intellect.
C'est à travers la contemplation que l'homme y parvient et la contemplation suppose des conditions matérielles indispensables : la santé, et de quoi satisfaire un minimum de besoin. Ces besoins ne sont toutefois pas très important puisque la contemplation est l'affaire du sage qui ne poursuit évidemment ni les richesses ni le confort
Le désir est une tension douloureuse, un trouble de l'âme
d'ou l'idéal d'ataraxie absence de trouble, que vise le sage qui cherche à atteindre l'état d'apathéia, ou rien, aucun pathos, aucune preuve ne peut plus l'atteindre.
Encyclopédie des religions Bayard éditions.

Bossuet

«C'est donc là mon exercice, c'est là ma vie, c'est là ma perfection et tout ensemble ma béatitude, de connaître et d'aimer celui qui m'a fait.

Par là je reconnais que tout néant que je suis moi-même devant Dieu, je suis fait toutefois à son image, puisque je trouve ma perfection et mon bonheur dans le même objet que lui, c'est-à-dire dans lui-même, et dans de semblables opérations, c'est-à-dire en connaissant et en aimant».

Traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même.

Aldous Huxley à propos du saint

Le saint est un homme qui sait que chacun des instants de notre vie humaine est un instant de crise ; car nous sommes appelés à tout instant à prendre une décision de toute importance - à choisir entre le chemin qui mène à la mort et aux ténèbres spirituelles, et le chemin qui mène à la lumière et la vie; entre des intérêts exclusivement temporels et l'ordre éternel; entre notre volonté personnelle ou la volonté de quelque prolongement de notre personnalité, et la volonté de Dieu.


(...) Le but [de l'entraînement spirituel] est primordialement d'amener les êtres humains à un état dans lequel, parce qu'il n'y a plus, entre eux et la Réalité, d'obstacles qui éclipsent Dieu, ils soient capables d'avoir continuellement conscience du Fondement divin de leur être propre et de tous les autres êtres; et, d'une façon secondaire, comme moyen en vue de cette fin, même les plus insignifiantes, sans méchanceté, sans avidité, sans affirmation du moi ni ignorance volontaire, mais d'une façon cohérente, avec amour et compréhension. (...) Le but de l'entraînement spirituel est d'amener les gens à perdre leur moi dans toutes les circonstances de leur vie. (...)


Les saints, quelque imposants que soient leurs talents, et quelle que soit la nature de leurs activités professionnelles, sont tous et sans cesse préoccupés d'un seul objet - la Réalité spirituelle et les moyens par lesquels eux et leurs semblables peuvent parvenir à la connaissance unitive de cette Réalité. Quant à leurs actins, elles sont aussi monotonement uniformes que leurs pensées ; car, en toutes circonstances, ils se comportent en dépouillant leur moi, patiemment, et avec une charité infatigable.


(...) C'est en vertu de son absorption en Dieu, et précisément parce qu'il n'a pas identifié son être aux éléments innés et acquis de sa personnalité particulière, que le saint est en mesure d'exercer son influence entièrement non coercitive et, partant, entièrement bienfaisante sur les individus et même sur les sociétés entières. Ou, plus exactement, c'est parce qu'il s'est purgé du moi que la Réalité divine est en mesure de se servir de lui comme canal de grâce et de pouvoir.


(Extrait de La philosophie éternelle - philosophia perennis de Aldous Huxley, traduit de l'anglais par Jules Castier, 1948 chez Plon pour la première édition française, Editions du Seuil, point sagesse, 1997)

 

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spinoza

Le suprême effort de l'esprit et la souveraine vertu est de comprendre les choses par le troisième genre de connaissance

De ce troisième genre de connaissance naît la plus grande satisfaction de l'esprit qui soit possible SPINOZA

Pour en venir à ce qui me concerne en propre, je vous dirai d'abord quelle
sorte d'utilité se rencontre, à mon avis, dans l'opinion que je professe : c'est que
nous pouvons faire à Dieu de notre âme et de notre corps une offrande pure de
toute superstition. Et n'allez pas croire que je nie l'utilité des prières ; car mon
esprit est trop borné pour déterminer tous les moyens dont Dieu se sert pour
amener les hommes à l'aimer, c'est-à-dire à faire leur salut. Mon sentiment n'a
donc rien de nuisible ; et tout au contraire, il est pour tout homme dégagé de
superstition puérile et de préjugés le seul moyen de parvenir au comble de la
béatitude. SPINOZA

 

Toute chose peut être conçue de deux manières, selon qu'on la considère dans le temps ou dans l'éternité. C'est le cas aussi du bonheur. En tant qu'il est conçu dans le temps, le bonheur est changement, et l'on nous dit heureux ou malheureux suivant que nous changeons en mieux ou en pire (Éthique , V, 39, scolie) SPINOZA

 

 

hegel

La beauté, c’est la forme totale en tant qu’elle révèle la force qui l’anime ; c’est cette force elle-même, manifestéepar un ensemble de formes, de mouvements indépendants et libres ; c’est l’harmonie intérieure qui se révèle dans cet accord secret des membres, et qui se trahit au dehors, sans que l’œil s’arrête à considérer le rapport des parties au tout, ni leurs fonctions ou leur enchaînement réciproque, comme le fait la science. L’unité se montre seulement à l’extérieur, comme le principe qui lie les membres. Elle se manifeste surtout par la sensibilité. Le point de vue du beau est donc celui de la pure contemplation, non celui de la raison abstraite ou de la réflexion, qui conçoit, qui analyse, compare, saisit le rapport des parties et leur destination. HEGEL

saint simon

 

« L'âge d'or, qu'une aveugle tradition à placer jusqu'ici dans le passé, est devant ».
Périodes organiques et périodes critiques se succèdent non pas dans une vaine alternance, mais dans un mouvement dialectique dans lequel le moment négatif est la condition d'un moment positif ultérieur est supérieur. SAINT-SIMON.

 

pascal

Toute la suite des hommes, pendant le cours de tant de siècles, doit être considéré comme un même homme qui subsiste et qui apprend continuellement.
La vieillesse de cette homme universel ne doit pas être cherché dans le temps proche de sa naissance mais dans ceux qui en sont le plus éloigné.

PASCAL

les modernes sont plus vieux que les anciennes, ils bénéficient d'un capital accumulé qui les rend supérieur en savoir et en expérience aux hommes du passé, qui représentent l'enfance du monde.

platon

Les véritables aveugles ne sont pas ceux qui ne voient des yeux du corps ; ce sont ceux qui ne voient pas de l'œil de l'âme, mille fois plus précieux que l'œil du corps. La vraie réalité, c'est l'incorporel, l'invisible, l'impalpable
Platon

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