Le plaisir n'est pas un mal en soi, mais certains plaisirs apportent plus de peine que de plaisir Épicure
Evolution et « bonne action »
La difficulté de réussir ne fait
qu'ajouter à la nécessité d'entreprendre Beaumarchais.
Quand le travail de construction
de l'humanité sera achevé, « l'agitation
de nos coeur et de nos pensées » s'achèvera également ... telle est notre PHILOSOPHIE ...
L'homme-constructeur est une « machine »
à agir.
Nous sommes bâtis pour construire.
La majorité d'entre
nous serait incapable de passer une vie sans entreprendre, sans
créer, sans avoir le sentiment d'agir pour la communauté.
Rares sont les psychismes aptes à supporter le
vide, la non-action et le silence de l'ascète dans sa grotte.
Notre corps est une SOMME D'ÉNERGIE exigeant d'être dissipé sous forme d'action
créatrice, notre mental le pousse dans ce sens.
- En effet, d'un coté notre esprit sanctionne l'inaction en l'accompagnant de sensations pénibles - ennui, angoisse,
spleen ...
- de l'autre, il stimule ces actions par le désir
du but à atteindre et les récompenses espérées
- je travaille mon jardin pour le plaisir de déguster de
bons légumes, j'écris un livre pour avoir le plaisir
de faire plaisir aux lecteurs.
Non seulement nous sommes en tant qu'homme-constructeur, physiquement astreint à construire
notre monde, mais la forme de notre
évolution, nous oblige à orienter la globalité de nos actions dans
un sens bien précis.
En effet, chaque être humain est inscrit dans un tissu
social fortement interdépendant et moralisé.
Voisins, amis, famille, collègues de travail, médias,
critiques, justice ... , jugent nos actes à l'aune du bien
et du mal, et les orientent vers la notion préférée,
c'est à dire vers le bien.
- Un travail bien fait, une bonne action,
sont gratifiés, de compliments, de récompenses et
d'éloges nous procurant du plaisir.
- Au contraire, un travail mal fait, une mauvaise
action engendrent des reproches, des blâmes ou
des sanctions, qui génèrent en nous du déplaisir.
Notre morale intime, agit de la même façon.
Nous sommes habituer, dés l'enfance, à distinguer les actions
bonnes et mauvaises, les actes valorisés et ceux qui sont dépréciés, et ce pli, non seulement nous sert
tout au long de notre existence à juger l'attitude d'autrui,
mais également à juger nos propres conduites ... et nous utilisons pour nous-mêmes le même principe ; sanction/récompense, pour juger nos propres actes - j'ai une sensation agréable de bonheur après avoir fait du bien à autrui et une sensation désagréable
si j'ai abusé de lui.
Ainsi, parce que nous nous
sentons « mieux » après avoir accomplie une bonne
action qu'après en avoir accompli une mauvaise, NOUS TENDONS NATURELLEMENT VERS LA BONNE ACTION.
Ce mécanisme de pression, oriente l'individu
vers « l'action bonne », induisant par déclinaison,
la même orientation pour l'humanité toute entière.

Le travail est comme
une ancre immobile qui arrête l'agitation de notre
coeur et de nos pensées. MabillonEvidemment, ce n'est pas parce que globalement les actions humaines
tendent vers le bien qu'il
n'existe plus « d'actions mauvaises »
dans l'humanité.
Nous ne sommes pas des héros !
Ou
plutôt si, nous sommes comme les héros grecs, mi-dieux
mi-hommes, donc capable du meilleurs comme du pire ...
Ce que nous ne sommes pas, par contre, (ou plus précisément, pas encore) c'est des SAINTS, autrement dit, si l'on s'en fit à la philosophie grecque et aux grandes religions, nous ne sont pas encore à l'image de Dieu.
Il suffit d'éclairer la télévision et d'observer
sans complaisance les comportements humains, y compris les nôtres,
pour apercevoir l'espace qu'il y a entre notre désir d'action
bonne et la réalité de nos actions.
Lorsque des « MAUVAISES ACTIONS » commises, ne soulèvent aucun regret, aucun remord chez leurs auteurs, la plupart du temps, nous avons affaire à des cas pathologiques.
Parfois également, la pression du TISSU SOCIAL,
de la COUTUME ou de la MORALE, tendent à
préserver des injustices sociales, des égoïsmes
et des discriminations.
mais ces « vieilles notions » sont globalement en régression
dans l'humanité.
Par exemple, si le racisme et l'antisémitisme
sont toujours présents dans la société, cette vision archaïque du monde est en voie d'être dépassé et des
lois ont été institué pour nous en protéger.
Autre exemple, s'il existe toujours une certaine bourgeoisie « égoïste », capable de thésauriser
les privilèges et de rester sourde à
la misère d'autrui, globalement, son état d'esprit s'améliore, elle est moins rigoureuse,
moins abusante et moins hermétique que la bourgeoisie du
19eme siècle.
Certaines « mauvaises actions »,
sont également prônées par certains systèmes - comme
par exemple l'égoïsme, L'ÉLITISME, la corruption,
le NÉPOTISME, ou l'esclavage sous le libéralisme
actuel. Mais il s'agit là aussi d'une étape ponctuelle dans l'histoire
de l'humanité. Et par ses excès, cette étape d'ailleurs commence à soulever suffisamment d'indignation, pour dopper les philosophies contestataires capables de le corriger.
En conclusion, nous pouvons le dire ainsi : «
majoritairement, LES GRANDES VALEURS HUMAINES, de JUSTICE, de fraternité, de PAIX ou de partage,
recueillent aujourd'hui tous les suffrages. Intimement, la philosophie populaire vénère ces valeurs. Dans chaque quartier, village ou ville,
l'altruiste est généralement préféré
à l'égoïste, le juste à l'injuste, le
doux au violent ...
Et ainsi, la majorité humaine, baignant dans une ambiance
globalement éthique et amatrice de récompenses positives,
tend naturellement à orienter ses actions vers le bien
de l'humanité.
Ce mécanisme autofécondant, en incitant
chaque individu à tendre vers sa perfection, oriente, par
déclinaison, l'humanité vers sa perfection.
Plaisir / Bonheur
L'obligation faite à l'homme-constructeur de construire son
monde, l'empêche d'accéder à la « non-action »
spirituelle et à sa gratification ; la QUIÉTUDE du BONHEUR ABSOLU, autrement dit l'extase.
Comme le monde, selon notre philosophie, est encore à finir de construire, il exige
plus d'action et moins de contemplation. Autrement dit plus de plaisir que
de béatitude.
C'est pourquoi l'homme, CONSTRUCTEUR DE BÉATITUDE, n'a pas accès à cette béatitude. Sa récompense se limite au plaisir. Le plaisir est la gratification de l'action constructrice, et le Bonheur (au sens spirituel du terme - c'est-à-dire l'extase), est la récompense
de la non-action (au sens spirituel du terme)
.... Il y a entre les deux formes de ressentie,
une frontière infranchissable.
C'est pourquoi, il est
plus facile à l'homme constructeur d'accéder
aux divers plaisirs de la vie courante, qu'a l'expérience
béate de la contemplation, car celle-ci exige la plupart
du temps, une ascèse rigoureuse et un renoncement
au plaisir
je
tiens l'inaction pour la véritable joie dit Tchouang tseu,
mais la coutume en fait un grand malheur.
Philosophie de bergson
Cette obligation à l'action aux dépens
du bonheur, nous pouvons la déchiffrer dans ce court extrait
de Bergson
Tout
le monde a pu remarquer qu'il est plus malaisé d'avancer
dans la connaissance de soi que dans celle du monde extérieur.
Hors de soi, l'effort pour apprendre est naturel
; on le donne avec une facilité croissante ; on applique
des règles. Au dedans, l'attention doit rester tendue et
le progrès devenir de plus en plus pénible ; on croirait
remonter la pente de la nature. N'y a-t-il pas là quelque
chose de surprenant ?
Nous sommes intérieurs à nous-mêmes,
et notre personnalité est ce que nous devrions le mieux connaître.
Point du tout ; notre esprit y est comme à
l'étranger, tandis que la matière lui est familière
et que, chez elle, il se sent chez lui. Mais c'est qu'une certaine
ignorance de soi est peut-être utile à un être
qui doit s'extérioriser pour agir ; elle répond à
une nécessité de la vie. Notre action s'exerce sur
la matière, et elle est d'autant plus efficace que la connaissance
de la matière a été poussée plus loin.
Sans doute il est avantageux, pour bien agir, de penser à
ce qu'on fera, de comprendre ce qu'on a fait, de se représenter
ce qu'on aurait pu faire : la nature nous y invite ; c'est un des
traits qui distinguent l'homme de l'animal, tout entier à
l'impression du moment. Mais la nature ne nous demande qu'un coup
d'œil à l'intérieur de nous-mêmes : nous
apercevons bien alors l'esprit, mais l'esprit se préparant
à façonner : la matière, s'adaptant par avance
à elle, se donnant je ne sais quoi de spatial, de géométrique,
d'intellectuel.
Une connaissance de l'esprit, dans ce qu'il
a de proprement spirituel, nous éloignerait plutôt
du but.
Nous nous en approchons, au contraire, quand
nous étudions la structure des choses. Ainsi la nature détourne
l'esprit de l'esprit, tourne l'esprit vers la matière. Mais
dès lors nous voyons comment nous pourrons, s'il nous plaît,
élargir, approfondir, intensifier indéfiniment la
vision qui nous a été concédée de l'esprit.
En conséquence, si pendant
la construction de l'humanité, l'homme dans son
ensemble n'a pas accès au BONHEUR ABSOLU mais seulement au plaisir, si le plaisir est la récompense de nos actions.
Il est donc naturel
de profiter, de valoriser et de développer les plaisirs humains.
Valoriser et humaniser le plaisir
Le plaisir est l'objet, le devoir et le but
de tout êtres raisonnables. Voltaire
Le PLAISIR étant la récompense et la condition à l'action, il est nécessaire
qu'il soit valorisé.
Mais encore faut-il que ce plaisir s'accorde
avec la philosophie et les valeurs fondamentales de
l'humanité.
Le plaisir ne doit donc pas se prendre au détriment
d'autrui, ni contre ses intérêts profonds.
- Lorsque certains décideurs du marché -
amateurs du plaisir procuré par le pouvoir et la compétition
forcenée - font semblant d'ignorer les conséquences
de leur surdité sur l'homme et son environnement,
privant de plaisir une partie de l'humanité actuelle et
à venir, ils prennent leur plaisir aux détriments
d'autrui.
- Lorsque certains industriels utilisent une
main-d'oeuvre sous-développée en maintenant celle-ci
aux limites du seuil de pauvreté, ils prennent leur plaisir
au détriment de celui d'autrui.
- Lorsque des hommes, sous couvert de traditions
archaïques, imposent une domination écrasante sur
les femmes en les maintenant dans un état de réel
esclavage, ils prennent leur plaisir au détriment d'autrui.
- Lorsque des castes de dominants, pour thésauriser
l'ensemble des richesses, refusent de laisser leurs dictatures
ou leurs oligarchies évoluer vers des
systèmes plus égalitaires, tels que la démocratie, ils s'approprient leur plaisir au détriment du plus grand
nombre.
La liste serait longue si nous voulions relever tous les plaisirs
égoïstes pris aux dépends de nos congénères,
et nous le constatons tous les jours, il reste encore beaucoup de
travail pour rendre tout à fait éthique le plaisir
humain.
Mais peu à peu, notre conscience d'autrui
se développe, et c'est une condition fondamentale pour
que l'homme puisse parvenir un jour a s'interdire tout à fait
de prendre son plaisir aux détriments de ses congénères.
Ainsi, puisque le plaisir est le
moteur le plus naturel et le plus juste pour motiver l'action humaine
(l'esclavage étant le moteur le plus injuste), et puisque
le sens de l'évolution semble exiger que nous devenions de
plus en plus humain, nous devons préconiser les plaisirs
correspondants à l'éthique humaine c'est à dire les plaisirs partagés avec autrui, ou
sans gêner autrui et dévaluer tout plaisirs pris au
détriment d'autrui.
Pour résumer notre philosophie :
L'action est la valeur fondamentale de
l'humanité
en construction, la quête du bonheur en est le moteur, et
le plaisir éthique, sa récompense. (Schéma)
Philosophie du bonheur >> téléologie
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